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« Qui a tué M. Champlin ? » est le titre d’un fascicule de 32 pages publié vers 1937 (le texte n’est pas daté) dans la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes.

Le récit est signé Marcelle-Renée Noll, un pseudonyme du prolifique auteur Marcel Priollet (1884-1960).

Marcel Priollet, tout passionné de littérature populaire fasciculaire connaît, pour son immense production dirigée principalement, mais pas que, vers les genres policiers et sentimentalo-dramatiques.

Il a signé un nombre incroyable de séries mettant en scène de jeunes femmes enamourées ou martyrisées par la vie et les hommes.

Mais il a également écrit beaucoup de textes policiers, n’hésitant pas à utiliser plusieurs personnages récurrents.

C’est dans cette fameuse collection, qu’il abreuva quasiment à lui seul, sous le pseudonyme de Marcelle-Renée Noll, en écrivant les 9/10 ème des presque cent fascicules qu’elle compte, qu’il fit vivre le plus d’enquêteurs récurrents tels Claude prince, détective radiesthésiste ; Bob Rex, inspecteur de la Brigade Mondaine ; Sébastien Renard, détective ; Guillaume Lambert, inspecteur de la Brigade Mondaine et l’inspecteur principal François Pessart.

Mais il écrivit également, pour la même collection, des textes indépendants, comme celui du jour (même si l’inspecteur François Pessart pointe le bout de son nez pendant quelques lignes).

QUI A TUÉ M. CHAMPLIN ?

M. Charancel, juge d’instruction, et son épouse, ont passé une vilaine nuit à s’inquiéter de l’absence de leur jeune fils qui ne les a pas habitués à découcher…

Aussi, quand au petit matin, M. Charancel entend des pas étouffés dans l’escalier, il décide de monter gronder le garnement.

Quelle n’est pas sa stupeur en trouvant dans la chambre, son enfant évanoui et ensanglanté ! Il a visiblement reçu deux balles dans le ventre.

M. Charancel conduit le blessé dans une clinique afin qu’il soit opéré d’urgence. Une fois rassuré sur l’état de santé de ce dernier, il se rend alors au tribunal.

Mais il n’a pas le temps de pénétrer dans ses bureaux que ses devoirs l’appellent sur une scène de crime. Le sénateur Champlin vient d’être retrouvé mort, chez lui.

Sur place, la police découvre le corps de M. Champlin allongé dans une mare de sang, un pistolet à la main.

Non loin du cadavre gît un bracelet-montre que le juge Charancel reconnaît être celui de la chair de sa chair…

Qui a tué M. Champlin ? M. Charancel, juge d’instruction, a bien peur de connaître la réponse à cette question puisque, la nuit où le sénateur a été abattu dans le dos, son fils est rentré au petit matin, blessé de deux balles dans le ventre. Comme le jeune homme était fou amoureux de l’amie du sénateur et qu’un bracelet-montre appartenant à son fils a été retrouvé sur la scène de crime…

Disons-le tout de suite, les angoisses d’un père seront vite calmées puisque ce récit qui dépasse à peine les 7 000 mots n’offre pas l’occasion à l’auteur de développer une intrigue que, de toute façon, une enquête sérieuse de la police aurait fini par résoudre.

Mais, on le sait, les textes de cette collection sont trop concis pour pouvoir atteindre une certaine qualité et, au mieux, ces récits offrent de petits moments sympathiques de lecture.

On sait également que les intrigues, pour tenir en si peu de mots, sont souvent bâclées, légères, tiennent sur des hasards et se résolvent malgré des incohérences.

Peu importe, ils sont au moins l’occasion de retrouver la plume de Marcel Priollet (même si elle n’est pas magnifiée par le travail de l’éditeur et par la rapidité d’écriture) ainsi que les thèmes qui lui étaient chers.

Aussi ne faut-il pas être trop exigeants avec ces récits et les lire comme des témoins d’une littérature révolue et d’un format qui n’a plus cours.

Au final, un petit texte agréable à lire, mais dont l’intrigue est résolue trop rapidement pour satisfaire pleinement.