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Loto Édition
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3 mai 2026

Pour sauver la coupable

Régulièrement, je replonge dans la littérature fasciculaire policière pour trouver un petit texte pour combler un petit moment dispo.

Le choix du jour s'est porté sur le titre « Pour sauver la coupable » de René Duchesne, un fascicule de 32 pages (8700 mots) paru en 1933 dans la collection « Le Roman du Dimanche » des éditions J. Tallandier.

René Duchesne est un auteur prolifique en matière de fascicules que l'on croise dans diverses collections, dont certaines, policières, des éditions Ferenczi.

L'auteur serait en fait Maurice René Duchesne (1891-1964).

Bref, passons directement au texte.

Pour sauver la coupable :

Quand une bague disparaît au « Palais des Fanfreluches », la vie de Raymonde Portal bascule.

Accusée d’un vol qu’elle n’a pas commis, la jeune vendeuse se mure dans un silence héroïque.

Entre son honneur bafoué et la menace d'une condamnation qui briserait son futur mariage, elle choisit le sacrifice pour protéger un lourd secret de famille...

Bon, ce récit est symptomatique d'une partie de la production de l'époque par divers aspects, mais également très représentatif de la plume de l'auteur.

En effet, la place de la femme dans ce récit ferait rager les féministes (et pas que) d'aujourd'hui tant le rôle de celle-ci se résume à l'oie blanche ou bien la pauvre ingénue tombée sous le joug d'un vaurien. Dans les deux cas, la femme n'aspire qu'à s'occuper du ménage (dans les deux sens) et rester à la maison pour s'assurer le bien-être de son mari qui, lui, va travailler pour rapporter le pognon.

Heureusement, on a un peu avancé depuis (enfin... pas tout le monde).

L'autre témoignage du récit est celui sur la platitude de la plume de l'auteur.

En effet, comme bon nombre de spécialistes des récits fasciculaires (une petite pensée pour Henry Musnik), René Duchesne sacrifie la qualité littéraire sur l'autel de la productivité (à moins qu'il n'ait pas les capacités, contrairement à Musnik qui a su démontrer qu'il pouvait avoir une plume plaisante quand il le voulait).

En tous cas, jusqu'à présent, tous les récits de Duchesne que j'ai lus ont pour point commun un style littéraire sans aspérités ce qui peut être une qualité, mais est souvent un défaut.

Bref. On lit du René Duchesne pour passer un petit moment et non pour s'extasier face aux envolées prosaïques de l'auteur.

Une fois que l'on est conscient de ces deux états de fait (la place de la femme dans la littérature de l'époque et l'état des lieux de la plume de René Duchesne), on peut alors profiter au mieux d'un petit récit qui tient plus du genre sentimental que de celui policier et qui se lit sans déplaisir, mais qui, surtout, ne marquera pas les esprits.

Au final, un récit fasciculaire noyé dans la masse des récits fasciculaires et qui ne s'en démarque surtout pas.

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