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12 juillet 2026

Gangster malgré lui

Fut un temps un peu lointain, les magazines jeunesses publiaient des récits policiers qui n'étaient pas forcément destinés qu'à la jeunesse.

Certes, ceux-ci avaient tous pour points communs de mettre en scène des héros positifs en tous sens, qu'à la fin de l'histoire, les gentils gagnaient et les méchants étaient punis, de ne pas trop verser dans la violence et de mettre en avant les bons sentiments (ce qui était le cas, de toute façon, de la grande majorité des textes de la littérature populaire de l'époque).

Mais, pour autant, ces récits étaient lisibles et appréciables par tous et toutes... la preuve, j'en suis friand.

Alors, les passionnés de littérature populaire ne seront pas étonnés par ce que je viens de dire puisque tous les textes de José Moselli, par exemple, furent publiés dans des magazines jeunesse.

Mais José Moselli ne fut pas le seul auteur à avoir versé son obole à cette presse.

En effet, le cas du jour nous démontre que l'auteur Norbert Sevestre (1879-1946) en fit autant.

Bon, rien d'étonnant en la matière, quand on sait que l'auteur prolifique a souvent abordé les genres policiers, aventures et jeunesse et qu'il fut même loué par l'Abbé Béthléem, pourfendeur du vice dans la littérature de l'époque.

En ce qui concerne le titre du jour, « Gangster malgré lui », il fut initialement publié en 1934 dans le magazine « Guignol : cinéma des enfants » sous la forme d'un feuilleton en 4 parties avant d'être réédité en roman chez l'éditeur Tallandier dans la collection « Grandes aventures. Voyages excentriques » en 1936.

Gangster malgré lui :

Octave Boneface est un honnête chemisier de la rue Saint-Honoré, dont la seule excentricité consiste en de longues marches nocturnes dans les rues de Paris.

Mais un soir, aux abords du Petit Palais, sa vie bascule lorsqu'il est brutalement enlevé par un groupe d'étrangers persuadés d'avoir retrouvé un traître nommé Tony Floyd.

Victime d'une méprise tragique due à une ressemblance frappante, l'innocent commerçant est entraîné malgré lui dans un engrenage criminel qui le dépasse.

Alors que la police piétine, son jeune secrétaire, Luc Archer, décide de mener sa propre enquête.

Guidé par un indice ténu ramassé sur les lieux de l'agression, le jeune homme se lance dans une course contre la montre haletante qui le mènera des villas discrètes de la banlieue parisienne jusqu'aux bas-fonds de Chicago.

Oscar Boneface est un honnête commerçant, marié, père d'une jeune fille et dont le seul vice est de marcher longuement à travers les rues de Paris au grand damne de sa femme qui craint qu'il ne soit victime d'une agression.

Un soir, lors d'une de ses promenades, Oscar Boneface est abordé par des individus patibulaires parlant l'américain. Bientôt, il est kidnappé par ces hommes qui l'ont apparemment confondu avec un de leur compatriote...

Luc Archer, le jeune secrétaire de Boneface et l'amoureux de la fille de celui-ci, devant l'incapacité de la police à retrouver son patron et, il l'espère, son futur beau-père, décide de se lancer dans une enquête qui le mènera par tous les états d'esprit et jusqu'aux États-Unis...

Autant le dire tout de suite, qui aura déjà lu ce genre de romans policiers d'aventures ne sera pas surpris ni décontenancé par la lecture de ce roman.

En effet, « Gangster malgré lui » ne révolutionne pas le genre abordé (aventures policières) ni par son intrigue, ni par ses personnages, ni par sa narration ou sa plume.

Ce roman, destiné à un magazine jeunesse, n'a pas cette ambition et on le sent immédiatement.

Est-ce pour autant un mauvais roman ou un roman insipide ? Non, bien évidemment.

D'ailleurs, on pourrait un peu rapprocher « Gangster malgré lui » de la série « Le Petit Détective » d'Arnould Galopin, publié à la même époque (1934) et partageant de nombreux points communs : un héros jeune qui devient détective par hasard, une narration feuilletonesque, une bande de méchants, des rebondissements, des voyages, des bons sentiments, du manichéisme, de l'aventure...

Et j'ai déjà dit tout le bien que je pensais de « Le Petit Détective ».

Bref, à défaut de faire original, Norbert Sevestre remplit parfaitement la tâche qui lui incombe : proposer un récit prenant qui plaira au public jeune... mais pas que.

Alors, oui, l'intrigue fonctionne beaucoup (comme très souvent les romans et surtout les feuilletons de l'époque) sur les hasards et les coïncidences et le fait que le monde étant petit, les protagonistes vont forcément se croiser (mais Voltaire nous avait déjà fait le coup deux siècles auparavant avec son Candide).

Effectivement, les bons sentiments et le manichéisme ambiant peuvent sembler un peu sirupeux et indigestes à notre époque, mais il faut savoir replacer le texte dans son contexte. Et quand on attaque ce genre de lecture, on sait ce que l'on va y trouver.

Et quand on aborde ce genre de lecture avec le bon état d'esprit, on peut alors l'apprécier.

C'est ce que je fis de ce roman-feuilleton de près de 52000 mots (ce qui est une taille très honorable pour un roman de l'époque).

Au final, un roman d'aventures policières destiné pour la jeunesse d'il y a près d'un siècle, mais qui peut être lu et apprécié par tout le monde de nos jours et qui condense tout ce qui se faisait à l'époque...

 

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