Loto Édition

08 janvier 2017

La nuit de Saint-Germain-des-Prés

9782265095069

Léo Malet est un auteur qui avait une véritable plume et son personnage de Nestor Burma est un héros voire antihéros, très attachant.

Comme je le disais dans une chronique sur un autre livre de la série, avec l’assurance d’un bon personnage et d’une bonne plume, il ne manque plus qu’une bonne histoire pour conquérir le lecteur.

« La nuit de Saint-Germain-des-Prés » est le titre qui peut me contredire. Effectivement, dans cet opus, l’histoire laisse la place à l’Histoire littéraire à travers la visite de Saint-Germain et de ses cafés littéraires. 

La nuit de Saint-Germain-des-Prés : Pendant un mois de juin orageux, Nestor Burma est engagé par M. Grandier, représentant une compagnie d’assurances, afin de retrouver des bijoux volés et en voie d’être recelés par Charlie Mac Gee, un noir ancien musicien de jazz devenu caïd et trafiquant de drogue. Burma se rend au Diderot-Hôtel où réside le gangster, mais découvre son cadavre, assassiné. L’enquête impose alors au détective de fréquenter la faune littéraire et intellectuelle qui se presse dans les cafés et les caves du quartier, dont le célèbre Germain Saint-Germain, alias « le fabricant de best-sellers », qui donne une fête dans son appartement, rue Guynemer, en l’honneur de la môme Taxi. Le détective suit une piste qui le mène à retrouver le veilleur de nuit du Diderot-Hôtel, en train de lire « La tête d’un homme » de Simenon dans l’appartement de sa copine. Il ne parvient pas à en tirer grand-chose et, quand il retourne le voir peu après, il retrouve un corps sans vie. Rapidement, le détective file le type à l’allure de veuf qu’il a remarqué sortant de l’immeuble à son arrivée. Le suspect le conduit tout droit au 36 quai des orfèvres, siège de la police. Burma en perd son latin. Quelques jours passent, et le détective trouve sur le paillasson de son bureau un paquet qui contient les bijoux volés, devenus trop compromettants. Puis, les événements se bousculent, car la môme Taxi a disparu. Et toute l’enquête trouve une résolution explosive dans l’appartement de Germain Saint-Germain où tous ceux qui ont un lien avec l’affaire se trouvent finalement réunis... (Wikipédia).

Toute l’histoire tourne autour de la littérature, le roman de Simenon, l’écrivain célèbre, les cafés littéraires et l’on sent que Léo Malet s’est presque plus attaché à décrire la faune fréquentant ces lieux qu’à développer son histoire.

Pour autant, il reste la plume de l’auteur et le plaisir de visiter par procuration ces lieux d’un autre temps.

Le personnage de Nestor Burma n’en demeure pas moins toujours sympathique et l’on prend plaisir à suivre ses aventures, mêmes quand celles-ci ne sont pas forcément à la hauteur du détective.

Au final, même si l’intrigue et son développement ne sont pas d’une extrême efficacité, la découverte du 6ème arrondissement en compagnie de Nestor Burma et son créateur n’en demeure pas moins plaisante.


01 janvier 2017

Harry Dickson - Intégrale Tome 1

neo_hdickson_1

Harry Dickson est un des plus complexes avatars de Sherlock Holmes que la littérature populaire a pu produire pour le pire et pour le meilleur.

Pour le pire, d’abord puisque l’origine de la série est une exploitation éhontée du personnage de Sherlock Holmes dans une série fasciculaire allemande, en 1907, qui sera rééditée en néerlandais. Le personnage de Sherlock Holmes est présent nommément, mais, très vite, les avocats de Conan Doyle attaquent becs et ongles et le nom du détective disparaît du titre puis des aventures.

Jean Ray, auteur belge et traducteur du néerlandais au français, sera chargé de traduire rapidement cette production insipide. Très vite lassé de cette purge littéraire, Jean Ray va se lancer le défi d’écrire des aventures originales plutôt que de traduire celles existantes. L’éditeur français de la série accepte, mais à une condition, que les textes écrits par Jean Ray conservent un rapport avec l’illustration de la couverture d’origine et le titre initial (il a probablement acheté les droits de ces illustrations et ne veut pas gâcher son investissement).

Jean Ray se sort haut la main de cette contrainte et écrit plus d’une centaine des aventures de Harry Dickson sans que cela soit mentionné à l’époque.

Ce n’est que quelques années avant sa mort, fort de sa réputation dans la littérature d’anticipation dont « Malpertuis » (adapté au cinéma avec Orson Welles comme acteur) et « La cité de l’indicible peur » (adapté au cinéma par Jean-Pierre Mocky avec Bourvil comme acteur), que Jean Ray va établir un listing des aventures de Harry Dickson dont il est l’auteur.

Depuis, les aventures de Harry Dickson ont été de nombreuses fois rééditées, voire même poursuivies par des auteus des éditions du Carnoplaste (éditeur spécialisé dans les fascicules). 

En 1984, les éditions Néo Club, décide d’éditer une intégrale des aventures de Harry Dickson écrites par Jean Ray (ce qu’avait déjà tenté les éditions Marabout).

Harry Dickson — Intégrale Tome 1 : Le « Sherlock Holmes américain » est bien différent des autres grands détectives. Il possède les qualités propres aux grands détectives, flair, logique, flegme. Mais son univers est celui de l’étrange, du fantastique, le monde des monstres, de l’anormalité, de l’occultisme. À redécouvrir absolument. 1934-1936 Dans les griffes de l’idole noire La statue assassinée Le cas de Sir Evans La voiture démoniaque L’« Hôtel des Trois Pèlerins »

Oui, le surnom d’Harry Dickson est : « Le Sherlock Holmes américain », car, si le nom du détective de Conan Doyle ne pouvait être exploité directement, rien n’empêchait les comparaisons flatteuses afin d’attirer les lecteurs avides du Canon Holmésiens... et les autres.

Mais là où la plupart des avatars du genre se contentent de naviguer dans le monde mystérieux du crime, Harry Dickson, ou Jean Ray introduit des éléments « fantastiques » dans ses enquêtes (je ne sais si c’est Jean Ray qui a fait voyager Dickson dans ce genre ou bien si les premiers fascicules comprenaient déjà ces éléments).

Ainsi, même si souvent, du moins de ce premier Tome, le fantastique n’est qu’illusion et que le crime est bien l’œuvre d’une personne humaine, les crimes sont présentés comme émanant de monstres ou de créatures fantastiques.

Si je suis féru de littérature populaire policière, je suis bien moins à l’aise dans le genre fantastique, pourtant, étant donné que cet aspect n’est, la plupart du temps, que poudre aux yeux, j’ai pu me délecter de ces premières aventures issues de la main de Jean Ray.

Il faut reconnaître à l’auteur belge une qualité indéniable de plume malgré la rapidité avec laquelle il rédigeait chaque histoire. Malgré la contrainte du titre et de la couverture, ou grâce à cette contrainte, Jean Ray nous livre alors des enquêtes tintées de fantastique durant lesquelles Harry Dickson et son jeune élève Tom Wills font montre de pugnacité, de témérité, mais, surtout, de perspicacité.

Sans développer son personnage outre mesure, la taille des textes ne l’aurait pas permis de toute façon, Jean Ray parvient à le rendre attachant grâce, notamment, à son détachement, un flegme tout britannique (un comble pour un Américain, mais c’est probablement parce qu’il habite à Londres, devinez à quelle adresse ? 221 B Baker Street).

Aucune surprise à ce que les nouvelles finalement non fantastiques m’aient plus enthousiasmé que les autres, mais, pour autant, les unes comme les autres sont agréables à lire.

Au final, une bien bonne surprise que ces aventures de Harry Dickson de Jean Ray dont les titres originaux (ceux écrits en allemand) ont une fort mauvaise réputation. L’auteur a travaillé vite et bien et a réussi avec brio à se jouer de la contrainte imposée par son éditeur.

25 décembre 2016

Messieurs les hommes

arton676

Quand je sors d’une lecture décevante, pour me requinquer, ces derniers temps, je me plonge dans une valeur sûre : « San-Antonio ».

Enfin, devrais-je dire : les débuts de San-Antonio. Oui, allez savoir pourquoi, contrairement à la plupart des aficionados de Frédéric Dard, je préfère les débuts de San-Antonio à sa « grande période » plébiscitée par la presse et les lecteurs.

Du coup, puisque ma précédente lecture n’était pas un moment de plaisir littéraire, je me plongeais à nouveau dans l’univers Sanantonien.

Pour ce faire, je dévorais la 16ème aventure du commissaire.

Messieurs les hommes : Savez-vous que la pègre vient de s’enrichir d’une nouvelle recrue ? Et pas une demi-portion, croyez-moi ! Du vrai casseur... Du qui file la rouste aux caïds de Pigalle... Du qui se permet de descendre un flic en plein commissariat. Son nom ? Pour Messieurs les hommes, il s’appelle Bernard Tonacci... Ça ne vous dit rien ? Alors, je vais vous en balancer davantage : à la P.J., ce zigoto est plus connu sous le nom de commissaire San Antonio. Pas de panique... Rassurez-vous, je n’ai pas changé de bord... Mais il faut admettre que tout pourrait le laisser croire au début de ce chef-d’œuvre.

Et on retrouve avec un grand plaisir notre commissaire San-Antonio qui, pour mener à bien une enquête sur l’enlèvement de spécialistes en nucléaire, décide de se rapprocher du « pourri », un truand souffrant d’eczéma. Pour ce faire, il se fait passer pour un caïd débarqué à la capitale et s’en va se foutre sur la gueule avec le pourri dans un troquet afin de se faire alpaguer avec celui-ci par la Rousse. Le plan, une évasion sanglante pour faire croire que c’est un dur à cuire et se faire ami-ami avec l’affreux afin de s’approcher d’un gang de kidnappeurs de scientifiques.

San-Antonio va même participer à l’enlèvement de l’un d’eux et, très vite, les choses tourneront vinaigre, mais c’est toujours le cas avec le commissaire.

Dans ce titre, San-Antonio joue les méchants et se retrouve mêlé à l’histoire qui va très vite partir en sucette. Pour le coup, difficile, pour le commissaire, de faire son boulot et de rester crédible. Pourtant, il s’y attachera du mieux possible, mais cela suffira-t-il ? 

Le lecteur n’assistera pas à la meilleure intrigue de la série, bien que la fin puisse surprendre, mais, le tout est agréable à lire et c’est une quasi-certitude que l’on peut avoir avec le commissaire, c’est que même ses moins bonnes aventures sont meilleures que bien des romans policiers.

Au final, c’est toujours un plaisir de retrouver le commissaire San-Antonio et ce n’est pas ce titre qui vous fera penser le contraire. Du classique, donc, loin de l’excellence de certains titres de la série, mais dans l’ambiance agréable de la première décennie de l’œuvre de Frédéric Dard. 

20 décembre 2016

Collection « 221 »

L’un des héros les plus appréciés de la littérature policière est, sans conteste, le détective anglais Sherlock Holmes.

Si tout le monde sait qu’il est né sous la plume d’Arthur Conan Doyle, certains ignorent encore que l’enquêteur misanthrope a été calqué sur le personnage français de Maximilien Heller développé par Henry Cauvain dans le roman éponyme édité bien des années avant la parution d’« Étude en rouge », signant la première apparition de Sherlock Holmes.

Puisque Sherlock Holmes avait été inspiré par un Français, il était logique qu’il inspire, à son tour, d’autres écrivains de l’Hexagone.

La collection « 221 » s’attache donc à rééditer certains des premiers pastiches ou avatars du célèbre détective anglais en langue francophone.

Si « 221 » est destiné également à proposer des textes courts édités dans les journaux de l’époque et qui seront regroupés en recueils, la collection s’ouvre sur trois courts romans et une nouvelle proposés en numérique à 0,99 euro le titre : 

Mademoiselle Sherlock de Paul Zahori ;

Le rival de Sherlock Holmes d’Hector Fleischmann ;

Sherlock Holmes arrive trop tard de Maurice Leblanc ;

Le chien de Serloc Kolmes de Jacquin & Fabre.

« Le rival de Sherlock Holmes », paru en 1900, est probablement le tout premier avatar en langue française du détective anglais.

« Sherlock Holmes arrive trop tard » est considéré comme l’un des tout premiers pastiches holmésiens en langue française.

Parue en juin 1906 dans le magazine « Je Sais Tout », cette nouvelle de Maurice Leblanc écrite dans le cadre de la série « La vie extraordinaire d’Arsène Lupin » est la première des trois aventures dans lesquelles se confrontent le gentleman cambrioleur et le détective anglais (plus tard, regroupées dans le livre « Arsène Lupin contre Herlock Sholmes »).

Conan Doyle appréciant peu l’utilisation faite de son héros et le faisant savoir par ses avocats, Maurice Leblanc, pour les autres nouvelles et les rééditions futures, remaniera quelque peu le texte et, surtout, changera le nom de l’enquêteur en « Herlock Sholmes ».

La présente édition reprend donc le texte original diffusé dans le magazine de l’époque, avant que Sherlock Holmes devienne Herlock Sholmes

Collec 221

 

Rosic et Vorgan, deux flics à l'ancienne

Arthur Conan Doyle est resté dans la mémoire collective grâce à son Sherlock Holmes. Tout d’abord publiées dans un magazine, les aventures de son héros ont très vite été regroupées et canalisées.

Georges Simenon doit grandement sa notoriété à son commissaire Maigret. Si le célèbre policier est déjà esquissé à travers les traits de l’inspecteur N° 49 dans « les aventures de Yves Jarry » – une série de romans signés Georges Sim, un pseudo évident de l’auteur – et si Maigret apparaît nommément, de façon très secondaire, dans « Train de nuit », toujours signé Georges Sim, la toute première enquête officielle de Jules Maigret, « Pietr le Letton », a d’abord été proposée aux lecteurs du magazine « Ric et Rac » le 19 juillet 1930 avant de débuter la série des « Maigret », aux éditions Arthème Fayard, qui fit la renommée planétaire du personnage.

Frédéric Dard a débuté en tant que journaliste avant de se lancer dans l’écriture de romans et, tout comme Georges Simenon, est l’auteur, sous de multiples pseudonymes, d’une production impressionnante. Contrairement à Simenon, dont l’éditeur était, au départ, sceptique quant aux qualités de son héros, le succès de San Antonio s’est fait lentement grâce à l’insistance de l’éditeur de Frédéric Dard, et ce malgré l’échec commercial du premier roman de la série : « Réglez-lui son compte ! ».

Léo Malet, qui a également beaucoup écrit sous pseudonymes (Franck Harding, Léo Latimer, Omer Refreger, Lionel Doucet…) a eu plus de chance avec son détective fétiche, Nestor Burma, car sa toute première aventure, « 120 rue de la gare », fut un succès immédiat.

Mais qui se souvient de Rodolphe Bringer et son « Commissaire Rosic » ou de Gustave Gailhard et son « Serge Vorgan » ?

Rodolphe BRINGER (1 869 – 1 943) fait partie de la longue liste des auteurs qui ont participé grandement à l’essor de la littérature populaire au début du XXème siècle et qui faute de chance ou d’une meilleure mise en valeur de leurs personnages récurrents ont, peu à peu, sombré dans l’oubli.

Rodolphe Bringer, de son vrai nom Bérenger, a voué l’entièreté de sa vie à sa plume, que ce soit en tant que journaliste en collaborant à divers journaux (« L’Humanité », « Le Sourire », « La Baïonnette », « Le Canard Enchaîné », « Le Pélican »), ou, surtout, en tant qu’écrivain à travers d’innombrables nouvelles ou romans et sous maints pseudonymes (Rodolphe Bringer, Géo Blackmussel, Gaston de Fontbesse, J.W. Killbear…).

Rodolphe Bringer a œuvré dans différents genres (policier, sentimental, cape et épée, aventures, humour…) soit au travers de nouvelles diffusées par de nombreux magazines et journaux (« La Gaudriole », « L’Épatant », « Le Sourire », « Midinette », « Floréal », « Jean qui rit », « Le Journal amusant », « Cyrano », « Ceux qui font rire »…) ou bien de romans proposés dans de multiples collections chez un large panel d’éditeurs (« Tallandier », « Ferenczi », « Éditions Chantal », « Rouff », « La Baudinière », « Flammarion », « Hachette », « Éditions Cosmopolites », « Éditions Méridionales », « La Technique du Livre », « Albin Michel », « Éditions Félix Juven », « Société Parisienne d’édition », « Éditions Pierre Lafitte », « Éditions Nillson », « La renaissance du livre »…)

Rodolphe Bringer n’a pas eu la même réussite que ses successeurs ou de son prédécesseur, et ce, malgré un personnage récurrent très intéressant et extrêmement complexe qu’est le commissaire Emmanuel Rosic.

Plusieurs raisons peuvent expliquer qu’Emmanuel Rosic et son auteur Rodolphe Bringer n’aient pas marqué les esprits des lecteurs au point de faire la renommée de l’un comme de l’autre.

La principale raison regroupe des causes variables : la difficulté pour un lecteur de l’époque de pouvoir lire l’intégralité des aventures du policier.

Effectivement, les enquêtes du commissaire Rosic s’étalent sur presque trente ans, dans diverses collections chez presque une dizaine d’éditeurs et à travers des formats divers (depuis le roman classique, jusqu’au fascicule de 32 pages).

Puisqu’il était quasiment impossible, pour le lecteur lambda, de suivre les aventures de Rosic, il lui était tout aussi impossible de s’attacher fortement à ce héros. Et, sans attachement, point de renommée. C’est ce qui fit la grande faiblesse d’Emmanuel Rosic.

Car, excepté cette arduité, les enquêtes d’Emmanuel Rosic offrent de nombreux intérêts.

Tout d’abord, la plume de l’auteur et ses qualités indéniables de conteur.

Ensuite, la complexité du personnage. En effet, Rosic (évitons de trop citer le prénom du policier qui n’apparaît que fugacement au détour d’une enquête), n’est pas un héros ordinaire, du moins pas un policier sans peur et sans reproche, dur à cuire, fin limier et qui gagne toujours à la fin.

Non, le commissaire Rosic est bien plus humain que la plupart des héros de papier parce qu’il est faillible. Pire, il est égocentrique et par gloriole personnelle il est capable de s’approprier les résultats d’un autre, sans aucun remords. Pourtant, l’homme est à la fois courageux et généreux, bien qu’il soit obtus et, parfois, détestable.

Les enquêtes de Rosic, comme précisé précédemment, font l’objet de textes de tailles variables. Si cet aspect est plutôt gênant pour qu’elles puissent être regroupées chez un éditeur « classique » (OXYMORON Éditions n’étant pas un éditeur « classique »), il confère un attrait tout particulier à l’œuvre. Car, en effet, le lecteur n’appréhendera pas d’une façon identique un texte de 32 pages qu’un roman. De la même façon, l’auteur usera sa plume autrement d’un roman à un fascicule.

De plus, l’écrivain pousse la perversité à ne pas faire, forcément, de son protagoniste récurrent, l’intervenant principal de son texte. À chaque titre, le lecteur ne sait donc pas à quoi s’attendre, à quel moment le héros va apparaître dans l’histoire ni même s’il sera réellement le héros de celle-ci.

Cette particularité assez rare dans le domaine littéraire en fait tout le sel (en plus de toutes les autres qualités).

Enfin, pour finir de replacer le personnage et son auteur dans leurs contextes, il est utile de préciser que la collection « Commissaire ROSIC », s’attache à regrouper les divers textes dans lesquels il apparaît, dans l’ordre d’écriture, à l’exception, qui fait la règle, de la toute première enquête « Le premier crime de Rosic », qui n’apparut que dans les rééditions de « Le poignard de Cristal » aux éditions « Le Masque », à la suite du texte original. 

Gustave GAILHARD (???? – 1 943) fait, lui aussi partie, de la longue liste des auteurs qui ont participé grandement à l’essor de la littérature populaire à la première moitié du XXème siècle et qui faute de chance ou d’une meilleure mise en valeur de leurs personnages récurrents ont, peu à peu, sombré dans l’oubli.

L’auteur est à ce point énigmatique que l’on ne connaît pas sa date de naissance. D’ailleurs, on ne sait pas grand-chose de sa vie si ce n’est qu’il fut directeur de collection pour les Éditions Ferenczi.

C’est donc à travers sa plume que le lecteur a pu faire connaissance avec l’écrivain, et c’est souvent mieux ainsi.

Gustave Gailhard laisse derrière lui une passionnante et grande production dans des genres aussi différents que le roman policier, le roman d’amour, le roman d’aventures ou le roman de cape et d’épée.

Publié dans plusieurs collections chez de nombreux éditeurs (« Arthème Fayard », « Ferenczi & Fils », « Éditions La Baudinière », « La nouvelle revue », « Jules Tallandier », « Éditions du Livre Moderne »… et sous divers pseudonymes [Gustave Gailhard, Louis Bonzom, Silvio…], c’est avant tout dans les collections « Ferenczi & Fils » qu’il s’épanouit dans le roman policier.

Le « polar » lui permet de développer deux personnages récurrents, Marc Bigle et Serge Vorgan qui se croisent sur plusieurs titres.

Effectivement, si, contrairement au Commissaire Rosic de Rodolphe Bringer, les enquêtes de Serge Vorgan ont quasiment toutes été éditées et rééditées au sein d’une même collection [« Crime et Police » et « Le verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils »], elles se sont malheureusement retrouvées noyées au sein de centaines de titres composants ces dites collections.

Pourtant plus homogènes et moins étalées dans le temps [si l’on excepte les rééditions] que les enquêtes de Rosic de Rodolphe Bringer, les aventures de Serge Vorgan n’ont pas traversé le temps comme elles l’auraient mérité.

Car, si la première enquête de Serge Vorgan entre dans le cadre exact de ce qui se faisait à l’époque, tant dans le développement du héros que dans l’intrique elle-même, l’un comme l’autre évolue au cours des titres, évolution s’accompagnant de celle du style de l’auteur dont la gouaille est annonciatrice de la plume d’un Frédéric Dard ou d’un Léo Malet.

Puisqu’il était quasiment impossible, pour le lecteur lambda, de suivre les aventures de Serge Vorgan, il lui était tout aussi impossible de s’attacher fortement à ce personnage. Et, sans attachement, point de renommée.

Les enquêtes de Serge Vorgan font l’objet de textes de tailles différentes. Cet aspect, qui n’était pas si rare à l’époque confère, comme déjà dit, un attrait tout particulier à ce genre d’œuvre. 

Enfin, pour finir de replacer le personnage et son auteur dans leurs contextes, il est utile de préciser que la collection « Serge Vorgan », s’attache à regrouper les divers textes dans lesquels apparaît le policier, dans l’ordre d’écriture, même si les deux dernières aventures ont été rééditées en premier [la raison en étant la complexité à établir une liste la plus exhaustive possible des titres mettant en scène Serge Vorgan], mais qui retrouveront leur place au fur et à mesure des publications.

Les deux collections font donc leur apparition dans le catalogue numérique d’OXYMORON Éditions. La plupart des titres de celles-ci sont proposés au modique prix de 0,99 euro [à part « Le premier crime de Rosic » dans la collection « Commissaire Rosic » et « Ophélia & Cie » dans la collection « Serge Vorgan » qui sont offerts aux lecteurs afin de leur permettre de découvrir les deux auteurs et les deux personnages et « Le poignard de Cristal » dans la collection « Commissaire Rosic » et « La police est en alerte » dans la collection « Serge Vorgan », qui sont proposés à 1,49 euro du fait que les textes sont bien plus longs que ceux des autres épisodes].

Alors, n’hésitez pas à aller sur votre librairie numérique préférée afin de découvrir ces deux auteurs et ces deux personnages.

 

Collection Commissaire Rosic

  

Collection Serge Vorgan

 


18 décembre 2016

Gecko

51m3m7YX+xL

Il m’arrive parfois de me laisser tenter par des livres qui n’ont rien ou pas grand-chose, apparemment, pour me satisfaire. C’est le cas du roman « Gecko » de John Renmann.

Cependant, je suis un lecteur quasi exclusif de romans policiers français et ce roman, bien qu’étant ancré dans le fantastique, avait bien une base « policière » et était bien écrit en français (attention ! ma démarche n’est pas mue par une quelconque xénophobie, mais par une volonté de lire l’exact texte prévu par son auteur sans qu’aucune traduction ne puisse en trahir la valeur ou le sens).

Les commentaires sur « Amazon » étant dithyrambiques, annonçant de l’humour et du suspens, j’ai fini par me laisser tenter bien que la couverture ne m’attirait pas et que l’auteur soit passé par une plateforme de publication, ce qui peut laisser craindre un travail éditorial bancal (mais tous les éditeurs ne font pas forcément un bon boulot non plus).

Je rassure immédiatement les gens qui auraient envie de lire ce roman, rien de particulier à redire sur le travail éditorial, c’est déjà ça.

Malheureusement, rien à dire de particulier, non plus, sur le style de l’auteur. L’humour ??? Je l’ai cherché, mais point réellement trouvé. Certes, certains personnages sont tellement excessifs que l’auteur a cru les rendre drôles et certaines répliques décalées dans des situations tendues ne suffisent pas à apporter la drôlerie annoncée, bien au contraire, serais-je même tenté de dire.

Pour ce qui est de l’enquête, j’ai passé tout le début de ma lecture à espérer que, comme dans un thriller de Jean-Christophe Grangé, l’aspect fantastique finisse, en fin, par laisser place à une explication rationnelle, mais non. Le roman est bel et bien fantastique et, du coup, mon avis ne peut plus être totalement objectif, je n’aime pas les romans fantastiques...

Gecko : Guadeloupe. Ville de Pointe-à-Pitre. Le jour se lève sur la place de la victoire, révélant un corps atrocement mutilé. L’esquisse d’un mystérieux lézard tracé avec le propre sang de la victime s’exhibe sur les pavés du site. Très vite, l’île est le théâtre de meurtres perpétrés par ce qui se révèle être une créature ayant l’aspect d’un chien monstrueux. À chacune des tueries, l’horrible signature écarlate est omniprésente : un gecko dont on dit qu’il est de mauvais augure. Les inspecteurs Nicolas Rousseau et Marie Kancel se lancent dans une enquête où sorcellerie et croyances populaires vont se mêler.

Ainsi, le fantastique n’étant pas rationnel, inutile d’espérer une intrigue bien ficelée puisque, dans un tel cas, on peut sortir sa baguette magique et dire : « Abracadabra, ce sera toi le scélérat ».

Point d’humour, point de rationnel, donc pas d’intrigue (du moins, pas une adaptée à mes goûts), que pouvait-il bien me rester ? Les personnages, bien sûr. Dans le personnage du héros, l’inspecteur Nicolas Rousseau, un flic de la métropole qui ne croit, bien sûr pas, à la magie, au vaudou et à toutes ces conneries. Et du coup, l’auteur nous sort le prototype du flic dur à cuire, qui s’embrouille sans cesse avec sa hiérarchie, que les autres flics n’apprécient pas, qui n’a peur de rien...

Dans le second rôle, la jeune fliquette sexy, rien de très nouveau non plus, donc.

Pour le reste, bah, rien à me raccrocher, du coup, je me suis ennuyé assez rapidement, malgré la taille assez courte du roman et, voulant tout de même savoir si la fin serait « rationnelle » ou non, j’ai lu le dernier tiers en diagonale histoire de gagner du temps et économiser de l’ennui.

Au final, un roman qui ne casse pas des briques et qui navigue sur des eaux qui ne me correspondent pas.

Posté par seppuku à 12:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

11 décembre 2016

C'est mort et ça ne sait pas

55Frédéric Dard alias San Antonio nous livre là la 15ème aventure de son commissaire de personnage.

C'est mort et ça ne sait pas : Je vous ai déjà passablement baladés à travers le monde, dans toutes les couches de toutes les sociétés, mais je n'ai pas souvenir de vous avoir présenté le Pape. N'en déduisez pas trop vite que ce bouquin se passe au Vatican et que Sa Sainteté, que je respecte profondément, est l'acteur d'une de mes facétieuses aventures ! Vous n'y êtes pas du tout. Le Pape dont le parle, s'il s'appelle Paul, ne perte pas de matricule ou plutôt n'en porte plus, vu que voilà bientôt dix piges qu'il est sorti de taule. Et c'est en toute candeur qu'il a troqué la casquette à Julot pour la tiare pontificale de la religion... luciférienne ! Cette fois, vous avez pigé ! Oui, mes amis, je vous emmène faire un tour dans une société secrète, avec messes noires, sacrifices et tout le schbigntz... Vous l'imaginez, votre San Antonio, en enfant de diable ? Ne vous inquiétez pas si mon encensoir fume, c'est qu'il vient de cracher quelques bastos de 9 mm.

Si ce n'est pas la première enquête policière à laquelle participe San Antonio alors qu'il fait partie d'un service d'espionnage, cette fois-ci, il y participe avec l'aval de son Boss voire même sous ses ordres. Effectivement, le commissaire est chargé d'aider la police à trouver les responsables de la mort de deux personnes dans les mains desquelles ont été découvertes des images liées à une secte sataniste, les « Lucifériens ». Cela tombe bien, San Antonio vient de s'entretenir avec le Pape, le gourou de ladite secte.

Mais si tout semble lier les victimes avec la secte, les choses, bien qu'évidentes, peuvent cacher des secrets que San Antonio va s'atteler à découvrir non sans penser, au passage, au plaisir de la chair, à celui des bons mots et à servir la France en toutes circonstances.

Dans cet épisode, si ni Bérurier ni Pinaud ne sont présents, pourtant, on sent le spectre de Bérurier à travers le personnage du gros flic avec qui le commissaire fait équipe. 

Si l'intrigue n'est pas digne des meilleurs thrillers, elle tient cependant la route et nous offre de bons moments San Antoniens. On sent que, petit à petit, l'auteur tend vers la plume qui fera son succès et, pourtant, j'en arrive souvent à me dire que les premiers San Antonio n'étaient pas si mal que ça, peut-être même plus intéressants que ceux de la grande époque.

Dans tous les cas, les aventures de San Antonio s'avèrent être une valeur sûre dans laquelle on peut se réfugier quand on en a marre d'être déçu par les romans actuels où les personnages, les intrigues et les plumes sont interchangeables, ou les surprises sont rares et où les auteurs ne prennent plus de risques et se contentent de suivre point par point les recommandations de la bible du « Polar pour les nuls ».

Au final, un excellent moment de lecture, comme toujours ou presque avec San Antonio. Puis, un jour, il faudra peut-être penser à parler de l'excellence des couvertures signées par Michel Gourdon, non ?

04 décembre 2016

Le cri

51Ip04oZzwL

Nicolas Beuglet est un romancier et un scénariste français ! Voilà à peu près tout ce que j'ai trouvé sur l'auteur de « Le cri » son second roman et premier sous son nom.

Le cri : Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l'aube d'une nuit glaciale, le corps d'un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre... Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l'hôpital semble si peu à l'aise avec l'identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ? Pour Sarah, c'est le début d'une enquête terrifiante qui la mène de Londres à l'île de l'Ascension, des mines du Minnesota aux hauteurs du vieux Nice. Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d'un journaliste d'investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse sur l'une des questions qui hante chacun d'entre nous : la vie après la mort... Et la réponse, enfouie dans des laboratoires ultrasecrets, pourrait bien affoler plus encore que la question ! Inspiré par des découvertes et des évènements réels, Le Cri renvoie à nos peurs les plus intérieures. Un thriller sur la folie des hommes et le danger d'une science dévoyée, transformée en arme fatale. 

Je pourrais résumer cet ouvrage en deux mots : Blockbuster Hollywodien.

Alors, bien sûr, ces deux mots peuvent résonner, chez certains, comme un compliment, mais, pourtant, dans ma bouche, ou plutôt sous ma main (c'est une chronique écrite), ces deux mots sonnent presque comme une injure.

En effet, même si je regarde parfois ces grosses productions, je suis, généralement, déçu par celles-ci pour plusieurs raisons, toujours les mêmes.

Reprenons donc les différents clichés qu'enfile ce roman, nombre de trhillers et les films pointés du doigt.

nicolas_sker

1) Un flic au bout du rouleau hanté par un évènement traumatisant.

2) L'évènement traumatisant en lui-même (généralement la mort d'un proche ou ... à vous de découvrir).

3) Deux personnages beaux gosses qui, au départ, n'ont rien en commun, voire même se méfient l'un de l'autre et qui finissent par tomber amoureux.

4) Inspiré d'un fait réel - voilà l'élément qui est sensé donner de l'intérêt à une histoire, mais qui, chez moi, a toutes les chances de me rebuter. En effet, si c'est une histoire vraie, cela peut m'intéresser, si c'est une fiction, également, mais, « inspiré d'un fait réel », c'est un argument qui m'empêche de m'intéresser à l'histoire ne sachant jamais ce qui est réel, ce qui est fictionnel.

5) Les héros invincibles qui survivent à toutes les situations les plus catastrophiques.

6) Les éléments qui ne tiennent pas debout, mais qui sont là uniquement pour faire avancer le schmilblick, mais le scénariste s'en fout que ce ne soit pas crédible du moment que ça lui évite des temps morts.

7) Les deux héros qui, dans les pires moments, ne pensent qu'à l'autre, l'amour, l'attirance et patati et patata.

Si vous n'avez pas lu le roman et que vous désirez le lire, sautez les prochains points qui révèlent des informations.

8) Le héros que l'héroïne croit mort parce que cela ne peut pas être autrement, mais voilà, il survit quand même pour le bonheur de l'héroïne.

9) Le gros méchant qui est le dernier que le héros aurait soupçonné, mais que tout prédisposait tout de même à ce rôle.

10) Le « Tout ça pour ça ». En effet, à la fin du livre, les révélations finales semblent, en plus d'être peu crédibles, bien pâles par rapport à tout ce qu'on dû endurer les héros pour les découvrir.

11) La fausse fin triste ou les deux personnages s'aiment, mais la vie fait qu'ils ne peuvent pas être réunis.

12) Le « happy end » : ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants... ou presque.

Après ces quelques éléments, la critique du livre semble peu utile puisque tout est dit ou presque.

Enfin, admettons tout de même des qualités à l'ouvrage.

1) Un début qui était prometteur et aurait pu introduire une bonne histoire.

2) Un roman sans temps mort... mais bon, trop de rythme tue le rythme.

3) Un retour sur les agissements des services secrets américains pendant la période de la guerre froide.

4) Quelques réflexions théologiques.

Bon, au final, un livre qui se lit sans un réel déplaisir, mais qui laisse un goût amer dans la bouche tant on a l'impression que l'auteur a voulu reprendre, dans son livre, les recettes des grosses productions hollywoodiennes pour plaire à la masse des lecteurs sans chercher à proposer un roman original, des personnages originaux ou une fin originale, ou...

30 novembre 2016

Marché de Noël de Villeneuve-la-Rivière

affiche_march__de_no_l_e1480011647834_212x300Vous n'êtes pas sans savoir que Noël approche. Si vous ne le savez pas, c'est que vous ne regardez pas votre calendrier, n'allumez pas la télévision sur l'écran de laquelle passent en boucle des publicités pour des jouets, des téléfilms ayant pour sujet central Noël et ne recevez pas les catalogues et publicités dans votre boîte à lettres... sinon, vous seriez au courant.

Qui dit Noël dit cadeaux, repas, sapin, neige (enfin, pas chez moi)... et : Marché de Noël !

L'avantage du marché de Noël, c'est que l'attente sera moins longue, parce qu'il a généralement lieu avant Noël, pour permettre aux gens de faire leurs achats pour l'évènement.

Villeneuve-la-Rivière organise un marché de Noël ce dimanche 4 décembre 2016, à la salle des fêtes, de 10 h à 17 h.

Ce sera l'occasion pour les curieux qui viendront y faire un tour d'acheter des victuailles, mais aussi des cadeaux pour faire la joie des petits et des grands.

Comme vous le savez tous, il n'y a pas meilleur cadeau qu'un bon livre (si, si, je vous assure !). Cela tombe très bien parce que, cette année, au Marché de Noël de Villeneuve-la-Rivière, un stand sera tenu par OXYMORON Éditions, stand sur lequel vous pourrez croiser l'écrivain KAMASH, qui se fera un plaisir de vous dédicacer ses romans afin que vous puissiez offrir un cadeau personnalisé aux personnes que vous aimez.

Car, il existe réellement un meilleur cadeau de Noël qu'un bon bouquin : un livre dédicacé par son auteur !!! 

Alors, n'hésitez pas à venir à Villeneuve-la-Rivière ce dimanche 4 décembre 2016, de 10 h à 17 h afin de rencontrer les producteurs locaux (charcuterie, miel, huile d'olive, confiture, vin, bijoux...) et, surtout, pour venir faire un tour à notre stand afin de vous procurer un ou plusieurs de nos livres afin de satisfaire la soif de lecture, ou bien la déclencher, chez les personnes que vous chérissez le plus au monde.

Pour que votre Noël soit un succès, venez au Marché !

Pour que vos cadeaux soient appréciés, venez au Marché !

Si jamais vous vous ennuyez, venez au Marché !

Si vous cherchez un livre à dévorer, venez au Marché !

Si vous voulez passer une bonne fin d'année, venez au Marché !

27 novembre 2016

Meurtre à la ligne

MeurtrelaligneAlain Ruiz est un auteur à succès franco-canadien. Cette seule information n'aurait pas suffi à me convaincre de lire un livre de cet auteur.

Mais, quand l'on sait qu'il est né à Perpignan, à côté de chez moi, donc, voilà qui, déjà, me donne un peu envie de le découvrir.

Sachant qu'il est l'auteur de très courts romans dans l'esprit des séries fasciculaires du début du siècle précédent de 32 pages dont je raffole, l'intérêt, en moi, grandit.

Enfin, en découvrant que les enquêtes de son personnage récurrent se déroulent sur Perpignan, voilà qui finit de me convaincre.

0.99 centime, plus tard, je me trouvais en possession de « Meurtre à la ligne », une enquête de Franck Meyer et ce, malgré la 1ère de couverture très peu engageante, qui fleure bon (ou mauvais), l'auto-édition (je m'excuse auprès de la femme de l'auteur qui est la créatrice de cette couverture).

Meurtre à la ligne : Une enquête du Capitaine Frank Meyer. Le corps d'un homme est découvert dans le fleuve La Têt, accroché au bout d'une ligne, le fil de pêche autour du cou. Face à cette mise en scène, le capitaine Frank Meyer et son équipe de la Police Judiciaire de Perpignan se retrouvent confrontés à une affaire très délicate. La victime n'a aucun papier sur elle et le seul témoin n'est autre que le promeneur qui a repêché le corps en pensant avoir ferré un gros poisson au bout d'une ligne abandonnée.

Alain Ruiz est un auteur à succès franco-canadien de plusieurs romans vendus à près de 110 000 exemplaires. (Ian Flix, Les chroniques de Braven Oc, Bekhor...). Retrouvez-le dans une enquête de Frank Meyer.

Auteur-Ruiz-A-1024x914Comme je l'ai déjà expliqué dans l'une de mes chroniques à propos d'un fascicule d'époque, l'exercice du roman policier en 32 pages est assez casse-gueule. La concision nécessaire pour respecter ce nombre de pages vous pousse souvent à commettre certaines fautes, notamment, de ne pas réussir à esquisser suffisamment les personnages pour les rendre intéressants.

Certains auteurs y parviennent en quelques mots (voir la série « Odilon Quentin » de Charles Richebourg, chez OXYMORON Éditions), et d'autres pensent y réussir en quelques chiffres, c'est le cas d'Alain Ruiz.

Car, la première chose qui saute aux yeux à la lecture de cette enquête, c'est que chaque personnage, ou presque, n'est défini que par sa taille et son âge. Erreur, puisque, jamais, un âge ou une taille ne modèle une personne.

Ne parvenant pas, alors, à donner de l'épaisseur à ses personnages, difficile de les rendre attachants ou intéressants.

Il ne reste alors qu'une possibilité de conquérir le cœur du lecteur : le style.

Mais, de style, il n'y a point.

Sachant qu'il est impossible, sur une si courte distance, de proposer une intrigue prenante, avec des personnages fades, le lecteur ne peut, alors, jamais vraiment être conquis.

Et, effectivement, malgré le fait que cette série avait tout pour m'intéresser (excepté la couverture... désolé, madame Ruiz), je n'ai jamais pu être conquis par l'histoire, par les personnages ou par la plume de l'auteur.

Au final, le fait de trouver un auteur cherchant à retrouver l'esprit des séries fasciculaires dont je suis friand m'a donné envie de découvrir une série, un personnage, une plume, mais, malheureusement, le plaisir ne fût jamais là et je ne poursuivrais pas ma découverte. Dommage.

23 novembre 2016

Sidney Paget

Commençons cette nouvelle catégorie, « Illustre Illustrateur » par celui qui est réputé pour avoir dessiné les traits de mon premier héros de littérature, Sherlock Holmes, c'est-à-dire Sidney Paget.

Sidney Paget (1860 - 1908) est un illustrateur anglais connu, principalement pour avoir illustré les aventures de Sherlock Holmes dans le Strand Magazine

Cinquième enfant sur neuf de Robert Paget, greffier, et de Martha Clarke, professeur de musique.

Si Sidney Paget a connu la gloire pour ses 356 illustrations pour un roman et 37 nouvelles de Conan Doyle autour de Sherlock Holmes, il le doit principalement au hasard. Hasard, car, quand le Strand Magazine cherche quelqu'un pour illustrer les aventures de Sherlock Holmes, il pose son dévolu sur Paget, mais Walter Paget, le frère cadet de Sidney. Seulement, par erreur, la proposition est envoyée à Sidney, qui s'empresse de l'accepter.

Pour informations, Sidney et Walter ont toujours réfuté l'hypothèse selon laquelle Walter aurait servi de modèle à son frère pour définir les traits de Sherlock Holmes.

Par contre, il se pourrait que Sidney se soit inspiré d'un de ses amis architectes, Alfred Morris Butler, pour offrir un visage au docteur Watson.

Ce qui est certain c'est que ses dessins furent tellement populaires que l'iconographie d'un Sherlock Holmes portant un chapeau, dit « Deestalker » et une cape dite « Inverness » est due à sa liberté de crayon puisque ces détails, bien qu'ils ne soient jamais apparus dans la Canon Holmésien, doivent leur apparition à la publication du « Mystère de Boscombe Vallée » en 1891.

Son succès et son talent fût tel que, lorsque Conan Doyle, après avoir tué son héros, accepte de relancer la série, d'abord par une aventure ante mortem, « Le chien des Baskerville », ensuite par la « Résurrection de Sherlock Holmes » il exige auprès du Strand Magazine que ce soit Sidney Paget, qui illustre ces nouveaux épisodes.

Mais, laissons place au talent de l'artiste :

0bb3ec73be179733c083bd917114d94e

 

 

1c4e7ce36cfa23aacf36e00f3668d65b

 

5b852075b727b3cb383e93d9842bb26b

 

06ccbd315fe9f2435bcd117a762c6eee

 

09b03f36c8c8483a6807785236f63791

 

 

aa43a4de2acf018ea32bb1697aa5764c

b6cecaad363feefba37a9875d1dc10f7 (1)

be43f11c705a0cf05c2c609d43f2f8b3

cdc029dc4b73f6163eb3a372abc23a48

paget-drawing-holmes-silv01

Posté par seppuku à 12:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 novembre 2016

L'avocat, le nain et la princesse masquée

l-avocat-le-nain-et-la-princesse-masqueePartons aujourd'hui à la découverte de Paul Colize, un auteur belge que je ne connaissais pas avant de lire « L'avocat, le nain et la princesse masquée », alors qu'auteur de plus d'une douzaine de romans policiers .

Né en 1953 à Bruxelles...

Bon, voilà pour la biographie. C'est succinct, mais, d'une part, je n'ai pas trouvé grand-chose et, d'autre part, je n'ai pas cherché puisque je considère que, chez un artiste, ce n'est pas sa vie qui prime, mais son œuvre.

Du coup, je me moque un peu des éléments biographiques de mes auteurs, réalisateurs, acteurs, chanteurs, préférés, m'intéressant presque exclusivement à ce qu'ils ont créé.

Revenons-en donc à l'œuvre de Paul Colize et plus particulièrement au roman qui nous intéresse aujourd'hui :

L'avocat, le nain et la princesse masquée : Hugues Tonnon est un avocat respecté du Barreau bruxellois, spécialisé dans les divorces, les séparations douloureuses et les couples qui s’entretuent. C’est donc naturellement à lui que s’adresse Nolwenn Blackwell, le flamboyant top model belge qui a jeté son dévolu sur Amaury Lapierre, un capitaine d’entreprise de trente ans son aîné qui lui arrive au menton. Alors qu’un fastueux mariage se profilait, le riche héritier a été paparazzé dans les bras d’une strip-teaseuse, au bord de la piscine d’une villa tropézienne. Hugues Tonnon s’engage à défendre le célèbre mannequin, dîne en sa compagnie et la raccompagne chez elle pour sceller leur accord. Au petit matin, il se réveille chez lui, la police à sa porte. Nolwenn Blackwell a été assassinée, il est le dernier à l’avoir vu vivante et ne se souvient de rien. 

Paul Colize s'appuie sur une intrigue classique - la personne accusée d'un meurtre et qui va devoir fuir la justice pour trouver le vrai coupable afin de s'innocenter - pour nous livrer une histoire sympathique avec une intrigue correcte et un humour omniprésent.

AVT_Paul-Colize_9099Le petit plus du roman, le fait que le policier chargé de l'enquête est le mari d'une ancienne cliente de l'avocat accusé et que celui-ci a beaucoup perdu, lors du divorce, à cause de la pugnacité du maître du barreau.

Sinon, pour le reste et pour l'originalité, on repassera.

Certes, le roman se lit plutôt facilement, relativement agréablement, il est bien rythmé, mais il manque le « je ne sais quoi » qui fait qu'un livre vous marque à jamais... ou au moins pour un moment. Ceci est probablement dû au personnage principal qui n'est pas réellement attachant, ni même original.

On regrettera également que le lien particulier entre l'avocat et le flic n'influe pas tant que cela sur l'histoire et que les deux personnages demeurent intègres malgré la situation et l'adversaire.

Au final, un petit roman pas désagréable à lire, c'est déjà pas si mal, mais qui est loin d'être inoubliable malgré quelques qualités et à cause de certains défauts.

13 novembre 2016

Passez-moi la Joconde

joconde-1963Neuvième épisode des aventures de San-Antonio - je sais, je ne les lis pas dans l'ordre, et alors ? Ça vous dérange ? Allez-vous sur le site de Michel Onfray voir si c'est plus drôle qu'ici.

Passez-moi la Joconde : Un petit loulou de Poméranie qui se tortille dans la clarté de mes phares. Il vient de se faire ratatiner par une voiture. Moi, bonne pomme, je descends pour lui administrer la potion calmante et définitive. Et voilà ! Je viens de mettre le doigt dans un engrenage qui conduit à une Joconde au sourire plutôt inquiétant.

San-Antonio part en vacances à la Montagne, mais, sur la route, il découvre un petit chien blanc agonisant. Bonne poire, Sana achève la brave bête et récupère son drôle de collier. Quelques jours plus tard, alors qu'il compte fleurette à une donzelle qu'il trimballe dans sa tire en compagnie de son papa gâteau, un pneu crève. Le commissaire descend pour constater les dégâts, pendant ce temps-là, la gonzesse tripote le collier et BOUM, plus de meuf, plus de vioc, juste des cendres.

C'est pas que le Sana, il s'est attaché à la bombasse, mais qu'on fasse sauter sa caisse, quand même, y'a des limites à ne pas dépasser.

Alors, le commissaire se lance dans une enquête qui va le mener sur les traces de la femme en bleu, de faux-monnayeurs, d'un métèque, d'une secrétaire, tout en passant par les bras d'une postière.

Bon, il faut dire que le Sana, même dans les pires situations, il ne laisse pas son charme et son charisme au vestiaire, du coup, les gerces, bah, elles bavent devant lui comme un escargot sur une laitue.

Allez, j'arrête de faire une pâle imitation d'un mauvais clone de Frédéric Dard pour vous parler de ce bouquin.

Qu'en dire ? C'est du San-Antonio de prime jeunesse, c'est-à-dire une aventure sans excès de vulgarité, de sexe, de Bérurier, d'humour, d'argot et de notes de bas de page.

Pour autant, cela reste un bon roman, du moment que l'on apprécie le style du début. Pour autant, on notera que l'intrigue n'est pas la meilleure de la série, mais que les ingrédients sont suffisamment bien dosés et homogènes pour livrer un bon moment de lecture.

Au final, donc, puisqu'il faut en finir un jour, encore une drôle d'aventure de Sana, qui se dévore sans déplaisir.

06 novembre 2016

Rue des macchabées

833661149Petit retour en arrière avec cette 11ème aventure de San-Antonio : « Rue des Macchabées ».

Rue des Macchabées : Au lieu de passer au centre des chèques postaux, aujourd'hui, j'aurais mieux fait de me consacrer à des amours ancillaires (celles que je préfère). Au guichet, j'avise un vieux type blême et pâle des crayons qui retire de l'artiche. Où ça se complique, c'est quand je retrouve le pépère, assis dans sa bagnole, bien sagement, mais un peu mort ! Alors je me mets en piste, courant de surprise en surprise au long de la rue des Macchabées. 

D'abord éditée en 1954, cette aventure a, ensuite été en partie réécrite, ce qui apporte quelques références anachroniques comme une comparaison avec Jean-Paul Belmondo qui, en 1954, était encore totalement inconnu.

Pour rendre service à sa mère, Sana se rend à la banque pour encaisser un chèque. Sur place, il est intrigué par un duo d'hommes dont le plus vieux est blanc comme un linge et semble apeuré. Après leur départ, il découvre un talon de chèque avec, écrit dessus, « Au Secours ! ». Le commissaire part à la recherche des suspects et découvre le plus vieux, mort, dans la voiture du plus jeune.

La mort naturelle du bonhomme devrait mettre un terme à l'enquête, qui, en plus, ne dépend pas du service de San-Antonio, mais le flair de ce dernier le pousse à continuer à fouiner. Aussi, quand l'autre personnage est retrouvé mort, chez lui, asphyxié par le gaz, Sana ne croit pas à l'accident.

En voilà encore une aventure avec un grand A, un excellent moment de lecture, avec une intrigue qui ne trouve sa réelle solution que dans son dernier paragraphe. Entre-temps, le commissaire nous narre son enquête avec sa gouaille habituelle, et l'auteur démontre qu'il était aussi talentueux sans sa démesure future.

Au final, encore un très bon moment de lecture dans cette 11ème aventure... et dire qu'on en est encore qu'au début...

30 octobre 2016

Deuil express

$_35« Deuil express » est la treizième aventure du Commissaire San-Antonio.

Deuil express : Ce bouquin doit suffire à intriguer un zig dont l'existence n'est pas particulièrement de tout repos. Il va se demander si c'est un coup de la police ou d'une autre bande. Dans l'expectative, il lira. Quant à moi, en voilà assez pour aujourd'hui. Je n'ai plus qu'à aller me coller dans les toiles en attendant que la Terre ait fini son petit tour dans le noir.

Pour l'occasion, Sana profite d'un moment de creux pour rendre visite à son oncle Gaston et aller, avec lui, à la pêche, occasion de prendre plus de bitures que de poissons. Mais là, la boutanche est reléguée au second plan, car la pêche est bonne... trop bonne, puisque le bestiau remonté n'est autre qu'un cadavre.

Laissant la chose à la police locale, San-Antonio retourne à Paname, où son chef lui file pour mission de s'occuper d'un gonze ayant volé des documents d'une importance capitale.

Voilà une mission qui ne lui met pas le cœur en fête. Mais, quand le voleur est tué après que le Commissaire ait kidnappé sa petite-amie pour la faire parler, les choses semblent se décanter. Et quand la femme est égorgée dans la maison de Sana, l'affaire se complique. Alors, quand le commissaire échappe à deux attentats, là, la moutarde lui monte au nez... d'autant que la défunte était la sœur du type qu'il a repêché avec son oncle...

Les cadavres tombent pis que les mouches dans cette aventure de San-Antonio et la mort rôde autour du commissaire.

Pinaud fait là sa première apparition, la Sainte-Trinité est maintenant composée (San-Antonio, Bérurier, Pinaud) et présage de bons moments de lecture. Si Bérurier est encore esquissé, Pinaud acquiert dès sa première aventure son relief quasi final.

L'humour est présent, l'argot également, les tournures de phrases ayant fait la gloire de la série également. On sent que l'auteur a fait un grand pas vers son cahier des charges à venir.

Au final, une très bonne aventure de San-Antonio qui démontre, s'il en était besoin, que Frédéric Dard n'a pas fait que réinventer une langue avec sa série, il a également démontré qu'il était capable de proposer une bonne intrigue, une excellente narration et un ensemble cohérent et délectable.

23 octobre 2016

Des dragées sans baptême

938980456San-Antonio est indissociable de Frédéric Dard (même si son fils a repris le flambeau à la mort de son père) et inversement.

Pour autant, il faut avouer que, sur plus de cinquante ans de carrière, le commissaire San-Antonio a bien évolué. Pas tant dans le caractère qui est demeuré peu ou prou le même, mais dans le style. Si la gouaille, l'argot et l'humour ont toujours été présents dans les aventures de ce drôle de Commissaire, la dose de ceux-ci a fortement évolué avec le temps.

Dans « Des dragées sans baptême », 6ème épisode de la série, le lecteur se retrouve dans l'ambiance des épisodes précédents, un milieu plus « espionnage » que « policier » dans lequel le commissaire San-Antonio œuvre plus avec ses muscles et son charme qu'avec son intellect.

Par rapport aux précédents opus, on sent que l'auteur maîtrise mieux son style (qui évoluera encore avec le temps) même s'il est évident qu'il ne lâche pas encore les chevaux et travaille quelque peu en retenue (ce qui sera bien moins le cas par la suite).

Des dragées sans baptême : « Le grand patron est agité. Il est adossé au radiateur, ou plutôt, comme il mesure deux mètres, il est assis dessus. Il passe sans arrêt sa main fine sur son crâne en peau de fesse véritable. Ses yeux bleuâtres me considèrent avec intérêt. Je sens qu'à moins d'accepter de passer pour une truffe, le moment est venu de me manifester. Je me racle le gosier. - Wolf... je balbutie. Wolf... Ben, c'est un bon petit gars, non ? - Non, San-Antonio : Wolf n'est pas un bon petit gars, et vous le savez aussi bien que moi... »

Le commissaire San-Antonio doit se salir les mains en se débarrassant d'un collègue qui s'avère être un traître à la patrie. Du coup, San-Antonio s'exécute en exécutant Wolf sans que cela ressemble à une exécution. Mais, au moment de mourir, Wolf lâche une confession qui va tout changer, du moins, lancer le commissaire sur un terrible attentat.

Du roman d'espionnage mâtiné d'humour et de jeux de mots, voilà ce que nous propose Frédéric Dard dans ce sixième épisode des aventures de son célèbre personnage.

Un petit roman « classique », si ce n'est la narration et l'humour, mais qui reste dans la lignée de ce qui se faisait à l'époque. Une histoire qui tient la route et loin d'être simpliste, il est bien nécessaire de le notifier pour les détracteurs de Frédéric Dard.

Au final, un bon moment de lecture, et ce ne sera pas le seul dans l'œuvre de Dard.

16 octobre 2016

Céréales killer

9782265071841Comme vous le savez si vous avez suivi l'intégralité de mes chroniques littéraires, j'ai débuté ma découverte des San-Antonio par les tout premiers écrits par Frédéric Dard, à l'époque où le Commissaire œuvrait dans l'espionnage, où les jeux de mots ne fusaient pas par milliers, où Bérurier n'était pas encore là, où tu ne te retrouvais pas avec quinze notes de bas de page par chapitre, où l'auteur était moins grivois...

Aujourd'hui la boucle se referme, non pas que j'ai tout lu San-Antonio, mais, à défaut de trouver l'épisode que je cherchais, « Deuil express », sur lequel je reviendrais puisque je l'ai trouvé depuis, j'ai choisi l'épisode en fonction du titre et je suis tombé sur :

Céréales killer : Il s'en passe de drôles dans les plaines de Beauce. La jeunesse du cru a organisé une rave-party au milieu des champs. Mélanie Godemiche, la prêtresse de cette fiesta a été retrouvée atrocement mutilée et qui plus est un peu morte. Si je te dis que mon fils Antoine, San-Antonio Junior, a paumé sa casquette sur le lieu du crime, tu comprends mon souci ?

Si tu ne maîtrises par le canon San-Antonien, je me dois de te préciser pourquoi je parlais de « Boucler la boucle ». Effectivement, si j'ai lu les premiers épisodes dans l'ordre, « Céréales killer » est le dernier titre écrit par Dard... enfin... écrit par Frédéric Dard, puisque Patrice, son fils, a pris la suite... enfin... pas vraiment non plus puisque cet épisode est en fait le passage de flambeau entre les deux auteurs, entre le père et le fils, puisque, si c'est bien Frédéric qui a entamé l'écriture de cet opus, c'est Patrice qui l'a terminé, même, paraît-il, quasiment écrit intégralement après le décès de son père .

Raaaaa ! qu'il est loin le temps où San-Antonio faisait de l'espionnage. Je râle, car je n'ai pas souvenance, dans mes précédentes lectures, que le cul y était aussi omniprésent et aussi vulgairement présent. Non pas que je sois prude, mais, si j'aime énormément les auteurs qui jouent avec les mots, ce qui n'est pas forcément une tâche aisée, jouer avec la concupiscence est, à mon sens, une facilité à laquelle Frédéric Dard pouvait échapper.

frederic-dard-en-aout-1990-1463954583 (1)M'enfin, reste les jeux de mots, ici très présents également, trop... l'excès de jeux de mots tuant le jeu de mots, le tueur en série du livre se voit concurrencer par l'auteur lui-même.

On retrouve également les notes de bas de page et, là aussi, l'excès de note de bas de page tue la note de bas de page.

En clair, l'auteur, les auteurs, font dans l'excès dans cet ouvrage . Excès dont j'ai déjà parlé, mais également excès dans l'histoire et la propension du fils de San-Antonio, Antoine, à se foutre dans la merde et à se faire passer pour le tueur en série.

Cependant, quelques phrases, surtout au début, valent le détour et le style est toujours là bien que la vulgarité prenne trop souvent le pas sur le style.

Au final, pas un grand moment de lecture que ce dernier titre signé Frédéric Dard, mais pas non plus une plaie. Quelques phrases qui font tilt, d'autres qui font plouf, une histoire pas trop simpliste, mais plombée par une propension du fils du commissaire à tout faire pour attirer les suspicions sur lui. 

En conclusion, il me faudra revenir sur les derniers épisodes de la main de Frédéric Dard, pour me faire une idée du style final de l'auteur, mais pour l'instant, je vais me replonger dans les origines avec « Deuil express » que j'ai fini par dégoter.

09 octobre 2016

Plein tarif

ptJean-Bernard Pouy est un génie !

Bon, voilà, je pourrais arrêter ma chronique à ce stade, mais je sens que vous attendez une argumentation un peu mieux construite et un peu plus approfondie.

Bien, d'accord ! 

Jean-Bernard Pouy est un génie qui n'écrit pas que des romans géniaux !

Est-ce mieux ?

Non, sérieux, je n'aurais de cesse de clamer au monde entier que Jean-Bernard Pouy est un génie. Mais, ce qu'il y a de bien chez tout génie c'est qu'il ne produit pas que des œuvres géniales, mais que dans chaque œuvre, même la plus mineure, il y a une part de génie.

Entendez par là que je n'adore pas tous les romans de Jean-Bernard Pouy, il en est même que je n'aime pas, mais, malgré tout, je trouve que l'auteur est un génie.

Génie parce qu'il aime la littérature (un minimum pour un auteur), génie parce qu'il adore la littérature populaire, génie parce qu'il n'hésite pas à se lancer dans des écrits courts, génie parce qu'il se concentre particulièrement sur ses personnages, génie parce qu'il aime lancer des idées et les offrir aux autres (cf la saga « Le Poulpe »), génie parce que l'homme est cultivé, et qu'il aime parsemer ses romans de références littéraires, musicales, cinématographiques...

Mais passons maintenant au roman dont il est question :

« Plein Tarif » : Le thermomètre baisse. Pour éviter que des sans-abri, SDF et autres marginaux ne meurent de froid, les pouvoirs publics prennent des décisions d'urgence. La SNCF installe, à la sortie de Paris, des rames de vieux wagons sur des voies désaffectées. Entre cour des miracles et campement gitan, l'occasion est belle pour une nouvelle expérience sociale et politique. 

C'est l'hiver, il fait froid, les clodos meurent, les pouvoirs publics, émus par l'émotion de la population, décident de mettre à disposition des nécessiteux, des vieux wagons. Les lieux sont rapidement investis par les clochards. Mais, quand les beaux jours viennent et qu'il est l'heure de déloger les anciens SDF, ceux-ci refusent de perdre leur confort et, aidés et motivés par une bande de jeunes anarchistes, décident de lutter pour conserver leur toit.

AVT_Jean-Bernard-Pouy_2645Une petite histoire, très courte, contée par le petit-fils d'un des clochards dont le grand-père, anticonformiste dans l'âme, a préféré, des années auparavant, sa liberté que la vie dans la société qui lui était réservée.

Dans le combat, le vieil homme revit, et le regard de son petit-fils sur lui se modifie.

Mais chacun oublie que, dans chaque combat, il y a des pertes...

Jean-Bernard Pouy excelle dans l'art de présenter des personnages originaux et attachants et, si, ici, il ne fait pas montre d'un génie particulier, ce vieux clodo qui retrouve sa jeunesse grâce à la lutte et son petit-fils qui redécouvre son grand-père sont attendrissants.

L'anarchie, la lutte contre le pouvoir et les forces de l'ordre font partie des marottes de Jean-Bernard Pouy et on les retrouve également dans cette histoire.

Au final, je n'en ferai pas des caisses et même si je trouve que l'auteur nous livre là un roman mineur qui se termine brutalement et brusquement, il n'en demeure pas moins empreint du génie de l'écrivain, génie déclamé par la postface du livre, comme quoi, je ne suis pas le seul à penser que :

Jean-Bernard Pouy est un génie.

02 octobre 2016

Nus

9782213632162Je l'ai déjà dit, mais je le répète :

Jean-Bernard Pouy est un génie !

Mais, comme tout génie, il ne produit pas que des œuvres géniales et, d'ailleurs, le génie d'un artiste se trouve rarement dans l'entièreté de son œuvre, mais dans certains détails de celle-ci.

Comme c'est beau, ce que je viens de dire. Notez-le, pour plus tard, pour mon épitaphe :

« Cet excellent auteur est mort dans la pauvreté et dans l'anonymat le plus total, mais certaines de ses phrases étaient empreintes de génie ».

Mais comme je ne suis pas encore mort, passons à la critique du livre en question aujourd'hui :

« Nus » : Décidé à faire passer la contre-société alternative à la vitesse supérieure, le collectif libertaire « ZO » organise son « université d'été » dans un camp naturiste. Parce qu'à poil on ne peut plus rien cacher ! Au programme, donc : plage, surf, amours libres et... prises de bec. La situation risque de virer au problématique quand la bande apprend que Rosa, une gentille retraitée, a été tuée. En aidant leur ami Harrar à régler les détails de la succession, ils découvrent l'histoire extraordinaire de la vieille Espagnole... Il s'agirait de la propre fille du célèbre combattant républicain Durutti ! Ce n'est plus Rosa, c'est une icône qu'on a tuée ! Les voilà plongés jusqu'au cou dans une intrigue policière dont ils se seraient bien passés... Calo, Laurence, Papi, Brett, Sonia et les autres affrontent leurs contradictions libertaires : que faire du coupable quand ils l'auront trouvé ? Peut-on mentir, peut-on trahir pour que justice soit faite ?

Parce que nous sommes tous égaux et libres, nus, un collectif libertaire choisit un camping naturiste comme lieux de son « Université d'été ».

jbpMais, quand les anarchistes débarquent dans le camping, ils tombent immédiatement sur les gendarmes présents suite au meurtre d'une vieille dame.

Parce que l'un des anars est ami avec le patron du camping, le collectif va se retrouver au centre de l'enquête, d'autant plus quand ils apprennent que la défunte n'était autre que la fille de Buenaventura Durutti, l'une des principales figures de l'anarchisme espagnol du début du XXème siècle.

La force de Jean-Bernard Pouy est, généralement, de proposer des personnages originaux et attachants. Multipliant, dans ce roman, les personnages, il lui est difficile d'être aussi perfectionniste dans la multiplicité qu'il ne l'est dans l'unicité. Ainsi, si certains personnages tirent quelque peu leur épingle du jeu, ce n'est pas le cas de l'ensemble de ceux-ci.

Pour autant, ne boudons pas notre plaisir et, même si l'auteur ne nous livre pas là le meilleur de ses ouvrages (mais il faut dire que, plus on lit Pouy et plus on est exigeant avec lui tant la médiocrité ne fait pas partie de son quotidien), « Nus » n'en demeure pas moins un bon petit roman anarcho-policier nous délivrant, en plus, un revirement final.

Certes, les discussions entre anarchistes peuvent être parfois lassantes, l'intrigue n'est pas d'une folle complexité, et l'humour pas aussi présent que dans la plupart des romans de Pouy, mais, au final, on passe un bon moment de lecture et c'est déjà pas si mal que ça.

28 septembre 2016

KAMASH à Villeneuve-la-Rivière

2016-09-25-rendez-vous-culturel

Dans le cadre de la « 1ère édition » du « Rendez-vous culturel - Villeneuve, mon village », organisé par la Municipalité de Villeneuve-la-Rivière en collaboration avec la bibliothèque municipale, le centre périscolaire et les Rencontres de Photographies REGARDS, du 30 septembre au 2 octobre 2016, KAMASH présentera ses ouvrages aux lecteurs venus nombreux (souhaitons-le).

Effectivement, ce samedi 1er octobre 2016, de 16 h à 18 h, à l'Espace Jean Noé, la Ville met à l'honneur les auteurs du cru, dont KAMASH, Jean Dauriach, Jean-Paul Pelras et Nicole Noé.

Entre causeries, présentation d'ouvrages, dédicaces et conférences, vous pourrez découvrir les artistes et leurs œuvres et converser avec les uns (les artistes, pas les œuvres) et lire les autres (les œuvres, pas les artistes).

Que vous soyez Villeneuvois ou Villeneuvoises ou non, venez à notre rencontre, découvrir des romans et des auteurs, mais, surtout, partager un moment « Culturel », car si la nourriture du corps est nécessaire à la survie, celle de l'esprit l'est à l'épanouissement.