McLann, le voleur de chevaux
/image%2F1116647%2F20251226%2Fob_24741e_couvek41.jpg)
Quand, comme moi, on est passionné de littérature populaire et, plus précisément, de littérature populaire policière fasciculaire, les lectures n'ont pas toujours pour but d'un pur plaisir de lecture, mais aussi d'une volonté de redécouvrir des pans de notre patrimoine, de notre culture, certains textes fussent-ils d'un intérêt littéraire moindre.
Ainsi, quand j'aborde un épisode de la série " Nat Pinkerton ", ou encore, plus récemment, de " Lord Lister ", je me doute bien que je ne vais pas me régaler de la plume de l'auteur ni de la haute teneur de l'intrigue.
Mais mes lectures sont aussi militantes ou, du moins, guidées par mon envie, mon besoin de me replonger dans notre si belle paralittérature même si celle-ci n'est pas peuplée de pépites.
C'est donc dans cet état d'esprit que je me suis plongé dans ma première aventure d'Ethel King, un personnage que je connaissais de nom depuis longtemps, mais que je n'avais pas encore croisée au sein de mes lectures.
C'est désormais chose faite avec « McLann, le voleur de chevaux », le 41e épisode édité vers 1912 pas Eichler, un éditeur allemand qui s'est fait un nom en diffusant à grande échelle les traductions des aventures de Nick Carter en Europe avant de faire écrire plusieurs séries par des auteurs allemands dont " Nat Pinkerton " et... " Ethel King ".
Ethel King a pour avantage (enfin, peut-être) que ses aventures furent traduites (adaptées serait probablement le meilleur mot) par l'écrivain Jean Petithuguenin dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises.
Bref, si les aventures originales (plus de 200, me semble-t-il) furent écrites rapidement et probablement sans grand génie, les épisodes parus en France (la moitié seulement) n'eurent sûrement pas le droit à beaucoup plus d'attention de la part de Petithuguenin (à condition que ce soit lui qui ait traduit les 101 épisodes, ce dont je doute).
McLann, le voleur de chevaux :
Découvrez les prouesses de Ethel King, la célèbre détective de Philadelphie surnommée le « Nick Carter féminin ».
Dans ce récit haletant, elle est appelée au secours par un jeune fermier de la région de Hagerstown, dont les terres sont ravagées par une bande de desperados sanguinaires spécialisés dans le vol de chevaux de prix. Malgré le scepticisme des éleveurs locaux, la policière accepte de traquer ces criminels qui ne reculent devant rien, pas même l'assassinat, pour protéger leur butin. Entre courses-poursuites nocturnes et pièges mortels, Ethel King devra déployer tout son courage et son sang-froid pour identifier et neutraliser le redoutable chef de cette organisation : « McLann, le voleur de chevaux ».
Pourchasser ces bandits dans l'immensité de la plaine revient à chercher une aiguille dans une botte de foin, mais le flair de miss King pourrait bien changer la donne.
Ethel King est contactée par le fils d'un fermier qui vient lui demander de l'aider à mettre un terme aux agissements de voleurs de chevaux qui sévissent dans sa région.
À peine arrivée sur place, les voleurs lui ont préparé un piège qui leur permet de la capturer...
Je ne vais pas m'étendre beaucoup sur ce titre (ni sur la série).
En effet, avec même pas 8000 mots, cet épisode (et les autres) est très court et ne laisse pas la place pour installer un personnage (que les lecteurs de l'époque devaient déjà avoir croisé une quarantaine de fois avant cette lecture) et encore moins une intrigue digne de ce nom.
De fait, l'intrigue est linéaire et cousue de fil blanc. Le voleur est connu à l'avance (son nom apparaît dans le titre) et Ethel King n'a pas besoin de le chercher puisque c'est lui qui la kidnappe et se révèle à elle.
Si l'on sent que l'épisode cherche à naviguer dans les pas de ceux mettant en scène Nick Carter, force est de constater que celui-ci n'a ni l'ampleur ni la flamboyance de son comparse américain.
En effet, Nick Carter avait pour lui des récits de plus de 20 000 mots, ce qui permettait de placer de nombreux rebondissements, plusieurs scènes d'action et de pouvoir s'attacher un minimum au personnage et de craindre pour lui.
Ce n'est pas le cas ici puisque la concision empêche le récit de s'éloigner de la stricte ligne droite.
On ajoutera que la plume de Jean Petithuguenin, bien que probablement meilleure que celles des auteurs originaux, n'a ici rien de bien transcendant non plus.
Celui-ci semble dans la même position que Jean Ray quand il s'attela aux traductions des épisodes de " Harry Dickson ", sauf que Jean Ray décida très rapidement de reprendre la série à son compte et de s'émanciper totalement du matériel original, ce qui n'est pas le cas ici.
Reste un épisode lambda, d'une aventure lambda, mettant en scène un personnage lambda, et qui se lit rapidement du fait d'une grande concision.
Au final, la valeur littéraire est grandement moindre par rapport à la valeur historique, mais l'épisode peut se lire sans déplaisir... et c'est déjà ça.
/image%2F1116647%2F20251206%2Fob_f06673_soutien-kofi.png)