Loto Édition

20 septembre 2020

La Colombe Noire

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Il y a une formalité que je dois accomplir à chaque fois que je parle d’un texte de Marcel Priollet, c’est, malheureusement, de devoir le présenter aux trop nombreux lecteurs qui ne le connaissent pas encore... comme quoi, avoir été l'un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaire et d’avoir écrit un nombre inimaginable de récits, d’avoir conquis des millions de lecteurs à travers les décennies (notamment durant son activité, 1910-1960) que se soient vendus des millions de fascicules à son nom (ou à ceux de ses pseudonymes, Henry de Trémière, René Valbreuse, R.M. de Nizerolles, Marcelle Renée Noll), et ce autant à des amateurs de romans policiers, qu’à ceux préférant les drames ou les romances ou bien encore les récits d’aventures ou les récits fantastiques... de s’être attaché autant un lectorat jeunesse qu’un lectorat féminin ou masculin et d’avoir encore, un siècle plus tard, des aficionados de tous poils, ne suffit pas à vous conserver une aura suffisante pour être connu du grand public. C’est dommage !

Et, puis, après tout, je gage que vous connaissez déjà cet auteur et je décide de ne point vous le présenter (d’ailleurs, je l’ai fait malgré tout).

Je me contenterai de replacer Marcel Priollet dans le genre qui m’intéresse par-dessus tout : le genre policier.

L’auteur a écrit de très nombreux récits policiers, a développé principalement deux séries autour de personnages récurrents (« Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs » au milieu des années 1940 aux éditions Tallandier), mais qu’il a également fait vivre d’autres personnages récurrents au sein de collections généralistes dont, notamment, la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes, une collection de 95 titres, quasiment tous écrits par l’auteur sous le pseudonyme de Marcelle-Renée Noll, à partir, probablement, de 1936 (date d’estimation, les publications de l’époque n’étant pas datées.

Dans cette collection on découvre au moins quatre personnages récurrents, qui parfois cohabitent au sein d’un même titre : le détective radiesthésiste Claude Prince, le détective Renard, l’inspecteur principal François Pessart et l’inspecteur de la mondaine Bob Rex.

Dans « La Colombe Noire », n° 6 de cette collection, apparaissent François Pessart et Bob Rex même si ce dernier est le personnage principal de l’histoire.

LA COLOMBE NOIRE

L’inspecteur principal François PESSART charge, un matin, dès son arrivée au Quai des Orfèvres, son collègue Bob Rex du dossier sur le meurtre de Madame Van Mulen, retrouvée poignardée dans la chambre de son hôtel particulier.

PESSART, qui s’est occupé des premières constatations sur place, n’a découvert, comme seul indice, qu’une lettre cachetée, sous forme de confession avortée, adressée au Vicomte Anthony d’Ambleuse…

Bob Rex ne peut s’empêcher de frissonner à l’évocation de ce nom, car il s’agit d’une des identités sous laquelle il se cache lors de ses enquêtes.

Il se souvient l’avoir utilisée, récemment, dans un bar où il était en planque, quand il y rencontra une femme, que le gérant de l’établissement surnommait « La Colombe Noire » et avec qui il passa une douce nuit avant de s’enfuir en catimini au petit matin…

Bob Rex a passé la nuit avec une femme rencontrée dans un bar, alors qu’il attendait la venue d’un escroc qui lui a fait faux bond.

Malgré la passion qui les étreignit la nuit durant, Bob Rex, au petit matin, s’est éclipsé sans bruit.

Deux mois plus tard, alors qu’il ne pense plus à cette femme qui a pourtant fait chavirer son cœur des jours durant, il est chargé, par l’inspecteur principal Pessart, de l’enquête sur le meurtre d’une femme, retrouvée au matin un poignard dans le cœur, dans la chambre de sa riche demeure. Pessart, qui s’est chargé de l’enquête préliminaire, a découvert, près de la morte, une lettre cachetée contenant une sorte de confession avortée adressée au Vicomte Anthony Vambleuse, l’identité que Bob Rex avait donnée à la femme du bar que le barman lui avait dit être surnommée La Colombe Noire...

Si l’inspecteur Pessart est bien de la partie, il l’est juste le temps de passer le relais à l’inspecteur Bob Rex, qui sera chargé de l’enquête.

De plus, Marcel Priollet, sous le pseudonyme, dans la première édition, de Marcelle Renée Noll, use d’une narration similaire à celle du titre qui le précède dans la collection « Les Grands Détectives », « L’énigme du yacht “L’Arabella” », c’est-à-dire une narration à la première personne.

Pour ce faire, il use d’un narrateur inconnu qui se souvient d’une histoire que lui raconta Bob Rex et qui s’empresse donc de donner la parole à ce dernier.

Une nouvelle fois, cette narration à la première personne est peu usuelle dans cette collection, elle permet pourtant un attachement supplémentaire au héros et à l’histoire, attachement qui, normalement, serait difficile d’obtenir du fait de la concision du texte [7 000 mots] et de l’ordinaire faible présentation du personnage principal qu’oblige ce format restreint.

Pour ce qui est de l’intrigue, elle repose, comme de bien entendu [c’est le ressort qu’utilise tous les auteurs de romans policiers et encore plus ceux ayant la tâche ardue de concevoir des textes courts], sur une succession de coïncidences, tant dans sa construction que dans sa résolution. Il faut bien avouer qu’elle n’a d’ailleurs qu’un intérêt limité, mais c’est le lot de cette littérature fasciculaire qui n’offre pas la latitude pour proposer des histoires construites.

Reste la plume de l’auteur qui est toujours [ou presque] plaisante, et cette narration à la première personne qui permet à Bob Rex de prendre un peu d’épaisseur et de réussir à charmer le lecteur.

Au final, un récit très court qui offre un très bon petit moment de lecture en compagnie d’un personnage qu’on espère retrouver à son avantage par la suite.


L'énigme du yacht « L'Arabella »

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Marcel Priollet... est-il besoin de continuer ? de vous dire que cet auteur fut l’un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaire en écrivant, écrivant, écrivant, un nombre incalculable de textes pour alimenter un nombre considérable de collections chez un nombre pas croyable d’éditeurs pour le plaisir d’un nombre infini de lecteurs, le tout, sous un nombre modéré de pseudonymes (Henri de Trémières, René Valbreuse, R.M de Nizerolles, Marcelle Renée Noll...). Que de nombres, n’est-il point ?

Car il en faudrait, des nombres, pour calculer l’immense production de l’auteur dans les différents genres à la mode à son époque d’activité (1910-1960). Et il écrivit énormément de récits d’aventures, de récits sentimentaux, de récits fantastiques, de récits policiers...

L’auteur écrivit tant et tant qu’il réussit à alimenter certaines collections quasiment à lui seul, comme ce fut le cas avec « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes, dans laquelle il est l’auteur, sous le pseudonyme de Marcelle Renée Noll, de la grande majorité des 95 titres à partir de 1936 (une date évaluée en fonction des textes, car aucune édition n’est datée).

C’est dans cette collection que l’on retrouve certains des personnages récurrents des textes policiers de l’auteur dont notamment Claude Prince, le détective radiesthésiste (il faut rappeler que Marcel Priollet développa deux séries policières : « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs », au milieu des années 1940).

L’autre personnage policier que l’on retrouve régulièrement dans cette collection (souvent, même, en compagnie de Claude Prince, dont il est un ami) c’est l’inspecteur François Pessart.

Et François Pessart est le héros (double héros) de « L’énigme du yacht “L’Arabella” ».

L’ÉNIGME DU YACHT « L’ARABELLA »

Lors d’une soirée entre amis pour fêter la distinction de l’inspecteur François PESSART, un invité lui demande de narrer à l’assistance l’enquête la plus intéressante que celui-ci ait menée de sa carrière.

Avec une certaine réticence, une grande nostalgie et beaucoup d’émotions, François PESSART finit par conter une aventure qui lui est arrivée alors qu’il était encore un novice.

À l’époque, pour mettre du beurre dans ses épinards, il accepta la proposition d’un riche Sud-Américain : voyager pendant un mois à travers le monde à bord de son luxueux yacht « L’Arabella » en se faisant passer pour son secrétaire afin de toujours garder un œil sur sa jeune et belle épouse neurasthénique aux tendances suicidaires…

L’inspecteur François Pessart vient de recevoir le ruban rouge. Il fête sa distinction, le soir, dans un restaurant avec des amis.

L’un d’eux lui demande alors de raconter l’enquête qui l’a le plus impressionnée durant sa carrière.

Avec une réelle émotion, François Pessart finit par accepter de se pencher sur un lointain passé, alors qu’il n’avait que 25 ans, qu’il avait du mal à finir les mois et qu’il accepta, durant ses congés, de surveiller, lors d’une croisière sur un yacht luxueux, la femme suicidaire d’un riche sud-américain.

On retrouve donc un Pessart sur lequel on en apprend un petit peu plus, si l’on est un brin observateur et perspicace.

L’homme, dans un récit devant dater, comme les précédents, de 1936, raconte une histoire qui s’est déroulée en 1906 alors qu’il avait 25 ans. On devine alors qu’en 1936, il se rapprochait des 55 ans, un âge que l’on ne peut guère deviner dans les autres récits de l’auteur.

Effectivement, il est bon de rappeler que « L’énigme du yacht L’Arabella » a été publié, à l’origine, sous la forme d’un fascicule de 32 pages, le 4e de la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes. Si aucun fascicule n’est daté, à la lecture des précédents titres, on peut évaluer une date d’écriture à 1936 et probablement une publication dans la foulée (à l’époque et dans ce genre de littérature, il n’y avait pas la place, ni le temps, ni les moyens pour la relecture, réécriture... pas même pour une véritable correction)...

Après une courte scène d’introduction, la narration de François Pessart s’effectue, naturellement, à la première personne. Cet artifice de l’histoire racontée par un personnage permet donc de changer le style de narration qui, dans la collection, s’effectue généralement via un narrateur omniscient.

Ce parti pris offre des possibilités qui se marient parfaitement aux exigences de concision du format. Effectivement, ce choix permet de faire des ellipses de temps et des omissions permettant de raccourcir le texte à volonté.

Mais en plus, cette narration renforce un peu plus l’attachement à l’histoire. Et c’est d’ailleurs cet attachement, en plus du format, qui permet de faire passer la pilule du scénario.

Car, il faut bien avouer que celui-ci est plutôt difficile à croire, à croire, du moins, que des gens mettent en œuvre un tel plan pour obtenir un résultat qui nous semble, à notre époque, en tous cas, bien plus facile et moins onéreux à obtenir par une autre manière. Sans compter qu’il est difficile de penser qu’un tel plan puisse se renouveler ce qui sera le cas.

On passe également sur le nombre de hasards permettant à Pessart de découvrir le pot aux roses, des hasards qui, en plus, s’appuient forcément sur la stupidité de ceux qui ont mis le plan en place.

Bref, ne pouvant pas être plus clair sans tout révéler, je me contenterai de dire que, malgré tout, par cette narration détournée et du fait de la concision du texte, le lecteur adhère plus facilement au récit.

Au final, une histoire qui se lit vite et agréablement malgré une intrigue peu crédible.

L'auto F.X. 6403

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Marcel Priollet sous quelques pseudonymes, dont Marcelle Renée Noll, R.M. de Nizerolles, Henri de Trémières et Jean Valbreuse, fut l’un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaires entre 1910 et 1960.

Écrivant dans tous les genres à la mode à l’époque (Aventures, Policier, Sentimental, Fantastique), il nourrit des dizaines de collections fasciculaires, par ses séries avérées, mais également pas ses textes plus indépendants (parfois juste en apparence).

Ainsi, dans le genre policier, on pourra se délecter de ses deux séries « Old Jeep et Marcassin » ou « Monseigneur et son clebs ».

Mais il fit vivre également, dans ce même genre, d’autres personnages récurrents dont les aventures se noyèrent au sein de collections plus généralistes.

C’est le cas du détective radiesthésiste Claude Prince, dont on retrouve les aventures en égrenant les 95 titres de la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes (dont il a signé la grande majorité sous son pseudonyme Marcelle Renée Noll).

Mais le détective travaillait parfois avec l’inspecteur François Pessart de la P.J.

Ce même François Pessart vécut également des enquêtes sans le détective, toujours au sein de cette même collection.

« L’auto F.X. 6403 », publié probablement en 1936 (les fascicules ne sont pas datés, mais on peut estimer cette date en fonction de celles qui apparaissent dans les récits), est le troisième titre de cette collection et le troisième dans lequel apparaît l’inspecteur François Pessart (dans le numéro 2, « Le kidnapper n° 3 » on retrouve le détective Claude Prince).

L’AUTO F. X. 6403

L’inspecteur principal François PESSART de la police judiciaire profite de jours de congé pour se rendre dans sa bicoque aux environs de Gif dans la vallée de Chevreuse. Il compte s’y délasser, canne à la main, au bord de l’Yvette dans un coin poissonneux proche.

Au lever du jour, alors qu’il roule à vélo sur une sente étroite, déjà tout à sa partie de pêche, il doit s’écarter pour laisser passer une voiture.

Quelques mètres plus loin, la roue de sa bécane heurte un objet dur et François PESSART se retrouve au sol.

En se relevant, le policier ne tarde pas à constater que l’écueil n’est autre que le corps sans vie d’un homme…

Pessart est en congé. Il se rend dans sa petite cabane près de la rivière Yvette afin d’y passer quelques bons moments à pêcher.

Un matin à l’aube, alors qu’il se rend dans « son » coin de pêche par un raccourci le forçant à emprunter une sente étroite et cahoteuse, il croise une voiture. Un peu plus loin, la roue de son vélo heurte un objet et c’est le valdingue. Pessart se retrouve par terre et la roue de la bécane se voile devant cet affront.

Rageant, le policier se relève pour connaître l’origine de l’accident et il découvre le corps d’un homme, mort, apparemment, d’un coup de couteau en plein cœur.

Regagnant la route à pied afin de se rendre au village le plus proche pour alerter la gendarmerie, il remarque la même voiture croisée plus tôt. Le conducteur vient de terminer de résoudre un problème de crevaison de pneu. Pessart lui demande de le conduire à Gif, mais ce dernier refuse, prétextant un retard, et s’enfuit sans demander son reste. Mais l’inspecteur Pessart a eu le temps de noter le numéro d’immatriculation du véhicule qui est le...

Pas besoin de donner ce renseignement, qui est de toute façon dans le titre.

On retrouve donc François Pessart pour la troisième fois (la seconde fois sans Claude Prince) pour mener une petite enquête (8 000 mots).

On connaît désormais la collection « Les Grands Détectives » et on ne s’étonne déjà plus de la concision des textes qui la composent. On sait également que les intrigues vont forcément être légères et les personnages à peine esquissés.

Pourtant, Marcel Priollet tente de fournir quelques fausses pistes, de lancer le lecteur (à tort ou à raison ?) sur le commun crime sentimental mettant en scène la femme, le mari et l’amant.

Cependant, l’auteur ne se contente pas de cette simple histoire vieille comme le monde et proposera un petit peu plus.

Certes, pour ce faire, il va devoir réduire l’enquête de Pessart à peau de chagrin, mais qu’à cela ne tienne. On ne va pas se plaindre de cette ambition si rare dans des textes de ce format très court.

Pour le reste, un texte dans la veine des précédents de la même collection.

Au final, une petite enquête qui passe un bon petit moment.

On a volé les millions de la Loterie Nationale

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Faut-il encore le répéter, Marcel Priollet fut l’un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaire de la première moitié du XXe siècle.

Son immense production s’étendit sur les genres à la mode à l’époque : policier, sentimental, aventures, fantastique, et ce, sous couvert de nombreux pseudonymes : R.M. de Nizerolles, Marcelle Renée Noll, René Valbreuse, Henry de Trémières...

Dans son œuvre policière, on retiendra les deux séries « Monseigneur et son clebs » et, surtout, « Old Jeep et Marcassin », mais l’auteur ne s’est pas cantonné à ces seuls personnages récurrents.

Il y a certes ceux des séries sentimentales ou d’aventures, mais comme je ne me penche que sur le polar, je pense plutôt à des personnages récurrents vivant des aventures dans des collections généralistes comme ce fut le cas pour d’autres auteurs et d’autres personnages.

Marcel Priollet était tellement prolifique qu’il était capable de faire vivre une collection quasiment sur ses seules épaules. Ce fut le cas avec « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes dont il signa la plupart des 95 titres sous le pseudonyme de Marcelle Renée Noll.

Et dans cette collection on retrouve quelques personnages récurrents tel le détective radiesthésiste Claude Prince, l’inspecteur Bob Rex, ou, encore, l’inspecteur Pessart.

Ces personnages se croisent parfois voire même souvent en ce qui concerne Pessart et Prince.

Mais Pessart a commencé sa carrière seul et l’a poursuivie parfois en compagnie d’autres personnages récurrents, notamment, Claude Prince, le détective radiesthésiste.

C’est dans le tout premier titre de la collection « Les Grands Détectives » que l’on peut découvrir ce fameux inspecteur Pessart pour l’enquête de « On a volé les millions de la Loterie Nationale ».

ON A VOLÉ LES MILLIONS DE LA LOTERIE NATIONALE

Le capitaine Delperaux, grand blessé de guerre, est devenu fondé de pouvoir de l’Association des Blessés Internationaux de Guerre.

C’est à ce titre qu’il se rend, le lendemain du tirage, à dix heures du matin, au siège de la Loterie Nationale pour toucher les gains remportés pour le collectif.

Il en sort rapidement avec sa sacoche contenant trois millions sous le bras.

En début d’après-midi, Mme Delperaux s’inquiète du retard de son mari qui n’a jamais loupé le repas.

Le temps passe et l’angoisse ne cessant de croître elle appelle le président de l’œuvre caritative.

Celui-ci, également sans nouvelle et tout aussi anxieux, décide de prévenir la police.

L’inspecteur François PESSART, chargé de l’enquête, va alors devoir déterminer si le héros de guerre, connu pour sa probité, est une pauvre victime ou un odieux criminel...

Le capitaine Delperaux, héros et mutilé lors de la Première Guerre mondiale, est devenu fondé de pouvoir d’une association venant en aide aux handicapés de guerre.

L’association a remporté de nombreux lots lors du tirage de la Loterie Nationale et il est chargé d’aller les retirer.

Le capitaine sort du siège de la loterie avec une sacoche contenant trois millions.

Quelques heures plus tard, le capitaine Delperaux n’a toujours pas donné de nouvelle à sa femme ni à l’Association.

L’inspecteur Pessart est chargé de l’enquête. A-t-il affaire à un héros de guerre devenu un fieffé voleur ou bien doit-il s’attendre à retrouver bientôt le corps sans vie et dépouillé de celui-ci...

« Les Grands Détectives » des éditions Modernes, est trompeuse à plus d’un titre.

Déjà, à défaut de « Grands », les détectives sont plutôt ordinaires (même Claude Prince), et ce, du fait de la taille réduite des textes (bien souvent entre 7 et 8 000 mots).

Ensuite, le travail éditorial de la plupart des textes est loin d’être « moderne », il serait plutôt bâclé.

Effectivement, j’ai rarement vu récits aussi parasités par les fautes d’orthographe, les coquilles et les ponctuations aléatoires.

Pourtant, force est de reconnaître que ce premier titre s’en sort pas mal à tous les points de vue.

Certes, la concision du texte de pas tout à fait 7 500 mots empêche toute intrigue digne de ce nom, de présenter les personnages et de proposer une ambiance.

Pourtant, à partir d’une simple histoire qui s’avère être également une histoire simple et en proposant un personnage lambda que l’on pourrait remplacer par un autre personnage lambda tant l’auteur ne nous apprend rien sur lui si ce n’est son nom, Marcel Priollet nous propose une lecture plutôt agréable sans pour autant révolutionner le genre.

Ceux qui connaissent un peu l’auteur savent qu’il était capable de mettre en scène de très bonnes idées et de le faire avec un réel talent... pour peu que le format lui laisse un peu de latitude (ce qui n’est pas ici).

Ici, bien évidemment, ni de bonne idée, ni de talent de narration ou de plume à mettre en avant (encore une fois, le format ne le permet pas), mais malgré tout, l’ensemble tient la route, l’auteur propose une fausse piste et un retournement de situation (un peu annoncé par l’auteur lui-même), ce qui est déjà pas mal pour un texte si court.

On notera également que l’on retrouvera souvent l’inspecteur Pessart dans cette collection qui date probablement de 1936 (aucune date n’est inscrite sur les fascicules, mais la lecture de certaines histoires laisse à penser que celles-ci ont été écrites à partir de 1936), la plupart du temps en appui du détective Claude Prince, plus rarement, en compagnie de Bob Rex, et, ici, en duo avec son adjoint Silery.

Au final, rien de bien extraordinaire, encore moins de, révolutionnaire, dans ce petit récit. Pourtant, la lecture est agréable pour peur qu’on le prenne pour ce qu’il est : un texte devant occuper agréablement un peu moins d’une heure de lecture. 

Sardanapale, le "favori" / N° 9. Voiture verte

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« Sardanapale, le favori » à l’origine, est un fascicule de 32 pages paru dans la collection « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi en 1949. Ce récit était signé Jean Daye, un des nombreux pseudonymes d’Henry Musnik, un auteur de langue française d’origine chilienne qui fut l’un des grands piliers de la littérature populaire durant le second tiers des années 1900.

L’auteur fut également journaliste sportif et c’est tout naturellement qu’il inscrivit certains de ses textes policiers dans le milieu sportif. Généralement, ses textes mêlant les deux mondes étaient signés de son pseudonyme de Jean Daye.

SARDANAPALE, LE « FAVORI »

Sardanapale, un pur-sang magnifique, est un galopeur hors pair qui a ridiculisé tous ses concurrents sur la place européenne.

C’est désormais au tour Silver-Cloud, un cheval américain, de le défier dans un duel attendu par tous les turfistes et amateurs de paris.

Les spécialistes ne tarissent pas d’éloges sur Sardanapale qui est l’incontestable favori et le vainqueur certain de la course.

Pourtant, le jour venu, Sardanapale fait piteuse figure face à son adversaire.

Le propriétaire de ce dernier soupçonnant une magouille derrière la défaite incompréhensible de son poulain, décide de faire appel à un détective…

Sardanapale, un pur-sang français, a épuisé tous les rivaux possibles sur son continent. Aussi, c’est un pur-sang américain qui va bientôt se mesurer à lui, en face à face. Mais les spécialistes ne donnent pas cher des chances du cheval américain tant Sardanapale semble voler sur la piste.

Pourtant, Sardanapale perd très largement la course. Une défaite à ce point incompréhensible que le propriétaire du cheval soupçonne quelque chose et décide d’embaucher un grand détective pour savoir ce qui a bien pu se passer.

Après avoir abordé le monde de la boxe, du football, du cyclisme, c’est maintenant au tour du monde du cheval auquel Henry Musnik confronte ses personnages policiers.

Ici, c’est un détective, M. Descombes, qui est chargé de découvrir pourquoi Sardanapale, ultra favori d’une course, l’a perdue aussi lamentablement.

On se doute que dans ce texte de pas tout à fait 8 800 mots, l’auteur ne va pas développer une intrigue haletante. Ce format court ne le permet pas. Le détective aura donc juste à répondre à la question « Qui a drogué Sardanapale ? » et pour se faire, il se contentera de fouiner à droite et à gauche et comptera, comme beaucoup de ses confrères (de textes courts, mais pas que) sur la chance.

Le défi de ce genre de format est de proposer un texte qui se lit agréablement sans se prendre la tête et qui délivre une histoire complète même si pas complexe.

Et Jean Daye, alias Claude Ascain, alias Henry Musnik, alias... relève allègrement le défi puisque « Sardanapale, le favori » occupe un bon petit moment de lecture.

Au final, un petit récit policier se déroulant dans le monde de l’hippisme et qui se lit avec plaisir.

 

* * * * *

 

« N° 9, voiture verte » est, à l’origine, un fascicule de 32 pages paru en 1949 dans la collection « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi.

Il est signé Jean Daye, un des nombreux pseudonymes de Henry Musnik (alias Claude Ascain, Alain Martial, Pierre Olasson, Pierre Dennys, Gérard Dixe...)

Henry Musnik, bien que né au Chili à la fin du XIXe siècle, fut l’un des principaux piliers, par son immense production, de la littérature populaire fasciculaire du second tiers du XXe siècle.

On lui doit un nombre de textes impressionnants dont beaucoup naviguent dans le genre policier.

Il a développé un grand nombre de personnages récurrents (Commissaire Lenormand, Inspecteur Gaspin, le cambrioleur Robert Lacelles, le détective Yves Michelot, Daniel Marsant, Michel Vaudreuil, Jack Desly, Robert Navarres, Daniel Desmont, Max Berton...) même si certains textes et histoires servaient à différents personnages afin de gonfler artificiellement une production pourtant déjà imposante.

Mais l’auteur fut également journaliste sportif, et il n’est pas rare qu’il mêlât le milieu du sport à ses récits policiers.

Généralement, ces textes étaient signés Jean Daye.

N° 9. VOITURE VERTE

Étienne Derang et Gérard Villeton, deux jeunes passionnés d’automobiles, ont mis au point un carburateur révolutionnaire permettant aux véhicules d’aller plus vite, plus longtemps et en consommant moins d’essence.

Pour faire la preuve de l’efficacité de leur invention, ils ont engagé une voiture de course équipée de la fameuse pièce mécanique, au « Trophée des Douze Heures », durant lequel elle sera confrontée aux bolides des meilleurs constructeurs du moment.

Lors les essais, Gérard, qui est un pilote aguerri, est blessé par une pierre venue de nulle part.

Dès lors, Étienne, suspicieux, soupçonne un acte malveillant.

Sur ses gardes, il décide de passer la nuit dans le garage afin de surveiller leur petit bébé.

Le lendemain matin, Gérard le retrouve ficelé et bâillonné dans la remise...

N ° 9, voiture verte :

Étienne Derang et Gérard Villeton, deux jeunes passionnés d’automobiles, ont mis au point un carburateur révolutionnaire permettant aux voitures d’aller plus vite, plus longtemps et en consommant moins de carburant.

Pour faire la preuve de l’efficacité de leur invention, ils ont engagé une voiture de course équipée du fameux carburateur, au « Trophée des Douze Heures » durant lequel elle sera confrontée aux bolides des meilleurs constructeurs du moment.

Durant les essais, Gérard, qui est un pilote aguerri, est blessé par une pierre venue de nulle part.

Dès lors, Étienne, suspicieux, soupçonne un acte malveillant.

Sur ses gardes, il décide de passer la nuit dans le garage afin de surveiller leur petit bébé.

Le lendemain matin, Gérard le retrouve ficelé et bâillonné dans la remise...

Claude Ascain (c’est le pseudonyme de l’auteur que je préfère et celui sous lequel je le nomme le plus facilement) s’est déjà confronté à plusieurs sports (cyclisme, hippisme, boxe, football) et le voilà, dans « N ° 9. Voiture verte » plongé dans la course automobile.

On y retrouve deux jeunes hommes d’environ 25 ans qui ont mis tous leurs temps et leurs argents dans la création et la fabrication d’un carburateur révolutionnaire.

Mais, pour prouver l’efficacité de leur invention, il leur faut remporte La course du moment : « Le Trophée des Douze Heures », une course de vitesse et d’endurance (12 heures) à laquelle participent tous les grands constructeurs automobiles.

Pendant les essais, Gérard, l’un des deux inventeurs et pilote de leur voiture, est blessé par une pierre, un silex fort bien taillé et coupant. Si celui-ci n’en fait pas cas, Étienne, son ami et partenaire, lui, trouve cela étrange.

Soupçonneux, il voit déjà une main étrange cherchant à faire capoter leur entreprise. Aussi, décide-t-il de dormir dans le garage qui abrite leur invention pour éviter que quelqu’un ne profite de la nuit pour la saboter.

Le lendemain matin, Gérard retrouve Étienne ligoté dans le garage...

Dans ce petit récit (un peu plus de 8 600 mots), Claude Ascain-Jean Daye, nous livre une petite intrigue dans laquelle aucun enquêteur n’apparaît (même s’il est question d’un détective en cours de route). Si l’intrigue, dans ce genre de fascicule, est toujours limitée, ici, elle est quasi inexistante.

Mais, peu importe. L’auteur livre un petit récit qui mélange les genres sans s’imprégner réellement d’aucuns (ni policier, ni aventures, ni sportif) et ne cherche rien de plus qu’à occuper un petit moment de lecture, ce qu’il réussit à faire.

Les personnages sont soit inconsistants, soit manichéens (comme de coutume dans ce format court) et la plume se contente de dérouler le récit sans faire preuve de style (comme souvent).

Pourtant, malgré ces inconvénients que l’on pouvait anticiper au vu du format, l’ensemble se lit sans déplaisir et c’est déjà pas mal.

Au final, un petit récit dans le monde de la course automobile qui se contente du minimum syndical, mais on n’en attendait pas plus.


Un meurtre aux Six Jours / La souricière

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« Un meurtre aux Six Jours » est un titre de Jean Daye publié en 1949 dans la collection « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi sous la forme d’un fascicule de 32 pages contenant un récit de 8 600 mots.

Jean Daye est un des nombreux pseudonymes de l’auteur Henry Musnik alias Claude Ascain, alias Alain Martial, alias...

L’auteur d’origine chilienne fut l’un des auteurs les plus prolifiques de la littérature populaire et il abreuva de nombreuses collections, chez de nombreux éditeurs, de ses récits.

Pour gonfler sa production (et gagner plus), il usa souvent d’artifice, n’hésitant pas à reprendre ses textes, en changeant les noms des personnages, les signant d’un autre pseudonyme pour les proposer à un autre éditeur.

Il fut également journaliste sportif et n’hésita pas à mêler histoire policière et histoire sportive. Dans ce cas, il utilisa souvent le pseudonyme de Jean Daye.

UN MEURTRE AUX SIX JOURS

Gaston Lussac, journaliste à la rubrique sportive de l’Étoile, est chargé par son boss d’accompagner James Raeburn, un collègue anglais, pour assister à l’épreuve cycliste des Six Jours au « Vel d’Hiv ».

Dans l’enceinte, les deux hommes vont rencontrer le champion australien Ben Riggins dans sa cabine de repos.

Après une courte conversation, au moment où les reporters quittent le sportif, son soigneur confie un courrier important à Raeburn en lui demandant de la mettre à la boîte aux lettres pour lui.

Quelques minutes plus tard, alors que Raeburn et Lussac dégustent une coupe de champagne, le Britannique est pris d’un impressionnant malaise…

Deux journalistes, un français et un anglais, se rendent au « Vel d’Hiv » pour assister à la compétition cycliste des 6 jours.

Sur place, ils rencontrent le champion australien. Le soigneur de celui-ci, n’ayant pas le temps d’aller à la boîte aux lettres pour poster un courrier urgent, confie sa lettre au reporter anglais.

Quelques minutes plus tard, alors que les deux journalistes boivent une coupe de champagne au bord de la piste, l’anglais s’écroule pris d’un malaise subit...

Jean Daye tente de rendre l’ambiance des 6 Jours dans ce court roman. Faute de place, du fait du format 32 pages, il n’y parvient que légèrement, d’autant qu’il doit, en parallèle, mettre en place son intrigue.

Autant le dire, du coup, l’intrigue est assez légère et le lecteur aura trouvé immédiatement deux solutions du triptyque du mystère d’un crime (« Qui ? » « Comment ? » « Pourquoi ? »). Il ne restera plus qu’à attendre la résolution de l’enquête par l’inspecteur Revol pour connaître le « Pourquoi ? »

Mais, de toute façon, on ne lit pas ce format de texte pour les intrigues qui ne peuvent être exaltantes.

Reste un petit texte plaisant à lire, l’évocation d’une épreuve mythique dans un lieu historique et un style plutôt agréable, ce qui n’a pas toujours été le cas de la part de l’auteur.

Au final, un petit récit policier plaisant à lire qui se déroule dans le cadre des Six Jours du « Vel d’Hiv ».

 

* * * * *

 

 

« La souricière » est un court récit policier signé, à l’origine, Jean Daye et publié sous la forme d’un fascicule de 32 pages dans la collection « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi en 1950. 

Jean Daye est un des très nombreux pseudonymes de Henri Musnik (avec Claude Ascain, Alain Martial, Pierre Olasso, Gérard Dixe...), un auteur de langue française bien que d’origine chilienne et qui fut l’un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaire qu’il abreuva de ses très nombreux textes et de rééditions sous d’autres titres, en changeant les noms des personnages, en les signant d’un autre pseudonyme, pour les faire publier chez d’autres éditeurs... Malgré tout, sa production réelle reste immense. 

Henri Musnik fut également journaliste sportif et il n’hésita d’ailleurs pas à faire se dérouler certaines de ses intrigues dans le milieu du sport. Bien souvent, ces textes-là furent signés Jean Daye. 

C’est le cas avec « La souricière » qui se déroule dans le milieu du cyclisme et, tout comme « Un Meurtre aux Six Jours » et qui reprend d’ailleurs le personnage principal de l’inspecteur Marcel Revol et celui, secondaire, de M. Telliat.

LA SOURICIÈRE

De curieux vols ont lieu dans le vélodrome du Parc des Princes.

À plusieurs reprises, ces derniers mois, des guidons sont dérobés dans la cabine du coureur cycliste suédois.

Celui-ci ne fait pas cas de cette affaire, somme toute, anodine, mais le concierge du stade, craignant d’être soupçonné, rapporte les faits à son directeur, juste au moment où il est en pleine conversation avec son ami l’inspecteur Marcel Revol.

Quelques jours plus tard, le policier, en chinant dans un marché aux puces, tombe sur un individu qui vend un guidon de vélo à un brocanteur…

Au vélodrome du Parc des Princes, des vols mystérieux ont lieu, ceux de guidon de vélos, mais toujours ceux d’un même cycliste suédois.

Si la chose ne semble pas déranger le sportif, le concierge des lieux, ne voulant pas être suspecté de la chose, vient se plaindre à Monsieur Telliat, le directeur des lieux.

Au moment où le concierge fait part des vols à Monsieur Telliat, celui-ci était dans son bureau en compagnie de son ami l’inspecteur Marcel Revol.

Celui-ci, quelques jours plus tard, chine au marché aux puces quand il aperçoit un homme qui vient vendre un guidon de vélo à un brocanteur...

On retrouve donc l’inspecteur Revol dans cette courte enquête (8 500 mots) qui reprend donc l’enquêteur de « Un Meurtre aux Six Jours » du même auteur.

D’ailleurs les textes sont à rapprocher aussi bien dans le milieu dans lequel ils se déroulent, dans le genre, dans le style, mais également dans l’intrigue qui, là aussi, est un peu cousue de fil blanc et pour laquelle le lecteur est rapidement capable de comprendre la raison des vols.

Peu importe, me direz-vous, on ne lit pas un fascicule de 32 pages pour l’ampleur de son intrigue, le format de permettant pas de développer une histoire ni même des personnages.

En reste, tout comme l’autre titre dans le milieu du cyclisme, un petit récit qui se lit sans déplaisir et qui forme un parfait diptyque avec « Un meurtre aux Six Jours ».

Au final, un petit récit policier dans le monde du cyclisme qui se lit agréablement à défaut d’être exaltant.

17 septembre 2020

Phase 3 - Faire une liste d'éditeurs à contacter !

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Vous venez de mettre un terme à l’écriture de votre roman !

Maintenant, vous aimeriez (si vous êtes modéré) que votre roman soit publié.

Il vous faut alors solliciter des éditeurs pour leur proposer votre petit bébé.

Bien évidemment, à moins d’être sûrs de vous (il ne faut jamais être trop sûr de soi) ou bien que votre rêve ne se focalise que sur un seul éditeur, vous allez devoir établir une liste d’éditeurs à contacter.

Pour cela, il vous faudra déjà restreindre la liste des éditeurs en fonction du genre de votre roman, du public ciblé, de vos exigences personnelles en termes d’expansion dudit éditeur et d’autres éléments encore.

Bien évidemment, vous n’allez pas envoyer le manuscrit de votre dernier polar érotico-gore à un éditeur qui ne fait que dans les romans jeunesses, c’est une évidence, mais qu’il est bon de répéter étant donné les manuscrits que l’on m’a déjà proposé alors que je ne publie que du polar (et qu’il est précisé depuis des années sur mon site que la réception des manuscrits est fermée depuis que je me concentre sur la réédition de textes de la littérature populaire policière).

Pour cela, rien de tel que de prendre le temps (quelques minutes par éditeurs suffisent) d’aller sur le site de vos cibles potentielles pour obtenir des réponses à vos questions.

Par le biais du catalogue de l’éditeur, vous pouvez déjà vous faire un avis sur un travail éditorial important : la création des couvertures.

Effectivement, la couverture ayant un impact sur l’achat des lecteurs, surtout quand cet achat ne peut être motivé par la connaissance d’un auteur qui débarque sur le marché, il peut être important de privilégier les éditeurs qui enveloppent les ouvrages qu’ils défendent dans un bel écrin.

De même, vous pouvez déjà vous faire une idée sur les genres littéraires que l’éditeur publie.

Si vous ne voyez que les livres de médecines ou de témoignages et que vous venez d’écrire un Thriller très sombre tinté de fantastique... passez au suivant.

Bien souvent, dans la rubrique « Qui sommes nous ? » ou autre du genre, vous trouverez rapidement les informations sur les genres mis en avant.

Vous pourrez aussi en connaître plus sur l’éditeur et peut-être, sur sa démarche artistique.

Ainsi, peut-être privilégiez-vous les éditeurs qui impriment leurs bouquins sur du papier recyclé ou qui plantent un arbre à chaque fois qu’ils vendent un million d’exemplaires d’un ouvrage.

Intéressez-vous également à la rubrique « Contact » dans laquelle souvent se trouve une sous-rubrique « Envoyer votre manuscrit ».

C’est là que vous trouverez les informations les plus importantes.

L’éditeur ne reçoit des manuscrits que par courrier postal ! Si vous n’envisagez pas d’imprimer votre roman en de multiples exemplaires, de les faire relier de les mettre sous enveloppe, des les affranchir puis de les mettre dans une boîte aux lettres... en clair, de prendre du temps, de l’argent tout en gâchant du papier... passez à son voisin qui aura l’intelligence, pour la planète et pour les auteurs, de recevoir les tapuscrits par mail.

Bien évidemment, si ces derniers éditeurs sont de plus en plus nombreux, beaucoup encore, par snobisme, par esprit rétrograde, parce qu’ils ont l’impression de faire plus « éditeur », mais aussi, et surtout, ne nous leurrons pas, pour éviter d’être submergés de manuscrits à lire et de recevoir tout et n’importe quoi, continuent à ne recevoir les ouvrages que par voie postale.

Il est vrai qu’un auteur qui doit imprimer plusieurs centaines de pages sur son imprimante, pour ensuite les faire relier, puis payer plusieurs euros pour faire affranchir son courrier, ciblera au mieux les éditeurs à contacter qu’un auteur empressé qui envoie ses tapuscrits à tour de bras à tous les éditeurs qu’il trouve sur le net, sans même prendre le temps de se présenter ou de présenter son ouvrage.

Vous n’imaginez pas, quand on est éditeur, même quand on est un tout petit comme je le suis, les mails que l’on peut recevoir de la part d’auteurs.

Ainsi, j’ai déjà reçu un mail me proposant un tapuscrit dans une pièce jointe, avec juste dans le corps du mail, une phrase du genre « Je vous envoie mon roman en pièce jointe. Cordialement » et avec, dans l’en-tête du mail, la liste complète, visible, de tous les éditeurs à qui le mail groupé était destiné.

Certes, un éditeur n’est pas plus bête qu’un autre et se doute bien qu’un auteur ne va pas contacter que lui ! Mais faites un effort, tout de même, pour épargner leur susceptibilité en évitant de leur mettre sous les yeux la liste de leurs confrères que vous avez également contactés.

D’ailleurs, dans le cas dont je parle, certains éditeurs n’ont pas hésité de répondre au mail groupé pour donner une réponse immédiate négative et passer la main à l’éditeur suivant ou à demander à l’auteur s’il avait une préférence dans la liste d’éditeurs contactés.

Personnalisez un peu vos mails, s’il vous plaît. Et, surtout, ne vous contentez jamais d’envoyer votre manuscrit en pièce jointe sans rien dire d’autre.

D’ailleurs, à cet effet, dans la fameuse rubrique « Envoyer votre manuscrit », nombre d’éditeurs vous font part de leurs exigences pour cette démarche.

Pour les éditeurs exigeant des envois en papier, bien souvent, ils vous précisent les polices de caractères à utiliser en priorité, l’interlignage, de numéroter vos pages...

Pour ceux qui accepte l’envoi par mail, là aussi, vous pourrez savoir le format à privilégier : Word, PDF...

Mais aussi, ce qui doit accompagner votre roman. Parfois certains vous demanderont juste un synopsis complet avec les premiers chapitres (il est vrai que, si, dès les premières lignes, on ne peut savoir si le roman sera bon, par contre, la plupart du temps, on saura si celui-ci est mauvais.).

Si vous n’êtes pas comme moi, c’est-à-dire, si votre recherche n’est pas juste une expérience ludique, mais le but de votre vie, et si vous envisagez d’être publié par un petit ou moyen éditeur de votre région, vous pouvez être tenté de vous rendre dans les salons littéraires de votre région afin de prendre contact directement avec certains de ces éditeurs.

Cette démarche n’est pas mauvaise, en soit, mais pour les petits éditeurs, cela peut très vite devenir gênant.

Effectivement, ces petits éditeurs viennent se rendent souvent en personne sur les salons afin de trouver des lecteurs et non des auteurs. Aussi, des auteurs nombreux et, surtout, bavards, vont encombrer le stand, occuper l’éditeur et risque de faire fuir le client qu’il faut bien souvent attraper au passage. Votre démarche sera alors contre-productive.

Pour autant, se rendre dans ces salons, pour se faire une idée des éditeurs locaux, de leurs catalogues et poser une ou deux questions (par exemple, pour savoir s’ils reçoivent encore les manuscrits) et prendre une de leur carte de visite peut être une démarche intéressante.

Déjà, parce que vous vous rendrez ainsi compte (plus ou moins selon les régions et les éditeurs et auteurs) que la vie d’un auteur sur un salon littéraire peut souvent être inintéressante au possible. Vous pourrez ainsi voir ceux qui attendent désespérément un lecteur, un acheteur, qui sont dans l’attente de celui ou celle qui leur demandera un autographe dans leur beau roman, et qui, comme sœur Anne, ne voient rien venir.

Vous pourrez aussi, selon les salons, suivre la journée des auteurs à compte d’éditeur ou les autoédités qui viennent avec des exemplaires de leur livre et qui attendent... attendent...

Mais, surtout, vous constaterez, que, pour vendre un livre, quand vous n’êtes pas connu et que votre nom seul ne suffit pas à attirer les foules, qu’il faut s’investir énormément dans ce genre d’exercice.

Bref.

Vous avez maintenant établi la liste des éditeurs à contacter.

Selon vos exigences, votre liste comptera un nombre plus ou moins grand de noms.

Vous aurez intégré le nom de grands éditeurs (on peut toujours rêver), de moyens (l’espoir fait toujours vivre) et de petits (car, il faut bien être réaliste).

De même, si tenir votre histoire sous la forme d’un beau livre papier est, pour vous, un rêve sans prix, peut-être aurez-vous ajouté le nom d’un ou plusieurs éditeurs à compte d’auteurs...

... À ce stade, je me dois de faire quelques petites précisions pour les auteurs qui ne seraient pas encore au fait du monde de l’édition, et ce malgré le fait que j’ai déjà abordé plusieurs fois le sujet.

La différence entre un éditeur à compte d’éditeur, un éditeur à compte participatif et un éditeur à compte d’auteur.

En fait, en vrai, il existe deux sortes d’éditeurs : 

– L’éditeur à compte d’éditeur : c’est l’éditeur, petit, moyen ou gros, qui choisit un texte parce qu’il correspond à sa ligne éditoriale et parce qu’il l’a aimé ou parce qu’il lui trouve un potentiel commercial (par l’histoire ou le nom de l’auteur) et qui décide de prendre en charge tous les frais éditoriaux (lecture, corrections, mise en page, couverture, impression, distribution...) pour en faire un vrai livre en échange de quoi l’auteur touchera vers 8 à 10 % du prix de vente pour chaque exemplaire vendu. Leur client, c’est le lecteur, c’est grâce à lui qu’ils font leur chiffre d’affaires et donc ils font tout pour en trouver.

– Les autres... ceux qu’avant on appelait simplement les éditeurs à compte d’auteurs, en clair, ceux qui font payer un auteur pour l’éditer. Leur client, c’est l’auteur, c’est grâce à lui qu’ils font leur chiffre d’affaires et donc ils font tout pour en trouver (du coup, ils n’ont pas forcément le temps ni l’envie de chercher des lecteurs même s’il en faut un peu quand même).

Mais comme l’édition à compte d’auteur à mauvaise presse, y a des petits malins qui cherchent à trouver un nom plus rassurant derrière lequel se cacher : éditeur à compte participatif, aide à l’édition...

Là où les premiers demandent immédiatement un chèque avant d’envisager de poursuivre la relation avec l’auteur, d’autres vont réclamer un engagement d’achats de livres, soit de votre part ou bien de celles de proches. 

Durant ma recherche d’éditeurs, je suis même tombé sur un malin (je n’ai pas retenu le nom), mais qui, sous couvert d’édition à compte d’éditeur, stipule tout de même dans la rubrique « Envoyer un manuscrit » que l’auteur doit envoyer un manuscrit dénué de fautes à défaut de quoi, en cas de publication, il pourrait lui être facturé des frais de corrections !!!! on tombe sur la tête.

Un autre vous engage directement à lire un exemple de contrat d’édition type et de ne pas leur envoyer votre manuscrit si vous n’êtes pas d’accord avec les termes de ce contrat (je n’ai pas non plus noté le nom de l’éditeur n’ayant pas du tout été convaincu par les termes dudit contrat).

... donc, si vous visez également des éditeurs à compte d’auteurs, vous pouvez vous demander comment en reconnaître un ? C’est simple et c’est visible sur le site de l’éditeur.

Effectivement, si un éditeur met très en avant la façon de lui envoyer un manuscrit, si vous voyez apparaître des termes du genre « Recherchons des auteurs »... en clair, la chose que l’éditeur met en avant sur son site, c’est la façon d’être publié chez eux et (ou) l’avis de leurs auteurs sur le travail de la maison d’édition, vous ne pouvez pas vous tromper, il s’agit d’un éditeur à compte d’auteur.

Un éditeur à compte d’éditeur, sur son site, va chercher à convaincre le lecteur d’acheter ses livres, un éditeur à compte d’auteur, lui, veut convaincre l’auteur, de venir chez lui.

Pour autant, encore une fois, ne faisons pas de chasse aux sorcières. Les éditeurs à compte d’auteurs ne sont pas tous des charlatans et, à partir du moment où ils affichent clairement leur statut, leurs recherches, et qu’ils ne tentent pas de se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas, ils peuvent être une alternative pour certains auteurs dont l’ouvrage n’est pas assez bon ou bien au potentiel commercial faible malgré des qualités d’écriture évidentes et qui tiennent à tout prix à tenir entre leurs mains leurs histoires au sein d’un beau livre papier (quand on a vécu ce moment, on comprend qu’il n’a pas de prix... sauf si vous passez par un éditeur à compte d’auteurs, bien sûr).

Dans tous les cas, éditeurs à compte d’éditeurs ou à compte d’auteurs, il y a dans les deux castes des éditeurs consciencieux, efficaces, professionnels et des mauvais éditeurs, des dilettantes voire des charlatans.

Comment faire la différence ? Difficile, surtout chez les éditeurs qui n’ont pas pignon sur rue. Pour cela, il vous faudra faire des recherches sur chacun de ceux qui vous auront répondu affirmativement (pour le cas ou plusieurs éditeurs acceptent votre manuscrit).

Voilà. Vous avez terminé votre liste d’éditeurs. Il vous faut désormais passer à la phase d’envoi de vos tapuscrits ou manuscrits.

Pour ce, vous pouvez le faire en plusieurs vagues séparées de quelques mois (la plupart des éditeurs mettent entre 3 et 6 mois pour donner une réponse, quand ils en donnent. Si l’un d’eux vous répond immédiatement ou en quelques jours, c’est probablement un éditeur à compte d’auteur, personne n’aura pris le temps de lire votre ouvrage du moment que vous acceptez de signer un chèque).

Ainsi, vous pourrez d’abord contacter les éditeurs qui vous inspirent le plus... attendre les premières réponses et, en cas de refus, contacter ceux qui vous plaisent un peu moins... attendre encore quelques mois pour les réponses... puis envoyer au reste (dont, peut-être, des éditeurs à compte d’auteurs).

P.S. :

Dans mon cas, je le rappelle, cette recherche d’éditeur est plus motivée par l’aspect ludique de la chose et par une certaine curiosité et donc, pas vitale pour mon avenir d’auteur (puisque, en cas de refus des éditeurs de ma liste ou bien en cas de proposition non conforme à mes attentes, j’éditerais mon roman l’année prochaine comme je l’ai fait avec les précédents jusqu’à maintenant).

Du coup, j’ai écarté de ma liste tous les éditeurs qui ne recevaient les manuscrits que par voie postale (pas envie de perdre du temps et de l’argent à imprimer, relier, envoyer).

Je n’ai donc conservé que des éditeurs dont la réception de manuscrits se fait par mail.

Je n’ai ajouté aucun éditeur à compte d’auteurs (même si au départ, j’hésitais à le faire), car, de toute façon, leur réponse aurait comme seul intérêt de comparer les prix proposés.

Je n’ai, malheureusement, pas conservé l’éditeur que je visais au départ. Effectivement, j’aurais aimé avoir la classe d’être refusé dans la collection « Série Noire » chez Gallimard, une collection que j’affectionne tout particulièrement. Mais comme Gallimard ne reçoit les manuscrits que par la Poste, je ne pourrais pas être refusé par eux. Tant pis, je le serai par d’autres.

Au final, 16 noms demeurent, que je ne citerai pas, car là n’est pas le but de l’expérience et n’aurait pas de grand intérêt pour vous, car j’ai ciblé les éditeurs en fonction de mon ouvrage et d’autres éléments totalement subjectifs.

La moitié sont de grands éditeurs, les autres des moyens.

J’ai décidé de ne pas contacter les petits éditeurs (car si c’est pour être publié chez un petit éditeur, je le suis déjà par OXYMORON Éditions).

J’ai également décidé de ne pas contacter les éditeurs de ma région. Je les connais pour les fréquenter sur les salons, même si certains sont sérieux et plutôt développés, je me voyais mal défendre mon ouvrage auprès d’eux et je n’en voyais pas l’intérêt.

Enfin, alors que je pensais contacter au moins un éditeur « pure player » (éditeur qui ne publie que des livres numériques) j’ai finalement changé d’avis, car, même si je pratique énormément (quasi exclusivement depuis quelques années) le livre numérique au sein de ma maison d’édition, j’aime que mes romans soient disponibles en plusieurs formats (je regrette d’ailleurs qu’en plus du format numérique et du format papier, je ne puisse produire du format audio).

Ainsi, il est temps, maintenant, d’envoyer mon roman, le synopsis, un petit C.V. à tous ces éditeurs et d’attendre quelques mois pour la phase suivante : 

Phase 4 : réponses des éditeurs contactés !

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10 septembre 2020

Phase 2 - L'écriture !

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Écrire un roman, ce n'est pas bien compliqué !

Écrire un bon roman, voilà qui est chose moins aisée !

Pas facile car, qu'est-ce qu'un bon roman ?

Personnellement, je ne sais pas ce qu'est un bon roman. Je sais ce qui peut me plaire, dans un roman, ou ce qui peut me rebuter. Je sais si un roman m'a plu ou bien déplu. Mais je ne saurais jamais ce qu'est un bon roman pour la simple raison que tout le monde ne recherche pas la même chose et n'apprécie pas la même chose.

Alors, on pourrait dire qu'un roman qui plaît à la majorité est un bon roman !

Oui, mais voilà, certains (beaucoup) de romans à succès me déplaisent ! Du coup, de mon point de vue, ce ne sont pas de bons romans.

En ce qui me concerne, en tant que lecteur, auteur ou éditeur, je ne m'intéresse qu'au genre policier.

Mais même dans un roman policier, tous les lecteurs ne vont pas rechercher la même chose.

Pour certains, un roman policier est forcément un thriller moderne, un page turner, dans lequel on retrouve un flic cassé par la vie, déprimé, et plutôt beau gosse, qui va croiser une femme avenante, et plutôt belle gosse, et qui vont finir par coucher ensemble tout en résolvant une série de crimes et arrêtant le sérial killer (un sérial killer, cela fait toujours bien dans un thriller) après avoir suivi de nombreuses pistes, et, après de nombreux rebondissements, avoir découvert la solution même si celle-ci ne tient pas trop debout (d'ailleurs, dans ce cas, elles tiennent rarement debout) le tout raconté avec un vocabulaire restreint et des phrases courtes.

Pour moi, ce genre de roman n'est pas un roman policier, c'est un sous-genre du roman policier comme tant d'autres.

Un roman policier ne comporte pas forcément de flic alcoolique, de héros brisé et dépressif, de bimbos, de tueur en série sanguinaire (parfois même, il n'y a pas de tueur du tout), et il peut être conté d'une plume alerte, virevoltante, avec humour et des mots oubliés desservants des phrases à rallonge...

Un roman policier comporte toujours une intrigue, mais ce n'est pas forcément l'intrigue son principal atout. 

Parfois sa grande qualité résidera dans le personnage, ou dans l'ambiance, ou dans le style de l'auteur.

Un roman policier pourra être thriller, donc, mais aussi noir, ou d'ambiance, humoristique, historique, fantastique, gore, érotique, whodunit, crime en vase clos...

Il pourra faire 40 000 mots, 50 000, 100 000, 200 000 et même, seulement 30 000 mots (ce n'est pas la longueur qui compte).

Il pourra être lent, rapide, violent, calme, sérieux, drôle, exaltant, chiant (mieux vaut éviter ce dernier choix).

Bref, écrire un roman n'est pas très compliqué. 

 

Voici donc trois ans que j'ai écris le premier mot de « Cochon qui s'en dédit »...

Rassurez-vous, depuis, le roman a changé plusieurs fois de titres. Vous connaîtrez le dernier à sa sortie.

Comme je vous le disais, j'écris vite (je n'ai pas dis bien, j'ai juste dis « vite »).

En clair, s'il suffisait, comme un autre travail, de s'activer pendant 8 heures par jour, j'écrirai un livre par semaine (j'écris généralement des petits romans qui tourne vers les 40 000 mots. Je n'aime pas les pavés ni à la lecture, ni à l'écriture).

Oui, mais voilà. Le texte écrit n'est que la partie émergée de l'iceberg littéraire. Sous la surface, le travail invisible est bien plus important.

Pour ma part, comme je vous le disais, je ne fais jamais de plan et je prends rarement des notes (à peine si j'inscris quelques renseignements sur ce que j'ai déjà écris (notamment les noms des personnages secondaires ou des dates) pour ne pas me tromper par la suite si je dois faire références à ces informations.

Par contre, je médite (pour pouvoir m'éditer par la suite), je cogite, je fais tourner mes idées dans la tête, je les cherche, les analyses, les change en cours de route. 

Bien sûr, c'est un travail qui passe la plupart du temps inaperçu aux yeux des autres (on pense, juste, parfois, que je glande et que j'ai la tête dans les nuages) mais c'est un travail nécessaire et qui prend du temps.

Bref, donc, depuis trois ans, je développe mon idée, mon scénario, mon texte... mais en parallèle de mon travail d'éditeur (qui me prend beaucoup de temps, on ne réédite pas plus de 600 titres de la littérature populaire en un claquement de doigts). 

De plus, comme je l'ai déjà dit, je développe souvent plusieurs romans en même temps et, parfois, j'en termine un commencé pourtant après l'autre (j'en ai encore au moins 6 en cours).

C'était le cas pour celui-ci puisque, entre-temps, j'ai terminé un roman que j'avais commencé avant mais que j'avais interrompu (« L'épistolier était chargé ! »).

Pour compliquer la chose, il m'arrive de ne pas me plonger dans l'écriture de mes romans pendant plusieurs mois puis de m'y remettre quelques jours et d'arrêter à nouveau pendant plusieurs semaines ou mois.

Là aussi, ce fût le cas.

Autant vous le dire, comme souvent, je ne sais pas à l'avance ce que donnera mon roman une fois terminé.

Généralement, je ne connais pas l'histoire à l'avance, je l'invente au fur et à mesure et je deviens alors mon premier lecteur (c'est un phénomène que j'adore, quand les héros, une fois maîtrisés, font avancer l'histoire indépendamment, presque, de l'auteur).

Dans le cas de ce dernier roman, je connaissais l'histoire, les personnages, la fin, la trame... il n'y avait donc aucune raison que le résultat final diffère de celui que j'escomptais à la base : un bon thriller politique bien noir.

Seulement, voilà, c'était une nouvelle fois compter sans les frasques d'un personnage que j'envisageais, certes, léger et naïf, mais très sérieux.

Pourtant, très rapidement, celui-ci n'en fit qu'à sa tête, toujours à déconner, alors que la situation ne s'y prêtait pas forcément.

Du coup, je ne vous le cache pas, vu que mon héros s'amusait follement, il m'amusait également. Et, comme certains personnages secondaires se mêlaient à cette gaudriole, le ton « noir » du roman en a pris un coup dans la gueule bien que le scénario n'est pas changé pour autant et demeurât celui d'un thriller politique.

Chassez le naturel, il revient alors au galop !!

Dans mon cas, chassez l'humour de votre texte et il revient avec force.

Bon, pas grave, puisque je me suis beaucoup amusé à l'écrire, comme toujours et c'est ce que je recherche avant tout.

Du coup, même si le sujet et les personnages diffèrent de ceux de mes romans d'avant, mon style s'est une nouvelle fois imposé. Pas grave ! Je l'aime bien, mon style, moi, contrairement à certains lecteurs.

J'ai mis un point final, il y a quelques semaines à ce roman.

Après quelques relectures, quelques retouches, quelques corrections, le voici prêt à être proposé à quelques éditeurs triés sur le volet afin de pouvoir passer à la prochaine étape : la recherche d'un éditeur.

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03 septembre 2020

Phase 1 - l'idée !!!

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Je ne sais pas vous, mais moi, généralement, à peu près tous les 20 ans, je propose un roman à toute une liste d’éditeurs afin de voir s’il peut convenir à l’un ou à l’autre...

Non, pour être plus sérieux, voilà déjà quelques années que, sur ce blogue, je parle de temps en temps des éditeurs, des auteurs, et que je tente de répondre aux questions, la plupart du temps, d’auteurs, à propos de différents éditeurs.

Oui, mais voilà, je suis à la fois auteur et éditeur et si j’ai pris le parti, depuis dix ans, de m’éditer, pour des raisons de liberté et de praticité, je me suis dit qu’il était temps de me replonger dans la démarche longue et anxiogène d’un auteur en recherche d’éditeur.

Qu’avais-je à reprocher au mien ? (d’éditeur). Rien ! Si ce n’est que celui-ci cherchant autant sa liberté dans son travail que moi dans le mien et, surtout, son plaisir avant tout, passait plus de temps à travailler les textes de la littérature populaire et accessoirement les miens, qu’à chercher à les vendre, considérant que là n’était pas sa priorité (de vendre) et qu’il préférait largement chercher des textes, lire des textes, travailler des textes, coder des textes, déposer des textes chez son distributeur et laisser, ensuite, le temps, la curiosité des lecteurs ou je ne sais quoi, faire le reste.

Oui, mais voilà, vendre des livres, c’est un métier et c’est surtout une volonté, qui n’était pas sa priorité.

Lui en voudrais-je (m’en voudrais-je, donc ? Puisque j’ai, pour une fois, le don d’ubiquité) de préférer son plaisir à la démarche commerciale alors que moi-même, en tant qu’auteur, je tire mon plaisir à écrire et pas forcément à être lu. 

Car, si ma priorité était d’être lu, probablement que, comme beaucoup d’auteurs, je n’écrirais pas ce qui me plaît, mais ce qui peut plaire... et ce n’est jamais le cas. Mon plaisir avant tout.

Mais un jour, il n’y a pas si longtemps, je me disais : « Tiens, si j’utilisais, pour une fois, mon travail d’auteur d’une façon ludique pour faire une expérience qui est celle de beaucoup d’internautes qui passent sur les articles de ce blogue consacrés à l’édition ? C’est-à-dire, faire une recherche d’éditeur pour mon dernier roman. »

L’idée est bonne puisqu’elle me permettrait, à la fois, de me replonger dans cette recherche que je ne fis qu’une fois, et sans succès, il y a près de 20 ans pour un roman que je considérais comme le prochain « Da Vinci Code », un thriller ésotérique exceptionnel et haletant que les éditeurs de l’époque rejetèrent avec mépris et surtout avec un mauvais goût évident. Ils refusaient de publier le prochain Dan Brown, tant pis pour eux...

20 ans plus tard, ce même futur « Da Vinci Code » stagne dans les méandres des différentes mémoires de mes différents disques durs puisque l’éditeur que je suis devenu entre-temps, bien qu’il ait accepté une dizaine de mes romans, n’a cessé de refuser cet ancien « Da Vinci Code » le trouvant trop mal écrit, et ce, malgré les multiples réécritures que le texte a subies ces 20 dernières années (oui, moi aussi je suis un éditeur de mauvais goût, que voulez-vous !).

Bref, à l’époque, rechercher un éditeur quand vous n’aviez pas Internet (et même si vous l’aviez) était une épreuve longue et coûteuse. Il fallait imprimer le manuscrit en autant d’exemplaires que d’éditeurs ciblés, faire relier chaque manuscrit, le mettre dans une enveloppe timbrée, dans laquelle on glissait une autre enveloppe timbrée à sa propre adresse, pour que le manuscrit vous soit renvoyé. Au final, cela coûtait une blinde, pour, bien souvent, rien en retour si ce n’est des lettres types qui sont l’équivalent papier des mails des éditeurs d’aujourd’hui : « Malgré des qualités évidentes... votre manuscrit ne correspond pas à notre ligne éditoriale... » ou autres joyeusetés du genre.

Aujourd’hui, la plupart des éditeurs acceptent les envois de manuscrits par mail, la démarche est plus simple et moins onéreuse.

Mais trouver le Saint Grâal demeure tout aussi ardu.

Déjà, il faut bien cibler les éditeurs en fonction du public visé, du genre de votre récit, de votre ambition sur le marché...

Ensuite, il faut attendre les réponses, ne pas se décourager devant les refus, garder confiance et espérer la réponse positive si possible du plus grand éditeur de votre liste.

Bien évidemment, je ne vous cacherais pas que l’enjeu, pour moi, n’est pas le même que pour vous autres auteurs qui êtes passés ici. 

Effectivement, la déception des refus ne sera pas aussi grande chez moi pour plusieurs raisons.

La première, je l’ai déjà évoquée, je ne recherche pas forcément de lecteurs (d’ailleurs, j’en chercherais à tout prix que je distribuerais mes livres gratuitement). Mon plaisir, je le trouve à l’écriture et j’écris pour moi, pour me faire plaisir, pour me faire rire.

Du coup, cela implique une seconde raison pour diminuer la déception : n’écrivant que pour moi, ne faisant aucune concession, j’écris ce que je veux et ce que j’aime et ce que j’aime n’est pas forcément du goût du grand public. Les apartés, l’humour, les jeux de mots, de l’ambiance, au détriment de l’intrigue, des mots compliqués (oui, on me reproche parfois de me prendre pour Victor Hugo, car j’aime utiliser des mots oubliés comme si Victor Hugo était un auteur élitiste ???).

Ensuite, parce qu’en mûrissant (ce n’était pas du tout le cas à l’époque où je me prenais pour le futur Dan Brown), j’ai appris à avoir du recul sur mon travail d’auteur, à accepter et à comprendre que l’on puisse ne pas aimer ma prose.

Cependant, je vous rassure, certaines personnes adorent ma prose et j’arrive même à avoir un fan qui m’appelle pour me demander quand sortira mon prochain roman, car il l’attend avec impatience (enfin, je crois que c’est ce qu’il disait, j’ai pas tout compris, il était un peu bourré, mais, quand même, il voulait lire mon prochain roman).

Enfin, parce que, contrairement aux autres, si tous les éditeurs que je contacterai refusent mon manuscrit, je reprendrai le cours normal de ma dualité auteur-éditeur, en l’éditant moi-même, comme j’ai fait jusqu’à présent.

 

Voilà donc ma démarche : refaire le parcours du combattant d’un auteur en recherche d’éditeur.

Mais, pour cela, me dites-vous, encore faut-il avoir écrit un roman. 

Je vous rassure, là n’est pas le problème. J’ai toujours plusieurs romans en cours de route et j’écris assez vite.

Du coup, je viens de terminer, au début juillet, d’écrire un roman que j’avais commencé courant mai... il y a trois ans.

Oui, j’écris vite, mais comme j’ai plein d’autres choses à faire et que je ne privilégie pas forcément l’écriture et, qu’en plus, j’ai toujours plusieurs romans en cours, des fois, je mets plusieurs années pour en terminer un (la preuve, le futur ancien « Da Vinci Code », voilà près de 20 ans que je suis en train de l’écrire).

Donc, commençons par les phases de ma démarche :

Phase 1 : l’idée.

Il y a un peu plus de trois ans, j’eus l’idée d’écrire un thriller politique bien sombre.

J’avais une double base : le sujet et le héros.

Je savais de quoi je voulais parler, de ce qui allait se passer, en gros, dans le roman et j’avais déjà mon héros en tête.

Super, je n’avais plus qu’à écrire le roman.

Seulement, voilà.

Je ne suis pas du genre à faire des plans, à écrire des brouillons, à faire des recherches... Les idées me viennent... ou ne me viennent pas.

Avant, quand je débutais et que je me prenais un peu trop au sérieux, je posais, sur ma table de chevet, un calepin et un stylo pour noter les idées qui me venaient durant la nuit.

Puis, pour faire encore plus sérieux, je me suis acheté un dictaphone, que je déposais également sur ma table de nuit.

Bon, ce dictaphone ne m’a jamais servi, je n’ai rien enregistré dessus puisque, depuis, j’ai vite compris que les idées que j’avais besoin de noter n’étaient jamais de bonnes idées.

Une idée, si elle était bonne, me restait dans la tête pendant plusieurs jours. Si ce n’était pas le cas, autant l’oublier puisque je l’avais oubliée.

Mais, dans un thriller politique, il y a des rouages à respecter. On ne peut pas écrire n’importe quoi, utiliser n’importe quelle ficelle pour justifier tel ou tel acte, il faut tout de même que l’ensemble reste crédible (enfin... il faudrait... mais certains auteurs ont oublié ce détail).

Là, il m’a fallu donc chercher la ficelle crédible qui me permettait de faire tenir l’ensemble du récit.

J’ai fini par la trouver... sur la plage...

Pendant que les gens marchaient dans le sable, regardaient la mer, appréciaient le soleil et le beau temps, moi, je tournais en rond, parlant seul, gesticulant, mettant en place différents plans, jusqu’à trouver celui qui débloquait d’un coup toute mon histoire et qui allait rendre l’ensemble crédible, en clair : l’idée qui servirait de ciment à tout l’édifice.

Il ne me restait plus qu’à écrire ce génial thriller politique très sombre, ce qui fût la seconde phase !

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30 août 2020

Le fakir Bankar a disparu !

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« Le fakir Bankar a disparu ! » est un texte initialement paru dans les années 1940 dans la collection (difficile à dater) « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes, sous la forme d’un fascicule de 32 pages contenant un récit de 7500 mots environ.

L’auteur, Marcelle-Renée Noll, n’est autre que Marcel Priollet, l’un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaire entre 1910 et la moitié des années 1950 qui, sous ce pseudonyme ou d’autres (René Valbreuse, Henry de Trémières, R.M. de Nizerolles...) alimenta de nombreuses collections sentimentales, policières, aventures ou fantastique.

On doit à l’auteur deux séries policières : « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs » au milieu des années 1940 pour les éditions Tallandier.

Mais Marcel Priollet usa également d’autres personnages récurrents, mais mélangeant leurs aventures au sein d’une collection plus générique, comme ce fut le cas dans la collection « Les Grands Détectives » où il écrivit la plupart des 90 et quelques titres qu’elle contient dans lesquels il utilisa régulièrement les personnages de l’inspecteur Pessart, l’inspecteur Bob Rex, le détective Renard, mais, surtout, le détective radiesthésiste Claude Prince.

Dans « Le fakir Bankar a disparu ! », le lecteur croisera Claude Prince et l’inspecteur Pessart.

LE FAKIR BANKAR A DISPARU !

Le fakir Bankar a disparu !

Après un appel interrompu de ce dernier à Police-Secours, le commissaire de quartier se rend chez lui.

L’appartement de celui-ci est bouleversé, du mobilier renversé… du sang sur le sol… mais pas de corps.

Pourtant, d’après le concierge, personne n’est sorti de l’immeuble.

L’inspecteur Pessart, chargé de l’enquête, en perd son latin.

En quittant la scène du drame, dans l’escalier, il rencontre son ami Claude PRINCE, dont il reconnaît les talents de détective et de radiesthésiste.

Le pendule de Claude PRINCE ne tarde pas à lui apprendre que le fakir Bankar est encore vivant…

Un appel à l’aide arrive à Police-Secours, mais le coup de fil est interrompu. La police débarque sur place, dans l’appartement du célèbre fakir Bankar, mais découvre que les meubles sont renversés et que du sang macule le sol.

Mais le corps est introuvable et, selon les dires du concierge, personne n’a quitté le bâtiment, encore moins en portant un corps.

Alors que l’inspecteur Pessart quitte l’appartement du fakir disparu, il croise dans l’escalier le détective radiesthésiste Claude Prince, qu’il connaît et respecte et lui demande son aide.

Grâce à son pendule, Claude Prince détermine que le fakir est encore vivant, mais qu’est-il devenu ?

Petite enquête, donc, comme toutes celles de la collection « Les Grands Détectives », car, quelque soit le formatage des fascicules (24 ou 32 pages) ceux-ci ne contiennent que des textes de moins de 8 000 mots.

En 8 000 mots, impossible de proposer une intrigue digne de ce nom, d’ailleurs l’auteur ne s’y essaye jamais et propose donc des histoires assez simples.

De plus, l’enquête ne pourra jamais être poussée et, en cela, le don de Claude Prince est un véritable atout pour l’auteur. Effectivement, au moment voulu, un coup de pendule et hop, on trouve la solution ou le coupable, coupant court au récit dès qu’on le désire.

Ce sera une nouvelle fois le cas dans « Le fakir Bankar a disparu ! ».

Mais qu’importe, on sait bien en s’attaquant à un récit de ce format ce que l’on y découvrira et, surtout, ce qu’il ne recélera pas.

En connaissance de cause, donc, on constatera que le récit se lit vite (normal, seulement 7500 mots), mais se lit également bien.

Bien que ce récit n’est pas censé être le premier mettant en scène Claude Prince (il s’agit d’au moins la troisième dans l’ordre de première publication), Claude Prince est présenté comme s’il croisait Pessart pour la première fois, ce qui n’est pas le cas puisque les deux hommes se sont déjà croisés dans des enquêtes précédentes.

Le style est plutôt fluide, sans être transcendant et l’histoire propose une révélation finale qui pourrait offrir une certaine réflexion sur la science puis que l’éminent spécialiste, qui considère Prince un peu comme un charlatan, s’avère en être un lui-même, alors que Claude Prince, est sincère dans sa démarche. Mais là ne serait que psychologie de comptoir à laquelle l’auteur n’a probablement pas pensé au moment de l’écriture.

Au final, un petit récit sympathique à défaut d’être inoubliable.

L'étrange mort de Zucco

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« L’étrange mort de Zucco » est initialement paru sous la forme d’un fascicule de 32 pages dans les années 1940 dans la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes.

Il est signé Marcelle-Renée Noll, un pseudonyme du prolifique auteur Marcel Priollet.

Pour rappel, Marcel Priollet fut l’un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaire pendant à partir de 1910 et ce pendant près d’un demi-siècle.

Que ce soit dans le genre sentimental, aventures, policier, fantastique... Marcel Priollet, sous son nom ou divers pseudonymes (Henry de Trémières, René-Marcel de Nizerolles, René Valbreuse, Gérard Dartis...) a écrit un nombre incalculable de ces petits romans dont raffolaient les lecteurs.

Dans le genre qui m’importe le plus, le policier, Marcel Priollet a signé deux séries : « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs » mais il a également développé d’autres personnages récurrents, notamment dans la collection « Les Grands Détectives » dont il est l’auteur de la plupart des plus de 90 titres. Parmi ces personnages, un revient de manière plus systématique (même si certains se croisent régulièrement) : Claude Prince, un détective radiesthésiste.

Claude Prince est l’homme qui va résoudre l’affaire de « L’étrange mort de Zucco ».

L’ÉTRANGE MORT DE ZUCCO

L’éminent professeur américain en radiologie, Willy Brent, veut profiter de sa venue à Paris à l’occasion d’un congrès pour passer la soirée avec Claude PRINCE, le détective radiesthésiste avec lequel il correspond depuis longtemps au sujet de ses recherches.

Claude PRINCE étant absent, le Docteur Willy Brent se retrouve seul pour assister à un spectacle.

Aussi, offre-t-il la place qu’il avait achetée pour son compagnon à une jeune femme faisant esclandre à la caisse, car tous les tickets ont déjà été vendus.

Les attractions se succèdent, puis vient le tour du trapéziste Zucco.

À l’entrée de l’artiste, la voisine du docteur ne peut se retenir de lui dire combien elle le déteste depuis que celui-ci l’a quittée pour une autre quelques mois après leur mariage.

Soudain un cri, Zucco chute et atterrit, sans vie, dans le filet de protection…

Alors que l’éminent scientifique radiologiste américain, le Dr Brent, est en voyage à Paris pour une conférence, il espère en profiter pour passer du temps avec Claude Prince, une personne qui s’intéresse à ses travaux et avec qui il communique depuis un certain temps.

Mais Claude Prince a dû s’absenter pour une affaire. Aussi, les deux places que le Dr Brent avait achetées pour assister à un spectacle vont être perdues. Qu’à cela ne tienne, le Dr Brent veut voir le trapéziste Zucco qui doit se produire aussi, il se rend tout de même au music-hall.

Sur place, il offre la seconde place à une jeune femme n’ayant pu obtenir un billet. Il se trouve que celle-ci lui assure être la femme bafouée de Zucco. 

À ce moment, en plein numéro, Zucco s’effondre depuis son trapèze et s’écroule, sans vie, dans le filet de protection. 

Le Dr Brent s’étant proposé en tant que médecin, conclut à une mort naturelle, probablement une rupture d’anévrisme.

Mais le policier chargé de l’enquête trouve suspecte la présence de la femme de la victime au moment de la chute et soupçonne qu’un crime se cache derrière l’accident.

On retrouve donc Claude Prince dans une enquête tout aussi rondement menée que les précédentes.

Il faut dire qu’avec ce format ultra court (pas tout à fait 7 800 mots) l’enquête ne peut s’étendre réellement, d’autant que Claude Prince intervient que très tardivement, la majeure partie de l’ouvrage se focalisant sur les circonstances de la mort du trapéziste.

Mais qu’importe, l’avantage avec Claude Prince, c’est qu’il n’a pas besoin de réfléchir longuement, son pendule fait tout le travail pour lui.

Et c’est un peu le dommage de la « série » : que ce détective original ne soit pas plus mis en avant. Que son don ne soit pas plus utilisé ou mieux utilisé, du moins, mieux exposé.

Encore, une fois, bien sûr, la concision du texte n’offre aucune possibilité en ce sens, mais peut-être Marcel Priollet aurait-il pu une fois ou deux se servir de son personnage dans un format plus long.

Malheureusement, comme bien souvent, chez de nombreux auteurs, un personnage récurrent n’était utilisé que sous un seul pseudonyme et que pour une seule collection. Ici, ce fut sous Marcelle-Renée Noll et pour « Les Grands Détectives » une collection de trop courts fascicules.

D’autant que la mort étrange (car le décès de Zucco devient encore plus étrange par la suite) était propice à un certain suspens, à du mystère et aurait pu donner un bon roman à rebondissements. Mais il n’en est rien.

Dommage.

Pour autant, comme les autres titres de la série, ceux-ci se lisent d’autant plus facilement qu’ils sont courts.

Au final, un court récit dans lequel Claude Prince, comme souvent, assure le minimum syndical.

La noyée de l'île Séguin

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« La noyée de l’île Séguin » est un fascicule de 32 pages paru initialement dans la mythique collection « Le Roman Policier » des Éditions Ferenczi en 1922 et réédité dans la collection « Police et Mystère » des mêmes éditions en 1933 sous la forme d’un fascicule de 64 pages.

Le titre est signé René Trotet de Bargis un auteur dont on ne sait pas grand-chose à part qu’il est né en 1884 en Algérie et mort, au même endroit en 1924. Il écrivit dans les genres sentimentaux, policiers, aventures, fantastiques.

Dans le domaine du policier, on note 5 titres publiés et réédités dans les deux collections citées au-dessus, toutes mettent en scène le personnage de l’inspecteur Vigeon (même si la réédition de l’un des titres propose un Léon Dupuis en lieu et place de Vigeon).

LA NOYÉE DE L’ÎLE SÉGUIN

L’inspecteur VIGEON a bien mérité son repos dominical et de pouvoir s’adonner à son passe-temps favori : la pêche !

Alors qu’il plante sa gaule sur les bords de la Seine, des cris retentissent non loin.

Le policier, curieux, s’approche et surprend un individu appelant à la rescousse à la vue d’une jeune fille flottant sans vie.

Les deux hommes extirpent le cadavre de l’eau et l’emportent à l’abri des regards, dans le pavillon proche de celui qui a donné l’alerte.

Après une fouille succincte de la dépouille durant laquelle VIGEON découvre un sachet contenant des bijoux de valeur, celui-ci envoie le propriétaire des lieux chercher le commissaire de quartier pendant que lui revient sur la berge dans l’espoir d’y trouver d’autres indices.

À son retour dans l’habitation, l’inspecteur VIGEON constate que le corps a disparu et que les joyaux ne sont plus dans sa poche…

Retrouvons l’inspecteur Vigeon dans une nouvelle enquête un peu plus courte que les précédentes (13 500 mots) mais qui présente une intrigue paradoxalement bien plus complexe, aux nombreux mystères et aux multiples rebondissements (du moins, en apparence).

Car l’inspecteur Vigeon est tranquillement en train de pêcher au bord de la Seine quand des cris l’intriguent, un homme a découvert, dans l’eau, le cadavre d’une jeune femme.

Les deux hommes extirpent le corps de l’eau et, pour éviter de le laisser au vu des curieux qui pourraient débarquer, ils l’amènent dans le pavillon de celui qui se présente comme un acteur de théâtre et qui se trouve à quelques pas de là (le pavillon).

Vigeon inspecte le corps et découvre un sachet contenant des bijoux de forte valeur. Il envoie le comédien chercher le commissaire du quartier pendant que lui va fouiller la Seine à la recherche d’un éventuel sac à main (toutes les filles portent un sac à main).

Ne trouvant rien, il revient dans la maison et surprise, le corps à disparu. Heureusement, il a encore les bijoux... mais non ! Ils ont disparu de sa poche.

L’acteur ne revenant pas, Vigeon décide de rentrer chez lui.

Le lendemain, les journaux lui apprennent qu’un acteur a été retrouvé sur l’île Séguin, la gorge tranchée...

Voici donc, comme je le disais, une enquête qui semble bien plus mystérieuse que les autres et une intrigue un peu plus étoffée que d’ordinaire pour Vigeon. Les mystères se multiplient : pourquoi une belle jeune fille se suiciderait-elle ? Pourquoi une fille habillée pauvrement, aurait-elle sur elle des bijoux qui valent une fortune ? Comme le corps a-t-il disparu du pavillon ? Qui l’a enlevé ? Pourquoi ? Comment les bijoux ont-ils disparu de la poche de Vigeon ? Pourquoi l’acteur a-t-il été agressé et par qui ???

Toutes ces questions dans une si petite enquête, voilà qui fait plaisir à lire, notamment dans les enquêtes de Vigeon qui ne sont pas reconnues pour être d’une complexité extraordinaire.

Il faut dire que, d’ordinaire, l’auteur s’attarde sur un prologue, bien souvent pour mettre en place le crime et que, du coup, sur un format déjà court, il ne reste pas beaucoup de place pour développer une intrigue.

Ici, Vigeon apparaît immédiatement, l’auteur ne tarde pas à présenter le crime et donc, l’enquête démarre rapidement, ce qui lui laisse plus d’espace pour s’étoffer.

Le seul appesantissement que se permet René Trotet de Bargis et qui est notable pour être quasi récurrent dans la série, c’est sur la description de la victime, de son corps, son visage...

Il semblerait que ce coquin de René aimait à s’attarder sur les courbes graciles des jeunes naïades, si ce n’est de ses yeux et de ses mains, du moins de sa plume.

Car, effectivement, si Vigeon demeure flou aux yeux des lecteurs par manque de renseignements sur son physique et sa mentalité (un quarantenaire instinctif), les jeunes femmes, elles, reçoivent toute l’attention de l’auteur.

Je notais déjà cette propension légèrement grivoise dans « Le suicide de Danyèle X », on la retrouvera plus tard dans « Un appel dans les ténèbres »...

Cependant, l’auteur a donc une latitude plus large pour développer son histoire et ainsi proposer plus de mystères et de rebondissements.

Bien évidemment, vu le format court, on ne s’attendra pas non plus à un Thriller rivalisant avec les Best Sellers actuels, ni même une intrigue surprenante et haletante, mais pour l’époque (1922) et le format court (moins de 15 000 mots) l’effort est notable bien que la solution soit, au final, bien plus simple qu’elle n’aurait pu le sembler et manque un soupçon de crédibilité dans son ensemble, mais, qu’importe

Au final, un bon épisode qui se lit très agréablement du fait des mystères du départ même si la promesse liminaire ne sera pas tenue se dont on pouvait se douter pour peu que l’on connaisse un peu les textes de l’époque et du format.

La poupée chinoise

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Max Paul ou Paul Max (Max étant le nom) est un auteur Belge totalement méconnu à notre époque, comme énormément de ses contemporains, et de façon totalement injustifiée (comme beaucoup de ceux-ci)...

Il est né au cours des années 1880 (tous le monde ne s'accorde pas sur la date) en Algérie.

Il obtient (je ne sais quand) la nationalité Belge et meurt à Bruxelles en 1944.

Il devient rédacteur de l'Étoile Belge en 1913 et utilise sa plume également pour écrire des romans d'aventures exotiques.

Ce n'est qu'à partir de 1937 qu'il s'essaie au roman policier avec une nouvelle parue en Angleterre et qui servira de base, par la suite, au roman « Début dans la Police » qu'il signera M.A. Hyckx et se faisant passer pour le traducteur de l'auteur (procédé courant que de prendre un pseudonyme anglophone à l'époque).

C'est cette nouvelle, puis ce roman, qui font naître le personnage de Billy Mac Tiddle, un jeune écossais vendeur de chaussettes qui deviendra détective par hasard et riche, par volonté de placer ses chaussettes.

L'auteur fera revivre le personnage dans plusieurs romans et nouvelles (moins que ce que la liste de Wikipédia veut bien le faire croire) dont : « La poupée chinoise »...

LA POUPÉE CHINOISE

Un appel anonyme au commissariat de Vines Street : « Allez au 44 ter, Dover Street. Dans une mansarde, vous trouverez une femme assassinée. »

L’inspecteur principal James Day, de Scotland Yard, est immédiatement chargé de l’affaire.

Dans le bâtiment, le policier ne tarde pas à remarquer une tache brunâtre sous la porte d’une des chambres en soupente.

Le battant, une fois défoncé, laisse place à un horrible spectacle, une fille menue, la gorge tranchée, baigne dans son sang.

À part le corps, la pièce est vide de tout objet.

Les seuls accès à la scène de crime : la porte et une lucarne située à 2,50 m de hauteur, toutes deux verrouillées de l’intérieur.

James Day décide d’interroger les habitants de l’immeuble et découvre que l’un d’eux est le comptable de son ami Billy MAC TIDDLE, le « Roi de la Chaussette », autant connu pour le succès de son négoce que pour ses talents hors pair d’enquêteur.

Et James Day sait qu’il croisera forcément, à un moment ou un autre, Billy MAC TIDDLE sur sa route, car celui-ci ne résiste jamais à résoudre un mystère…

Un inconnu appelle la police pour signaler que le corps d'une femme assassinée se trouve dans une mansarde d'un immeuble de Dover Street.

C'est l'inspecteur-principal James Day, de Scotland Yard, qui est chargé de l'affaire.

Prenant d'abord la nouvelle avec légèreté (un canular téléphonique macabre n'est pas à exclure), James Day se rend dans le bâtiment et commence à chercher. Soudain, il aperçoit une tache brunâtre sous la porte d'une mansarde fermée de l'intérieur. Une fois la porte défoncée, il découvre le corps d'une femme baignant dans une mare de sang. La pièce ne possède que deux ouvertures : la porte, verrouillée de l'intérieure et une lucarne, située à 2m50, elle aussi cadenassée de l'intérieur. Dans la pièce, ni chaise, ni escabeau permettant d'accéder à la lucarne.

Alors qu'il interroge les habitants de l'immeuble, il apprend qu'un de ceux-ci est le comptable du riche vendeur de chaussettes Billy Mac Tiddle, son ami, avec lequel il a déjà débrouillé des affaires criminelles...

« La Poupée chinoise » est donc un roman mettant en scène le fameux Billy Mac Tiddle. Pourtant, il serait plus judicieux de dire qu'il s'agit là d'un roman dans lequel « apparaît » le fameux Billy Mac Tiddle tant celui-ci intervient tardivement (il arrive vers la fin du premier tiers du roman) et est guère présent même si c'est lui, finalement, qui résoud le crime et trouve l'assassin.

Mais, tout le roman, toute l'enquête, est menée par l'inspecteur-principal James Day et c'est lui, le héros de l'histoire, même si c'est un héros qui se trompe de suspect.

Billy Mac Tiddle étant moins présent, on se doute que l'humour de l'auteur (qui intervient souvent par l'intermédiaire des réflexions de ce personnage) sera moins présent également.

Pour autant, il ne faut pas bouder ce récit qui place ses qualités ailleurs que dans l'humour même s'il n'en est pas totalement dénué.

Effectivement, Paul Max s'attaque à un sous-genre du roman policier auxquels nombre d'auteurs de romans policiers se sont essayés : « le crime en chambre close ».

Car, c'est tout le mystère du crime de la poupée chinoise (appelée ainsi car la victime est de petite taille et a un visage d'annamite) : comment le ou la meurtrière a put quitter la pièce alors que celle-ci était cadenassée de l'intérieur ?

Mais James Day n'en a cure, il se contente de regrouper les indices pour trouver un coupable, charge à lui d'expliquer comment il s'y est pris une fois arrêté. 

D'ailleurs, il ne tarde pas à en trouver des indices, menant tous à un bellâtre qui semble multiplier les conquêtes comme il multipliait, dans sa vie passée de baroudeurs, les aventures.

Billy Mac Tiddle, toujours attiré par les mystères, quant à lui, préfère s'intéresser à la manière dont le coupable est sorti de la pièce (la lucarne, selon lui) et donc de chercher un homme très grand et très fort.

Sa méthode lui attirera les quolibets de son ami James Day, mais, l'écossais est entêté même si, dans cette affaire, le plus entêté entre lui et James Day ne sera pas celui que l'on croit.

Le lecteur se retrouve donc face à un bon roman policier classifié dans un sous-genre toujours propices aux mystères et il aura même le droit à plusieurs suspects durant l'affaire, tant les indices troublants pointent vers différents personnages.

Pourtant, on regrettera juste que le coupable soit un peu trop prévisible et que l'explication finale occulte quelques indices que la police aurait dû trouver sur place.

Mais ne faisons pas la fine bouche, l'ensemble est très agréable à lire et même si on aurait préféré que Billy Mac Tiddle soit plus présent, le roman n'en est pas moins un bon roman policier.

Au final, « La poupée chinoise », même s'il souffre du peu de place prise par l'attachant Billy Mac Tiddle, remplit sa double mission de donner du plaisir au lecteur et de proposer une intrigue de plus dans le sous-genre du « crime en chambre close »...

L'insaisissable Monsieur John

BD-LIMJ

Bill Disley est un journaliste reporter anglais né de la plume de l’énigmatique J.A. Flanigham.

Il vécut, entre 1946 et 1959, plus d’une vingtaine d’aventures en deux salves, la première sous la forme de fascicules de 16 ou 32 pages contenant des récits d’environ 10 000 mots, la seconde sous forme de petits livres de 128 pages.

Bill Disley, reporter au « Star Express » est toujours ou presque accompagné de son ami Jeff, un ancien boxeur, ancien pickpocket et de son autre ami, l’inspecteur Martin de Scotland Yard.

Ses aventures sont contées avec un humour certain et dans le genre du roman noir à l’américaine, mais en plus léger.

J.A. Flanigham est indéniablement un pseudonyme, mais l’on ne sait qui se cachait derrière. On ne peut avancer qu’un probable autre pseudonyme de l’auteur : Raymond Gauthier.

Les premières aventures de Bill Disley vécurent plusieurs éditions. En effet, après avoir débuté dans la collection « Murmure d’amour » des Éditions du moulin vert (au milieu des années 1940), ces récits ont été réédités dans la collection « Police Roman » des éditions Lutèce (vers la fin de la même décennie) et, souvent, réédités quelques années plus tard dans la même collection (au milieu des années 1950), en changeant de titre ou non.

« L’insaisissable M. John » peut être considéré comme la dernière aventure de la première série des Bill Disley. 

L’INSAISISSABLE MONSIEUR JOHN

Herbert Meurisse est fondé de pouvoir dans une grande bijouterie. Il mène une vie de vieux garçon, mais rêve d’aventures.

Quand il s’éprend de Dolly Matthews, sa nouvelle secrétaire, une jeune femme ravissante fantasmant sur une existence luxueuse, il lui propose, après un dîner au restaurant, de prendre possession des bijoux rangés dans le coffre de son bureau et de s’enfuir ensemble vers un destin doré.

Mais les choses ne se passent pas comme prévu et, alors que le trésor lui tend les bras, un rire résonne dans la pièce…

Le lendemain, Dolly est retrouvée chloroformée sur place, Herbert Meurisse et les joyaux ont disparu. Au sol, du sang ; dans le coffre-fort, la carte de visite de John-le-Balafré, un cambrioleur insaisissable qui sévit depuis quelque temps dans la ville.

Bill DISLEY, qui a déjà écrit plusieurs articles sur le mystérieux voleur, va s’intéresser à l’affaire et, surtout, à Dolly…

Tranquille fondé de pouvoir dans une importante bijouterie, Herbert Meurisse ne rêve que d’aventures, lui qui mène une vie si rangée et si calme.

Aussi, quand il s’éprend de sa jeune et nouvelle secrétaire, après un repas où elle lui avoue avoir toujours rêvé de faste et de luxe, lui propose-t-il d’aller dans son bureau pour voler les bijoux de son employeur.

Sur place, alors qu’il ouvre le coffre-fort, un rire retentit.

La secrétaire est retrouvée chloroformée dans le bureau, le fondé de pouvoir a disparu, du sang est retrouvé.

La police ne tarde pas à mettre les faits sur le dos de John-le-Balafré, un mystérieux cambrioleur qui sévit à Londres depuis quelque temps.

Bill Disley, le célèbre reporter qui vient tout juste de faire publier un article sur l’insaisissable John, va s’intéresser à l’affaire et, surtout, à la secrétaire...

Je retrouver, probablement pour la dernière fois, Bill Disley dans ses premières aventures (les plus courts, en moyenne 10 000 mots), les ayant toutes lues sauf une que je n’arrive pas à me procurer.

Heureusement, par la suite, je pourrais me délecter des nouvelles aventures de Bill Disley, parues, qui s’étalent sur la taille d’un petit roman.

« L’insaisissable M. John » peut être considéré comme la 26e et dernière, dans l’ordre de première parution, de ces courtes aventures.

Il faut rappeler que ces récits ont été édités plusieurs fois (la plupart du temps, dans fois dans la même collection « Police Roman » [fin 1940 puis milieu 1950] après avoir été d’abord publié dans la collection « Murmure d’amour » au milieu des années 1940. Bien souvent, le titre changeait en cours de route, le formatage également.

« L’insaisissable M. John », lui, fait figure d’exception, car, publié en 1955 dans la collection « Police Roman », je n’ai pas réussi à lui trouver d’édition antérieure [peut-être suis-je passé à côté].

Toujours est-il que ce récit de presque 12 000 mots peut être considéré comme la dernière aventure de ce format de Bill Disley.

On y retrouve le fameux trio composé par Bill Disley, le journaliste, Jeff, son ami ancien boxeur, ancien pickpocket et son autre ami, Martin, inspecteur de Scotland Yard.

Les épisodes ne sont jamais aussi bons que lorsque le trio est présent [un peu comme pour les San Antonio] et c’est confirmé par cet épisode.

Si l’intrigue est légère [format court oblige] et que le lecteur aguerri aura rapidement saisi le nœud de l’histoire et anticipé la révélation finale, le plaisir de lecture n’en est pas moins présent grâce aux personnages, mais surtout à la plume de l’auteur qui continue d’exceller dans l’art des incises qui, durant les dialogues, servent d’indication scénique et permette de comprendre la psychologie des personnages à faible renfort de mots.

L’humour est une nouvelle fois présent et passe principalement par le personnage de Jeff et sa relation faite d’amitié virile et vacharde avec son pote Bill.

Pour une fois, on pourra dire que le seul personnage féminin du récit n’est pas aussi noir que dans la plupart des épisodes même si, au final, le goût du luxe qui lui est donné est à la base du récit.

Au final, un très bon épisode de Bill Disley [mais je n’en ai encore trouvé aucun de mauvais, juste des rares un peu décevant], le dernier dans ce format particulier. J’ai hâte de découvrir comment se comportera Bill Disley sur un format plus long.

Quelqu'un fait trembler la ville

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J’ai coutume de dire dans mes chroniques que l’on ne devrait plus avoir à présenter tel ou tel auteur de littérature populaire tant, à son époque, il écrivit et passionna les lecteurs.

Je devrais en dire autant de l’auteur concerné par la chronique d’aujourd’hui.

J’aimerais pouvoir en dire autant de l’auteur concerné par la chronique du jour.

Malheureusement, voudrais-je vous le présenter que je ne le pourrais pas, car J.A. Flanigham fait partie de ces nombreux auteurs de la littérature populaire dont on ne sait rien, pas même qui se cachait derrière ce pseudonyme.

Tout juste pourrai-je vous apprendre que sa période d’activité s’étale entre 1946 et 1959, qu’il écrivit quasi exclusivement des récits policiers, qu’il développa plusieurs personnages récurrents comme « Dick et Betty, aventuriers modernes », les membres de l’Agence Garnier et, ceux qui nous intéressent aujourd’hui, le trio d’amis : Bill Disley, reporter ; Jeff, ancien boxeur pickpocket ; Martin, inspecteur à Scotland Yard.

Ce sont d’ailleurs ces trois personnages qui eurent les faveurs de Flanigham puisqu’ils vécurent, à travers deux séries (une au format fascicule de 32 pages puis une au format fascicules 128 pages) plus d’une quarantaine d’aventures.

« Quelqu’un fait trembler la ville » est, dans l’ordre de première parution (chaque titre est paru au moins deux fois, et certains trois, parfois, sous des titres différents) la 24e aventure de Bill Disley et l’antépénultième de la 1re série (première parution en 1950).

QUELQU’UN FAIT TREMBLER LA VILLE

Le célèbre journaliste Bill DISLEY reçoit la visite d’un étrange individu affirmant qu’on veut le tuer pour récupérer un pli scellé en sa possession.

L’homme remet le document au reporter, en lui demandant de le cacher, le temps qu’une personne détentrice d’une seconde enveloppe, en tous points identique, vienne le chercher.

Puis le quidam s’enfuit.

Quelques secondes plus tard, un coup de feu retentit dans la rue… Bill DISLEY, accouru, découvre le corps sans vie de son visiteur affalé devant la porte de chez lui…

On retrouve donc Bill Disley, accompagné de son imparable acolyte (et alcoolique) Jeff, qui attendent la visite d’un homme ayant appelé le journaliste pour le prévenir qu’il était suivi et menacé de mort à cause d’une enveloppe en sa possession.

Il donne l’enveloppe à Bill Disley en lui demandant de ne pas l’ouvrir et de la cacher le temps qu’une autre personne, en possession d’une enveloppe similaire, vienne réclamer la sienne. Sinon, au bout de quinze jours, Bill Disley a la charge de détruire l’enveloppe sans l’ouvrir.

L’inconnu sort de chez le journaliste, un coup de feu éclate, le visiteur est retrouvé mort devant chez Bill Disley.

Courte enquête de Bill Disley (probablement la plus courte de la série) avec cet épisode qui peine à dépasser les 6 000 mots. C’est dire si l’intrigue va être légère, mais, dans cette première série, on ne lit pas une aventure de Bill Disley pour les intrigues (les épisodes dépassent difficilement les 10 000 mots).

Alors, pourquoi lit-on une aventure de Bill Disley ? Pour les personnages, Bill Disley, Jeff, et, accessoirement Martin. Pour la relation entre ces personnages. Pour l’humour. Pour l’ambiance. Pour la plume de l’auteur qui excelle dans les incises lors des dialogues, faisant passer plein d’informations qui renseignent plus que de longs discours sur les sentiments des personnages.

Et l’on retrouve tout cela dans cet épisode, puisque Jeff est présent d’entrée de jeu et qu’il est encore source de sourire par son attitude brutale et désinvolte.

Si l’histoire est accessoire, elle sera rondement menée (trop), rapidement, surtout (beaucoup trop) et avec une certaine évidence (bien trop). Car, qui a lu du Flanigham sait que l’auteur était inspiré du roman noir à l’américaine et que, comme dans les textes de ses inspirateurs, le mal vient toujours de la femelle (z'avez capté le jeu de mots ?). En effet, la femme, chez Flanigham, est toujours belle, jeune, sulfureuse et, bien trop souvent, vénale et vénéneuse. Ainsi, si vous cherchez un coupable, pas besoin d’aller bien loin, surtout si une femme réside dans le récit.

Mais qu’importe, là n’est pas le souci dans un récit de Flanigham et on se contentera du plaisir de la plume et de celui de retrouver des héros attachants et parfois drôles même si, ici, on se trouve bien moins longtemps en leur présence (du fait de l’extrême concision du texte).

Au final, « Tu pourrais pas les faire un peu plus longs, monsieur Catbury Flanigham », car, comme les « Fingers » du monsieur barré (référence à une publicité télé de 1975, ce qui ne nous rajeunit pas), les aventures de Bill Disley sont toujours trop courtes, car tellement bonnes à déguster.

23 août 2020

Tancrède se marie

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Ultime aventure de Tancrède que ce « Tancrède se marie » !

Tancrède Ardant est un personnage d'aventurier, voleur, justicier, né de la plume du mystèrieux Frédéric Sipline.

Ses aventures, au nombre de 5, furent publiées en 1944 au sein de la « Collection Rouge » des éditions Janicot sous la forme de fascicules de 32 pages double colonne contenant des récits allant 12 000 à 15 500 mots.

Si à l'origine de la série, Tancrède Ardant était largement inspiré du personnage d'Arsène Lupin, au court des épisodes, celui-ci devint plus aventurier que voleur et son tempérament plus à rapprocher de son successeur Théodore Rouma, dont les aventures, signées Jean d'Auffargis, parurent dans un format proche l'année suivante.

Quant à l'auteur, gageons qu'il s'agit là d'un pseudonyme puisque celui-ci ne semble concerné que par ces 5 aventures de Tancrède.

TANCRÈDE SE MARIE

Depuis que les deux hommes ont risqué leurs vies ensemble, Tancrède ARDANT et B. J. van Goitsenhoven, l’aventurier et l’ancien policier, sont devenus proches.

B. J. a démissionné et a ouvert son agence de détectives.

Aussi, quand Tancrède ARDANT est contacté par le Docteur Larsen pour mettre un terme au trafic de drogue qui sévit à New-Orléans et dont son fils, étudiant au collège de la ville, fut la victime, celui-ci fait appel à son nouvel ami pour l’épauler dans sa dangereuse mission.

Elle les mènera en plein cœur de la Sierra Madre où ils devront affronter un cruel trafiquant ayant à ses ordres une terrible tribu d’indigènes maîtrisant toutes sortes de poisons…

 

Le fils du Dr Larsen, étudiant à New-Orléans, a sombré dans la drogue qui ravage la jeunesse de la ville.

Désireux de faire cesser ce trafic, il fait appel à Tancrède Ardant qui accepte cette mission et qui va se faire épauler par B.J. van Goitsenhoven, le policier qui était lancé.

Mais, depuis que Tancrède a sauvé la vie de B.J., celui-ci a démissionné de la police et ouvert une agence de détective.

Les deux hommes partent au Mexique où ils ont appris que le chef des trafiquants, Archie Morrisson, fait fabriquer sa drogue par une tribu indigène spécialiste de poisons en tous genres.

Sur place, ils tombent dans une embuscade tendue par les indigènes...

On retrouve donc Tancrède Ardant, et, accessoiement, B.J. van Goitsenhoven, pour une dernière aventure.

Après un premier épisode dans lequel Tancrède œuvre plutôt en tant que cambrioleur mondain, la série a virée, dès le second épisode, au récit d'aventures exotiques.

Et Tancrède a vu du pays, a vécu des aventures, pris des risques.

Après un voyage en Grêce, un, plus périlleux, en Espagne durant la guerre civile, puis, un précédent, en Albanie où il a risqué sa vie et sauvé celle du policier qui cherchait à l'arrêter (B.J.), le voilà parti au Mexique en plein milieu de la Sierra Madre pour se confronter à un trafiquant de drogues cruel et à une tribu indigène maniant les poisons et pratiquant le sacrifice humain.

Mais, heureusement, dans chaque aventure, à chaque étape, Tancrède Ardant tombe amoureux.

Mais, malheureusement, Tancrède Ardant ne peut tomber amoureux que d'une belle et jeune blonde.

Mais, heureusement, il y a beaucoup de belles et jeunes blondes dans le monde.

Mais, malheureusement, il y en a peu dans les pays qu'il fréquente (Albanie, Grêce, Espagne, Mexique).

Mais, heureusement, Tancrède a toujours la chance de tomber sur une belle et jeune blonde où qu'il aille, au Mexique comme ailleurs.

Avec le titre du fascicule, « Tancrède se marie » on se doutait bien qu'il en trouverait une (il faut dire que l'illustration de la couverture ne laisse aucun doute sur la blondeur de la jeune femme).

Et Tancrède ne peut pas résister à trois choses : les trésors, les aventures, les belles jeunes blondes en détresse.

Il est clair que, résumées ainsi, les aventures de Tancrède Ardant peuvent sembler quelque peu gnian-gnian.

Certes, on ne pourra pas clâmer à la modernité d'une série publiée en 1944 et peut-être écrite plus tôt (l'épisode en Espagne se déroule en 1938), pour autant, ce côté fleur bleue un peu suranné n'est en rien un frein à la lecture et peut même y ajouter du charme.

En tout cas, force est de constater que la série s'arrête alors qu'elle avait pleinement trouvé son allure de croisière en versant dans l'aventure exotique et en proposant des récits rythmés se déroulant dans des contrées dépaysantes.

L'auteur sait mettre en valeur les paysages grâce à un plume enlevée et poétique et est parvenu, par rapport aux premiers épisodes, à donner un peu plus d'allant à son style dans les phases d'actions.

Il était donc fort dommage de mettre un terme à une série qui devenait de plus en plus agréable à lire et ce seulement après 5 épisodes.

D'autant que, si l'idée de rapprocher Tancrède et B.J. et d'en faire des amis après qu'ils aient été ennemis, n'est pas originale, elle était pourtant assez prometteuse, car un héros est toujours mis en valeur par un faire valoir, or, il en manquait un à Tancrède puisque son fidèle valet Florimond était systématiquement absent de ses aventures.

Dommage, donc. 

Au final, une série qui s'achève en pleine ascension alors que le lecteur commençait à s'attacher à ses personnages. Flute !

Tancrède chez Skanderbeg

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« Tancrède chez Skanderbeg » est une aventure de Tancrède Ardant (la 4e), le gentleman cambrioleur, aventurier et justicier né de la plume de Frédéric Sipline.

À l’origine, ces aventures, qui sont au nombre de 5, ont été publiées sous la forme de fascicules de 32 pages double colonne contenant des récits entre 12 et 16 000 mots, au sein de la collection « Collection Rouge » des éditions Janicot en 1944.

Frédéric Sipline est probablement un pseudonyme, car on ne trouve pas trace, il me semble, de lui ailleurs que pour ces 5 titres.

Le personnage de Tancrède Ardant est très largement inspiré de la figure d’Arsène Lupin bien que son côté aventurier prenne de plus en plus d’ampleur au fil des épisodes et l’éloigne du célèbre héros de Maurice Leblanc.

Il est d’ailleurs à noter qu’un personnage qui verra le jour l’année suivante, Théodore Rouma, de Jean d’Auffargis, sera très proche, dans le format, le genre et les caractéristiques, de celui de Tancrède Ardant.

TANCRÈDE CHEZ SKANDERBEG

Poursuivi jusqu’en Italie par son meilleur ennemi, le policier B. J. van Goitsenhoven, Tancrède ARDANT, l’aventurier cambrioleur, se voit contraint à fuir par bateau en Albanie.

Mais B. J. est un farouche et opiniâtre adversaire que Tancrède ARDANT ne parvient pas à semer. Celui-ci le poursuit jusque dans les rues de Kruja.

En désespoir de cause, Tancrède ARDANT trouve refuge dans le palais de Ouloug bey, un riche et cruel trafiquant de drogue.

Et personne n’échappe aux griffes de l’abominable Ouloug bey…

À peine rentré d’Espagne (voir « Tancrède et la fille de Vallverde »), Tancrède est retrouvé et poursuivi par le policier B.J. van Goitsenhoven.

Tancrède s’enfuit en Italie, puis, n’ayant pu semer son adversaire, en Albanie.

Là, il pense avoir la paix, mais B.J. le retrouve à Kruja et Tancrède s’enfuit dans les ruelles de la ville.

Arrivé dans un cul-de-sac, il n’a d’autre solution que de pénétrer dans une demeure pour se cacher, mais il s’agit du palais de Ouloug bey, un homme puissant et cruel qui détient prisonnière une belle jeune femme que Tancrède fera tout pour libérer. Mais on ne quitte pas le palais d’Ouloug bey vivant...

Frédéric Sipline nous invite une nouvelle fois au voyage dans cette aventure de Tancrède Ardant.

Après la Grèce, l’Espagne, voici que Tancrède traverse l’Italie pour s’attarder en Albanie. Mais d’épisode en épisode, les voyages se font de plus en plus éprouvants pour le jeune homme.

L’auteur s’appuie sur la figure tutélaire d’un héros national albanais, Skanderbeg ou Georges Castriote, qui résista, au XVe siècle, à l’Empire ottoman, pour nous proposer un de ses descendants fictionnels (du moins faut-il l’espérer) qui, lui, est devenu un tyran despotique et cruel (double pléonasme) qui règne sur la région d’une main féroce grâce à l’argent récolté par le trafic de haschich.

Tancrède va vivre des moments difficiles, mais, comme toujours, il trouvera une belle blonde à protéger et dont il tombera forcément amoureux (et inversement), car, où qu’il aille, il se trouve toujours une belle et jeune blonde en danger et prête à tomber dans ses bras.

Heureusement, la série est courte, sinon, ce serait un véritable harem de blondes que Tancrède aurait à ses pieds d’autant qu’au vu de l’illustration et du titre du dernier épisode (« Tancrède se marie ») il y a fort à parier qu’il ajoutera une blonde à son compteur.

Mais, malgré les clichés du beau héros sans peur et sans reproche, charmant et charmeur, qui tombe toutes les belles blondes de moins de 22 ans qu’il croise, il faut reconnaître à ces aventures qu’elles sont rondement menées, notamment celle-ci et la précédente et que l’auteur ne laisse aucun temps mort à son héros et au lecteur.

Même si, bien sûr, la chance sourit toujours aux héros de la littérature, donc, à Tancrède, et que la crédibilité n’est pas toujours de mise, il faut bien reconnaître que le lecteur s’en moque et en a pour son argent, d’autant que les fascicules de l’époque ou ces rééditions d’aujourd’hui ne coûtent pas cher.

On retrouve donc tous les ingrédients des épisodes précédents, quelques morceaux de bravoure, de bons sentiments, un peu d’humour, de l’action, du dépaysement, de l’amour, une plume parfois poétique pour les descriptions...

Au final, un épisode un peu plus long que les précédents (15 500 mots) et qui se lit d’un trait avec un grand plaisir. On va finir par regretter que l’auteur n’en ait pas écrit plus.

Tancrède et la fille de Vallverde

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« Tancrède et la fille de Vallverde » est la troisième aventure du gentleman, aventurier, justicier, cambrioleur, Tancrède Ardant, de Frédéric Sipline.

Ces aventures, au nombre (apparemment) de 5, ont été, à l’origine, publiées sous la forme de fascicules de 32 pages, double colonne, (récits d’un peu plus de 12 000 mots) au sein de la collection « Collection Rouge » des éditions Janicot en 1944.

Tancrède est un personnage très inspiré du mythique Arsène Lupin mais qui se rapproche surtout d’un autre héros récurrent de la littérature populaire fasciculaire qui verra le jour quelques mois plus tard sous la plume de Jean d’Auffargis : Théodore Rouma.

Quant à Frédéric Sipline, tout semble indiquer qu’il s’agit là d’un pseudonyme : seulement 5 titres à son actif, apparemment, et tous dans la même collection et mettant en scène le même personnage. À part cela, on ne sait rien de lui.

TANCRÈDE ET LA FILLE DE VALLVERDE

Tancrède ARDANT, gentleman, voleur et aventurier, propose son aide au comte Montaner de Vallejo afin de lui ramener Lya, sa fille, et son magot, tous deux cachés en Espagne.

Mais le pays est à feu et à sang, la guerre civile y fait rage. Franchir les frontières, retrouver la jeune femme et mettre la main sur le trésor, en plein conflit, ne seront pas chose simple. D’autant que Tancrède ARDANT va trouver sur sa route Felipe Cuevas, Commissaire Politique de la nouvelle Armée Populaire, un homme puissant et déterminé à se venger du comte et de Lya…

On retrouve donc Tancrède Ardant dans une troisième aventure dans laquelle il ne va pas chômer. Apprenant que le comte Montaner de Vallejo possède une fortune et une fille qui sont demeurées en Espagne, il lui propose, contre la moitié de ladite fortune, de lui ramener l’autre moitié et l’entièreté de son enfant. Une aventure pas chère payée quand l’on connaît la situation en Espagne qui se trouve en pleine guerre civile et où circuler devient un risque perpétuel.

Dans le second épisode, Frédéric Sipline nous offrait un voyage agréable (pour le lecteur, un peu moins pour son personnage) en Grèce.

Pour ce troisième, le voyage ne sera agréable ni pour Tancrède ni pour le lecteur, car tous deux seront plongés en pleine guerre civile espagnole.

C’est alors l’occasion de décrire l’ambiance qui embrase le pays, les risques pris pas certains hommes, la folie des autres, les meurtres, les charniers...

Certes en 14 000 mots, l’auteur n’a pas l’occasion non plus de s’appesantir totalement sur la situation, mais les passages sont suffisamment expressifs pour rendre une impression de ce qui se déroulait à l’époque.

Tancrède, en France, en Grèce ou en Espagne, en pleine guerre ou en pays pacifié, demeure toujours le même, charmeur, charmant, courageux et... cœur d’artichaut puisque troisième blonde qu’il rencontre en trois épisodes et troisième fois qu’il tombe follement amoureux. Il faut préciser que la chose ne se produit que si la jeune femme, en plus d’être blonde, est belle et n’a pas plus de 20 ans.

Ces caractéristiques, comme je l’ai déjà dit dans les autres chroniques, sur les deux précédents titres, on les retrouvera, l’année suivante, dans les aventures de Théodore Rouma de Jean d’Auffargis.

J’ai déjà fait part de la similitude des personnages, des formats, mais également des genres et presque des plumes.

Cet épisode nous offre une analogie supplémentaire.

En effet, à la lecture des aventures de Thédore Rouma, on peut constater, dans quelques épisodes, que les aventures du héros se déroulent entre 1937 et 1939 (quand une date est indiquée dans le récit ou peut être déduite) alors que ces aventures ont été publiées en 1945.

La chose m’avait surpris et me laissait penser que ces aventures avaient été écrites bien avant leur publication ou bien avaient été publiées précédemment sous une forme non encore identifiée.

Car, je pense qu’un auteur, sauf raison spécifique (récit historique, volonté de parler d’une époque particulière ou de se baser sur un fait particulier) fait se dérouler ses histoires au moment où il les écrit.

Ce qui laisse supputer que les aventures de Théodore Rouma avaient été écrites à la fin des années 1930 et non en 1944-1945.

C’est un peu le cas ici aussi avec cette aventure de Tancrède qui se déroule en 1938 alors que sa publication date de 1944.

Bien sûr, on pourra arguer, et peut-être à raison, que cette date découle d’un désir de l’auteur de raconter la guerre civile espagnole.

Un autre détail, Jean d’Auffargis, l’auteur de Théodore Rouma, était un pseudonyme de Maurice Laporte, fondateur de Jeunes Communistes Français en 1920. Celui-ci quitta, très remonté, le parti en 1925 et devint alors vivement anti-communiste avant de dériver à l’extrême droite et collaborer avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Or, dans cet épisode, on notera que les « Rouges » sont plutôt montrés sous des dehors peu sympathiques et que ce sont les Franquistes qui délivrent Lya.

Peut-être une coïncidence, mais celles-ci commencent sérieusement à s’additionner et me poussent à me demander si, en fait, derrière Frédéric Sipline, ne se cachait pas le même Maurice Laporte...

Mais revenons-en au texte.

Un récit purement d’aventures (pas de policier dans celui-ci) mené sans temps mort et qui nous propose une vision (peut-être biaisée, mais comme toutes les représentations historiques selon le camp dans lequel on se trouve) d’une partie très sombre de l’histoire.

Au final, en plus d’une aventure agréable à lire, cet épisode nous fait revivre une période éprouvante de l’Histoire.

Tancrède et l'Ange de Corcyre

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La littérature populaire, en général, et la littérature populaire fasciculaire, en particulier, regorgent des personnages récurrents dont je raffole tant.

Mais, dans cette seconde forme de la paralittérature, il est parfois difficile de repérer ces héros récidivistes, car leurs aventures étaient souvent noyées au sein de collection plus généraliste.

Ainsi, s’il est évident que des séries dédiées, souvent en partie éponymes, cachaient ces justiciers de papiers (« Marc Jordan », « Marius Pégomas »...) la plupart de sont identifiables qu’en lisant les différents récits d’un même auteur et il n’est pas rare que l’on soit également obligé de dévorer les textes signés sous tous les pseudonymes d’un même auteur pour pouvoir établir une liste exhaustive des aventures du héros identifié (si tant est que l’on connaisse tous les alias de l’auteur et que tous les récits soient encore trouvables).

Bref, vous comprendrez qu’il est parfois ardu de se lancer dans telles quêtes, mais que celles-ci sont souvent très exaltantes à entreprendre.

En ce qui concerne le personnage du jour : Tancrède Ardant, la recherche semble plus simple puisque son auteur (ou du moins cet alias de l’auteur) n’a pas signé beaucoup de titres (apparemment 5) et tous dans la même collection, la « Collection Rouge » des Éditions Janicot.

De plus, les 5 titres mettent en scène Tancrède Ardant, ce qui facilite encore la chose.

Tancrère Ardant est un aventurier mondain, cambrioleur, justicier, détective, dans la droite ligne du célèbre Arsène Lupin bien qu’il soit plus à rapprocher d’un autre personnage de la littérature populaire fasciculaire qui apparaîtra l’année suivante (les aventures de Tancrède datant de 1944) : Théodore Rouma de Jean d’Auffargis.

Car ces cinq fascicules de 32 pages, double-colonne, contenant des récits d’un peu plus de 12 000 mots, publiés en 1944, mettent en scène un personnage que Jean d’Auffargis semble avoir recopié tant les similitudes sont nombreuses.

Certes, les personnages de cambrioleurs mondains, depuis le succès d’Arsène Lupin sont très nombreux, mais tout de même.

Dans ce second épisode, « Tancrède et l’Ange de Corcyre », l’auteur nous convie à un voyage en Grèce.

TANCRÈDE ET L’ANGE DE CORCYRE

Tancrède ARDANT, le cambrioleur aventurier recherché par toutes les polices d’Europe, se rend à Athènes. Il espère s’approprier le « Pectoral d’Ange Comnène » un bijou, certes, de grande valeur, mais qui cache en son sein, selon ses sources, un parchemin menant à un véritable trésor.

Or, il apprend par le journal que l’antiquaire qui vient d’acheter le joyau a été kidnappé en pleine rue !

Qu’à cela ne tienne, Tancrède ARDANT se fait fort de retrouver le pectoral, coûte que coûte, et de mettre la main sur le magot…

Grâce à une connaissance qui a fait une découverte dans un manuscrit du British Museum, Tancrède Ardant apprend qu’un bijou nommé « Le Pectoral d’Ange Comnène » contient une cachette où a été déposé un petit message permettant de trouver le trésor d’un des Empereurs Comnène de Byzance.

Cela tombe bien, le bijou doit être vendu aux enchères à Athènes.

Tancrède et son fidèle valet Florimond se rendent sur place, mais, avant qu’ils aient eu le temps d’intervenir, l’antiquaire qui a acheté le bijou a été kidnappé en pleine rue.

Persuadé que celui-ci n’avait pas le bijou sur lui, Tancrède décide de forcer le coffre-fort du meilleur ami de l’antiquaire.

Mais, quand Tancrède et Florimont pénètrent dans la demeure où se trouve le coffre, ils découvrent le fameux ami ligoté sur son lit et entendent des bruits provenant du bureau d’à côté...

On retrouve donc Tancrède Ardant dans cette seconde aventure qui est dans la droite ligne de la précédente.

Effectivement, Tancrède convoite des bijoux, mais il trouvera sur sa route une belle jeune femme en détresse dont il tombera immédiatement amoureux (a-t-il oublié celle de la précédente aventure ?) et il fera passer le désir de l’aider avant son enrichissement personnel et ceux au prix d’aventures mouvementées et dangereuses.

Rien de nouveau, donc, au pays des gentlemen cambrioleurs et justiciers, si ce n’est ce voyage en Grèce, une contrée pas si souvent parcourue par les héros de papier.

Ce voyage s’apparente parfois à un guide touristique tant l’auteur s’amuse à étaler les noms de rues, de villages et de lieux de ce pays ainsi que ceux des journaux et des produits locaux.

Soit l’auteur connaissait bien le pays, tout comme Tancrède dit le connaître, soit celui-ci avait soif de faire voyager les lecteurs.

Toujours est-il que ce voyage est plaisant même s’il n’a rien d’original.

Le style demeure le même que dans le premier épisode : les envolées lyriques et poétiques sont plutôt de bon goût et la narration des aventures bénéficie d’une plume moins enlevée et flirte avec un style journalistique.

Mais ne boudons pas notre plaisir, l’ensemble est plutôt agréable à lire malgré le fait que l’intrigue se résume quasiment à une course poursuite continue, en première partie entre Tancrède et le kidnappeur et en seconde entre le même Tancrède et la Police grecque.

Au final, une petite aventure qui se lit bien, mais qui ne laissera pas de souvenir impérissable.

Le meurtre d'un ange

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« Le meurtre d’un ange » est une aventure du cambrioleur mondain Tancrède Ardant, si ce n’est la première, du moins, la première publiée, dans la « Collection Rouge » des éditions Janicot, en 1944, sous la forme d’un fascicule de 32 pages, double colonne, contenant des récits indépendants d’environ 12 000 mots.

Sur l’auteur, Frédéric Sipline, je n’ai strictement rien trouvé à dire si ce n’est, qu’apparemment, il n’aurait écrit que 5 titres pour la même collection mettant en scène le même personnage de Tancrède Ardant. Il y a donc de fortes chances qu’il s’agisse là d’un pseudonyme, mais de qui ?

Tancrède Ardant, alias Louis Sart, de son vrai nom Laloy, arrière-petit-fils du baron Laloy de Tarletti, est un cambrioleur mondain, détective et justicier à ses heures perdues, que l’on peut, effectivement, rapprocher du célèbre Arsène Lupin, mais qui est bien plus proche d’un personnage que l’on verra apparaître l’année suivante (en 1945) aux éditions SEBF sous la plume d’un Jean d’Auffargis : Théodore Rouma.

Même personnage, même genre, même format de textes, quasiment même style...

TANCRÈDE ET LE MEURTRE D’UN ANGE

Tancrède ARDANT, cambrioleur mondain, traverse, la nuit, le parc du château de Labrouhe afin de se rendre dans les murs pour mettre la main sur un coffret d’émeraudes.

Un bruit attire soudainement son attention. Une femme pâle, effrayée, fuit les ruines d’une maison jadis brûlée.

Curieux, Tancrède inspecte les décombres et ne tarde pas à trouver le corps jeune fille morte étranglée.

Malgré cette découverte, il décide de mener son but à bien et se faufile dans la demeure seigneuriale pour s’approprier les bijoux.

Alors qu’il vient d’accomplir sa mission, un flot de lumière envahit la pièce : celle qui, tout à l’heure, courait, apeurée, le braque avec un revolver…

Tancrède Ardant est donc un gentleman cambrioleur et, tandis qu’il cherche à s’introduire au château de Labrouhe pour voler un coffret d’émeraudes, il surprend, dans le jardin, une jeune femme affolée fuyant les ruines d’une maison brûlée.

Curieux, il se rend dans ses ruines et découvre le cadavre encore chaud d’une jeune femme, habillée de la même façon que la fuyarde, un peu plus jeune, probablement sa jeune sœur.

Bien qu’ému, Tancrède décide de poursuivre sa mission et pénètre le château pour mettre la main sur les joyaux.

Alors qu’il trouve le coffret, il est surpris par la fuyarde qui le braque avec un revolver...

On découvre donc ici le personnage de Tancrède Ardant qui sera pourtant fort familier des lecteurs des aventures de Théodore Rouma tant les deux personnages, du moins dans ce premier épisode, sont interchangeables.

Jeune, charmant, charmeur, cœur d’artichaut, mondain et cambrioleur, détective et justicier, rien, en effet, ne différencie les deux héros pas même le fait qu’ils soient tous deux poursuivis par un policier tenace.

Ici, c’est B.J. Goitsenhoven, surnommé B.J., car c’est plus facile à prononcer, qui fait office d’ennemi héréditaire.

Bien que cet épisode soit le premier titre (noyé dans la collection généraliste « Collection Rouge ») mettant apparemment en scène le personnage, il est déjà fait mention d’une longue rivalité entre Tancrède et B.J., l’auteur citant vaguement au moins deux affaires leur ayant permis de se confronter par le passé. Mais n’ayant trouvé aucune trace de ces affaires, ni d’autres titres de l’auteur, difficile de savoir si cela n’est pas juste manigance d’auteur pour faire croire que le personnage est déjà célèbre.

Question genre et format, si, bien sûr, le personnage servant de modèle demeure Arsène Lupin, Tancrède Ardant est vraiment à assimiler avec Théodore Rouma puisqu’il en possède toutes les qualités et apparemment le défaut de l’homme qui s’éprend rapidement d’une femme à partir du moment où elle est jeune, belle et en détresse (à voir par la suite comment il va évoluer).

Pour le style, là aussi, on peut le rapprocher à celui de Jean d’Auffargis, l’auteur de Théodore Rouma.

Certes, le format et les références sont pour beaucoup dans la dimension de la plume, mais on remarquera tout de même certaines tendances identiques. Une certaine poésie dans les descriptions, un léger humour...

D’ailleurs, Frédéric Sipline semble bien plus à l’aise dans les descriptions poétiques du début du roman que la narration de l’action où le style devient alors plus haché, plus journalistique, moins recherché. Dommage, car le début laisse entendre (ou plutôt lire) que l’auteur sait manier sa plume avec qualité quand il s’en donne l’occasion.

Pour autant, à travers une intrigue simple (simpliste ?) qui est le lot de tous les textes de ce format très court, l’auteur nous livre un récit plutôt agréable à lire, même si le personnage principal est un peu trop lisse (mais là aussi, la concision inhérente au format empêche de proposer des personnages recherchés).

Au final, un premier épisode qui n’est pas déplaisant du tout même si le personnage manque fortement d’originalité.