Une Étude en Rouge - La B.D.
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Ceux qui lisent mes critiques de livres n'ignorent pas que je ne m'attache qu'à un genre littéraire : le policier.
En effet, genre poreux par excellence, à travers le "polar", on peut déguster du Thriller, du gore, de l'humour, du fantastique, de l'anticipation, du social, du mélo, de la romance, de la jeunesse... bref, tous les autres genres.
Mais si je suis un fan de "polar", je le dois à un auteur, un personnage : Sir Arthur Conan Doyle et Sherlock Holmes.
En effet, avant de découvrir l'un et l'autre, d'abord à travers des recueils de nouvelles, ensuite à travers les romans, je lisais peu... je ne lisais pas.
La lecture était un acte auquel je m'adonnais par obligation scolaire et sans plaisir...
Après avoir fait la connaissance du détective à la pipe habitant au 221b Baker Street, je me suis mis à dévorer des livres... mais que des récits policiers.
J'ai dévoré le canon Holmésien, des tas de pastiches de Sherlock Holmes... puis je me suis intéressé à d'autres styles, d'autres auteurs, d'autres époques.
Mais je dois avouer que Sherlock Holmes est toujours demeuré dans ma mémoire et mon cœur.
J'ai depuis regardé des tas de séries et de films adaptant le Canon Holmésien ou des pastiches, me délectant de certaines adaptations (la série avec Basil Rathbone - le meilleur interprète de Sherlock Holmes pour moi - et Nigel Bruce ; celle avec Benedict Cumberbatch ; les films avec Peter Cushing... jusqu'à la toute dernière série, "Young Sherlock", réalisée et produite par Guy Ritchie), en détestant d'autres, pourtant adulées, comme la série avec Jeremy Brett...
Mais j'ai également l'intégrale de la série animée italo-japonaise "Sherlock Holmes", dans laquelle les animaux remplacent les hommes (Sherlock est un renard).
Mais j'ai aussi joué à des jeux vidéo mettant en scène le personnage.
Mais j'ai aussi joué à des jeux de société mettant en scène le personnage (je possède une bonne partie des "Sherlock Holmes - détective-conseil")
Bref, Sherlock Holmes et moi, c'est une longue histoire d'amour littéraire et même si ce dernier n'a pas toujours été honnête avec moi (j'ai depuis découvert par hasard que le personnage de Sherlock Holmes était "pompé" sur celui de Maximilien Heller, d'Henry Cauvain), cet amour ne s'est jamais démenti...
Pourtant, si j'ai lu des romans, des nouvelles, des contes, des pastiches... si j'ai regardé des films, des séries, des séries animées... si j'ai joué à des jeux vidéo... si j'ai joué à des jeux de société... il est un support que je n'avais jusqu'alors pas encore expérimenté : la B.D.
En effet, jusqu'à présent, je n'avais jamais été convaincu par une adaptation graphique, trouvant souvent le style utilisé irrespectueux de l'esprit Victorien et du personnage, que ce soit dans les "Comic Books" des années 1950 ou dans les adaptations françaises plus récentes comme "Dans la tête de Sherlock Holmes"...
Mais ça, c'était avant... avant la sortie de « Une Étude en Rouge - La B.D. ».
En effet, dans cette adaptation graphique, on découvre non seulement l'esprit victorien et holmésien dans le graphisme, mais on a le droit, également, à une adaptation fidèle du récit d'origine.
Or, s'il est bien un personnage difficile à adapter en B.D., c'est bien Sherlock Holmes.
En effet, la complexité du personnage, la difficulté de retranscrire son esprit, son art de la déduction... font de l'envie d'adaptation un exercice périlleux.
Et pourtant, force est de reconnaître que le défi est relevé.
Dès l'apparition de Sherlock Holmes, on pense aux illustrations du grand Sidney Paget pour le "Strand Magazine", l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur, illustrateur des aventures de Sherlock Holmes.
Mais on retrouve également le flou entourant le personnage du Docteur Watson.
Flou, car on sait que Conan Doyle écrivit les premières aventures du duo uniquement dans un but alimentaire.
Et s'il ne s'attacha pas vraiment à ces personnages immédiatement, cela se ressent principalement dans le traitement de John Watson autour duquel un flou gaussien est entretenu.
Blessé à l'épaule durant la guerre d'Afghanistan, Conan Doyle en fait rapidement un homme blessé à la jambe...
D'autant que, au final, le docteur Watson étant le narrateur des histoires, il se retrouve assez peu décrit dans le canon Holmésien.
Aussi, l'image mentale que nous avons du personnage est influencé soit par ses interprètes au cinéma ou à la télé (pour moi, c'est forcément Nigel Bruce) ou par d'autres adaptations visuelles.
Du coup, si le personnage de Watson, dans le canon, n'est pas physiquement défini, on retrouve cette "diversité" dans cette adaptation graphique.
Parfois les traits durs, parfois les traits doux, parfois une apparence rustre, parfois une apparence "gentleman", Watson est ici empreint de ce flou gaussien propre à son personnage d'origine (du moins dans l'adaptation de cette aventure liminaire).
Bref, « Une Étude en Rouge - La B.D. » se révèle être une adaptation graphique fidèle au matériel d'origine et aussi à l'esprit de l'auteur lors de l'écriture de ces premières aventures.
Si le personnage de Sherlock Holmes y est déjà parfaitement défini, celui de Watson, lui, demeure dans une certaine incertitude...
Il est à noter que les dessins sont très beaux (la plus belle adaptation graphique que j'ai pu lire) que l'histoire est fidèle (bien que condensée) et que le tout est très agréable à lire et à voir.
Au final, une adaptation graphique des aventures de Sherlock Holmes à la fois fidèle au récit d'origine, à l'esprit de l'auteur mais aussi au travail du plus grand illustrateur des aventures de Sherlock Holmes : Sidney Paget.
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