Loto Édition

16 juillet 2017

Les cinq détectives

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Gabriel Bernard (1885-1934) est un des auteurs très prolifiques de la littérature populaire.

Si l’auteur a écrit de nombreux romans, il est principalement connu pour une série de romans d’espionnage (Les drames de l’espionnage), éditée, tout d’abord, sous le pseudonyme Pierre de Chantenay, aux éditions Offenstadt, avant d’être rééditée aux éditions Tallandier.

Cette série met en scène l’inspecteur Tony, qui deviendra, par la suite, commissaire, et qui œuvre dans le contre-espionnage. (cette information est importante pour la suite de la chronique).

Mais Gabriel Bernard est également connu pour un roman, ou, du moins, devrait l’être : Les cinq détectives.

Les cinq détectivesLa fille d’un riche industriel américain disparaît mystérieusement à Paris, juste après son mariage d’avec un baron français dont elle est terriblement amoureuse. Le père de la mariée pense d’abord à une facétie de son enfant, mais, les heures passant, l’inquiétude grandit, d’autant que la police française piétine et ne trouve aucune piste ni explication à cette « fugue ». Après des mois sans nouvelles, le père, abattu, décide de lancer une compétition entre détectives pour espérer retrouver la chair de sa chair. Ce sont alors cinq détectives qui sont sélectionnés. Quatre d’entre eux se révèlent être les élèves de maîtres de l’investigation : Sherlock Holmes, l’inspecteur Lecoq, Nick Carter et l’inspecteur Tony. Le quintet est complété par un sympathique bonhomme replet à la gouaille toute provençale…

Gabriel Bernard s’appuie sur le mode du pastiche à la mode à son époque où les pâles copies et les avatars de Sherlock Holmes pullulent dans tous les pays suite au succès des aventures du détective développé par Sir Arthur Conan Doyle.

Mais Gabriel Bernard, plutôt que de proposer un clone de Sherlock Holmes, a l’idée de confronter des copies des plus grands détectives de la littérature de l’époque.

Parce que la fille d’un riche industriel américain a été enlevée, son père, devant l’incapacité de la police à la retrouver, décide de lancer une compétition entre détectives. Parmi les candidats, il en sélectionne cinq. Chacun, ou presque, se révèle être l’élève d’un célèbre détective. Sherlock Holmes, Nick Carter, l’inspecteur Lecoq, l’inspecteur Tony.

Car on apprend, dans le roman, que les héros de la littérature policière sont, en fait des vraies personnes. Ainsi, Sherlock Holmes est un être de chair et d’os, tout comme l’inspecteur Lecoq, dont Émile Gaboriau a conté les enquêtes, ainsi que le célèbre détective américain Nick Carter et, l’inspecteur Tony développé par Gabriel Bernard lui-même.

C’est donc à un exercice de style particulier auquel se confronte Gabriel Bernard. Un exercice de style excitant, mais que l’auteur ne remplit pas totalement, se contentant de nous livrer les résultats des enquêtes là où il aurait été plus intéressant qu’il nous propose les différentes enquêtes des différents protagonistes menées avec le style particulier de chacun.

Gabriel Bernard prend son temps pour poser son décor de départ, cette disparition soudaine, mystérieuse et inexpliquée. Il nous expose les personnages principaux, leurs liens, afin de plonger le lecteur dans l’étrangeté de cette « fugue ».

Si l’exposition liminaire est un peu longue, si elle n’est pas hyper prenante, l’intérêt croît avec l’arrivée des différents détectives. La rencontre de chacun avec le père est prétexte à nous esquisser chaque personnage et nous montrer à quels points ils sont différents, et dans leur allure, dans leur comportement que dans leur façon d’appréhender la tâche à laquelle ils sont dévoués.

Alors, chacun se lancer dans leur quête et finit par arriver au résultat, seul problème, chacun passe par un chemin différent, aboutit dans un lieu différent et appréhende une jeune femme différente...

Qui aura raison, qui aura tort, là devrait être le problème si l’on n’imaginait pas, dès le début, que l’auteur allait donner l’avantage à son propre personnage.

Mais, aura-t-il fait ce choix évident ? Seul le lecteur qui ira au bout du roman le saura.

Au final, un bon petit roman qui se dévore avec plaisir et qui s’appuie sur un point de départ très intéressant, même si l’auteur évite l’écueil en le contournant plutôt qu’en le surmontant. 


09 juillet 2017

L'étrange supplice

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Maurice Limat est un auteur qui n’est pas inconnu des amateurs de littérature populaire qui a œuvré, principalement, dans les genres « Policier » et « Fantastique », et, parfois, mêlant les deux genres dans une même histoire.

Parmi ses personnages, le plus récurrent demeure Teddy Verano, surnommé « le détective de l’étrange » tant il est habitué à enquêter sur des affaires le confrontant à des vampires, des tueurs sanguinaires et des mystères.

Dans « L’étrange supplice », Teddy Verano est embauché par une jeune femme, pour retrouver son amoureux, un ancien détenu, catcheur, ayant accepté un boulot de modèle pour un sculpteur vivant dans un château en ruines.

Teddy Verano se rend dans le petit village proche de la bâtisse et apprend que celle-ci est habitée par un bien curieux couple qui ne sort jamais de ses murs et que seul visite l’apprenti du boucher qui les livre régulièrement en viandes.

Teddy Verano se fait passer pour un commercial d’une société de marbre afin de pénétrer les lieux et croise, sur place, un homme au corps musclé, qui vient d’être embauché pour servir de modèle au sculpteur.

Si je ne suis pas friand du genre « fantastique », le fait qu’il soit utilisé en parallèle à un genre « policier » suffit à m’intéresser à ce texte et à ce personnage.

Et, clairement, le fantastique ne prend pas plus le dessus sur le policier, ni le policier sur le fantastique, puisque ni l’un ni l’autre des deux genres n’est vraiment mis en avant, le texte flirtant entre l’un et l’autre sans jamais réellement choisir.

Ajoutons à cela un format court (64 pages) dans lequel l’auteur ne parvient pas à poser son personnage suffisamment pour le rendre attachant ou, au moins, très intéressant.

Pourtant, la lecture n’est pas déplaisante et l’on arrive au point final sans, réellement, s’en rendre compte.

Au final, une lecture pas désagréable, mais qui ne me marquera pas ni qui me donnera envie de retrouver Teddy Verano dans une autre de ses enquêtes, à moins que je tombe dessus par hasard.

02 juillet 2017

La momie rouge

CouvLMR4José Moselli est un auteur populaire trop méconnu que j’ai déjà évoqué dans ma critique sur « John Strobbins ».

Mais, José Moselli, ne s’est pas contenté d’écrire des séries ou des feuilletons, il a également écrit des romans-feuilletons tel celui qui fait l’objet de cette chronique : « La momie rouge ».

La momie rouge : Ralph Gorse est réputé pour être l’un des meilleurs policiers des États-Unis. Aussi, quand le superintendant de la police reçoit une lettre anonyme pour lui annoncer le vol, prochain, de la « Momie Rouge », l’unique momie trouvée sur le continent américain, c’est, tout naturellement, Ralph Gorse qu’il nomme à la surveillance de la relique. Mais, un matin, la « Momie Rouge » ainsi que la « Pierre de Lune », un joyau unique provenant d’un temple Maya, ont disparu et le célèbre policier et ses hommes sont retrouvés inanimés. Seul Ralph Gorse se relèvera de l’asphyxie mortelle dont les « gardiens de l’ordre » ont été victimes. Ridiculisé par son échec, meurtri par l’humiliation et le sentiment de porter la responsabilité de la mort de ses collègues, Ralph Gorse redouble d’efforts dans son enquête et celle-ci, débouche très rapidement sur l’arrestation de Robert Madison, un jeune architecte sans le sou, cocaïnomane, que tout désigne comme le coupable idéal. Si le fait que la fiancée du « voleur-meurtrier » clame l’innocence de celui-ci à corps et à cris ne saurait émouvoir le policier intègre et brutal qu’il est, la présence d’un personnage énigmatique va remettre en question ses certitudes, le conduisant à revoir son enquête, son jugement, ses principes et sa morale au point de risquer son poste et sa vie pour trouver le fin mot de l’histoire…

« La momie rouge » est un roman-feuilleton publié dans le magazine « Le Pêle-Mêle » de 1925 en 33 épisodes.

Robert Madison, un jeune architecte sans le sou, est accusé du meurtre des policiers chargés de la surveillance de la momie rouge, la seule et unique momie découverte en Amérique, et du vol de celle-ci, ainsi que de la pierre de lune.

Il faut dire que tout accuse le jeune homme. Il a été repéré, de nombreuses fois, dans le musée abritant la momie. Ralph Gorse, le policier chargé de l’affaire, découvre, au pied du sarcophage, une pilule pour le cœur appartenant à l’architecte. Ce dernier est cocaïnomane et est incapable de fournir un alibi pour la nuit du crime...

Pour autant, la fiancée de l’accusé est persuadée de l’innocence de son amoureux et cherche à en convaincre le policier. Mais c’est le frère de lait de Robert Madison, un Canadien au tempérament décalé, qui finit par faire naître le doute dans l’esprit de Ralph Gorse.

Dès lors, l’un fera tout pour innocenter son frère et l’autre pour faire jaillir la vérité.

José Moselli a été un grand voyageur dans sa jeunesse et cela lui a probablement servi à nourrir sa plume et à nous proposer des histoires mouvementées.

Mais José Moselli n’est pas qu’un écrivain d’aventures, c’est aussi un écrivain à l’imagination fertile, comme nous l’a démontré sa production dans le genre « fantastique ». Mais, surtout, José Moselli avait un talent sûr pour proposer des personnages intéressants et attachants en leur insufflant une légère particularité.

Dans le cadre de « La momie rouge », le personnage qui prend le pas sur les autres est incontestablement Jules Givassier, alias « La Givasse », le frère de lait de l’accusé.

Outre le fait d’être canadien, ce qui n’a rien ni d’original ni de décalé, l’homme est surtout reconnaissable par un nez mauve et par un passé particulier durant lequel il pratiqua de nombreux métiers : chercheur d’or, vendeur de bois, crieur de journaux, acrobate, cireur, garde-freins, acrobate... laissant, dans chaque profession, un peu de lui.

Mais, « La Givasse » est surtout le personnage qui, par son côté décalé, apporte une touche d’humour à un récit qui en est, à la base, dénué.

Car, rien de drôle dans la détresse d’un innocent condamné, de ce cocaïnomane dont l’addiction est source de tous les malheurs. Rien de joyeux, non plus, dans la tristesse de cette jeune fiancée qui se sent impuissante face à l’injustice qui frappe son amoureux. Pas plus d’humour dans le personnage de Ralph Gorse, un policier dur à cuir, obtus, imbu de sa personne, mais qui œuvre uniquement pour la recherche de la vérité.

Non ! Seul Givassier apporte cette touche d’humour qui assure une plus-value à l’œuvre.

Car, même sans cet humour, « La momie rouge » n’est pas dénuée de qualité, bien au contraire.

Alors que les auteurs de romans policiers, actuels, et leurs lecteurs ne prêchent que pour le « Page Turner », le fameux livre à suspens qui pousse le lecteur à tourner page après page pour connaître la suite de l’histoire, José Moselli, un siècle auparavant, nous livrait déjà l’un des exemples le plus parfait de ce genre particulier.

Effectivement, grâce à ce roman-feuilleton, et son découpage adapté à la publication dans un journal, l’auteur nous offre là un chapitrage millimétré qui met l’eau à la bouche du lecteur. Mais là où un roman impose au lecteur d’attendre la page suivante pour connaître la suite de l’histoire, José Moselli vous obligeait à patienter une semaine puisque le magazine concerné était un hebdomadaire.

Quand je pense à l’attente insupportable imposée par le fait de ne pas pouvoir tout lire d’un coup, d’être obligé d’attendre d’être rentré à la maison pour poursuivre ma lecture, alors que j’avais en ma possession l’intégrale du roman avant de commencer ma lecture, je n’ose imaginer ce que ce fût, à l’époque, pour les lecteurs, de patienter sur 32 semaines...

Car le rythme de « La momie rouge » est tout bonnement insoutenable. Chaque épisode se termine sur une situation inextricable. Le lecteur se demande alors comment les héros vont se sortir de cette situation et c’est avec une grande excitation qu’il se jette sur l’épisode suivant, jusqu’à la fin de celui-ci et sa nouvelle « situation » en suspens... cardiaque s’abstenir.

Comme vous l’imaginez bien après ce début de chronique, un mot résume clairement ma lecture : « Enthousiasmante ».

Effectivement, José Moselli parvient, en l’espace d’un roman, à nous proposer un aperçu de l’étendue de son talent. Policier, suspens, humour, aventures, personnages décalés, héros détestable, victime naïve, méchants très méchants, dangers... tout y est pour satisfaire le lecteur le plus exigent.

C’est bien simple, José Moselli, à travers ce roman, en démontrerait à tous les plus grands écrivains de genre « policier » actuels, tant en termes d’efficacité, qu’en termes de qualités. Et, en prime, José Moselli n’use d’aucun des artifices actuels censés dynamiser un roman à suspens ni dans sa narration ni dans sa plume. De plus, le lecteur n’est jamais en présence des personnages stéréotypés qui pullulent dans les « polars » actuels.

Non, l’auteur allie simplicité avec efficacité, car, ici, point de chapitres alternés pour insuffler un faux rythme à l’histoire, point de fils tirés dans tous les sens pour perdre le lecteur quitte à ne jamais pouvoir dénouer l’écheveau avant le terme, pas de révélations fracassantes finales à la limite du crédible pour expliquer l’inexplicable... José Moselli fait simple et, pourtant, José Moselli subjugue le lecteur, l’hypnotise, le conquit, depuis les premières lignes jusqu’à, quasiment, la dernière.

Il faut dire qu’il est bien aidé par l’opposition qu’il établit entre les deux personnages principaux. D’un côté, Ralph Gorse, flic intègre, défenseur de la justice, un brin mégalo, qui accepte difficilement d’avoir tort, mais qui finit toujours par faire prévaloir la vérité face à sa réputation. De l’autre, Jules Givassier, frère de lait de l’accusé, qui se bat par amitié fraternelle, prêt à risquer à bafouer la loi et à risquer sa vie pour sauver celle de l’architecte, qui a un physique particulier, une vie cahotique, et un humour à toute épreuve.

C’est le grand paradoxe qui réside entre ces deux héros, grand écart qui a fait, par la suite, le succès de bien des « Buddy movies », ces films où deux personnages que tout oppose finissent par s’associer et devenir amis (Bud Spencer et Terence Hill, Depardieu et Pierre Richard dans « La Chêvre », Mel Gibson et Danny Glover dans « L’arme fatale »...). C’est dire si José Moselli était en avance sur son temps sur bien des domaines.

Sauf que, si les deux hommes s’associent, l’un pour sauver Robert Madison, l’autre pour trouver le vrai coupable (quitte à ne pas réussir à sauver l’architecte), et si un respect mutuel s’installe entre les deux, l’amitié, elle, n’est jamais réellement présente, chacun demeurant à sa place, ce qui rend le récit encore plus intéressant.

Au final, José Moselli nous offre là un roman assez exceptionnel de par son rythme et son découpage, ne négligeant jamais de proposer de l’aventure au lecteur et de lui offrir des personnages touchants dont Jules Givassier émerge grandement.

Et dire que ce roman, jusque là, n’avait jamais été réédité. Mais que font les éditeurs ??? Les autres, je ne sais pas, mais OXYMORON Éditions, lui, a décidé de rééditer ce roman qui le méritait amplement...

25 juin 2017

Ohé ! Matelot!

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Rodolphe Bringer est un auteur que les passionnés de littérature populaire et les fidèles lecteurs d’OXYMORON Éditions connaissent bien pour être l’auteur, notamment, d’un des personnages les plus intéressants de la littérature policière : le Commissaire Rosic.

Dans « Ohé !... Matelot !... », Rodolphe Bringer abandonne Rosic pour un jeune inspecteur qui va se charger d’une bien étrange affaire.

Ohé !... Matelot !... : À l’hospice du village de Chantepie, au petit matin, le vieux Mérin est retrouvé étranglé dans son lit. Si le crime ne fait aucun doute, le mobile ne semble pas en être le vol. Mais qui donc a bien pu en vouloir à ce vieil homme sans histoires qui a passé sa vie à bambocher ? Le jeune inspecteur PELVEC est chargé de l’affaire et va passer en revue tous les potentiels suspects qu’abrite le refuge…

Dans un hospice, un homme est retrouvé étranglé dans son lit sans que personne n’ait rien vu ni entendu. Le bâtiment abritant des vieux ou des handicapés, les candidats au poste de suspect se font rares et les interrogatoires ne mènent l’inspecteur nulle part...

Rodolphe Bringer, avec son talent habituel, parvient, l’espace de 32 pages, à nous conter une enquête policière agréable dans laquelle la chance et la perspicacité du policier va lui permettre d’avancer rapidement.

Au final, une sympathique petite enquête menée par la plume habile de Rodolphe Bringer.

18 juin 2017

Le chemin de la fortune

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Charles Richebourg est un auteur que vous connaissez si vous vous intéressez au catalogue d’OXYMORON Éditions, puisqu’il est l’auteur du personnage du commissaire Odilon QUENTIN dont les enquêtes sont rééditées dans la collection éponyme.

Charles Richebourg est un mystère pour les amateurs de littérature populaire puisque, à ce jour, on ne connaît toujours pas l’auteur qui se cachait derrière ce pseudo utilisé pour des titres courts édités, à l’époque, dans les collections « Mon Roman Policier », « Mon Roman d’Aventures » et « Police et Mystère », des éditions Ferenczi.

Toujours est-il que la plume et le savoir-faire de l’auteur laissent à penser que le pseudonyme ne cachait pas un novice, ou alors, un excellent novice.

Si le pseudonyme a été principalement utilisé pour les enquêtes d’Odilon Quentin (46 titres), il a également servi à quelques titres de la collection d’Aventures dont, celui qui nous intéresse aujourd’hui : « Le chemin de la fortune ».

« Le chemin de la fortune » nous conte les péripéties de Billy, un jeune homme amoureux d’une vendeuse de fromage qui le rejette à cause de sa condition sociale, ne voulant devenir l’épouse que d’un homme riche. Repoussé, le jeune homme voit pour seul espoir de conquête, un enrichissement rapide. Croisant un pasteur, il lui demande « Le chemin de la Fortune ». Ce dernier, loin de se démonter, lui indique un parcours à suivre. Les indications ne le mènent nulle part, aussi décide-t-il, par désespoir, de s’embarquer sur un navire. En attendant, il pénètre dans une taverne où il fait la rencontre d’un curieux personnage qui lui promet la fortune, lui confiant qu’il a découvert le lieu du naufrage d’un vieux navire rempli de richesses...

Cette courte histoire, outre le jeune naïf et le curieux personnage, nous fait faire la connaissance du sergent LittleJohn, un personnage qui semble revenir dans quelques autres titres de l’auteur. Cependant, ici, le personnage fait une très très courte apparition, en fin d’ouvrage.

À part cela, une histoire qui se lit rapidement, mais qui n’a pas, à mon sens, les qualités de l’œuvre policière de Charles Richebourg, c’est-à-dire, des épisodes de la série « Odilon Quentin ».


11 juin 2017

Le pilier assassiné

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Que voilà un exercice difficile auquel je vais me livrer maintenant ! Non pas d’écrire une chronique sur un livre que j’ai lu, j’en ai écrit des centaines, mais d’écrire une chronique sur le livre de quelqu’un que je connais.

Alors, bien sûr, je ne connais pas Gérard Raynal, l’auteur en question, intimement, mais le fait de le croiser régulièrement et d’échanger quelques mots pourrait me poser problème pour être objectif et dire clairement ce que je pense du roman.

Bon, ceux qui me connaissent bien savent que j’ai beaucoup de mal avec la diplomatie, en tout cas, quand celle-ci consiste à frôler l'hypocrisie. Cette propension m’a souvent valu des inimitiés, mais, qu’importe, je ne vais pas changer à mon âge.

Mais, remettons le livre et son auteur dans son contexte.

Gérard Raynal est un auteur de ma région, de mon département, une sorte de « gloire locale » qui commence à se délocaliser dans tout le Sud depuis quelques années.

Ancien vigneron, passionné de lecture, il se lancera dans l’écriture et travaillera les mots jusqu’à proposer des ateliers d’écritures.

C’est à cette époque que je fais connaissance avec le bonhomme. Non pas en chair et en os, mais en pixels et en octets, puisque je suis régulièrement son blogue qui parle d’écriture et autre chose.

En parallèle, je fais la connaissance des éditions T.D.O. et son créateur, alors qu’il débute dans le métier et exerce encore dans son garage, en lui proposant mes premiers romans qu’il a le bon goût de refuser (ce qui démontre qu’il sait déceler les mauvais manuscrits, ce qui est déjà un bon point de départ pour un éditeur).

Depuis, l’auteur et l’éditeur ont bien grandi, chacun puisant dans les forces de l’autre pour se motiver et se propulser le plus loin possible puisque Gérard Raynal est devenue la locomotive des éditions T.D.O.

Depuis, je croise régulièrement les éditions T.D.O. ainsi que Gérard Raynal. Pour autant, je n’avais jamais lu de romans de ce dernier, n’étant attiré que par les romans policiers et l’auteur se spécialisant dans les romans terroirs et historiques.

Aussi, quand j’appris que les éditions T.D.O. s’apprêtaient à sortir un roman policier de Gérard Raynal et qu’en plus, celui-ci aurait pour sujet principal le rugby (je suis un ancien rugbyman), l’occasion était trop belle pour la laisser passer.

Et pourtant, je la laissais passer, attendant avec impatience une version numérique (je lis beaucoup la nuit, dans le lit, et une liseuse avec un éclairage intégré, c’est quand même plus pratique qu’un livre papier dans un tel cas).

Mais, le destin avec un gros « C » (que je l’aime ce destin-là !), m’a eu par surprise et mis ce roman dans les mains.

Le pilier assassiné Une nuit de décembre 1980, un grand espoir du rugby catalan est assassiné devant le Mutant, un célèbre cabaret perpignanais. Chargé de l’enquête, le commissaire Spiriquet, très éloigné des choses du ballon ovale, demande de l’aide à Pallade Vionet, un ancien inspecteur principal de la P.J. en Algérie qui fut un brillant « troisième ligne ». C’est alors toute l’équipe de la Baudroie aux yeux bleus, un bar du centre-ville, qui va se passionner pour cette terrible affaire. 

Comme je le disais, Gérard Raynal s’est spécialisé dans les romans « terroirs » et les romans « historiques ». S’il lui est, probablement, arrivé de glisser une petite intrigue policière dans ses romans terroirs et historiques, on comprendra aisément pourquoi l’auteur s’appuie sur une ambiance terroir et sur une base réelle du passé pour lancer son roman policier.

Effectivement, « Le pilier assassiné » se déroule en décembre 1980, à quelques mois de l’élection de François Mitterrand, et nous propose des lieux et des personnages ayant existés, notamment ceux concernés par le bar « La Baudroie aux yeux bleus ».

L’action se déroule à Perpignan, et l’USAP, le prestigieux club de rugby de la ville sera au cœur de l’intrigue.

Un meurtre a été commis à la sortie du « Mutant », un cabaret réputé pour ses starlettes transgenres.

Un jeune pilier de l’USAP, promis à un bel avenir, a été tué d’une balle tirée par un fusil.

Le commissaire Spiriquet, pour qui le monde du rugby est imperméable, s’octroie le soutien de Pallade Vionet, un vieil ami qu’il fréquente à « La Baudroie aux yeux bleus » et de son camarade MacKenzie, alias « Ben-Hur », un nain ventripotent qui aime la bonne chair.

Tous trois vont se lancer dans une enquête, chacun avec ses idées, ses hypothèses, non sans penser à se restaurer régulièrement à la Baudroie afin de tenir les clients réguliers et curieux au courant de l’avancée de l’enquête.

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Moitié roman policier, moitié roman de mœurs, Gérard Raynal profite de son intrigue pour resituer un monde, un décor, une ambiance, qu’il semble avoir personnellement connu, comme les photos sur la page Facebook du livre le démontrent.

D’ailleurs, ces photos sont l’occasion, pour le lecteur, de mettre un visage sur le couple tenant la Baudroie et l’on appréciera, pour qui se souvient du début des années 80, du décor en lambris verni (combien de mètres carrés j’ai posés, à l’époque, en compagnie de mon père, dans la maison familiale !...).

Gérard Raynal parle donc d’un sujet qu’il connaît, qui lui manque probablement et cette nostalgie imprègne complètement le roman, lui conférant l’attrait d’une histoire que grand-papa nous raconterait au sujet de sa jeunesse (même si Gérard Raynal est loin d’avoir l’âge de grand-papa).

Chaque halte à la Baudroie est l’occasion, pour les protagonistes, de manger et boire, et, pour le lecteur, de se rassasier de l’humour et de la bonne humeur de la bande qui passe ses journées entre ses murs.

Et il faut bien avouer que les haltes sont nombreuses et que l’intrigue ne sert que de prétexte à ces scènes, mais là est le principe d’un roman policier d’ambiance qui rivalise rarement au niveau du suspens avec un pur « thriller ».

Car, l’avancée de l’enquête est relativement laborieuse, le duo se contentant de se rendre à un endroit, d’interroger un suspect ou un témoin avant de rayer un suspect ou un mobile tout en mangeant à la Baudroie, puis se lancer sur une nouvelle piste.

Mais je suis bien le plus mal placé pour une telle critique, sachant que je n’ai jamais trouvé un auteur capable de mêler roman d’ambiance et roman policier à suspens, en conservant les qualités des deux sans jamais laisser apercevoir les travers des deux genres.

J’ai même une théorie sur les œuvres de genres dans lesquelles, pour moi, logiquement, un excès de quelque chose cache un manque d’une autre (il est assez rare, par exemple, de voir un bon film de baston possédant un excellent scénario...).

Cependant, m’est avis qu’un suspens haletant nuirait à l’ambiance et une ambiance prenante, à un suspens élaboré. Aussi, la partie ambiance étant réussie et la partie intrigue demeurant correcte (plusieurs suspects, plusieurs fausses pistes...), ne boudons pas notre plaisir.

Comme je le disais, le roman se déroule à la fin de l’année 1980, soit il y a presque quarante ans et, comme dans tous romans ou films se déroulant quelques décennies ou siècles en arrière, l’auteur ou le scénariste prend le risque de laisser échapper quelques anachronismes.

C’est, malheureusement le cas là (oui, j’avais dit que je ne savais pas user d’hypocrisie et me contenter d’énoncer que les qualités en omettant les défauts).

Effectivement, j’ai relevé quelques anachronismes, qui ne nuisent, cependant pas, à la lecture, mais qui restent notables.

Tout d’abord, les anachronismes avérés :

– Pallade Vionet, si je ne me trompe pas, fait référence, en parlant de MacKenzie, au « Petit Bonhomme en mousse » qui est, forcément, celui de la chanson de Patrick Sébastien. Or, l’action se déroule en 1980 et l’humoriste n’a chanté sa chanson qu’au début des années 2000 (en 2001, me semble-t-il).

– Chez une victime, il est dit qu’elle n’avait pas de cuisinière, juste un micro-ondes. Or, si le micro-ondes est né, par hasard, en 1945, et que ses ventes se sont envolées, aux E.-U., à partir de 1975, il n’est arrivé, en France, il me semble, que dans les années 80 et s’est démocratisé à la fin de cette décennie. Dans tous les cas, je ne pense pas qu’un foyer ne pouvait posséder, comme moyen de cuisiner, uniquement un micro-ondes.

– Il est fait mention, également, des plaques aimantées promotionnelles à plaquer sur les portes de voitures. Là, je n’ai pas de certitude absolue, mais il ne me semble pas qu’elles étaient en vogue par chez nous à l’époque (mais je pinaille).

– Un autre point me dérange plus. Non pas parce qu’il me semble également être un anachronisme, mais, plutôt, que, pour moi, en tant que passionné de rugby, il me semble être un non-sens que j’ai toujours refusé d’employer bien que le terme se soit largement démocratisé ces dernières années. L’auteur parle de rugby à XIII, un terme qui, à mon sens, date de bien plus tard que 1980, mais, surtout, un terme qui est, pour moi, une injure au rugby, au vrai, et qui me semble ne pas avoir sa place dans un roman tournant autour de ce sport.

Effectivement, le jeu à XIII, a été renommé rugby à XIII à cause des gens qui ne faisaient pas la différence entre les deux sports et pensant que, parce que les deux sports permettaient de prendre un ballon ovale à la main, ils étaient, si ce n’est frères, du moins cousins.

Et, bien évidemment, les deux sports sont cousins.

Historiquement parlant, le jeu à XIII, né à la fin 1800 (même si le nombre de joueurs était encore de 15) d’une scission avec la fédération de rugby. Les Anglais, profitant que les rugbymen français sont bannis du tournoi des V nations, en 1931, tentent d’imposer le « rugby à XIII » en France (oui, au début, on appelait déjà cela « Rugby »). 

Mais, le terme de « Rugby » ne perdurera pas. Si le « rugby à XIII » prend déjà une claque en étant interdit par le régime de Vichy, c’est, surtout, la rancune de la fédération de rugby qui parvient, en 1948, à faire changer le terme de « rugby à XIII » en « jeu à XIII ».

Depuis, il y a « rugby » qui est, forcément, à XV, voire, à 7, et le « jeu à XIII ».

Ce n’est qu’en 1993 que le « jeu à XIII » est autorisé à reprendre son nom d’origine de « Rugby à XIII ».

Cela n’a l’air de rien, mais, en 1980, tout joueur de rugby jouait, forcément, au rugby à XV ou à 7 et non à XIII, et les treizistes étaient des joueurs de « jeu à XIII ». 

Comment, vous trouvez que je chipote ? Oui, je chipote, mais j’ai toujours été ulcéré que l’on parle de rugby pour du jeu à XIII. Mais là n’est pas l’important, l’important, ce n’est pas la rose, mais c’est qu’en 1980, on parlait de « jeu à XIII » et non de « rugby à XIII ».

Et à part ça ? À part ça, un personnage secondaire qui change de prénom en cours de route, un autre dont l’orthographe du prénom change, également, en cours de route... et voilà.

Mais bon, passons sur ces quelques légers problèmes et revenons-en à l’ouvrage lui-même.

Car, le but principal d’un roman étant d’apporter un plaisir de lecture, le challenge est largement réussi parce que le plaisir est là, notamment grâce à des personnages hauts en couleur, attachants, drôles, et une histoire rythmée et truculente.

Au final, un bon roman qui se dévore rapidement malgré ses 336 pages et qui propose des personnages intéressants et fait naviguer le lecteur dans le milieu du rugby et dans les vieilles rues de Perpignan et de ses alentours...

P.S. Le livre se terminant sur une fin ouverte, espérons que Gérard Raynal nous fera le plaisir d’écrire une suite à son roman.

07 juin 2017

2ème FESTIVAL MÉDITERRANÉEN DU POLAR ET DE L'AVENTURE LES 10 ET 11 JUIN 2017

2 EME FESTIVAL MÉDITERRANÉEN DU POLAR ET DE L'AVENTURE 10 ET 11 JUIN

L’année dernière naissait le 1er Festival Méditerranéen du Polar et de l’Aventure du Barcarès, un salon littéraire organisé sur le paquebot le Lydia.

Cette année, personne ne sera donc étonné que soit organisée la 2e édition de ce festival.

Un Festival du polar, j’en rêvais, le Barcarès l’a fait, reste, maintenant, à rendre ce salon pérenne en en faisant un rendez-vous incontournable des amoureux des romans policiers du département, voire, de la région.

Pour cela, cette année, le salon est plus axé « aventures » puisque Saint Exupéry est mis à l’honneur, notamment par l’intermédiaire de Patrick Poivre d’Arvor et de son livre sur l’explorateur.

Mais, que les amateurs de polars se rassurent, nombre d’auteurs présents sur le Lydia le 10 et 11 juin 2017 exercent leur art dans le genre policier et, certains, comme « mézigue », ne font que de très très rares entorses à ce milieu.

Vous pourrez donc, cette année, découvrir quelques auteurs – dont moi, KAMASH – qui étaient présents l’année dernière, et d’autres, que vous apprendrez à connaître.

En ce qui me concerne, vous pourrez découvrir mes deux derniers romans, qui sont sortis en avril 2017 et qui vous conteront les aventures de détectives atypiques, décalés, drôles et touchants.

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Car, si vous pourrez enfin vous délecter d’une nouvelle enquête des détectives Wan et Ted, avec « Wan & Ted — Le Tueur aux Fourmis », un nouvel épisode de la saga que certains attendent depuis des années, vous pourrez également découvrir l’un des duos de détectives le plus atypique et le plus attendrissant de la littérature avec le roman « Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique ».

Les amateurs de « Toto Fouinard », le détective inventé par Jules Lermina, pourront également se délecter des tomes 4 et 5 des aventures du petit détective parisien.

Mais, sur le stand d’OXYMORON Éditions, en matière de nouveautés, vous pourrez, également, découvrir la première enquête du célèbre Commissaire Rosic de Rodolphe Bringer ou de Serge Vorgan, le policier créé par Gustave Gailhard.

En tous les cas, nous serons ravis de vous voir, de vous parler de nos ouvrages, de vous les présenter, comme, je suppose, tous les autres auteurs qui seront présents sur le Lydia ce week-end.

Alors, n’hésitez pas, venez nous voir et vous pourrez faire le plein de romans pour vos lectures oisives, sur la plage, cet été, ou vos lectures actives, chez vous ou ailleurs.

31 mai 2017

Le sport

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Gégène gardien de but

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28 mai 2017

Harry Dickson - Intégrale Tome 3

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Troisième Tome de l’intégrale des épisodes de « Harry Dickson » écrits par l’auteur belge Jean Ray.

Ce troisième Tome comprend les épisodes suivants :

– Le monstre dans la neige,

– Le diable au village,

– Le spectre de Mr Biedermeyer,

– L’ermite du marais du diable,

– Le signe de la mort,

Que dire de plus sur ce troisième Tome que je n’ai pas déjà dit à propos des deux premiers ? Tout simplement, que comme le second, il débute sur un avant-propos. Cette fois-ci, l’auteur en est Jean-Baptiste Baronian et le sujet, la production en fascicules de la littérature populaire, en général, et celle des éditions Ferenczi, en particulier. C’est dire si le sujet m’intéresse, d’autant qu’il est concisément question de « Marius Pégomas », le détective marseillais de Pierre Yrondy, dont les premières aventures ont été rééditées par OXYMORON Éditions.

À part cela, Jean Ray nous livre, ici, 5 enquêtes de bonne facture de son duo d’enquêteur, Harry Dickson et son élève Tom Wills.

Un petit peu moins de fantastique dans ces aventures, même si l’auteur s’amuse toujours à laisser planer un doute sur le sujet.

Une écriture toujours aussi agréable et des enquêtes aussi plaisantes à lire même si l’on peut reprocher aux personnages d’être quelque peu statiques (non pas qu’ils ne bougent pas, mais ils n’évoluent guère).

Au final, les enquêtes s’enchaînent et le plaisir demeure.

21 mai 2017

Conscience animale

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À l’époque de l’écriture de ma chronique sur « Train d’enfer pour ange rouge » de Franck Thilliez, j’avançais, un peu vite, avoir lu le premier roman mettant en scène le personnage de Franck Sharko, le policier cassé par la vie et la disparition inexpliquée de sa femme et sa fille.

Depuis, j’ai appris que Franck Sharko était déjà apparu dans le tout premier roman de l’auteur. Cependant, j’ai des excuses, Franck Thilliez renie quelque peu son œuvre liminaire à cause de sa piètre qualité (selon lui).

Ceci dit, le personnage de Sharko qui apparaît dans « Conscience animale » est assez éloigné, très éloigné, même, de celui des romans suivants.

D’ailleurs, « Conscience animale » est, dans l’ensemble, très différent des autres livres de son auteur.

Différent, mais semblable, également. En clair, « Conscience animale » semble être un brouillon dont l’auteur n’est pas fier, mais sur lequel il s’est pourtant beaucoup appuyé pour écrire ses productions suivantes.

Différent dans le style, le thème, la précision, le personnage...

Semblable par le genre, la volonté, la sincérité... le personnage.

Conscience animale : Et si se terrait en chacun de nous une animalité sanguinaire ? Et s’il était possible par un sacrifice bien mené de la réveiller ? Et si un homme avait précisément en tête d’user de ce savoir secret pour mettre en place une gigantesque entreprise assassine ? C’est dans le tourbillon de tous ces « si » que vont être aspirés Warren, père de famille presque ordinaire, Sharko, inspecteur tenace et téméraire, Moulin, jeune recrue faisant ses premières armes, et Neil, linguiste pour le moins singulier. Nouant leur destin dans une enquête balisée par le sang et la cruauté, ils devront affronter l’impensable pour réaliser l’impossible. Mais quel sera le coût de cet impossible ?

Franck Thilliez, à travers son premier roman, nous livre, certes, une histoire policière, mais mâtinée de fantastique à travers des sortes de rites vaudous faisant ressortir l’instinct et la force animale chez des êtres humains, en faisant des tueurs sanguinaires...

Comme on peut le voir, simplement dans la 4e de couverture, Franck Thilliez, dans ce premier roman, surfera, pour l’unique fois (du moins, pour l’instant), dans le fantastique. C’est, d’ailleurs, à mon sens, la naïveté de l’histoire, du moins, du traitement de cette part « fantastique », qui a dû pousser l’auteur à s’appuyer, de plus en plus, sur des détails techniques et des sujets pointus afin d’en faire, ludiquement, le fil rouge de ses enquêtes. C’est aussi, probablement, le côté « rassurant » de poser les briques de son enquête sur une chape solide qui poussera l’auteur dans cette recherche de technicité.

Le résumé nous indique également que l’on va faire la rencontre de Franck Sharko, mais un Franck Sharko qui n’est pas vraiment LE Franck Sharko des romans suivants.

Si le personnage est présenté comme un robuste flic un peu taciturne, c’est à peu près tout ce que le Sharko 1er du nom, a de commun avec son successeur.

D’ailleurs, c’est un défaut que l’on peut noter, le personnage de Sharko n’est qu’esquissé, ce qui empêche de réellement s’attacher à lui, d’autant que, durant les deux premiers tiers du livre, il est loin d’être un personnage principal. Sharko arrive tard, et, malgré sa taille, ne prend pas réellement de place dans le livre.

Franck Thilliez nous propose donc de faire la connaissance de Warren, un jeune père de deux jumeaux en bas âge et mari d’une belle femme qu’il aime.

Le jour de son anniversaire, sa femme lui fait la surprise d’avoir invité Sam, un ami de jeunesse qu’il n’avait pas vu depuis longtemps, et avec lequel il recherchait, sans cesse, les sensations fortes.

Et les sensations fortes, lui dont la vie était devenue « pépère », il va en vivre sans rien avoir demandé.

Effectivement, les jours qui suivent, les poissons de son aquarium sont tués un à un, puis c’est le tour de son chien, l’un de ses enfants tombe malade à la suite d’un empoisonnement médicamenteux...

En parallèle, des assassinats ont lieu dans la région. Des hommes sont tués, leurs membres découpés, leurs cœurs arrachés. Le nombre des victimes croît exponentiellement de jour en jour et c’est Franck Sharko qui est chargé de l’affaire.

Naïveté, c’est le mot qui me vient immédiatement à l’esprit après la lecture de ce roman. Effectivement, l’auteur fait preuve d’une grande naïveté, à travers son histoire et la façon de la déployer.

Cependant, c’est une naïveté que l’on peut comprendre, surtout à l’écriture d’un premier roman. N’ayant pas encore de recul sur sa plume, l’auteur pensait, à l’époque, avoir écrit un bon roman. D’ailleurs, il avouera n’avoir pas compris pourquoi les éditeurs le refusaient, sentiment partagé par nombre d’écrivains quand ils proposent leur premier roman à des éditeurs et ne reçoivent que des lettres de refus.

Effectivement, sans recul, sans entraînement, car, l’écrivain, tout comme l’athlète, s’améliore en pratiquant son art, sans référence, difficile de détecter les incohérences, les erreurs, les failles, les faiblesses de son récit, de sa plume.

Car, oui, si l’histoire est empreinte d’une certaine naïveté, du moins, le traitement de celle-ci, la plume n’est pas, non plus, dénuée de défauts. Entre les phrases qui ne servent à rien, celles qui dénotent, les dialogues qui sonnent faux, les écueils sont nombreux. Mais, pire encore, on trouve dans ces défauts un détail que j’avais considéré comme qualité, dans les deux romans suivants de Thilliez, avant que ce parti pris ne soit ensuite gommé : les métaphores.

Car, si je louais la qualité des métaphores de Thilliez dans ses « deux premiers romans », je ne peux qu’être déçu par celles que nous propose l’auteur dans ce préroman. En effet, non seulement Thilliez y use « ad nauseum » d’images en tout genre, mais, en plus, elles sont, pour la plupart, bancales et malvenues.

Reste un défaut qui est inhérent à la présence des autres, le fait que les scènes que l’auteur met en place tombent à plat à cause de la naïveté du traitement, des dialogues sonnant faux, de la plume lourde et des métaphores hasardeuses. 

Effectivement, il est indéniable que la volonté de Thilliez est de proposer des scènes gores pour dégoûter ou choquer le lecteur, mais, loin de choquer, celles-ci ratent totalement leurs cibles et laissent le lecteur, au mieux, dubitatif, au pire, indifférent.

Même le grand final que l’auteur veut ultra-gore, ne fait même pas frissonner, tant on n’y croit pas du tout.

Quoi de pire que des scènes d’horreur qui ne font pas frissonner ? Pas grand-chose à part des scènes burlesques qui ne font pas rire.

Aussi, à la lecture de ce roman, on comprend pourquoi l’auteur le renie.

Au final, un roman de Franck Thilliez qui n’est pas vraiment un roman de Franck Thilliez et qui met en scène un Franck Sharko qui n’est pas vraiment LE Franck Sharko. Un roman dont la sincérité ne compense pas les immenses failles d’une plume bancale et d’une certaine naïveté.

14 mai 2017

J'irai cracher sur vos tombes

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Boris Vian, je connaissais, de nom, mais je n’avais jamais lu sa prose. Il faut dire que, attiré uniquement par le monde du polar, ou presque, Boris Vian n’était pas l’auteur vers lequel je me serais tourné d’instinct. Boris Vian, peut-être pas, mais qu’en était-il de Vernon Sullivan, son pendant américain ?

Car, Vernon Sullivan est un auteur américain de romans noirs dont Boris Vian était le traducteur. Bon, en fait, comme de nombreux écrivains français de l’époque, Boris Vian avait adopté un pseudonyme à consonance anglo-saxonne pour écrire des romans et se prétendait le traducteur, pour le proposer au public français. L’écrivain Paul Max en avait fait de même sous le pseudonyme de M.A. Hychx pour proposer le premier opus de sa série « Mac Tiddle », « Le détective aux chaussettes », en s’en déclarant traducteur et bien d’autres auteurs ont utilisés des pseudonymes « américains » soit pour changer de style ou de sujet, soit pour une raison « commerciale ».

Dans le cas de Boris Vian, il semblerait qu’au départ, le changement était plus dû à une blague, même si, très rapidement, l’opération se révéla très fructueuse.

Du coup, Vernon Sullivan écrivit quatre romans dont « J’irais cracher sur vos tombes » fut le premier et le plus sulfureux, probablement, même si le triptyque préféré de Vernon Sullivan semblait être « Sexe, Drogue et Jazz ».

J’irai cracher sur vos tombes : Lee Anderson, vingt-six ans, a quitté sa ville natale pour échouer à Buckton où il devient gérant de librairie. Il sympathise dans un bar avec quelques jeunes du coin. Grand, bien bâti, payant volontiers à boire, Lee, qui sait aussi chanter le blues en s’accompagnant à la guitare, réussit à séduire la plupart des adolescentes. Un jour, il rencontre Dexter, le rejeton d’une riche famille qui l’invite à une soirée et lui présente les sœurs Asquith, Jean et Lou (17 et 15 ans), deux jeunes bourgeoises avec « une ligne à réveiller un membre du Congrès ». Lee décide de les faire boire pour mieux les séduire... et poursuivre son sinistre dessein. 

Écrit à la suite d’un pari, cet excellent pastiche de roman noir fut publié en 1946 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, un prétendu auteur américain. Récit d’une vengeance, dénonciation du racisme et de l’intolérance, ce best-seller fut jugé à l’époque immoral et pornographique, ce qui amena son interdiction en 1949 et la condamnation de son auteur pour outrage aux bonnes mœurs. Claude Mesplède

On peut apprécier Claude Mesplède pour son immense travail sur le roman policier, mais force est de constater, à la lecture de sa critique à la fin de la 4e de couverture, qu’il en fait un peu trop autour de ce roman.

Car il est assez difficile de décrire comme « pastiche », « J’irais cracher sur vos tombes » tant celui-ci semble écrit au 1er degré. Excellent est également un adjectif un peut fort. Quant à la dénonciation du racisme, si, dans un premier temps, ce travers est effectivement mis en avant, il est très vite effacé par ceux du héros du livre, de l’antihéros, devrais-je dire, le fameux Lee Anderson.

Mais, comme il est difficile d’écrire une critique sur ce roman sans en dire trop, je conseillerais à ceux et celles qui avaient envie de le lire, d’abandonner ma chronique immédiatement.

Effectivement, donc, disais-je, le lecteur comprend très vite que Lee Anderson envisage de venger la mort de son petit frère et que celui-ci a probablement été victime du racisme. L’auteur nous renseigne succinctement, dans un premier temps, sur les origines de Lee Anderson et l’on imagine que c’est un noir à la peau blanche.

Quand Lee Anderson fait tout pour se faire apprécier d’une bande de jeunes délurés d’un village, on commence à se dire que celle-ci a quelque chose à voir avec la mort de son frère. Mais, comme Lee ne pense qu’à se taper tout ce qui a des seins et qui bouge et qui a moins de 18 ans, on commence à se poser la question de sa motivation. Car si le but est juste de baiser de la blanche pour venger la mort de son frère, celui-ci semble bien mesquin.

Aussi, quand Lee Anderson jette son dévolu sur les sœurs Asquith, des filles de bourgeois, on se met à imaginer que cette famille est responsable de la mort tragique du « petit ». Mais, au final, on comprend que non et que Lee Anderson assène une vengeance aveugle sur de simples innocents dont la seule culpabilité est d’être blanc, un acte raciste, donc, et qui va à l’encontre même de l’idée de dénonciation du racisme.

C’est d’ailleurs peut-être là que réside le pastiche : dans cette contradiction.

Mais, avant de se questionner sur la fin ultra brutale de ce roman et le non-sens même de la vengeance de Lee Anderson, c’est tout le parcours de celui-ci qui pose des questions.

Car, la jeunesse américaine selon Vernon Sullivan se résume en deux mots : sexe et alcool. Effectivement, dès 15 ans, toutes les filles se soulent la gueule et sont plus promptes à écarter les cuisses qu’à aligner deux idées sensées d’affilée.

Nous sommes, certes, dans les années 40, mais, tout de même, la vision de la femme, de l’adolescente, de Vernon Sullivan laisse dubitatif. Car, pour lui, toutes les filles ne peuvent que succomber à un bel homme un peu viril, même quand elles sont violées par celui-ci, surtout, quand elles sont malmenées par celui-ci et, au final, ne désirent que l’épouser... un résumé tellement inepte d’une jeunesse, même dorée, que cela en ferait tomber les yeux des lecteurs.

Mais la vision de l’homme, selon Vernon Sullivan n’est guère meilleure puisque celui-ci, le mâle, ne pense qu’à baiser à tour de bras, tout ce qui bouge, tout ce qui a moins de 18 ans et, même, ce qui a à peine dépassé la dizaine comme dans la scène ou Lee Anderson est amené par un jeune de la bande dans un bouge pour se taper des gamines même pas pubères et y prendre un plaisir non dissimulé.

Certes, l’ont peut penser que toutes ces scènes n’ont pour autre but que de choquer le lecteur à une époque où celui-ci n’était peut-être pas tant habitué qu’à l’heure actuelle à ce genre de lecture.

Pour autant, le livre ne se résume qu’à une accumulation de ces scènes « subversives » sans laisser place à un quelconque suspens si ce n’est de celui de savoir qui sera la prochaine à succomber aux charmes du héros.

Il ne reste plus, alors, qu’au lecteur lassé par cette propension salace à se délecter de la plume de Vernon Sullivan qui est, quand même, Boris Vian. Ha ba oui ! Mais non ! Car la plume de l’auteur, du moins, dans ce roman, n’a rien de transcendante, loin de là. Bien sûr, la plume est asséchée pour coller à l’état d’esprit du personnage principal, mais cela n’empêchait pas Vian de proposer, parfois, quelques élans littéraires de qualité. Ba, apparemment, si.

Alors, il ne reste plus qu’à se contenter de la violence sans concession de l’ultime scène qui, pour le coup, est choquante, même à notre époque.

Au final, la plus grande qualité de « J’irais cracher sur vos tombes », à l’heure actuelle, du moins pour le lecteur que je suis, est d’être très court et, heureusement, car, sinon, j’aurais abandonné la lecture en cours de route, lassé par les scènes de culs s’enchaînant sans réel intérêt.

07 mai 2017

John Strobbins de José Moselli

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Dans la littérature populaire française, il est des auteurs encore plus cultes que les plus cultes des auteurs populaires.

Ainsi, s’il est indéniable que Georges Simenon, Frédéric Dard, Léo Malet... sont parvenus à des sommets dans l’esprit des lecteurs, il est des auteurs qui, parce qu’ils sont demeurés inconnus aux yeux du grand public actuel alors que leurs textes émerveillent encore l’esprit des lecteurs d’antan et de certains lecteurs de maintenant, ont réussi à supplanter, dans la tête de ceux-ci, leurs célèbres pairs susnommés.

Parmi ceux-ci, un écrivain, notamment, de par son immense production, les genres dans lesquels il a œuvré, les personnages qu’il a animés, écrase toute concurrence. Son nom : Joseph Théophile Maurice Moselli alias José Moselli.

Parlez de Moselli à un passionné de littérature populaire et vous êtes assurés de voir ses yeux clignoter de plaisir.

L’auteur est devenu tellement « Culte », autant par son parcours que par sa production, que l’on peut encore entendre des lecteurs se souvenir de feuilletons désormais introuvables dont l’écrivain a inondé les journaux de l’époque.

Son parcours, celui d’un gamin de famille aisé qui, avide d’aventures, fugue à treize ans pour s’engager comme mousse sur un navire. Les années suivantes furent un gage de souvenirs d’évènements, de personnages et de lieux qui nourriront sa plume par la suite. Brimé, maltraité, le gamin s’offre corps et âme à son boulot. Mais son esprit voyageur en fait un déserteur malgré lui. Alors, il continue à naviguer et à découvrir le monde avant de rentrer en France pour être traduit en « conseil de discipline ». Les juges furent cléments et organisèrent l’éducation du jeune homme qui devint Officier de la Marine Marchande. Ses aventures se poursuivirent, mais, lassé, José Moselli chercha à se stabiliser en acceptant un poste de journaliste en charge de la rubrique de « L’actualité Maritime ».

En parallèle, il écrit des contes et des nouvelles et entrera en contact avec les éditions Offenstadt pour lesquelles il produira un nombre incalculable de feuilletons pour divers journaux et magazines.

Parmi ces feuilletons, on pourra citer l’un de ses premiers si ce n’est le premier : « W... vert » édité dans le magazine « L’Intrépide » de 1910. Mais, également « Les aventures fantastiques d’un jeune policier », « Le roi des Boxeurs », « Le baron Stromboli », « Les champs d’or de l’Urubu », « Les naufrageurs de l’air », « La prison de glace », « Iko Teruka », « Triplix l’insaisissable »... et des centaines d’autres qui s’étalaient sur des dizaines voire des centaines d’épisodes à travers des années et des années.

Parmi ces feuilletons, certains sont devenus cultissimes et plusieurs fois réédités et d’autres sont comme le Saint Graal, tout le monde en parle, tout le monde les cherche, mais personne n’a réussi à mettre la main dessus (du moins, plus grand monde de vivant).

« John Strobbins détective cambrioleur » fait partie des premiers, un feuilleton culte, plusieurs fois réédité, du moins en partie, mais dont il est très difficile, à l’heure actuelle, de pouvoir lire l’intégralité.

Si l’on peut admettre, en commençant la lecture des aventures de John Strobbins, que l’on ne pourra jamais se délecter du moindre épisode (à moins de posséder tous les numéros du magazine originel sur de nombreuses années), il serait pourtant dommage de ne pas découvrir ce personnage et cet auteur.

John Strobbins, c’est un peu le fils caché de Fantomas et d’Arsène Lupin. C’est un cambrioleur, aventurier, justicier, possédant des moyens démesurés, sachant se déguiser à la perfection, ayant à ses ordres un gang complet avec des ramifications dans le monde entier et aimant narguer la police et, plus précisément, le chef de la police de San Francisco, Jame Mollescott (tout comme Fantomas a son Inspecteur Juve).

Plus cambrioleur et aventurier que détective, John Strobbins surfe sur les succès de l’époque et navigue plus dans un monde fait d’aventures, de déguisements et de poursuites que celui plus purement policier que pouvait proposer un « Sherlock Holmes », par exemple.

Probablement, comme ses confrères devant produire énormément en peu de temps, José Moselli usait-il d’une plume automatique (tout comme Souvestre et Allain avec Fantomas ou Jean Ray avec Harry Dickson...). Cette contrainte, si elle peut élimer une plume (voire Pierre Saurel) et atténuer un style, bien maîtrisée, parvient à insuffler un élan et une fluidité qui se marie à merveille avec le genre « aventures ».

Lorsque, en plus, l’auteur est talentueux, qu’il bénéficie d’une forte imagination, alors, le lecteur a toutes les chances de se délecter de savoureuses aventures.

Mais, plus encore que les atouts que je viens de citer, la série « John Strobbins » est portée par des épisodes qui s’enchaînent et se suivent sans se suivre et s’enchaîner et de longueur très hétérogène. De quelques pages à plusieurs dizaines, les intrigues, qui n’en sont pas réellement, tiennent le lecteur en haleine et lui donnent envie d’en découvrir d’autres... et d’autres... et d’autres...

Enfin, pour en terminer avec la présentation et apporter un peu plus de précision, il faut savoir que la série « John Strobbins » s’étale sur 73 épisodes et plus de 20 ans (1911-1933) dans le magazine « L’Épatant » (du n° 168 au n° 1294) dont plus d’une trentaine ont été regroupés en recueil dans la collection « Collection d’Aventures » aux éditions Offenstadt, puis 61 nouveaux épisodes (plus 4 déjà édités dans « L’Épatant »), dans la collection « Les grandes aventures policières » (en 1930).

Au final, les aventures de John Strobbins se révèlent très vite addictives et, lorsque l’on a mis le nez dedans, on n’a plus envie de l’en retirer. Heureusement, José Moselli a écrit plus de 130 épisodes. Malheureusement, il sera très difficile de se délecter de l’intégralité de la série même si mon petit doigt me dit qu’un petit éditeur sympathique et passionné s’apprête à en rééditer une partie.

30 avril 2017

Amédée Pifle reporter

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J’ai découvert René Pujol un peu par hasard, en tombant sur son roman « Le détective bizarre ». Le titre m’interloqua, je me suis plongé dans le livre et je l’ai dévoré avec un immense plaisir.

 

Depuis, je lis ce que j’arrive à trouver de l’auteur en sachant qu’il y a peu de chance que je retrouve un tel plaisir de lecture, tant René Pujol était multicartes (auteur, scénariste, réalisateur) et qui écrivait dans différents genres à la mode à son époque (policier, humour, sentimental...).

« La Résurrection de M. Corme » était parvenue, également, à me combler, car l’humour et la légèreté de l’auteur étaient présents, que le genre était ancré dans le « policier » et que l’histoire était intéressante. 

« Le Mystère de la Flèche d’Argent » m’avait moins contenté, car un peu trop « fleur bleue » à mon goût.

C’est donc avec une légère réticence que je m’attaquais à « Amédée Pifle reporter » un livre qui n’est en rien « policier ».

Amédée Pifle reporter : Amédée Pifle, jeune homme sorti de l’École des Chartes, se présente sur recommandation à la Gazette Gauloise pour être reporter politique. Le directeur l’engage, un peu forcé… mais comme reporter sportif… et il n’y connaît rien ! S’ensuit une série de situations cocasses, de quiproquos, où le jeune reporter se débrouille, mais… L’humour est grinçant. Sous un ton faussement naïf, Pujol (qui se nomme aussi Amédée, est-ce un hasard ?) se moque des milieux sportifs, des politiques et de leurs « arrangements ».

L’histoire débute par l’arrivée d’Amédée Pifle, jeune homme fraîchement diplômé, dans le bureau du directeur de la Gazette Gauloise avec une lettre de recommandation d’un député ami de son père.

L’homme est aussitôt engagé, le directeur ayant des intérêts avec le député, mais pour un salaire de misère et dans un domaine où il ne connaît rien : le sport.

Amédée, qui se rêvait grand éditorialiste richement rémunéré, n’a plus qu’à faire semblant. Semblant de s’y connaître en sport, semblant, auprès de sa logeuse et de sa jolie fille, de bien gagner sa vie. Semblant de se satisfaire d’une situation qui lui déplaît.

Mais, avec intelligence et ruse, Amédée fait illusion. Mieux, quand Chapotard, le député, écrit, à sa place, un article à charge sur un homme dont il veut se venger, Pifle accepte de signer l’article et de la faire paraître. L’article fait sensation, l’homme visé est humilié, forcé à démissionner de son poste et Pifle commence à se faire une réputation. 

Quand l’homme sali réclame vengeance et le défie en duel au pistolet, malgré sa lâcheté, Pifle n’ose refuser, préférant la mort que la honte. Mais la chance lui sourit, son adversaire le rate, lui est figé par la peur et fait tomber son arme, mais il se ressaisit et explique la chose par son refus de tuer une personne. 

La célébrité tend alors les bras à Amédée Pifle, le plus grand charlatan du journalisme dont, pourtant, tout le monde s’arrache la présence.

Bref, vous l’aurez compris, on suit l’ascension d’un être à la fois orgueilleux et lâche, intelligent et gaffeur, chanceux et chapeauté...

Avec humour, René Pujol, qui se prénomme également Amédée, égratigne le monde du journalisme, les milieux intellectuels, le milieu sportif, le monde de la politique.

Avec humour, certes, mais sans que ce soit la grande poilade du siècle. Il égratigne ses contemporains, effectivement, mais sans leur faire grand mal. Malheureusement, l’auteur laisse ainsi sa plume naviguer entre deux eaux sans jamais plonger en profondeur. Pour un roman d’humour, il n’est pas assez drôle et pour un pamphlet, il n’est pas assez critique, polémique, agressif.

Au final, le lecteur dévore une petite bluette teintée de roman sentimental, sans déplaisir, mais sans, non plus, un enthousiasme démesuré.

Cependant, René Pujol conserve sa plume allègre et a le bon goût de ne point la diluer en proposant un très court roman. Tellement court que la fin en est à ce point abrupte que l’on peut se demander s’il ne manquerait pas quelques pages. Mais non.

Au final, un petit roman sympathique, mais qui ne marquera pas les esprits, surtout ceux, comme moi, qui ne voient que par le « polar ». Pour autant, la lecture demeure sympathique et rapide. À tester, donc.

23 avril 2017

Nuit

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Bernard Minier est un des jeunes (dans la profession) auteurs que je suis depuis ses débuts, avec Olivier Norek.

Après un excellent premier roman (Glacé), un bon second roman (Le Cercle) dans lequel l’auteur abusait un peu des tics narratifs et structurels du « roman à suspens pour les Nuls », un troisième roman (N’éteins pas la lumière) qui prouvait que l’écrivain s’était volontairement empêtré dans les règles tacites de ses pairs, Bernard Minier nous était revenu en abandonnant son personnage fétiche, Martin Servaz, pour dynamiter son style, sa narration, et offrir aux lecteurs Une Putain d’Histoire.

Entre Temps, « Glacé » a été adapté en série sur M6. Est-ce la raison pour laquelle Bernard Minier ressort Martin Servaz et son Nemesis Julien Hirtmann pour son nouveau roman ? Possible que l’éditeur et l’auteur ont vu dans cette adaptation une publicité non négligeable.

Toujours est-il que Martin Servaz, policier toulousain, revient dans « Nuit » et qu’il y repart à la poursuite du psychopathe Julian Hirtmann qu’il avait déjà affronté dans « Glacé » et qu’il avait laissé échapper. Entre temps, ce dernier a kidnappé et, probablement tué, la femme que Martin aime, c’est dire le lourd passif qui lie les deux hommes.

Nuit NUIT de tempête en mer du Nord. Secoué pas des vents violents, l’hélicoptère dépose KIRSTEN NIGAARD sur la plate-forme pétrolière. L’inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d’une technicienne de la base off-shore. Un homme manque à l’appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de MARTIN SERVAZ. L’absent s’appelle JULIAN HIRTMANN, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années. Et rangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît. Suivi, épié. Kirsten lui tend alors une autre photo. Celle d’un enfant. Au dos, juste un prénom : GUSTAV. Pour Kirsten et Martin, c’est le début d’un voyage terrifiant. Avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis. 

Bernard Minier nous offre donc le grand retour de Martin Servaz que nombre de lecteurs attendaient. Malheureusement, avec le policier redébarquent les tics d’écritures et ceux-ci prennent de plus en plus de place.

Car, c’est évidemment ce que l’on appelle un « Page Turner » (roman à suspens qui pousse le lecteur à tourner page après page avec frénésie jusqu’à arriver au bout du livre) que devait livrer l’auteur pour satisfaire son éditeur et ses lecteurs. Et pour ce faire, Minier sort l’artillerie lourde. 

Pour faire plus glacé que « Glacé », il fait débuter son roman en Norvège, dans le froid de la mer du Nord. Pour rendre Servaz plus fragile, l’auteur le plonge dans le coma suite à une balle reçue. Pour s’assurer que le policier va s’engager à fond dans l’enquête, il laisse planer l’ombre de Julian Hirtmann, son terrible ennemi, l’assassin de la femme qu’il aimait. Pour encore plus déboussoler le flic, Minier met au monde un gamin, Gustav, comme Gustav Malher, le compositeur autrichien dont Martin et Julian sont fans. Gustav est né quelques mois après la disparition de l’amoureuse de Martin... est-ce le fils de Julian ? Est-ce le fils de Servaz ? Est-ce juste un appât pour l’attirer dans un piège ? 

Mais Bernard Minier ne se contente pas d’user de ses personnages et des situations, il use et abuse à nouveau de tics de narrations et d’écritures.

Si, pendant le premier tiers du roman, l’auteur parvient à cacher cette faiblesse derrière une histoire qui se met rapidement en place et qui attise la curiosité du lecteur, il ne peut, malheureusement, plus l’occulter à partir du moment où le malaise de la plume se transmet au récit.

Car, à partir du moment où Martin Servaz sort du coma et qu’il fait équipe avec la policière norvégienne pour partir à la chasse à Julian Hirtmann, l’auteur enfile les clichés comme les perles sur un chapelet, priant le Dieu des écrivains de lui offrir un succès de librairie à défaut d’un bon roman original.

Le lecteur ne pourra donc éviter d’assister à l’attirance entre Servaz et la Norvégienne ni au fait que Hirtmann jouera encore au chat et à la souris, qu’il cherchera à piéger le flic, que celui-ci foncera tête baissée d’une façon aussi stupide qu’incroyable...

On a alors l’impression de se retrouver devant sa télé face à une série B qui, à défaut d’être mauvaise, est loin d’être originale. On n’en est pas à ce qu’un chat sorte de l’ombre pour faire peur au héros, mais on n’en est pas loin (voir la scène du chalet).

À partir de là, plus aucune des réactions du héros n’est rationnelle. Encore, si ces agissements étaient ceux d’un type lambda, inhabitué à côtoyer le crime et la tension due aux dangers, on aurait pu l’accepter, mais de la part d’un flic ayant de la bouteille, NON !

Car, tout le monde, Martin Servaz en premier, l’auteur, indéniablement, le lecteur, assurément, se rend compte que Hirtmann attire le policier dans un piège et, pourtant, le flic plonge la tête baissée, l’auteur, la plume en avant et le lecteur se retrouve le seul être doué d’un minimum de réflexion pour se dire « Non ! Là, il ne faut pas y aller ». 

Mais, quand on croit que Minier en fait trop, celui-ci s’évertue à nous contredire en en faisant encore plus (voir la scène de l’hôpital) et cette sensation nous tient jusqu’au bout avec le « Twist » final inhérent à tout bon « Page Turner », soit la révélation finale que tout auteur voulant produire un livre à suspens avec les « bonnes » vieilles recettes se doit de proposer à son lecteur. Cette révélation, ce chamboulement, ce retournement, annoncée dès l’une des premières scènes du livre est tout aussi malvenue que mal menée que maladroite qu’inintéressante puisque l’on ne peut s’empêcher de se dire : « Tout ça pour ça ». D’autant que cette révélation entre en contradiction avec la scène de la plate-forme pétrolière.

« Tout ça pour ça » serait d’ailleurs un bon titre pour ce roman tout comme « Une putain d’histoire » en était un excellent pour le précédent. Effectivement, on ne peut s’empêcher de se dire que, franchement, Julian Hirtmann s’est donné énormément de mal pour un résultat qu’il était si facile d’obtenir par des moyens bien moins détournés.

Mais, comme il est assez difficile de parler des faiblesses de l’histoire sans en révéler un peu trop à ceux qui n’ont pas lu le roman, mais aimerait le faire prochainement, je vais plutôt m’intéresser à la plume de l’auteur, pour finir.

Car, si la narration et l’histoire en elle-même font un peu « préfabriquées » du fait que l’auteur use des mêmes ficelles qu’une bonne partie de ses camarades, sa plume n’échappe pas à l’épidémie ambiante.

Là encore, la volonté de Bernard Minier de nous proposer un style original et de dynamiser sa plume le pousse à supprimer maladroitement les verbes de ses phrases, et ce dès le tout début (« Elle regarde sa montre. Bientôt Minuit. Train de Nuit »). Ces trois premières phrases démontrent ce choix d’élision qui aurait pu tenir la route s’il avait été utilisé avec parcimonie, mais son abus finit par se remarquer comme un bubon sur la pointe du menton de la personne avec qui l’on parle. On a beau se concentrer pour éviter de le fixer, on ne voit plus que cela. Du coup, seul l’aspect factice de ce parti pris demeure dans le cerveau du lecteur. Mais cet aspect est tout aussi valable pour le désir de parsemer une narration au passé de quelques séquences au présent. Pourquoi ce choix ? On ne peut s’empêcher de se poser la question lorsque l’on tombe dessus, du coup, on décroche encore plus d’un récit qui peine à maintenir l’intérêt tant l’ensemble exhale le « faux », le « préfabriqué », le « Manuel du petit roman à suspens pour les Nuls ». Petit ? Là encore, puisque les romans policiers qui ont du succès dépassent les 500 pages, Bernard Minier étale son histoire sur plus de 500 pages, ce qui renforce la sensation de « Tout ça pour ça », car l’histoire aurait pu, aurait dû, tenir sur 300 pages.

Au final, entre la narration qui manque d’originalité, une histoire qui peine à maintenir l’intérêt du fait des réactions incompréhensibles du méchant et du gentil, un style « calculé », une révélation finale qui ne tient pas la route, et les 500 pages obligatoires (voir le dernier Olivier Norek, tous les Jean-Christophe Grangé, les Franck Thilliez et consorts), l’ensemble manque de sincérité, d’originalité, de liberté et respire à tel point la volonté de respecter certains codes et certaines règles commerciales que la déception prend le dessus sur le plaisir de lecture. Dommage, on pensait Bernard Minier avait réussi à sortir de ces ornières dans lesquels il commençait à s’embourber grâce à son excellent roman « Une Putain d’histoire », mais, malheureusement, cela n’aura pas duré très longtemps. 

En espérant que l’auteur revienne à de meilleures dispositions pour son prochain livre.

 

22 avril 2017

La Police est en Alerte de Gustave Gailhard

CouvLPEEA

Pour la sortie de « La Police est en Alerte » de Gustave Gailhard, je vous offre l'avant-propos présent en début de chaque titre afin de replacer l'auteur et le personnage dans le monde de la littérature populaire :

AVANT-PROPOS

Laïus possiblement rébarbatif pour une partie des lecteurs, mais nécessaire pour situer le contexte de la Collection « Serge VORGAN ».

Si vous n’êtes pas curieux, vous pouvez passer directement au texte, mais ce serait dommage de rater les informations fournies d’autant que la nouvelle à suivre est assez peu représentative du contenu de la Collection.

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Serge VORGAN de Gustave GAILHARD

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Gustave GAILHARD (???? – 1943) fait partie de la longue liste des auteurs qui ont participé grandement à l’essor de la littérature populaire à la première moitié du XXème siècle et qui faute de chance ou d’une meilleure mise en valeur de leurs personnages récurrents ont, peu à peu, sombré dans l’oubli.

L’auteur est à ce point énigmatique que l’on ne connaît pas sa date de naissance. D’ailleurs, on ne sait pas grand-chose de sa vie si ce n’est qu’il fut directeur de collection pour les Éditions Ferenczi.

C’est donc à travers sa plume que le lecteur a pu faire connaissance avec l’écrivain, et c’est souvent mieux ainsi.

Gustave Gailhard laisse derrière lui une passionnante et grande production dans des genres aussi différents que le roman policier, le roman d’amour, le roman d’aventures ou le roman de cape et d’épée.

Publié dans plusieurs collections chez de nombreux éditeurs (« Arthème Fayard », « Ferenczi & Fils », « Éditions La Baudinière », « La nouvelle revue », « Jules Tallandier », « Éditions du Livre Moderne »… et sous divers pseudonymes (Gustave Gailhard, Louis Bonzom, Silvio…), c’est avant tout dans les collections « Ferenczi & Fils » qu’il s’épanouit dans le roman policier.

Le « polar » lui permet de développer deux personnages récurrents, Marc Bigle et Serge Vorgan qui se croisent sur plusieurs titres.

Pourtant, malgré son immense production, qui se souvient encore de Gustave Gailhard ?

Arthur Conan Doyle est resté dans la mémoire collective grâce à son Sherlock Holmes. Tout d’abord publiées dans un magazine, les aventures de son héros ont très vite été regroupées et canalisées.

Georges Simenon doit grandement sa notoriété à son commissaire Maigret. Si le célèbre policier est déjà esquissé à travers les traits de l’inspecteur N° 49 dans « les aventures de Yves Jarry » – une série de romans signés Georges Sim, un pseudo évident de l’auteur – et si Maigret apparaît nommément, au second plan, dans « Train de nuit », toujours signé Georges Sim, la toute première enquête officielle de Jules Maigret, « Pietr le Letton », a d’abord été proposée aux lecteurs du magazine « Ric et Rac » le 19 juillet 1930 avant de débuter la série des « Maigret », aux éditions Arthème Fayard, qui fit la renommée planétaire du personnage.

Frédéric Dard a débuté en tant que journaliste avant de se lancer dans l’écriture de romans et, tout comme Georges Simenon, est l’auteur, sous de multiples pseudonymes, d’une production impressionnante. Contrairement à Simenon, dont l’éditeur était, au départ, sceptique quant aux qualités de son héros, le succès de San Antonio s’est fait lentement grâce à l’insistance de l’éditeur de Frédéric Dard, et ce malgré l’échec commercial du premier roman de la série : « Réglez-lui son compte ! ».

Léo Malet, qui a également beaucoup écrit sous pseudonymes (Franck Harding, Léo Latimer, Omer Refreger, Lionel Doucet…) a eu plus de chance avec son détective fétiche de Nestor Burma, car sa toute première aventure, « 120 rue de la gare », fut un succès immédiat.

Gustave Gailhard, lui, n’a pas eu la même réussite que les auteurs susnommés, et ce, malgré un personnage récurrent intéressant et une plume de qualité.

Plusieurs raisons peuvent expliquer que Serge Vorgan n’ait pas marqué les esprits des lecteurs au point de faire sa renommée.

La principale regroupe de multiples causes : la difficulté pour un lecteur de l’époque de pouvoir lire l’intégralité des aventures du policier.

Effectivement, si, contrairement au Commissaire Rosic de Rodolphe Bringer, les enquêtes de Serge Vorgan ont quasiment toutes été éditées et rééditées au sein d’une même collection (« Crime et Police » et « Le verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils »), elles se sont malheureusement retrouvées noyées au sein de centaines de titres composants ces dites collections.

Pourtant plus homogènes et moins étalées dans le temps (si l’on excepte les rééditions) que les enquêtes de Rosic de Rodolphe Bringer (que vous pouvez retrouver également dans notre catalogue), les aventures de Serge Vorgan n’ont pas traversé le temps comme elles l’auraient mérité.

Car, si la première enquête de Serge Vorgan entre dans le cadre exact de ce qui se faisait à l’époque, tant dans le développement du héros que dans l’intrique elle-même, l’un comme l’autre évolue au cours des titres, évolution s’accompagnant de celle du style de l’auteur dont la gouaille est annonciatrice de la plume d’un Frédéric Dard ou d’un Léo Malet.

Puisqu’il était quasiment impossible, pour le lecteur lambda, de suivre les aventures de Serge Vorgan, il lui était tout aussi impossible de s’attacher fortement à ce personnage. Et, sans attachement, point de renommée.

Les enquêtes de Serge Vorgan font l’objet de textes de tailles différentes. Cet aspect, qui n’était pas si rare à l’époque (se reporter à la collection « Commissaire Rosic ») confère un attrait tout particulier à ce genre d’œuvre. Car, en effet, le lecteur n’appréhendera pas pareillement un texte de 32 pages qu’un roman. De la même façon, l’auteur usera sa plume autrement d’un roman à un fascicule.

Enfin, pour finir de replacer le personnage et son auteur dans leurs contextes, il est utile de préciser que la collection « Serge Vorgan », s’attache à regrouper les divers textes dans lesquels apparaît le policier, dans l’ordre d’écriture, à l’exception, qui fait la règle, des deux dernières aventures qui ont été rééditées en premier (la raison en étant la complexité à établir une liste la plus exhaustive possible des titres mettant en scène Serge Vorgan), mais qui retrouveront leur place au fur et à mesure des publications.

Pour être complet sur le sujet, voici une liste des premières éditions des titres à venir dans la collection :

N° 1 : « La Police est en alerte »

-      1933 : signé Gustave Gailhard — Collection « Crime et Police » Éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1936 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Les yeux fauves », dans la collection « Les Romans Policiers » aux éditions « La Baudinière ».

-      1942 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Le Mystérieux V » – Collection « Mon Roman Policier » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La police est en alerte », dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 2 : « Le monde de la cambriole »

-      1933 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Le monde de la cambriole » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Le monde de la cambriole » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 3 : « Qui a tué l’enfant ? »

-      1934 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Qui a tué l’enfant ? » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1939 : signé Silvio — sous le titre « Autour du berceau » aux éditions « La Technique du Livre ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Qui a tué l’enfant ? » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 4 : « Les traces du Vampire »

-      1934 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Les traces du Vampire » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 5 : « Puisque je suis mort »

-      1935 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Puisque je suis mort » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1950 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Puisque je suis mort » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 6 : « La seconde mort de Marc Bigle »

-      1935 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La seconde mort de Marc Bigle » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1937 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « L’Affaire du Yacht Poséidon » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

-      1950 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La seconde mort de Marc Bigle » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 7 : « La dernière mort de Marc Bigle »

-      1935 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « L’héritage de Lord Gladston » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

-      1936 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La dernière mort de Marc Bigle » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La dernière mort de Marc Bigle » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 8 : « Un cadavre sur une route »

-      1938 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Un cadavre sur une route » dans la collection « Police & Mystère » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 9 : « Ophélia & Cie »

-      1939 : signé Louis Bonzom — sous le titre « Ophélia & Cie » dans la collection « Le Petit Roman Policier » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1951 : signé Louis Bonzom — sous le titre « Ophélia & Cie » dans la collection « Mon Roman Policier » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

 

J'espère que cet avant-propos vous donnera envie de découvrir la plume de Gustave Gailhard et son personnage de Serge Vorgan. Si les lecteurs numériques pouvaient déjà déguster 5 titres aux formats ePub et Mobi, les papivores vont, maintenant, pouvoir dévorer le premier titre, « La Police est en Alerte » pour la modique somme de 10 euros.

À commander sur le site d'OXYMORON Éditions.

21 avril 2017

Le Poignard de Cristal de Rodophe Bringer

CouvLPDC

Pour la sortie de « Le Poignard de Cristal » de Rodolphe Bringer, je vous offre l’avant-propos présent en début de chaque titre afin de replacer l’auteur et le personnage dans le monde de la littérature populaire :

 

AVANT-PROPOS

 

Laïus possiblement rébarbatif pour une partie des lecteurs, mais nécessaire pour situer le contexte de la Collection « Commissaire ROSIC ».

 

Si vous n’êtes pas curieux, vous pouvez passer directement au texte, mais ce serait dommage d’ignorer les informations fournies d’autant que la nouvelle à suivre est très courte et assez peu représentative du contenu de la Collection.

 

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Commissaire ROSIC

 

De

 

Rodolphe BRINGER

 

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Rodolphe BRINGER (1869 – 1943) fait partie de la longue liste des auteurs qui ont participé grandement à l’essor de la littérature populaire au début du XXe siècle et qui faute de chance ou d’une meilleure mise en valeur de leurs personnages récurrents ont, peu à peu, sombré dans l’oubli.

 

Rodolphe Bringer, de son vrai nom Bérenger, a voué l’entièreté de sa vie à sa plume, que ce soit en tant que journaliste en collaborant à divers journaux (« L’Humanité », « Le Sourire », « La Baïonnette », « Le Canard Enchaîné », « Le Pélican »), ou, surtout, en tant qu’écrivain à travers d’innombrables nouvelles ou romans et sous maints pseudonymes (Rodolphe Bringer, Géo Blackmussel, Gaston de Fontbesse, J.W. Killbear…).

 

Rodolphe Bringer a œuvré dans différents genres (policier, sentimental, cape et épée, aventures, humour…) soit au travers de nouvelles diffusées par de nombreux magazines et journaux (« La Gaudriole », « L’Épatant », « Le Sourire », « Midinette », « Floréal », « Jean qui rit », « Le Journal amusant », « Cyrano », « Ceux qui font rire »…) ou bien de romans proposés dans de multiples collections chez un large panel d’éditeurs (« Tallandier », « Ferenczi », « Éditions Chantal », « Rouff », « La Baudinière », « Flammarion », « Hachette », « Éditions Cosmopolites », « Éditions Méridionales », « La Technique du Livre », « Albin Michel », « Éditions Félix Juven », « Société Parisienne d’édition », « Éditions Pierre Lafitte », « Éditions Nillson », « La renaissance du livre »…)

 

Pourtant, malgré son immense production, qui se souvient encore de Rodolphe Bringer ?

 

Arthur Conan Doyle est resté dans la mémoire collective grâce à son Sherlock Holmes. Tout d’abord publiées dans un magazine, les aventures de son héros ont très vite été regroupées et canalisées.

 

Georges Simenon doit grandement sa notoriété à son commissaire Maigret. Si le célèbre policier est déjà esquissé à travers les traits de l’inspecteur N° 49 dans « les aventures de Yves Jarry » – une série de romans signés Georges Sim, un pseudo évident de l’auteur – et si Maigret apparaît nommément, de façon très secondaire, dans « Train de nuit », toujours signé Georges Sim, la toute première enquête officielle de Jules Maigret, « Pietr le Letton », a d’abord été proposée aux lecteurs du magazine « Ric et Rac » le 19 juillet 1930 avant de débuter la série des « Maigret », aux éditions Arthème Fayard, qui fit la renommée planétaire du personnage.

 

Frédéric Dard, tout comme Rodolphe Bringer, a débuté en tant que journaliste avant de se lancer dans l’écriture de romans et, tout comme ce dernier et Georges Simenon, est l’auteur, sous de multiples pseudonymes, d’une production impressionnante. Contrairement à Simenon, dont l’éditeur était, au départ, sceptique quant aux qualités de son héros, le succès de San Antonio s’est fait lentement grâce à l’insistance de l’éditeur de Frédéric Dard, et ce malgré l’échec commercial du premier roman de la série : « Réglez-lui son compte ! ».

 

Léo Malet, qui a également beaucoup écrit sous pseudonymes (Franck Harding, Léo Latimer, Omer Refreger, Lionel Doucet…) a eu plus de chance avec son détective fétiche, Nestor Burma, car sa toute première aventure, « 120 rue de la gare », fut un succès immédiat.

 

Rodolphe Bringer, lui, n’a pas eu la même réussite que ses successeurs ou de son prédécesseur, et ce, malgré un personnage récurrent très intéressant et extrêmement complexe qu’est le commissaire Emmanuel Rosic.

 

Plusieurs raisons peuvent expliquer qu’Emmanuel Rosic et son auteur Rodolphe Bringer n’aient pas marqué les esprits des lecteurs au point de faire la renommée de l’un comme de l’autre.

 

La principale raison regroupe des causes variables : la difficulté pour un lecteur de l’époque de pouvoir lire l’intégralité des aventures du policier.

 

Effectivement, les enquêtes du commissaire Rosic s’étalent sur presque trente ans, dans diverses collections chez presque une dizaine d’éditeurs et à travers des formats divers (depuis le roman classique, jusqu’au fascicule de 32 pages).

 

Puisqu’il était quasiment impossible, pour le lecteur lambda, de suivre les aventures de Rosic, il lui était tout aussi impossible de s’attacher fortement à ce héros. Et, sans attachement, point de renommée. C’est ce qui fit la grande faiblesse d’Emmanuel Rosic.

 

Car, excepté cette arduité, les enquêtes d’Emmanuel Rosic offrent de nombreux intérêts.

 

Tout d’abord, la plume de l’auteur et ses qualités indéniables de conteur.

 

Ensuite, la complexité du personnage. En effet, Rosic (évitons de trop citer le prénom du policier qui n’apparaît que fugacement au détour d’une enquête), n’est pas un héros ordinaire, du moins pas un policier sans peur et sans reproche, dur à cuire, fin limier et qui gagne toujours à la fin.

 

Non, le commissaire Rosic est bien plus humain que la plupart des héros de papier parce qu’il est faillible. Pire, il est égocentrique et par gloriole personnelle il est capable de s’approprier les résultats d’un autre, sans aucun remords. Pourtant, l’homme est à la fois courageux et généreux, bien qu’il soit obtus et, parfois, détestable.

 

Les enquêtes de Rosic, comme précisé précédemment, font l’objet de textes de tailles variables. Si cet aspect est plutôt gênant pour qu’elles puissent être regroupées chez un éditeur « classique » (OXYMORON Éditions n’étant pas un éditeur « classique »), il confère un attrait tout particulier à l’œuvre. Car, en effet, le lecteur n’appréhendera pas d’une façon identique un texte de 32 pages qu’un roman. De la même façon, l’auteur usera sa plume autrement d’un roman à un fascicule.

 

De plus, l’écrivain pousse la perversité à ne pas faire, forcément, de son protagoniste récurrent, l’intervenant principal de son texte. À chaque titre, le lecteur ne sait donc pas à quoi s’attendre, à quel moment le héros va apparaître dans l’histoire ni même s’il sera réellement le héros de celle-ci.

 

Cette particularité assez rare dans le domaine littéraire en fait tout le sel (en plus de toutes les autres qualités).

 

Enfin, pour finir de replacer le personnage et son auteur dans leurs contextes, il est utile de préciser que la collection « Commissaire ROSIC », s’attache à regrouper les divers textes dans lesquels il apparaît, dans l’ordre d’écriture, à l’exception, qui fait la règle, de cette toute première enquête « Le premier crime de Rosic », qui n’apparut que dans les rééditions de « Le poignard de Cristal » aux éditions « Le Masque », à la suite du texte original.

 

Pour être complet sur le sujet, voici la liste non exhaustive des premières éditions des titres à venir dans la collection :

 

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N° 0 : « Le premier crime de Rosic »

 

–      1929 : à la suite du « Poignard de Cristal », Éditions « Le Masque ».

 

N° 1 : « Le poignard de Cristal »

 

–      1917 : signé J.W. Killbear – Collection « Le Roman Policier » Éditions Ferenczi.

 

–      1921 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « le Mystère du B-14 », en feuilleton de 22 épisodes dans le journal « La Lanterne ».

 

–      1927 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le mystère du B-14 » – Collection « Nouvelle collection Nationale » aux éditions ROUFF.

 

N° 2 : « L’Héritage Sanglant »

 

–      1918 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « L’Héritage Sanglant » dans la collection « Le Roman Policier » aux éditions Ferenczi.

 

–      1929 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « L’Héritage Sanglant » dans le recueil titré « Le Crime du mort » aux éditions « La Baudinière ».

 

–      1932 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « L’Héritage sanglant » dans la collection « Police et Mystère » aux éditions Ferenczi.

 

N° 3 : « Le Crime du mort »

 

–      1920 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « Le Crime du mort » dans la collection « Le Roman Policier » aux éditions Ferenczi.

 

–      1929 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le Crime du mort » dans le recueil titré « Le Crime du mort » aux éditions « La Baudinière ».

 

–      1936 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le Crime du mort » dans la collection « Police & Mystère » aux éditions Ferenczi.

 

N° 4 : « Un homme volatilisé »

 

–      1921 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « Un Homme volatilisé » dans la collection « Le Roman Policier » aux éditions Ferenczi.

 

–      1929 : signé Rodolphe Bringer – dans le recueil titré « Le Crime du mort » aux éditions « La Baudinière ».

 

–      1935 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Un Homme volatilisé » dans la collection « Police et Mystère » aux éditions Ferenczi.

 

N° 5 : « Le chiffre qui tue »

 

–      1921 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « Le chiffre qui tue » dans la collection « Le Roman Policier » aux éditions Ferenczi.

 

–      1929 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le chiffre qui tue » dans le recueil titré « Le Crime du mort » aux éditions « La Baudinière ».

 

–      1935 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « le chiffre qui tue » dans la collection « Police et Mystère » aux éditions Ferenczi.

 

N° 6 : « Le Soulier du mort »

 

–      1932 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le Soulier du mort » dans la collection « Criminels et Policiers » aux éditions Tallandier.

 

–      1937 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Un cadavre anonyme » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

 

N° 7 : « Le Bal Rouge »

 

–      1933 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le Bal Rouge » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

 

N° 8 : « Kérapian le justicier »

 

–      1934 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Kérapian le justicier » dans la collection « La tache de sang » aux éditions « La Baudinière ».

 

N° 9 : « Feu Grimaud »

 

–      1935 : signé Rodolphe Bringer — sous le titre « Feu Grimaud » dans la collection « Les meilleurs romans policiers » aux éditions « La Baudinière ».

 

N° 10 : « Le commissaire savait »

 

–      1939 (?) : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le commissaire savait » dans la collection « P.J. » aux éditions « La Technique du Livre ».

 

–      1945 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le commissaire savait » dans la collection « Les récits policiers » aux éditions « La Technique du Livre ».

 

N° 11 : « À l’ombre de Saint-Clar »

 

–      1945 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « À l’ombre de Saint-Clar » dans la collection « Trois As » aux éditions Chantal.

 

N° 12 : « La double mort de Barnabé Klain »

 

–      1946 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « La double mort de Barnabé Klain » dans la collection « L’Heure du Crime » aux éditions « La Technique du Livre ».

 

–      1946 : signé Rodolphe Bringer — sous le titre « La double mort de Barnabé Klain » dans la collection « Haut les Mains ! » aux éditions « La Technique du Livre ».

 

N° 13 : « Les Trois Treize »

 

–      1946 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Les Trois Treize » dans la collection « Vigilance » aux éditions Laclaux.

 

 

J’espère que cet avant-propos vous donnera envie de découvrir la plume de Rodolphe Bringer et son personnage atypique du Commissaire Rosic. Si les lecteurs numériques pouvaient déjà déguster les 5 premiers titres aux formats ePub et Mobi, les papivores vont, maintenant, pouvoir dévorer le premier titre, « Le Poignard de Cristal » suivi du « Premier Crime de Rosic » pour la modique somme de 10 euros.

À commander sur le site d’OXYMORON Éditions.

20 avril 2017

Toto Fouinard est de retour

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Les lecteurs papivores qui ont dévoré les premiers tomes des aventures de Toto Fouinard de Jules Lermina les attendaient avec impatience, OXYMORON Éditions a décidé de combler une bonne partie de leurs exigences en leur proposant, cette année, non pas un tome, mais deux tomes, les tomes 4 et 5. Le sixième et dernier sortira un peu plus tard.

Si vous ne connaissez pas encore Toto Fouinard et ses amis, précipitez-vous pour les découvrir, car la lecture en vaut le détour. 

Pour vous donnez envie, le texte de promotion de l’époque :

 

TOTO FOUINARD est un personnage étonnant. Il n’est ni Anglais, ni Russe, ni Américain, il est tout simplement Parisien, de Paris. 

 

TOTO FOUINARD n’est pas le héros sombre, violent, théâtral des romans d’aventures à grand spectacle ; il est gai, il est fier, vaillant sans forfanterie ; c’est le type de Gavroche jeté dans la société actuelle, et s’étant donné, comme un nouveau Don Quichotte, la mission de défendre les persécutés, de protéger les bons, de résister aux méchants et de triompher d’eux. 

 

TOTO FOUINARD en lutte avec les apaches d’en haut et d’en bas, avec les bandits du grand monde ou de la basse pègre, n’a pas toujours le revolver au poing : il n’aime pas tuer. Il cogne de ses poings ou claque de sa canne, qu’il appelle Justine et qui est sa collaboratrice la plus fidèle.

 

 TOTO FOUINARD en ses multiples aventures, en ses incroyables transformations, évolue dans tous les mondes, dans les salons comme dans les bouges : on le voit au théâtre, au concert, aux courses, voire même dans les milieux officiels, toujours furetant, toujours fouinant, à la piste de tous les mystères, à l’affût de toutes les énigmes, et avec son impeccable habileté il perce à jour les intrigues les plus adroitement ourdies.

 

 TOTO FOUINARD est bon aux humbles, charitable aux petits, généreux aux déshérités ; à ses yeux, le plus grand titre est d’être malheureux. Quiconque a été victime d’une iniquité peut recourir à lui. Il est là, toujours prêt, risquant tout pour le triomphe du bien et du juste.

 

TOTO FOUINARD est doux, sympathique, aimable, admirable, unique !

 

 TOUS AIMERONT TOTO FOUINARD

 

 Tous voudront le suivre, dans ses innombrables transformations, et ses lecteurs enthousiasmés crieront d’une seule voix :

 

 VIVE TOTO FOUINARD !

 

Pour la promotion actuelle, je ne dirais qu’une chose, la plupart des lecteurs qui ont découvert Toto Fouinard sur nos stands, lors des différents évènements littéraires auxquels nous participons chaque année, reviennent, impatients, l’année suivante pour acheter le nouveau tome. Cette année, ils seront comblés avec deux tomes pour le modique prix de 10 euros chacun.

Ceux et celles qui n’habitent pas le département pourront se procurer les différentes aventures de Toto Fouinard soit en papier sur le site de l’éditeur, soit dans toutes les bonnes librairies sur Internet pour les formats numériques (tous les épisodes sont déjà disponibles aux formats ePub/Mobi/Pdf pour le tout petit prix de 0,99 euro le titre).

19 avril 2017

Sant Jordi Perpignan 2017

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Attention, recyclage : OXYMORON Éditions, soucieux de l’environnement, se lance dans le recyclage de mots (car on ne parle pas assez souvent des phrases abattues et jetées au vide-ordures après lecture).

Fut un temps, jadis, Saint-Georges combattit un vilain méchant dragon dont le cœur se transforma en bouquet de roses rouges. Opportuniste, Saint-Georges offrit les roses à la princesse qu’il convoitait. Celle-ci, en retour, lui donna un livre.

Les années passant, la tradition s’est principalement développée dans le Pays catalan jusqu’à ce que la Chambre des Libraires de Barcelone, en 1926, crée le « Jour du Livre » pour le 23 avril, le jour de la Saint-Georges, la Sant-Jordi, date qui correspond, également à la mort de Cervantes, de Shakespeare et de Inca Garcilaso de la Vega (tous trois morts le 23 avril 1616).

Depuis, l’UNESCO a décidé de déclarer cette journée comme « Journée mondiale du livre et des droits d’auteur ».

Du coup, cela vous permet, chaque année, d’assister à la manifestation « Le Livre et La Rose » regroupant auteurs et éditeurs, sur le quai Vauban à Perpignan. Enfin... chaque année, sauf quand il pleut, ce qui arrive une année sur deux et, vu le temps des derniers jours, il y a de quoi être pessimiste... 

Espérons que la météo soit clémente pour cette journée du samedi 22 avril 2017.

Comme les années précédentes, la manifestation sera, également, l’occasion de présenter, en avant-première, non pas le tout dernier livre de KAMASH, auteur phare de OXYMORON Éditions (du moins, le seul encore vivant), mais ses deux derniers romans.

Effectivement, KAMASH a décidé de répondre aux exigences des lecteurs qui réclamaient, à corps et à cris, un nouvel opus de sa saga « Wan & Ted » que l’auteur avait un peu mis de côté ces dernières années pour travailler avec de nouveaux personnages. Mais, en plus, KAMASH présentera son roman le plus déjanté, le plus drôle et, probablement, le roman contant les aventures des deux plus improbables détectives de la littérature avec « Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique ».

Mais vous retrouverez également les autres opus de la saga « Wan & Ted » et celui de la saga « M.A.D. ».

Samedi 22 avril 2017, donc, OXYMORON Éditions, représenté par son auteur principal, KAMASH, et sa correctrice et conseillère littéraire, Canelle, tiendra un stand sur le quai Vauban de Perpignan, de 9 h à 18 h.

Nous vous souhaitons donc nombreux et nombreuses pour venir découvrir nos ouvrages, ceux de KAMASH, mais aussi les nombreuses rééditions de textes policiers de la littérature populaire française, d’auteurs confirmés (Émile Gaboriau, Fortuné du Boisgobey, Henry Cauvain), mais également des écrivains qui sont injustement tombés dans l’oubli (Rodolphe Bringer, Gustave Gailhard, Maurice Boué, Jules Lermina, Jacques Bellême...). 

Alors, n’hésitez pas à venir nous voir pour apprendre à nous connaître et découvrir la saga « Wan & Ted », la saga policière qu’il faut à tout prix connaître, la saga « M.A.D. », la saga policière qu’il faut encore plus connaître que les autres, la collection « Détectives d’Antan » qui revient sur les origines de la littérature policière française, la série « Nouveaux Mystères de Paris » qui nous conte les aventures de Toto Fouinard, le plus touchant des détectives parisiens, la série « Les Investigations de Marius Pégomas » qui nous conte les enquêtes d’un détective marseillais. « Détective Lautrec », « Inspecteur Pinson », « Les aventures d’un détective amateur » ou les aventures du « Commissaire Rosic » ou de « Serge Vorgan ».

Parce que OXYMORON Éditions se passionne pour la littérature populaire policière, elle vous propose, en plus d’une large palette de textes des meilleurs auteurs du genre, des formats qui ont pour volonté de conserver l’esprit de la littérature policière du début du XXe siècle avec une collection de romans au format fascicule.

pancarte livres epubsEt, « Cerise sur le gâteux », toute personne se présentant au stand d’OXYMORON Éditions recevra toute notre attention, mais également l’équivalent numérique (aux formats e-pub/PDF/Mobi) de tout livre papier acheté.

N’hésitez pas, également, à vous renseigner, car, notre catalogue numérique propose des titres qui ne sont pas publiés en papier. Il serait dommage de passer à côté.

18 avril 2017

Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique

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Attention ! Il est recommandé aux lecteurs ayant le cœur et la rate fragiles de ne pas se plonger dans le prochain roman de KAMASH au risque de mourir de rire.

Les lecteurs pensaient n’avoir jamais tant ri qu’en lisant la série « Wan & Ted » de KAMASH. Le roman « Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique » va les contredire et leur prouver que l’on peut avoir mal au bide en lisant un roman policier, autrement qu’en ayant la nausée à la lecture des nombreuses scènes gores qui tapissent les pages des ouvrages des auteurs de « polars » actuels.

Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique : Dans toutes les maisons de retraite, des cas de maltraitance envers les pensionnaires sont avérés. Toutes ? Non, car un groupe d’irréductibles croulants résiste, encore et toujours, au personnel soignant d’un petit hospice de Bretagne. Un « quintette » de vieux emmerdeurs unis tels les cinq doigts d’une main ridée sème la terreur au sein de l’institution accueillant des retraités et des trisomiques. Quand les deux plus virulents meurent successivement d’une façon suspecte, Serge Daudeau, le suivant sur la liste des plus détestés du pavillon, se met en quête de chercher celui qui a assassiné ses pires amis. Mais, il est difficile de se prendre pour Holmes quand on végète dans un fauteuil roulant et qu’on a le cerveau plus troué qu’une passoire… Aussi, Serge Loque va-t-il s’adjoindre les services de Waston, un pensionnaire trisomique nouvellement admis dans la structure, afin de l’aider dans sa tâche…

Et si Sherlock Holmes était un grabataire incontinent au cerveau mité en fauteuil roulant et son acolyte, John Watson, un trisomique ? Vous aurez un petit aperçu de ce que cela pourrait donner en lisant « Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique ».

Effectivement, Serge Daudeau est un homme détruit par les maladies, totalement dépendant, incontinent, en fauteuil roulant, au cerveau en partie cramé par la démence vasculaire. Incapable de la plupart des gestes du quotidien, comme tremper ses biscuits dans son café ou faire la différence entre les pierres jonchant le sol du jardin de la maison de retraite et des chats. 

Dans l’hospice où il est interné, il sème la terreur au sein du personnel soignant avec quatre autres petits vieux dont le seul but est de mener la vie dure à ceux et celles qui sont là pour les soulager. Leur travail de sape est à ce point performant que, lorsque deux des vieux meurent en quelques jours d’une crise cardiaque, Serge Daudeau est persuadé qu’un employé de l’hospice se débarrasse un à un des emmerdeurs et il pense être le prochain sur la liste.

Aussi, pour sauver sa peau et venger ses amis, il décide de mener l’enquête. Mais comment débusquer un assassin quand on est incapable de se lever seul de son lit, de marcher, même de mémoriser un indice ?

C’est la raison pour laquelle Serge Daudeau décide de se trouver un bras droit, un bras gauche, deux jambes... Mais comment trouver la perle rare quand on est entouré de petits vieux et de trisomiques (l’hospice abritant également des trisomiques) et quand on est détesté de tout le monde ? Le destin placera sur sa route un trisomique fraîchement débarqué suite au décès de son grand-père qui s’occupait jusque là de lui.

Ceux et celles qui auront lu « P’tit Prolo », du même KAMASH, ne débarqueront pas en terrain inconnu puisque Serge Daudeau n’est pas sans rappeler le personnage principal de « P’tit Prolo », biographie du père de l’auteur, à la fin de sa vie.

Effectivement, les derniers chapitres de « P’tit Prolo » évoquaient la fin de vie de son personnage, dans une maison de retraite médicalisée, abritant également des trisomiques, alors qu’il était cloué dans un fauteuil roulant, incontinent, grabataire et le cerveau en miettes.

Si les évènements ne prêtaient pas à rire pour la plupart de ceux qui les ont vécus en direct, l’auteur, lui, devant la détresse de son père et pour bâillonner la sienne, préférait n’en conserver que le côté décalé et humoristique, mais, comme le dit si bien Serge Daudeau dans le roman, pour son fils tout était sujet à la plaisanterie, même les évènements les plus graves…, surtout les plus graves.

Le roman « Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique » vous conte donc l’enquête hilarante des deux plus improbables détectives que la littérature ait jamais proposés aux lecteurs.

Mais ce roman, suite invraisemblable de « P’tit Prolo » est empreint de la même tendresse de l’auteur pour ses personnages et est l’occasion de rendre son père immortel, comme le dit si bien, à nouveau, Serge Daudeau dans le roman : Je le soupçonnais (son fils écrivain) d’utiliser ma détresse pour mettre au point le scénario de son prochain roman. Je deviendrais alors un personnage romanesque et j’acquerrais, par cet intermédiaire, le statut d’« Immortel ».

Immortel, Serge le devient désormais grâce à ce roman, mais là n’est pas le seul but de l’ouvrage, puisqu’il s’agit, tout d’abord de faire passer des émotions aux lecteurs et de leur donner des pierres (ou des chats) pour leur permettre de changer leurs regards vis-à-vis des retraités, des malades et des membres du personnel soignant...

Quand on pense que tout cela est accessible pour seulement 12 euros, directement à partir du site de l’éditeur, que demande le lecteur ?

« Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique »

17 avril 2017

Wan & Ted - Le Tueur Aux Fourmis

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Voilà trois années que le monde entier le réclamait, à corps et à cris, le voici désormais qui débarque en fanfare, le nouvel opus de la drôlissime saga « Wan & Ted » et il se nomme « Wan & Ted — Le Tueur Aux Fourmis ».

Le temps a passé pour les lecteurs, mais pas pour nos deux héros qui nous reviennent pour une aventure drôle, tumultueuse et bouleversante.

Wan & Ted — Le Tueur Aux Fourmis : Alors que Wan, jeune homme d’origine asiatique, doit faire face à un présent dramatique, sa partenaire au sein de leur agence de détectives, André-Nadine Tedorowsky alias Ted, va se retrouver confrontée à un passé traumatisant. Les deux épisodes éprouvants vont se chevaucher, mettant leurs nerfs à rude épreuve. Mais ils vont devoir faire abstraction de leurs états d’âme pour arrêter un dangereux criminel qui viole et assassine de jeunes femmes avant de graver dans leurs chairs, à la lame de son couteau, trois lettres sanglantes, « A.N.T. », avant de recouvrir les plaies de fourmis mortes. Wan et Ted vont alors tout mettre en œuvre pour mettre un terme à la carrière du « Tueur Aux Fourmis ». 

À la fin du précédent opus, le père de Wan, à la suite de problèmes dus à un AVC, se retrouvait à l’hôpital. Depuis, il a dû être placé dans une maison de retraite médicalisée, son état de santé ne lui permettant plus d’être autonome.

Wan doit alors s’organiser pour visiter son père tous les jours, assurer sa part de travail au sein de l’Agence et s’occuper de sa mère et ses frères et sœurs.

C’est dire si, pour ce fainéant lymphatique, son emploi du temps est un peu trop chargé.

Mais, c’est quand on pense que les choses ne peuvent pas être pires que les évènements nous démontrent qu’il ne faut pas être si catégorique.

Car, c’est le moment que choisit le destin pour mettre sur sa route, et sur celle de sa collègue, Ted, le plus impitoyable tueur qu’ils auront eu à affronter, le terrible « Tueur Aux Fourmis », un assassin qui ne choisit pas ses victimes au hasard.

Dans les précédents opus, le lecteur avait pu découvrir Wan sous un autre angle grâce aux révélations sur son passé. Dans ce nouvel épisode, Ted se dévoilera un peu, beaucoup, passionnément, permettant aux lecteurs de comprendre un peu mieux certaines séquences passées impliquant la jeune femme. Pour autant, le lecteur néophyte pourra déguster cet opus sans avoir goûté aux précédents (volonté de l’auteur qui anime toute la série) et être autant ému que ses confrères initiés.

Effectivement, tout ce qui a fait le sel de la saga est une nouvelle fois réuni dans cet épisode, mais l’auteur y ajoute une touche d’épice supplémentaire, une dose d’émotion qui ne laissera insensible personne.

Comme vous l’aurez compris, « Wan & Ted — Le Tueur Aux Fourmis » est un épisode incontournable de la saga qui ravira les passionnés de romans policiers décalés, mais également les plus retors aux « polars » grâce à un savant mélange qui est la marque de fabrique de l’auteur.

Vous pouvez donc, désormais, vous procurer le livre sur le site de l’éditeur pour la modique somme de 13 euros et, prochainement, en numérique sur toutes les meilleures librairies numériques et sur le stand d'OXYMORON Editions" à la Sant Jordi de Perpignan.