L'assassin double
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Je ne le répéterai jamais assez : la littérature populaire du début du siècle dernier et de la fin du précédent pullule de bons écrivains et de bons romans.
Ce qui vaut pour l'ensemble des genres littéraires abordés à l'époque vaut également pour le genre policier qui me tient tout particulièrement à cœur.
Ainsi, depuis ma tendre jeunesse avec la découverte du Sherlock Holmes de Conan Doyle jusqu'à ces dernières années consacrées plus intensément à cette paralittérature, d'abord française, puis anglophone, je ne cesse de découvrir des romans bien meilleurs que la plupart des romans policiers actuels...
Est-ce une nouvelle fois le cas avec « L'assassin double » de Gaspard de Weede ?
C'est ce que nous allons découvrir maintenant (enfin, vous, car, moi, je le sais déjà).
« L'assassin double » est un roman paru en 1926 dans la collection " Foyer-Revues " des éditions " Hirt et Cie ".
Il est signé Gaspard de Weede.
Alors, d'après la BNF, ce serait le pseudonyme de la Baronne de Mercier.
Mais qui est la Baronne de Mercier ?
La BNF nous dit qu'il s'agit de la baronne Charlotte Joséphine Marie Suzanne de Reyniac (1857-1940).
L'assassin double :
Roubaix, 31 mai 1899. L’effroi s’empare de la ville industrielle après la découverte du corps d’Édouard Beaugrant, riche filateur respecté, sauvagement poignardé dans son bureau.
Les soupçons se portent immédiatement sur son neveu et héritier unique, Georges, aperçu par quatre témoins alors qu’il quittait les lieux, pâle et préoccupé.
Malgré des preuves accablantes et une tache de sang compromettante, Georges clame son innocence tout en s’enfermant dans un mutisme troublant.
Persuadé qu'une machination se joue dans l'ombre, son ami, l’avocat Jacques Notte, se lance dans une enquête périlleuse qui le mènera de Lille à la Belgique.
Entre secrets de famille et apparitions mystérieuses, il devra tout tenter pour démasquer celui que l'on surnomme déjà « l’assassin double » avant que l'échafaud ne réclame sa victime.
Georges Beaugrant est accusé du meurtre de son riche oncle. Des témoins affirment l'avoir vu entrer et sortir du bureau de la victime avant que cette dernière ne soit retrouvée morte.
Pourtant, Georges a bonne réputation et clame son innocence. Son meilleur ami, Jacques Notte, un avocat qui doit épouser la sœur de la fiancée de Georges, décide de mener son enquête, aidé en cela par toute sa famille et celle de sa future femme...
Autant le dire tout de suite, " L'assassin double ", tout comme l'avait fait " Le mystère de la chambre jaune " et d'autres romans policiers du début du siècle dernier et de la fin du précédent, fonctionne sur une intrigue qui, de nos jours, ne serait plus crédible, les mentalités ayant totalement changées depuis et les histoires d'honneur passant dorénavant bien après sa propre personne.
Ceci dit, en jugeant le roman en fonction de son époque, l'auteur nous livre un roman policier plutôt agréable à lire, qui va nous faire voyager de Lille à travers la Belgique et proposer quelques aventures.
On y retrouve plusieurs personnages principaux, dont Jacques Notte, fils d'une riche famille devenu avocat et ami du suspect et de la famille de la victime.
Ce sera lui le principal héros du roman, celui qui va enquêter, voyager, vivre des aventures.
Bien évidemment, l'intrigue est assez simple et utilise plusieurs rebondissements qui sont de nos jours un peu trop " faciles " du fait qu'entre les films policiers, les séries policières et les romans policiers, les gens ont été abreuvés tant et tant d'histoires de ce genre qu'ils pourront trouver, sans prendre de recul, l'ensemble un peu trop convenu.
Mais souvenons-nous que le roman date de 1926 et que nombre de romans de cette époque et d'avant souffrent des mêmes " faiblesses ".
En remplaçant le roman dans son contexte de l'époque, on constate que l'on a affaire à un honnête roman policier (pourtant publié dans une collection mineure d'un petit éditeur de Reims) écrit par une femme de lettres obligée de se cacher derrière un pseudonyme masculin pour ne pas effrayer les lecteurs (ce qui était moins le cas chez nos amis anglophones, me semble-t-il).
Alors, oui, le roman, pas trop long (un peu plus de 40 000 mots) souffre des défauts de son époque (personnages esquissés et manichéens, histoires d'honneur et d'amours exacerbées, dialogues compassés, mais on sait à quoi s'attendre en se plongeant dans un roman de l'époque.
La narration linéaire sert le récit et le lecteur apprend au fur et à mesure les informations récoltées par les uns et les autres et si le titre est un peu trop explicite, il n'empêche pas pour autant de prendre du plaisir à lecture de ce roman.
Au final, un roman policier classique, tant dans la narration, l'intrigue que dans sa plume, qui ne cherche pas à en faire trop, mais qui en fait assez pour séduire le lecteur amateur de littérature populaire du début du siècle dernier... et peut-être aussi les autres.
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