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17 mai 2026

La coupe vide

Dans la littérature populaire policière fasciculaire, s'il y a un auteur incontournable, si ce n'est par la qualité de sa production, au moins par la quantité de celle-ci, c'est bien Henry Musnik (1895-1957).

En effet, cet écrivain, né au Chili, fut un des principaux pourvoyeurs des collections fasciculaires à partir du milieu des années 1930, et ce pour plusieurs éditeurs et sous de nombreux pseudonymes (Pierre Olasso, Claude Ascain, Alain Martial, Florent Manuel, Gérard Dixe... et j'en passe).

Le bonhomme, pour produire autant de récits, avait ses petites astuces, dont celles consistant à s'inspirer de personnages à succès de la littérature populaire (Arsène Lupin, Fantômas), à réutiliser certains de ses textes en les modifiant ou non pour les proposer à d'autres éditeurs sous un autre pseudonyme ou encore, paraît-il, à faire des traductions pirates de certaines séries comme " Sexton Blake ".

Bref, ses textes ont inondé les collections fasciculaires de différents éditeurs, et ce dans des genres tels que récits d'aventures, récits fantastiques et surtout récits policiers.

Et, malgré les réécritures et les rééditions, sa production fut tout de même pléthorique.

On peut lui reprocher un manque de style et d'originalité, ce qui est vrai dans la majeure partie de son œuvre, mais il a démontré, par exemple dans la série « Mandragore » qu'il pouvait également écrire de longs romans passionnants.

Le titre du jour est « La coupe vide » un fascicule de 32 pages paru en tant que 4e titre de la collection « Police-Express » des éditions A.B.C. fin 1941.

Le titre est publié sous le pseudonyme d'Alain Martial.

Est-ce une réécriture d'un autre titre de l'auteur ou bien celui-ci a-t-il servi de base à un autre texte... probablement, mais je n'ai pas trouvé les titres concernés, mais quelques détails de l'histoire me disent quelque chose.

La coupe vide :

Dans l'hôtel particulier des Romieu, l'histoire se répète : pour la deuxième fois en trois mois, des bijoux d'une valeur inestimable ont disparu d'une coupe d'albâtre.

Pourtant, aucune porte n'a été forcée et le mur ne porte pas de trace d'escalade.

Face à ce mystère, l'inspecteur Japy, jeune policier à l'élégance de dandy, mais au flair redoutable, refuse de se contenter des explications trop simples.

Entre les rancœurs d'un ancien valet de chambre et les silences de la haute société, il va remonter une piste que personne n'avait osé envisager.

Dans ce jeu d'ombres où chaque détail compte, Japy devra faire preuve d'un entêtement sans faille pour percer le secret de la coupe vide.

Après un premier vol de bijoux, Madame Romieu, trois mois plus tard, constate un nouveau préjudice du même ordre. Le couple est persuadé que le coupable est le valet qu'ils avaient licencié la première fois. Pourtant, l'enquête de police n'avait rien trouvé à lui reprocher.

C'est l'inspecteur Japy qui reprend l'enquête, un jeune policier aux allures de dandy.

Celui-ci va d'abord s'intéresser au valet, mais non pas pour l'accuser, mais plutôt pour l'innocenter, car il sent qu'on veut lui faire prendre des vessies pour des lanternes.

Bon, autant le dire tout de suite, ce petit récit de 9200 mots se lit très agréablement (plus agréablement que la plupart de ceux de l'auteur) même si l'impression que j'avais déjà lu, si ce n'est cette histoire, mais du moins des morceaux de cette histoire ne m'a pas quitté jusqu'au bout.

N'ayant pu retrouver un autre récit déjà lu portant les mêmes éléments, je ne peux affirmer qu'il s'agit là d'une réécriture d'un précédent texte de l'auteur (ou l'inverse), mais après tout, qu'importe.

Bien évidemment, les personnages sont à peine esquissés à l'image du héros tout juste décrit par la phrase suivante :

« Japy était jeune. Trente ans à peine. Et il ne représentait pas un policier tel qu’on l’imagine. L’allure aisée dans des vêtements de bonne coupe, une moustache fine, à la mode, des traits réguliers, des manières avenantes. Bien découplé, sportif... »

On ne reprochera pas cette concision à l'auteur, c'est le lot de tous les fascicules puisque la " concision " est une condition sine qua non de la littérature fasciculaire.

L'intrigue, elle aussi, étant contrainte aux mêmes conditions, il ne faut pas s'attendre à un immense suspens, à une certaine tension ni à une enquête de longue haleine.

Une fois posées ces bases, il faut savoir apprécier la littérature fasciculaire pour ce qu'elle est et force est de constater que « La coupe vide » est plutôt un bon récit fasciculaire policier, du moins qu'il se place dans le haut du panier de la production de l'auteur.

Au final, un bien agréable récit de la part d'un auteur qui nous avait habitués à moins bien.

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