Le rapide n°5
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À peine vous ai-je parlé de Félix Léonnec (1872-1942), un réalisateur et auteur de littérature populaire, que j'y reviens immédiatement... pour vous parler du même personnage : le détective Bobby Lumen.
En effet, celui-ci était le héros de " Le poing final ", un fascicule paru initialement dans la seconde série de la mythique collection " Le Roman Policier ", illustrée par le génial Gil Baer, en 1927. Celui-ci portait le numéro 26 de la collection.
Mais, quelques titres auparavant (au n° 7), on pouvait trouver le titre du jour, « Le rapide n° 5), dans lequel le héros était déjà Bobby Lumen.
Le détective étant déjà, dans ce titre, annoncé comme célèbre et ayant résolu de nombreuses affaires, il ne serait pas étonnant de le retrouver dans d'autres titres de l'auteur, mais je n'en ai pas trouvé trace dans ceux que je possède...
Pour rappel, Félix Léonnec et le fils du caricaturiste Paul Léonnec et le frère aîné de l'illustrateur George Léonnec.
Le rapide n° 5 :
Alors qu’il s'adonne à sa passion pour la pêche sur les bords de la Marne, Bobby Lumen, le plus célèbre des détectives français, est arraché à sa quiétude par une affaire stupéfiante.
Lucette Bellefeuille, la célèbre divette, a été retrouvée sans vie dans un compartiment verrouillé du rapide Paris-Marseille.
Le mystère semble insoluble : comment la jeune femme a-t-elle pu être découverte assassinée à Marseille alors qu'elle chantait encore sur une scène parisienne quelques heures plus tôt ?
Entre la disparition de bijoux d’une valeur inestimable et une énigme spatio-temporelle qui défie la raison, Bobby Lumen se lance dans une enquête haletante.
Dans cette course contre la montre, la vérité pourrait bien se cacher là où personne n'ose regarder.
Bobby Lumen, le célèbre détective s'adonne, comme à son habitude lors de ses moments de repos, à la pêche. Mais Léveillé, son ami et majordome, vient lui dire que le chef de la Sûreté a appelé et le mande d'urgence.
Arrivé sur place, Bobby Lumen apprend qu'une jeune chanteuse vedette a été retrouvée assassinée à Marseille dans un compartiment du rapide n° 5. Problème, à l'heure du départ du train de Paris, la victime était sur scène et n'a donc pas pu prendre ledit train. Autre problème, Lumen découvre rapidement que la chanteuse a été assassinée chez elle et que ses bijoux et son argent ont été dérobés...
Félix Léonnec nous invite ici à un crime et un récit ambitieux... en apparence.
En effet, le meurtre s'inscrit dans un certain nombre de sous-genres du roman policier : crime en chambre close + crime mystérieux + crime impossible...
C'est dire toute l'ambition de l'intrigue : une femme est retrouvée morte dans un train qu'elle n'a pas pu prendre... elle a été assassinée chez elle alors que tout était fermé...
Malheureusement, le récit étant destiné à un fascicule de 32 pages et dépassant à peine les 11 000 mots (une grosse heure de lecture), on se doute que l'auteur aurait du mal à résoudre son intrigue d'une façon acceptable... si tant est qu'il la résolve...
Je vous laisserai constater par vous-même.
Pour le reste, on est plutôt dans du très classique, un récit très représentatif des fascicules policiers des années 1920.
Bobby Lumen est un détective qui ne se démarque pas de celui de l'imagerie collective, l'auteur l'avoue lui-même en le comparant à Sherlock Holmes et Nick Carter, deux détectives de la littérature policière populaire de l'époque.
Bobby Lumen possède donc le don d'observation, celui de la perspicacité, du courage, de la volonté, de la souplesse, de la force, de l'opiniâtreté, sans avoir de défauts annoncés.
Il est secondé par son majordome et ami qu'il sauva du suicide par le passé et par ses deux neveux (ce qui rappelle fortement Nick Carter).
Sa seule caractéristique le démarquant : il est un pêcheur invétéré (avec un circonflexe).
En ce qui concerne la plume de Léonnec, on ne trouvera rien à redire, ni en bon ni en mauvais, une plume " passe-partout " qui remplit son office, mais sans chercher à faire de la grande littérature.
Là encore, on est dans le classique.
Le récit est bien mené dans un premier temps, avec ces mystères qui s'accumulent...
L'enquête de Bobby Lumen mélange à la fois observation, réflexion et action puisqu'il n'hésite pas à prendre divers moyens de locomotions pour se rendre d'un point à un autre.
Reste la fin... frustrante, autant l'avouer, mais pardonnable du fait de la difficulté à proposer une intrigue complexe et la résoudre de façon honorable en seulement une dizaine de milliers de mots.
Au final, un récit policier qui n'a pas les moyens de ses ambitions (en termes de temps d'écriture, de publication et de nombre de pages disponible), mais qui, au moins essaye, et ce n’est déjà pas si mal...
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