Un as de la police
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Le hasard fait bien les choses tant parfois dans la vie que souvent dans les récits policiers (le titre du jour en est un exemple parfait).
Aujourd'hui, je vais parler d'un auteur que j'ai très peu abordé, Léo Frachet.
En effet, de cet auteur, jusqu'à présent, je n'avais lu et chroniqué que ses quatre récits autour du Père Leboeuf, un policier retraité passionné de roses.
Je ne vous apporterai pas plus de renseignements sur l'auteur qu'à l'époque et peut-être même encore moins, car je me rends compte que j'ai peut-être confondu Léo Frachet et Léon Frachet alors qu'il s'agit peut-être de deux auteurs différents.
Bref.
« Un as de la police » est paru initialement (du moins je crois que c'est la première édition) en 1939, sous la forme d'un fascicule de 64 pages dans la collection « Mystère et Police » des éditions Ferenczi.
Un as de la police :
Une pièce close. Six suspects. Un diamant volatilisé.
Lors d'un somptueux dîner parisien, le légendaire Diamant Bleu disparaît à la faveur d'une soudaine panne d'électricité.
Dans ce huis clos où chaque invité est suspect, l'inspecteur Charles Martel, alias « Monsieur Hasard », doit démêler les secrets et les faux-semblants.
Entre la malédiction de la pierre et les jeux de salon, la vérité sera-t-elle le fruit de la logique ou d'un simple coup de chance ?
Charles Martel (pas celui qui s'est fait connaître à Poitiers) est un inspecteur de police surnommé " Monsieur hasard " du fait qu'il annonce toujours que le hasard est son meilleur adjoint. Quand le " Diamant Bleu " disparaît lors d'une soirée entre amis dirigée par le propriétaire du joyau, c'est " monsieur hasard " qui s'y colle. Mais les apparences étant souvent trompeuses, Charles Martel va devoir une nouvelle fois démontre qu'il n'a pas usurpé son statut de policier ni son surnom...
Ne connaissant pas trop la plume de Léo Frachet (je n'avais lu jusque-là que 4 fascicules de 32 pages signés par lui), je ne puis dire si ce récit d'une longueur doublée (presque 20 000 mots) est dans la même veine, d'autant que le personnage diffère totalement de celui du Père Leboeuf.
Cependant, je peux dire que le récit s'inscrit dans la veine des récits policiers fasciculaires de l'époque et notamment ceux de la collection dont il est tiré (" Police et Mystère ").
En effet, on retrouve à la fois l'ambiance, le style, le genre d'histoire...
Mais, avec ces mêmes éléments, on peut aussi bien produire un récit indigeste qu'un bon petit roman policier.
Et c'est plutôt le deuxième cas qui s'offre à nous.
Effectivement, « L'as de la police » s'avère être un récit plaisant à lire, et ce parce que l'auteur parvient à élever tous les éléments précités.
Le personnage principal, tout d'abord. Charles Martel est loin du stéréotype du policier infaillible, tant physiquement que psychiquement. Il ne compte pas sur ses seules qualités (qui sont pourtant présentes) de policier, car il sait que le hasard joue souvent un grand rôle dans les découvertes. Mais, en plus de ses dons d'observation, de perspicacité, d'opiniâtreté... du hasard, il s'appuie également sur les analyses techniques et scientifiques de l'époque ainsi que sur celles de spécialistes.
L'intrigue, ensuite. En effet, celle-ci, qui peut s'avérer simple à la base (un " crime en chambre close "), réserve de nombreuses surprises et rebondissements, et ce malgré la concision du texte. Les suspects sont nombreux, et quand on pense avoir découvert le voleur, on se rend compte qu'il y a encore quelque chose derrière.
La maîtrise du genre et des sous-genres... Léo Frachet démontre qu'il connaît et maîtrise les différents sous-genres du roman policier. Faisant débuter son récit par un " crime en chambre close ", il le conclut en un " Whodunit " que n'aurait pas renié Agatha Christie. Entre les deux, Léo Frachet joue avec le trope du " voleur volé ", des faux-semblants, des révélations tardives... bref, tout un panel de sous-genre en un seul récit.
La plume, enfin... Une plume qui sait s'effacer devant son histoire, mais qui ne faiblit jamais pour autant. La plume est au service de l'histoire et non l'inverse.
Au final, Léo Frachet démontre avec ce titre qu'il était capable de maîtriser à la fois un genre, des sous-genres, un format, un personnage, une ambiance et une intrigue. Sans parvenir à l'excellence réservée à une poignée d'auteurs, il nous livre là un très bon récit policier.
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