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21 juin 2026

L'inconnu de la nuit tragique

J'ai déjà abordé de nombreux auteurs de la littérature populaire fasciculaire policière.

Pour autant, il ne me semble pas encore avoir parlé de l'auteur Michel Nour (1871-1951).

Il faut dire que le bonhomme a traversé assez anonyme plusieurs décennies de la littérature. De plus, il se serait plus spécialisé dans le genre sentimentalo-dramatique et aurait assez peu abordé le genre policier.

Cependant, à partir de 1937, il écrit au moins deux titres pour la collection de fascicules de 32 pages des éditions Rouff : « Aventures Policières » : « La boîte de fer blanc » (n° 35 de la collection) et le titre du jour « L'inconnu de la nuit tragique » (n° 31).

De Michel Nour, on connaît très peu de choses, voire rien du tout, comme pour la plupart des auteurs de cette paralittérature.

L'inconnu de la nuit tragique :

Lorsque Prosper Gardier, un historien vivant en ermite, est retrouvé sans vie dans sa chambre close, l’émotion gagne le petit village.

Entre la disparition d’importantes sommes d’argent et celle de mystérieux documents secrets confiés par un ami ingénieur, le mobile du crime semble trouble.

L’inspecteur Dartès est dépêché sur les lieux pour démêler les fils d’une intrigue où chaque habitant devient suspect : des domestiques fidèles à la jeune secrétaire Henriette Lermont, dont la discrétion intrigue les villageois.

Dans cette enquête où se mêlent vol crapuleux et espionnage, l'habile policier devra percer les ombres de la villa pour démasquer un coupable aux multiples visages.

Un vieil homme est retrouvé assassiné chez lui. Tout a été fouillé et de l'argent et des papiers ont disparu. L'inspecteur Dartès est chargé de l'enquête et il va devoir s'intéresser aux différents suspects, dont la jeune secrétaire de la victime, une Parisienne considérée comme hautaine par les autochtones.

Michel Nour nous livre ici un début de récit policier plutôt classique et dans la veine de la littérature fasciculaire policière de l'époque. Un crime mystérieux, des suspects, un policier...

En quelques mots, il installe l'ambiance rurale, les personnages secondaires... le crime.

Puis, grâce à un article de journal, l'auteur détaille les circonstances du crime avec une économie de mots que nécessite le format fasciculaire.

Entre alors en scène le policier, Dartès, comme le lecteur de l'article dans la voiture qui l'amène sur place.

Pour autant, Dartès, personnage principal, est peu décrit par l'auteur, mais les rares qualificatifs qu'il lui accorde le placent immédiatement dans les pas du policier usuel de ce genre de récit.

Michel Nour nous propose ensuite une enquête policière là encore classique, mais plaisante à lire.

Ce n'est que quand il va faire bifurquer son récit vers le genre espionnage que l'auteur commet une " maladresse " que l'on peut mettre sur le compte de la concision à laquelle il est forcé. En effet, la transition entre les deux genres se fait trop brutalement, laissant un peu l'impression de lire deux récits différents.

La révélation finale, qui doit être le rebondissement de l'affaire, est là aussi une facilité qui fonctionne sur des non-dits qui n'ont pas forcément de raisons cartésiennes.

Mais, ne soyons pas trop exigeants avec un format si contraignant. En effet, on sait, en attaquant la lecture d'un fascicule, que l'auteur va devoir user d'ellipses ou de facilités pour faire tenir son histoire en peu de mots (ici, 13 000) à moins d'avoir du " génie " ou, du moins, un grand talent, ce qui n'était pas le cas de la grande majorité des auteurs de récits fasciculaires.

Au final, un récit policier plutôt bien maîtrisé et intéressant dans sa première partie et qui perd un peu de cohérence et de maîtrise quand il tend vers le récit d'espionnage. 

 

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