Loto Édition

19 mars 2017

L'assassin dîne chez le juge

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« Monseigneur et son clebs » est une série de 8 fascicules écrits par le très prolifique Marcel Priollet.

Marcel Priollet (1884 - 1960) est un auteur qui a fait les beaux jours des éditeurs de littérature populaire de la première moitié du 20e siècle, soit à travers des romans, ou bien avec des séries de fascicules. 

L’auteur a écrit, comme il se faisait couramment à l’époque, sous divers pseudonymes dont les plus connus sont R.M. de Nizerolles, Henry de Trémières, Marcel-René Noll ou encore René Valbreuze.

Sa production est telle qu’il est extrêmement compliqué d’en faire une liste exhaustive d’autant qu’il s’est essayé à divers genres (sentimental, policier, science-fiction, aventures) principalement au sein des nombreuses collections des éditions Ferenczi.

Comme je ne lis et ne m’intéresse qu’au genre policier, deux séries fasciculaires de Marcel Priollet m’intéressent tout particulièrement.

La première comporte dix titres regroupés dans la collection « Old Jeep et Marcassin », mais j’y reviendrais probablement dans un autre article.

La seconde est celle qui nous intéresse aujourd’hui : « Monseigneur et son clebs » qui regroupe 8 titres dont chacun contient une histoire complète :

– L’assassin dîne chez le juge

– Mitraillade à Montmartre

– Le vent n’est pas seul à hurler

– Le secret du valet de cœur

– Qui a tué le bonhomme de neige

– Le bal des disparus

– Meurtres sans meurtrier

– Le chien sait compter jusqu’à cinq

Il est à noter qu’il existe deux versions de chaque titre, une version avec couverture couleur, une autre avec couverture monochrome (couleur sépia).

« L’assassin dîne chez le juge » est donc le tout premier épisode de la série. Celui-ci nous présente Joachim, alias « Monseigneur » et son « clebs », Diabolo, un superbe berger allemand, mais ne le nommez pas ainsi, il déteste cette dénomination et lui préfère « Loup de Lorraine » et pour cause, il est né et a été élevé, à Buchenwald, pendant la 2e guerre mondiale, par Joachim, qui y était prisonnier. Ce dernier a recueilli le chiot et l’a dressé, comme il l’explique lui-même :

– Les gardiens du camp, lorsqu’ils me voyaient faire du dressage, s’imaginaient que je travaillais pour eux. Je leur avais laissé croire que mon « clebs » leur reviendrait et qu’il leur obéirait comme à moi-même. Ballots !... Diabolo les détestait. 

Dans ce premier opus, Monseigneur, qui a pourtant une demeure, dort sur les quais parmi ses amis SDF dont il a tout le respect. Les flics font une rafle, mais quand deux d’entre eux, en civil, tentent de se saisir de Joachim, Diabolo leur saute dessus et Monseigneur joue de ses poings.

Arrêté, il est interrogé par le Commissaire Bellavent quand un dangereux prévenu, dans le couloir, se saisit de l’arme d’un de ses geôliers et défouraille afin de s’échapper. Diabolo se lance, évite les balles, et saute sur le criminel.

Dès lors, le Commissaire n’aura de cesse de faire appel au flair du chien et au bon esprit de son maître.

Personnage intéressant, Joachim alias « Monseigneur » est un être libre et libertaire, bourgeois et bohème, athlétique et généreux, un homme qui se méfie de l’autorité, mais finit par se prendre au jeu.

Diabolo, quant à lui, est un chien au flair incroyable, extrêmement courageux, mais qui a un énorme point faible, c’est un coureur invétéré, capable de tout abandonner pour monter la première chienne venue.

Cette première aventure lance la police, Monseigneur et Diabolo sur la piste d’un « imitateur » du voleur dont l’étrange duo que représente le chien et son maître. 

Le modus operandi des deux voleurs est le même (il assomme ses victimes à coup de poing américain, il porte des gants en peau de lézard...), mais le dernier vol a été suivi d’un crime.

Quand Monseigneur et son clebs sont convaincus, par le Commissaire Bellavent, de se rendre sur les lieux du meurtre, en espérant que Diabolo retrouve la piste du tueur, ce dernier suit son flair jusqu’à la maison du juge toute proche.

« L’assassin dîne chez le juge » en conclu Monseigneur.

Les deux personnages principaux sont intéressants. Entre ce berger allemand, élevé à Bunchenwald et détestant les « fritz » et son maître, rescapé du camp, dont le passé et l’identité restent mystérieux, il y a matière à plaire.

Car le lecteur, tout comme les policiers, ne sait rien de Joachim, si ce n’est son prénom. Les manières du bonhomme et son surnom laissent supposer un passé bourgeois, mais sa simplicité, sa façon d’aimer dormir dehors, de se faire ami avec les clochards, son prénom, même, sèment le doute.

Diabolo, quant à lui, doué d’un flair et d’une intelligence extraordinaire, semble invincible, mais, tout comme Superman, ce « Superdog » a sa « cryptonite » son incapacité à résister aux charmes d’une petite chienne (car il les aime petites).

Au final, si le titre de la série (Monseigneur et son clebs) était suffisamment énigmatique et intéressant pour m’attirer et que le concept (un rescapé des camps de concentration qui a élevé un berger allemand dans à Buchenwald et qui met sa truffe au service de la justice) avait tout pour me plaire, encore fallait-il que la plume de l’auteur me conquît. Ce fut le cas, donc, c’est avec impatience que je vais me lancer dans la lecture du second opus : « Mitraillade à Montmartre ».


12 mars 2017

L'homme au stylo

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« L’homme au stylo » est une série de 6 fascicules (au format 13,5 X 14.5 cm) signés Jean Fabien, un alias de Marcel Idiers, un écrivain belge né en 1886 et mort dans les années 50.

L’auteur, écrivant également sous autres pseudonymes (Sreidi, Robert Pédro), est assez difficile à cerner puisque des rumeurs le soupçonnent d’avoir écrit la plupart de ses textes en collaboration avec sa femme ou d’avoir repris à son compte des textes de son ex-femme (la même ? je ne sais point).

Comme beaucoup de confrères, Marcel Idiers a beaucoup contribué à la littérature populaire de son époque, et ce dans les différents genres à la mode (sentimental, aventures, policier).

L’homme au stylo est donc une série de 6 fascicules de 16 pages sur deux colonnes qui nous content les mésaventures de l’inspecteur Furet face à l’audacieux cambrioleur « L’Homme au Stylo » ainsi surnommé parce qu’il utilise un stylo muni d’une seringue afin d’injecter un somnifère à ses victimes afin de pouvoir les voler tranquillement.

Si, le début du premier épisode met en avant un jeune journaliste désireux d’en savoir plus sur le mystérieux cambrioleur, il est très vite poussé au second (voire 10e) plan par le policier qui, refusant tout d’abord de se lancer à la chasse au voleur finit par se prendre au jeu, puis, poussé par son ego, va tout faire pour contrecarrer les plans de l’Homme au Stylo.

Les 6 épisodes de la série forment une seule et même histoire dans laquelle s’enchaînent différentes intrigues, toutes autour de vols commis par le fameux cambrioleur.

Marcel Idiers, ou Jean Fabien, les deux, donc, nous proposent un petit roman d’aventures policières de très bonne facture dans le style typique de ce qui se faisait à l’époque.

On suit avec un grand plaisir les mésaventures de l’inspecteur Furet, régulièrement ridiculisé par le voleur qui parvient à chaque fois (ou presque) à s’échapper au nez et à la barbe du policier.

La relation entre les deux personnages, plus particulièrement entre Furet et l’Homme au stylo, évolue au cours de l’histoire et l’on sent un certain respect naître entre les deux hommes.

Le cambrioleur a la particularité de se grimer et se déguiser, mais là où ses confrères se cachent derrière un masque pour tromper leurs victimes, l’Homme au stylo, lui, travaille sous ses vrais traits et se camoufle le reste du temps. Et c’est ce qui rend sa recherche particulière puisque, dans ses moments de repos, il n’est jamais le même.

Il faut avouer que la première chose qui m’a attiré, dans cette série, c’est le titre. Je le trouvais assez anecdotique et me demandais en quoi le stylo pouvait être utile à un personnage de roman policier. 

N’ayant encore rien lu de l’auteur, je ne savais pas sur quoi mes yeux allaient porter et je dois avouer que je ne regrette pas cette recherche (car j’ai eu du mal à trouver la série complète et c’est le hasard qui a fait que je suis tombé dessus. Comme quoi, le hasard est parfois bénéfique).

Car, s’il n’y a rien de flamboyant dans le style de l’auteur (mais c’est une critique que l’on peut faire de beaucoup d’auteurs de l’époque qui écrivaient des milliers de pages à une vitesse telle qu’ils n’avaient pas le temps de se relire ou de perfectionner leurs textes.), et si les personnages ne sont pas exceptionnels, l’ensemble se suit très agréablement et on se prend même à apprécier le voleur, puis à se poser des questions à son sujet.

Sans vouloir révéler quoi que ce soit, le roman (puisque, s’il s’agit d’une série, je considère que le tout forme un roman) se révèle également émouvant.

Au final, « l’Homme au Stylo » se révèle une très agréable lecture à condition de lire tous les épisodes dans l’ordre, bien évidemment. 

05 mars 2017

Delta Charlie Delta

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Laurent Guillaume revient à son premier amour de personnage, le Lieutenant Makovsky, alias Mako.

Le premier opus, prometteur, nous faisait découvrir un personnage sombre et violent dans un monde à son image, celui de la nuit d’un flic de la BAC.

Le deuxième voyait Mako être muté aux Stups et quitter la nuit pour le jour. Cet épisode souffrait de problèmes éditoriaux, mais l’histoire, elle-même, pâtissait du fait que Mako n’était plus dans son élément.

Avec ce troisième épisode, Mako retrouve le monde nocturne et tout son intérêt puisque c’est dans ce milieu qu’il s’épanouit le plus.

Si l’on ajoute que le travail éditorial est de meilleure qualité, on ne doute pas que la lecture de ce troisième épisode sera bien plus agréable que celle du second.

Et, effectivement, on retrouve dans « Delta Charlie Delta » toutes les qualités de « Mako », premier du nom et, malheureusement, le défaut d’un style un peu plat, même si cela n’est pas extrêmement gênant puisqu’il ne dénote pas trop avec le sujet et le personnage assez brut de pomme.

Delta Charlie Delta : Mako est flic au quart de nuit du Val-de-Marne lorsqu’un crime atroce est commis sur son secteur. Mais l’enquête est confiée à la direction de la police judiciaire en raison de sa gravité : une jeune femme inconnue a été violée et laissée pour morte dans une caravane abandonnée dans un parking souterrain. Par ailleurs, la violence se déchaîne dans la banlieue. En quelques jours, plusieurs dealers sont victimes de fusillades qui ont l’apparence de règlements de compte. Herman, un junky ultra-violent se suicide en se tirant une balle dans le cœur. Chargé de la procédure, Mako enterre l’enquête pour protéger les proches de la victime, en particulier Angy, une adolescente en perte de repères. Aussi, lorsque les parents d’Herman sont retrouvés assassinés après avoir été torturés, Mako en fait une affaire personnelle et se met en chasse. Il pressent que l’affaire de la fille dans la caravane et les assassinats de dealers sont liés et cachent un monstrueux secret. Pour en avoir le cœur net, il s’allie avec Marie Auger, capitaine de la PJ, une jeune femme brillante, mais ébranlée par un drame personnel. Les deux flics, malgré leurs différences, vont faire équipe de manière officieuse et franchir la ligne rouge pour résoudre l’enquête, jusqu’à découvrir le pire.

Le résume nous révèle tout et, surtout, que l’auteur ne va rien nous proposer de très original. Effectivement, les deux personnages principaux ne sortent pas des sentiers battus du genre. L’un est un vieux briscard au bout du rouleau, qui n’hésite pas à sortir des ornières pour faire vaincre plutôt la morale que la justice ou pour faire sa propre justice. L’autre est une flic jeune et belle, mais qui cache un terrible secret qui la ronge et qui, ajouté au fait qu’elle a du mal à mettre le boulot de côté, détruit son couple.

Du côté intrigue, Laurent Guillaume ne nous propose pas non plus un sommet du suspens ni une narration de haute volée. Effectivement, deux enquêtes aussi glauques que différentes, menées par chacun des deux personnages vont finir par se rejoindre (les personnages également) pour n’en faire qu’une.

Chapitres alternés, attirance, violence, meurtre, viol... tous les passages usuels du genre sont présents et ce n’est pas dans le style, comme je l’ai déjà dit, que l’on va pouvoir trouver le petit plus.

Pour autant, l’ensemble tient la route, mieux, le tout est agréable à lire et on apprécie de découvrir un Mako, souvent, tout aussi violent et sombre que dans le premier opus, mais, également, de découvrir un côté un peu « papa poule » quand il décide de s’occuper de la fillette dont les grands-parents ont été assassinés après que son père se soit « suicidé ».

Effectivement, pris dans la « tourmente » le lecteur ne fait plus cas de ce qui pourrait être des défauts (le manque de style, les personnages stéréotypés, les intrigues peu originales) et, l’on pourrait penser que ces défauts se marient suffisamment bien entre eux pour s’annihiler les uns les autres. En outre, la sincérité de l’ensemble dû au fait que l’auteur connaît son sujet principal (puisque c’est un ancien policier) est un atout indéniable.

Au final, si « Delta Charlie Delta » ne nous offre pas une lecture, un style, une intrigue ou des personnages originaux, ce troisième opus se révèle bien meilleur que le second et s’avère être une agréable lecture.

02 mars 2017

Sherlock Holmes détective conseil

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Certains vous diront que les jeux de société n’ont rien à voir avec la littérature. C’est qu’ils n’ont pas probablement pas joué à « Sherlock Holmes détective Conseil ».

Effectivement, « Sherlock Holmes détective conseil » est un jeu de société se jouant de 1 à 8 joueurs et dans lequel la seule façon de progresser est de lire.

Ce jeu vous met dans la peau de Wiggins, le chef de la bande de gamins des rues qui rend souvent des services à Sherlock Holmes. Le but est de résoudre 10 enquêtes en comparant ses résultats avec ceux de Sherlock Holmes. Pour ce faire, vous vous appuierez sur des fascicules résumant le crime et comprenant les diverses pistes que vous pourrez suivre même s’il vous est déconseillé de toutes les suivre au risque d’un décompte final catastrophique.

Pour vous aider, vous pourrez vous appuyer sur un annuaire comprenant les adresses de particuliers, mais également de professionnels. Vous aurez également en votre possession une carte de Londres vous permettant de situer les lieux et de calculer les durées des trajets d’un point à un autre. N’oubliez pas de vous plonger dans les journaux du jour ou ceux plus anciens, vous pourriez y trouver des renseignements utiles.

Enfin, si, malgré les indices, vous séchez lamentablement, vous pourrez toujours rendre visite à quelques personnes pouvant vous mettre sur la bonne piste (journaliste, tavernier, policier, légiste, le frère de Sherlock et Sherlock lui-même...)

Après avoir lu le résumé du crime, à vous de vous lancer sur la piste du meurtrier, de résoudre l’affaire et d’être capable de répondre à quelques questions essentielles (le meurtrier, le mobile...) ainsi qu’à quelques questions secondaires. 

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Chaque bonne réponse vous rapporte des points, chaque piste suivie vous en retire. Si vous parvenez à faire 100 points ou plus, bravo, vous êtes l’égal ou le supérieur du célèbre Sherlock Holmes.

« Sherlock Holmes détective Conseil » est une réédition d’un ancien jeu des années 80 qui se trouvait sous la forme de classeur. Ici, des fascicules, que des fascicules, rien que des fascicules, ni cartes de jeu, ni pions, ni dé, ni rien d’autre : de la lecture, rien que de la lecture.

Ainsi présenté, le principe pourrait sembler rébarbatif, notamment aux piètres lecteurs, pour autant, on se prend très vite au jeu et l’on se lance sur la piste du tueur avec exaltation.

Le matériel est très beau, seul bémol dans cette édition, la police de caractère utilisée qui, en plus d’être petite, n’est pas très lisible. Certes, l’éditeur a tenté de conserver l’esprit victorien à travers cette police, mais le résultat nuit quelque peu (juste un peu), au jeu. Ce défaut sera résolu pour la suite, « Sherlock Holmes détective conseil : Jack l’éventreur & aventures à West End » dont l’ensemble se révélera encore plus beau.

Sachez que l’éditeur a également développé des enquêtes supplémentaires que vous pourrez acheter en sus du jeu.

Sachez, enfin, que vous pourrez trouver sur le Net, des enquêtes supplémentaires mises en place par amateurs.

Au final, « Sherlock Holmes détective Conseil » est un jeu très immersif et très prenant auquel on peut jouer seul ou à plusieurs et qui n’est pas destiné qu’aux fans du détective anglais. Avec ce jeu, vous vous garantissez des heures d’investigations plaisantes à condition que le fait de ne pas arriver à la cheville de Sherlock Holmes ne vous décourage pas.

26 février 2017

Le Roi des Crânes

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Le Roi des Crânes est le second roman de Laurent Guillaume. Il fait suite à son premier ouvrage : « Mako ».

Le roi des Crânes : Après vingt ans de Brigade anticriminalité, le major Makovski, dit « Mako, » sent de plus en plus la crasse lancinante de la rue lui coller aux rêves. Il accepte donc une affectation aux Stups, abandonnant les rondes de nuit, ses collègues et l’adrénaline. Mais les Stups ne sont pas non plus une promenade de santé : la brigade a son compte de sordide. Mako, pourtant, paraît s’assagir, allant même jusqu’à envisager de se reconstituer un semblant de vie... Mais, lorsqu’une jeune juge est poignardée dans le parking même du Palais de justice, la machine s’emballe et les démons de ses vieilles colères refont surface. Il n’est bientôt plus question que de l’instinct du chasseur, de celui de la survie... Surtout quand la proie se révèle plus puissante que le prédateur, et que le « roi des crânes » nage dans les mêmes eaux que Mako...

Laurent Guillaume est un ancien policier de la BAC qui nourrit sa plume de son expérience personnelle.

Même auteur, même personnage, je pourrais reprendre peu ou prou la même chronique que celle écrite pour « Mako ».

Peu ou prou, car, si j’avais noté dans le premier opus que l’auteur avait un style un peu fade, sans fioriture et sans effet, mon regard, cette fois-ci, a été attiré par plusieurs erreurs et de nombreuses répétitions indigentes.

Malgré tout, l’auteur maîtrise suffisamment son sujet que l’ensemble se lit sans déplaisir.

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Dans « Mako », le grand point fort du roman était la plongée dans la vie nocturne de la BAC. Le lecteur découvrait l’ambiance sombre et glauque du monde de la nuit et des milieux la prostitution, de la drogue, des rixes entre noctambules avinés. De plus, on découvrait la violence qui sourdait du héros et s’amplifiait en cours d’histoire avant d’exploser.

Dans « Le roi des crânes », Mako est muté aux STUPS et abandonne la nuit pour des journées plus conventionnelles.

Mako sans la nuit, la nuit sans Mako, c’est comme un match de rugby sans essai, un ordinateur sans connexion Internet, une belle femme sans culture générale... cela manque un peu de sel, de poivre et d’origan.

Et c’est vrai que, du coup, ce deuxième épisode manque un peu d’épice.

D’autant que l’histoire n’est pas d’une folle originalité (l’identité du véritable tueur non plus), et que les personnages secondaires ne sont pas super intéressants. Que ce soit Alpha Keïta, son partenaire aux STUPS, le sale con de flic qui ne peut pas le saquer ou la fliquette qu’il se tape...

Cependant, le rythme est suffisamment relevé pour que l’on ait envie de poursuivre sa lecture, et ce, malgré les problèmes dus à un travail éditorial un peu léger.

Par exemple : les répétitions. Dès les premiers paragraphes, on peut constater deux failles récurrentes. La première, l’auteur n’a pas un sens aigu de la métaphore, même s’il utilise régulièrement cette figure de style, ou presque. Effectivement, dans 98 % des cas, Laurent Guillaume se contente d’une figure de comparaison (à l’aide d’un outil de comparaison, toujours le même : « comme », plutôt qu’une métaphore, plus difficile à mettre en place, puisque l’on doit se séparer de « l’outil ».

Par exemple, très vite, on rencontre le bout de paragraphe suivant :

Il sentait la nausée monter en lui, comme la houle, à chaque fois un peu plus forte. Elles s’approchaient en glissant, leurs cheveux s’agitaient comme des serpents et la nausée se faisait encore plus impérieuse. Il sanglotait violemment. Il pouvait distinguer leurs traits maintenant. Leurs visages blafards étaient comme des masques de cire.

Mais, si les « comme » fusent et deviennent omniprésents, ce mot n’est pas le seul sujet de répétition. Exemples :

La BAC à l’époque était logée dans des préfabriqués moisis. Mais l’ambiance, à l’époque, était toute autre. On entendait rire dans les couloirs. Les policiers s’interpellaient bruyamment de bureau à bureau. On picolait parfois aussi. Toute une époque.

Mako, les yeux exorbités, considérait le petit objet métallique de métal brossé… Dans un flash, il vit le métal fumant d’une voiture encastrée dans un arbre. Un corps désarticulé, le métal déchiquetant les chairs martyrisées. Une détonation. Le métal de l’ogive homicide qui pénètre dans l’œil, le fait exploser comme un fruit mûr, trace son sillon macabre dans la cervelle et pulvérise l’arrière de la boîte crânienne. Le métal a toujours raison.

Si l’on peut mettre ces répétitions sur le compte d’une volonté de proposer un texte plus « brut », plus « réaliste », à condition d’être d’extrême mauvaise foi, d’autres défauts ne peuvent être imputables qu’à des problèmes de relecture de la part de l’auteur et d’un problème de travail de l’éditeur.

Ainsi, l’un des personnages, secondaire, mais quand même, s’appelant Yacine lors de son introduction, devient bizarrement Hocine en cours de route !!!

Mais ce cafouillage ne concerne pas qu’un seul personnage du roman puisqu’un autre se nommant Frédéric Voireuse est appelé Stéphane, par la suite, alors qu’il existe déjà un Stéphane proche de ce Frédéric Voireuse, c’est dire si cette erreur est sujette à confusion.

Au final, « Le Roi des Crânes » est bien moins passionnant que ne l’était « Mako » et ce, pas uniquement à cause des erreurs citées, mais également, et surtout, parce que Mako est extrait de son milieu naturel [la BAC] pour être déplacé en trop peu hostile. Pourtant, la lecture de ce roman demeure plaisante et on attendra avec impatience la lecture de sa suite, « Delta Charlie Delta », dans lequel Mako retourne à la BAC.


23 février 2017

The Blue Lion

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Toujours dans ma recherche de parallèle entre littérature populaire et jeux de société, il n’est pas rare qu’un duo Auteur/Illustrateur brille dans plusieurs projets.

Ainsi, le duo Bruno Cathala/Cyril Bouquet, dont je vous avais déjà parlé pour le jeu « Okiya » est de nouveau à l’œuvre dans « The Blue Lion ».

Bruno Cathala, spécialiste des jeux à deux (Longhorn, Okyia, Wonder Seven Duel, Mister Jack...) continue dans ses créations pour deux joueurs avec « The Blue Lion ». Il est, pour cela, épaulé par Sylvain Duchêne.

Reprenant les caractéristiques de « Okiya », ou l’inverse (matériel épuré, règles simples, parties rapides, illustrations de qualités), « The Blue Lion » vous propose d’incarner Lupin ou Lady X, deux cambrioleurs dont le but est de s’emparer de « The Blue Lion », un précieux diamant.

Pour ce faire, chaque joueur interprète un des voleurs, six cartes dont les rectos sont différents de verso et peuvent contenir le portrait de l’un des deux voleurs, le Blue Lion ou bien un policier, sont alignées devant les deux joueurs. 

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Chacun son tour, Lupin ou Lady X aura le choix entre trois actions : retourner une carte, intervertir deux cartes voisines ou envoyer une carte d’un bout de la file à l’autre. Le but étant de réaliser des combinaisons rapportant des petits diamants.

– Coincer le Blue Lion entre deux portraits de votre voleur.

– Coincer votre adversaire entre deux portraits de policier.

– Aligner trois Blue Lion.

Le premier voleur qui a engrangé 7 petits diamants remporte la partie.

Avec un matériel minimaliste et des règles simples et facilement compréhensibles, « The Blue Lion » est un jeu où la tactique et la mémoire sont nécessaires pour emporter la victoire.

Au final, « The Blue Lion » est un petit jeu à petit prix, accessible à tous, mais nécessitant concentration, méthode et anticipation pour donner toute son ampleur.

19 février 2017

Harry Dickson - Intégrale Tome 2

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Deuxième Tome de l’intégrale des épisodes de « Harry Dickson » écrits par l’auteur belge Jean Ray.

Ce second Tome comprend les 6 épisodes suivants :

– Le mystère du moustique bleu,

– La chambre orange,

– L’esprit du feu,

– Ce paradis de Flower Dale,

– Les Blachclaver,

– L’affaire du Pingouin.

Que dire de plus sur ce second Tome que je n’ai pas déjà dit à propos du premier ? Probablement le très intéressant « avant-propos » signé Jacques Van Herp, un essayiste de science-fiction belge et directeur de collection chez « Marabout ».

Jacques Van Herp livre aux lecteurs de nombreuses informations sur Jean Ray et sa façon d’écrire, débutant par une citation de ce dernier :

« Je me mettais à ma machine à écrire qui pratiquement faisait cela toute seule et moi je n’y étais pour rien. Je pratiquais l’écriture automatique. Cela se déclenchait brusquement à onze heures du soir et, à trois heures du matin, mon Harry Dickson était fini. »

On y apprend également que la longueur d’un épisode de « Harry Dickson » était d’environ 150 000 signes. Ce qui ferait une moyenne de 38 000 signes par heure, ce qui n’est pas démentiel en mode « écriture automatique » pure, ce qui l’est beaucoup plus quand on compte le temps passé à réfléchir à l’histoire et à la mettre en place.

On y apprend également l’une des raisons du fait que j’évoquais dans ma chronique sur le premier Tome : Jean Ray est plutôt un auteur penchant pour le fantastique et, alors que les histoires de « Harry Dickson » se prêtent bien souvent à ce genre, la plupart du temps, la solution de l’enquête se trouve dans le « rationnel ». Pourquoi ? Tout simplement parce que les aventures du détective étaient principalement destinées à des adolescents et que les ligues laïques veillaient au contenu des écrits...

Pour le reste, je vous laisse découvrir les propos de Jacques Van Herp.

Revenons-en à ce qui nous intéresse le plus : le texte.

Six nouvelles, dont cinq plutôt classiques, et une revenant sur la jeunesse du détective.

On apprécie, là encore, la plume de l’auteur, d’autant plus lorsque l’on sait que ceux-ci ne souffraient quasiment jamais d’une relecture (l’auteur n’en avait pas le temps et l’éditeur faisait des économies), que Jean Ray ne s’attardait même pas à chercher un mot, préférant utiliser un mot moins approprié, mais qui lui venait immédiatement afin de ne pas perdre de temps, de ne pas perdre le fil, de ne pas perdre l’inspiration...

Lorsque l’on imagine que les textes publiés étaient des « premiers jets », on n’ose imaginer la qualité de la prose de Jean Ray s’il avait eu tout loisir, ensuite, de purger ses textes des scories, de revoir certaines ponctuations, de chercher des mots plus adaptés...

Et que dire si l’éditeur avait bien fait son travail et que certaines coquilles ne vinssent, au mieux, troubler la lecture, au pire, changer le sens de certaines phrases.

Car, dans l’état, les aventures de « Harry Dickson » sont déjà très savoureuses et, parfois, on se surprend à constater l’excellence de certaines descriptions, même, s’il est vrai, que Jean Ray utilisait ses longues descriptions comme des temps de repos pour son subconscient, avant de reprendre le cours de son aventure.

On retrouve de tout dans ces six histoires, un peu de fantastique, un peu de nostalgie, un peu d’aventures exotiques, de l’action, du danger, des monstres...

Au final, en tant que lecteur, on ne peut que tomber sous le charme du personnage et, surtout, de la plume de son auteur. En tant qu’auteur, on ne peut qu’être ébahi par le travail de Jean Ray au vu des conditions dans lesquelles il écrivait. Dans les deux cas, les aventures de « Harry Dickson » forment incontestablement un pan majeur de la littérature populaire que, malheureusement, beaucoup ont oublié. 

À l’époque où certains auteurs deviennent riches en produisant un roman par an, on a fini par oublier ceux qui avaient du mal à survivre malgré une production incroyable...

16 février 2017

Okiya

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Pour continuer le parallèle entre livres et jeux de société, on peut suivre le travail d’un créateur de jeux comme un lecteur suivrait celui d’un auteur.

En effet, pour l’un comme pour l’autre, si on a apprécié le travail d’un créateur, il y a de fortes chances que l’on aime également le reste de sa production.

C’est le cas de Bruno Cathala dont j’avais déjà apprécié le jeu « Mister Jack » et dont j’ai vanté, sur ce blogue, le jeu « Longhorn ».

Les jeux cités étaient des jeux qui ne se jouaient qu’à deux, il est donc tout naturel que ce « Okiya » ne se joue également qu’à deux.

Sur un principe proche du « morpion » et de « Puissance 4 », pour gagner à « Okiya » il faut aligner des Geishas ou bien former un carré de 2 par 2. Mais, la différence avec les jeux précités est que chaque position d’une Geisha conditionne celle de la prochaine Geisha Inverse.

Il est à noter que le terme « Okiya » signifie, en japonais, « Maison de Geishas ».

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Effectivement, le plateau est composé d’un carré de 4 tuiles sur 4, déposées aléatoirement. Chaque tuile est composée de deux éléments, une végétation (4 végétations différentes) et d’un élément sujet (quatre sujets différents). Le joueur qui pose une Geisha sur une tuile oblige son adversaire à poser sa Geisha suivante sur une tuile comprenant soit une même végétation, soit un même sujet.

Ainsi, la tactique prend une grande part dans la victoire puisque chacune de ses propres actions conditionne celle de son adversaire.

Les parties, rapides, se ralentissent pourtant après quelques tours, au moment où la réflexion et l’anticipation prendront le pas sur l’action.

Le jeu, fort simple, mais fort intéressant, est magnifié par les superbes et poétiques illustrations de Cyril Bouquet.

Au final, un petit jeu à petit prix, mais qui vous offrira de grands moments de jeu.

15 février 2017

Quand l'auto-édition est faite par les autres !

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Il y a presque 4 ans, je vous parlais des différences entre un éditeur à compte d’auteur et un éditeur à compte d’éditeur, dans un article de ce blogue.

Aujourd’hui, je reviens sur le sujet pour vous parler d’une nouvelle forme d’édition en plein essor : La Maison d’auto-édition.

Ainsi formulée, la contradiction doit frapper les esprits. Maison : pour faire maison d’édition. Auto-édition : pour se démarquer des éditeurs à compte d’auteurs.

En clair, la formulation est là pour vous rassurer (à cause du charlatanisme fort présent chez les éditeurs à compte d’auteurs) tout en vous piquant tout de même votre pognon.

Le principe de l’auto-édition est contenu dans le mot même. « Auto » = faire soi-même et « édition ». En clair, faire soi-même le travail d’édition.

Nous avons donc là de nouveaux éditeurs à compte d’auteurs qui tentent de se cacher derrière une appellation plus rassurante puisqu’ils se présentent comme des « amis » dont le but est de vous aider à proposer à vos lecteurs le meilleur livre possible.

Bien sûr, cette aide étant payante, vous pouvez être assurés que leur objectif est avant tout de vous prendre votre argent.

Pour cela, ils vous proposent des « tarifs », qu’ils nomment plus facilement « formules », auxquels il faut souscrire pour obtenir leur « aide ». Les propositions sont toujours les mêmes :

– Relecture et critique de votre texte.

– Correction.

– Création d’une couverture.

– Mise en page et création d’un PDF.

– Création d’un ePub.

– ISBN.

– Dépôt légal.

– Impression.

– Distribution.

Le but de ces entreprises est de vous convaincre que, plus vous souscrivez à des options, meilleur votre livre sera, donc plus il se vendra et, par conséquent, plus vous gagnerez d’argent. En clair, investissez plus pour gagner plus, un concept que ne renierait pas Bernard Madoff.

S’il semble évident que, plus de travail est effectué sur votre livre, meilleur il sera, encore faut-il connaître la qualité dudit « travail ».

Je dois avouer que cet article m’a été inspiré de la lecture de « Valet de Pique » de Florian Payraudeau, du moins d’une première version, bourrée de fautes d’orthographe, ce qui m’a poussé à m’intéresser de plus près à l’éditeur (oui, car même quand on se dit « Maison d’auto-édition », on pousse la singerie jusqu’à mettre le nom de sa boîte en lieu et place de celui de l’éditeur sur un livre classique, afin de se faire de la publicité et d’attirer les gogos clients).

Depuis, les fichiers du livre numérique en question ont été mis à jour et la plupart des fautes dont je parlais ont disparu.

Pour autant, peut-on dire que le travail éditorial a été correctement fait puisque les fautes ont été corrigées, ou bien qu’il a d’abord été bâclé puisque le fichier a été distribué, en premier lieu, dans une forme pitoyable. L’auteur avait-il, au départ, souscrit à une formule sans correction orthographique (ce qui serait étonnant vu que toutes les offres de l’entreprise comprennent un forfait « correction ») ou bien l’entreprise en question s’est-elle contentée de corriger les fautes au fur et à mesure qu’elles étaient repérées et signalées par les lecteurs ? (Ce qui ne présagerait rien de bon sur la qualité du travail effectué.)

Mais, avant de se plonger dans le texte (et constater de possibles errances), le lecteur lambda sera confronté à deux aspects d’un livre : sa 1re de couverture et sa 4e de couverture.

Commençons par la 4e. Comme les goûts et les couleurs... je ne m’étendrai pas sur la qualité stylistique. Juste, je noterai qu’il est fort dommage que personne ne se soit aperçu que le résumé se terminait sur une grosse erreur : « Qui se cache derrière donc derrière cette carte mystérieuse ? »

Pour ce qui est de la 1re de couverture, force est de constater que celle-ci n’est pas mal... ne serait pas mal si l’image n’était pas tirée d’une banque d’images quelconques accessibles à tous (en échange de quelques euros). Dans ce cas-là, vous n’échappez pas à l’inconvénient de voir un autre auteur ou un autre éditeur utiliser la même image pour son livre, son article, son blogue...

 

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Pour un auteur, son livre, c’est son bébé ! Il se doit d’être à la fois beau, bon et original. Admettez qu’il est alors regrettable de voir pulluler les ouvrages avec la même couverture que la vôtre.

Mais, là aussi, même chez un éditeur à compte d’éditeur, vous n’échappez pas à ce risque ou à des risques proches. Effectivement, j’avais déjà pointé du doigt la couverture d’un roman des éditions Fayard, « Prix du Quai des Orfèvres 2009 » : « Chasse à l’homme » de Christophe Guillaumot.

L’auteur, que j’ai rencontré sur le salon Polar du Barcarès, m’a expliqué que son éditeur avait pioché dans le même catalogue d’images que l’éditeur coréen du film « The Chaser » dont l’image de la couverture a été tirée puis retouchée pour faire plus « français ».

Je passerais également sur le codage de l’ePub qui est le résultat d’une conversion avec un quelconque logiciel et, donc, bourrée de codes parasites. Là également, bon nombre d’éditeurs à compte d’éditeur en font tout autant donc, inutile de jeter la pierre sur Paul ou Jacques.

Je ne reviendrais pas, également, sur les fautes d’orthographe qui pullulent dans le texte, j’en avais déjà parlé sur la critique du livre qui m’a inspiré cet article et il vous suffit de lire les critiques sur Amazon pour vous rendre compte que je ne suis pas le seul lecteur qui ait été dérangé par cet aspect.

Tout cela pour prévenir l’auteur amateur à la recherche d’un éditeur qu’il lui faudra, désormais, se méfier d’une autre appellation, d’un autre genre d’éditeur à compte d’auteur, et qu’il devra faire très attention s’il ne veut pas se faire prendre ses économies en miroitant de pouvoir devenir riche et célèbre avec son dernier roman pour peu que les employés d’une gentille maison d’auto-édition vous aident, moyennant finances, à faire de votre livre un véritable succès.

Sachez que, si vous n’êtes pas certain de devenir riche et célèbre en réussissant à travailler avec un grand éditeur à compte d’éditeur, vous pouvez être persuadé de ne jamais le devenir en vous faisant arnaquer par des confrères (mais sont-ce des confrères ?) bien moins scrupuleux.

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12 février 2017

John Strobbins de José Moselli

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Dans la littérature populaire française, il est des auteurs encore plus cultes que les plus cultes des auteurs populaires.

Ainsi, s’il est indéniable que Georges Simenon, Frédéric Dard, Léo Malet... sont parvenus à des sommets dans l’esprit des lecteurs, il est des auteurs qui, parce qu’ils sont demeurés inconnus aux yeux du grand public actuel alors que leurs textes émerveillent encore l’esprit des lecteurs d’antan et de certains lecteurs de maintenant, ont réussi à supplanter, dans la tête de ceux-ci, leurs célèbres pairs susnommés.

Parmi ceux-ci, un écrivain, notamment, de par son immense production, les genres dans lesquels il a œuvré, les personnages qu’il a animés, écrase toute concurrence. Son nom : Joseph Théophile Maurice Moselli alias José Moselli.

Parlez de Moselli à un passionné de littérature populaire et vous êtes assurés de voir ses yeux clignoter de plaisir.

L’auteur est devenu tellement « Culte », autant par son parcours que par sa production, que l’on peut encore entendre des lecteurs se souvenir de feuilletons désormais introuvables dont l’écrivain a inondé les journaux de l’époque.

Son parcours, celui d’un gamin de famille aisé qui, avide d’aventures, fugue à treize ans pour s’engager comme mousse sur un navire. Les années suivantes furent un gage de souvenirs d’évènements, de personnages et de lieux qui nourriront sa plume par la suite. Brimé, maltraité, le gamin s’offre corps et âme à son boulot. Mais son esprit voyageur en fait un déserteur malgré lui. Alors, il continue à naviguer et à découvrir le monde avant de rentrer en France pour être traduit en « conseil de discipline ». Les juges furent cléments et organisèrent l’éducation du jeune homme qui devint Officier de la Marine Marchande. Ses aventures se poursuivirent, mais, lassé, José Moselli chercha à se stabiliser en acceptant un poste de journaliste en charge de la rubrique de « L’actualité Maritime ».

En parallèle, il écrit des contes et des nouvelles et entrera en contact avec les éditions Offenstadt pour lesquelles il produira un nombre incalculable de feuilletons pour divers journaux et magazines.

Parmi ces feuilletons, on pourra citer l’un de ses premiers si ce n’est le premier : « W... vert » édité dans le magazine « L’Intrépide » de 1910. Mais, également « Les aventures fantastiques d’un jeune policier », « Le roi des Boxeurs », « Le baron Stromboli », « Les champs d’or de l’Urubu », « Les naufrageurs de l’air », « La prison de glace », « Iko Teruka », « Triplix l’insaisissable »... et des centaines d’autres qui s’étalaient sur des dizaines voire des centaines d’épisodes à travers des années et des années.

Parmi ces feuilletons, certains sont devenus cultissimes et plusieurs fois réédités et d’autres sont comme le Saint Graal, tout le monde en parle, tout le monde les cherche, mais personne n’a réussi à mettre la main dessus (du moins, plus grand monde de vivant).

« John Strobbins détective cambrioleur » fait partie des premiers, un feuilleton culte, plusieurs fois réédité, du moins en partie, mais dont il est très difficile, à l’heure actuelle, de pouvoir lire l’intégralité.

Si l’on peut admettre, en commençant la lecture des aventures de John Strobbins, que l’on ne pourra jamais se délecter du moindre épisode (à moins de posséder tous les numéros du magazine originel sur de nombreuses années), il serait pourtant dommage de ne pas découvrir ce personnage et cet auteur.

John Strobbins, c’est un peu le fils caché de Fantomas et d’Arsène Lupin. C’est un cambrioleur, aventurier, justicier, possédant des moyens démesurés, sachant se déguiser à la perfection, ayant à ses ordres un gang complet avec des ramifications dans le monde entier et aimant narguer la police et, plus précisément, le chef de la police de San Francisco, Jame Mollescott (tout comme Fantomas a son Inspecteur Juve).

Plus cambrioleur et aventurier que détective, John Strobbins surfe sur les succès de l’époque et navigue plus dans un monde fait d’aventures, de déguisements et de poursuites que celui plus purement policier que pouvait proposer un « Sherlock Holmes », par exemple.

Probablement, comme ses confrères devant produire énormément en peu de temps, José Moselli usait-il d’une plume automatique (tout comme Souvestre et Allain avec Fantomas ou Jean Ray avec Harry Dickson...). Cette contrainte, si elle peut élimer une plume (voire Pierre Saurel) et atténuer un style, bien maîtrisée, parvient à insuffler un élan et une fluidité qui se marie à merveille avec le genre « aventures ».

Lorsque, en plus, l’auteur est talentueux, qu’il bénéficie d’une forte imagination, alors, le lecteur a toutes les chances de se délecter de savoureuses aventures.

Mais, plus encore que les atouts que je viens de citer, la série « John Strobbins » est portée par des épisodes qui s’enchaînent et se suivent sans se suivre et s’enchaîner et de longueur très hétérogène. De quelques pages à plusieurs dizaines, les intrigues, qui n’en sont pas réellement, tiennent le lecteur en haleine et lui donnent envie d’en découvrir d’autres... et d’autres... et d’autres...

Enfin, pour en terminer avec la présentation et apporter un peu plus de précision, il faut savoir que la série « John Strobbins » s’étale sur 73 épisodes et plus de 20 ans (1911-1933) dans le magazine « L’Épatant » (du n° 168 au n° 1294) dont plus d’une trentaine ont été regroupés en recueil dans la collection « Collection d’Aventures » aux éditions Offenstadt, puis 61 nouveaux épisodes (plus 4 déjà édités dans « L’Épatant »), dans la collection « Les grandes aventures policières » (en 1930).

Au final, les aventures de John Strobbins se révèlent très vite addictives et, lorsque l’on a mis le nez dedans, on n’a plus envie de l’en retirer. Heureusement, José Moselli a écrit plus de 130 épisodes. Malheureusement, il sera très difficile de se délecter de l’intégralité de la série même si mon petit doigt me dit qu’un petit éditeur sympathique et passionné s’apprête à en rééditer une partie.

09 février 2017

Longhorn

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Vous aimez les grands espaces, vous adorez galoper sur le dos d’un cheval, vous vous réjouissez à l’idée de voler du bétail... en clair, vous aimez les westerns, mais vous n’avez pas assez d’amis pour jouer aux cow-boys et aux Indiens, « Longhorn » est un jeu fait pour vous, même si d’Indien il n’y a.

Vous êtes deux, vous vous ennuyez. Que faire ? Regarder la télévision. Bof ! Lire chacun de son côté, voilà qui n’est pas très convivial. Pour le reste des activités à deux, soit vous avez déjà pratiqué la plus luxurieuse de celles-ci, soit votre partenaire n’est pas à votre goût, il vous reste donc la possibilité de jouer à un jeu de société.

Si les jeux de société actuels sont plutôt indiqués pour jouer entre amis, à plusieurs, certains, encore, sont uniquement prévus pour un usage à deux. C’est le cas de « Longhorn ».

« Longhorn », édité par « Blue Orange », est un jeu signé Bruno Cathala, spécialiste du jeu à deux puisqu’on lui doit déjà « Mister Jack », créé avec Ludvic Maublanc, « Seven Wonder Duel », créé avec Antoine Bauza, « Okiya » ou « Five Tribes », un jeu se jouant de 2 à 4 joueurs.

Longhorn : 1870 — Quelque part au Texas. L’élevage de Long Horn, ces vaches venues du nord du Mexique, bat son plein. Cet élevage est devenu une belle source de revenus pour les fermiers texans, attirant la convoitise des voleurs de bétail de tous poils. Les joueurs incarnent deux hors-la-loi particulièrement redoutés : Eagle Perkins et Jessie Artist Byrd. Leur objectif est simple : voler du bétail (et quelques pépites si possible) pour se constituer le plus gros pactole à la fin de la partie... ou bien se débrouiller pour que l’adversaire se fasse capturer par le Shériff !

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Le principe du jeu est donc tout simple : voler l’autre joueur.

Pour ce faire, on dispose le terrain de jeux, des champs qui vont abriter les bêtes. 9 tuiles à disposer au hasard pour former un rectangle de 3 tuiles par 3.

Sur chacune des tuiles, on place, au hasard également, le nombre de bêtes indiquées sans faire attention aux couleurs (effectivement, il y a 4 troupeaux différents représentés par 4 couleurs).

Une fois sélectionné le rôle de chacun, il est temps de jouer. Le joueur désigné second décide de l’endroit du plateau où va démarrer le jeu (une tuile contenant forcément 4 vaches) et il est temps de voler.

Le premier joueur va choisir une couleur de vaches et les retirer de la tuile pour les placer de côté, dans son ranch. Il va ensuite devoir déplacer le jeton représentant le joueur d’autant de tuiles que de vaches volées, mais en ne se déplaçant qu’horizontalement ou verticalement. Il retourne le jeton et c’est au second joueur de voler. 

Le joueur ayant volé la ou les dernières vaches présentes sur une tuile déclenche une action représentée par des petites tuiles ayant été placée au hasard sur chaque grande tuile. Selon l’action, le joueur pourra gagner de l’argent, rejouer, voler des vaches à son adversaire, ou bien perdra des vaches ou déclenchera l’ire du Shériff...

Le jeu se termine quand un voleur a réuni toutes les vaches d’une même couleur ou quand les déplacements ne permettent plus d’atterrir sur une tuile contenant encore des vaches (ou bien quand le Shériff se fâche).

Sur un concept assez simple, le jeu se révèle bien plus fin qu’il n’en a l’air. Effectivement, pour avoir plus de chance de gagner, il est important d’anticiper ses mouvements, ceux possibles de son adversaire et d’en appréhender les conséquences. Si vous réfléchissez bien, il vous est possible de forcer votre adversaire à vous amener là où vous voulez et c’est là tout le sel du jeu, car ce n’est pas forcément celui qui volera le plus de vaches qui gagnera à la fin.

Au final, « Longhorn » est un jeu fort sympathique dans lequel le hasard, mais surtout l’anticipation et la réflexion vous conduiront à la victoire. De très bons moments de jeu pour peu de jouer avec un adversaire aussi rusé et mesquin que vous.

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08 février 2017

Les funérailles du procureur Fleg

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Petit retour dans le passé et dans le catalogue des éditions Ferenczi. Après avoir un petit peu parlé de la collection « Mon Roman Policier », 1re et 2e édition, il était temps de porter notre attention sur la collection « Le Verrou ».

La collection « Le Verrou » comporte 204 ou 205 titres de 128 et 96 pages publiés entre 1951 et 1958.

Si la couverture des premiers titres est plutôt sombre avec un dessin sur fond noir, les illustrations prendront, finalement, toute la couverture.

Le symbole de la collection est... bien entendu, un verrou, que l’on retrouve en bas à droite de la couverture, puis en haut à droite.

La collection « Le Verrou » propose des textes policiers, mais également des textes d’espionnage et d’autres, pas vraiment policier... même si.

Cette dernière catégorie (pas vraiment policier... même si) comprend le titre qui nous intéresse aujourd’hui : « Les funérailles du Procureur Fleg ».

Les funérailles du Procureur Fleg : Le vieux Fleg agonise sur son lit de mort. Toute la famille se réunit pour visiter le mourant, mais, aussi... et, surtout, dans l’attente de savoir qui va hériter de la fortune du procureur. Ils sont donc nombreux à loger dans l’ancienne abbaye servant d’immense demeure au procureur Fleg. Si les premières heures voient fleurir l’insouciance de certaines retrouvailles, la situation va vite s’assombrir quand le procureur assure à son frère qu’il est certain qu’on l’empoisonne petit à petit. Quand l’un des membres de la famille s’effondre après avoir mangé de la soupe, les doutes ne sont plus permis, un assassin use de la mort-aux-rats pour se débarrasser du vieux grigou.

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Plus qu’un roman policier, c’est à un roman de mœurs que le lecteur est confronté. La réunion de famille est propice à la rancœur, la rancune, puis, suite à l’empoisonnement, à la suspicion et aux doutes. Après les premières heures légères de la réunion où chacun, ou presque, prend plaisir à retrouver l’autre, la question de qui va hériter, de quoi, va bientôt prendre la place principale dans la tête de chacun. Les frères et sœurs, l’infirmière qui a charmé le moribond, le fils attardé de la cuisinière que l’on suppute être le fils du procureur, la cousine, le cousin... chacun voit en l’autre celui qui va le priver de la fortune. Mais quand l’empoisonnement ne fait plus de doute, les choses virent au drame, les rancœurs et les haines décuplent, la violence naît de ces sentiments et les coups de feu retentissent...

René Poupon (1902-1994) est un des auteurs prolifiques de la littérature populaire française qui fit la joie des collections Ferenczi. On ne compte pas les romans et fascicules qu’il signa, sous ce pseudonyme ou sous d’autres (R. Paul Dry, René-Paul Noël). Comme ses confrères, il exerça dans les divers genres à la mode à l’époque, principalement policier et sentimental.

Comme il ne semble plus y avoir de traces de textes signés par René Poupon après la fin des années 50, on peut supputer, vu qu’il n’est mort qu’en 1994, qu’il s’est caché derrière un pseudo inconnu pour continuer son œuvre ou bien qu’un accident l’a forcé à stopper sa carrière.

Simple supputation vu que l’on ne connaît pas grand-chose de la vie de l’auteur.

Mais revenons-en au texte lui-même. « Les funérailles du procureur Fleg » ne se positionne donc pas réellement dans le genre policier puisqu’il s’attache plus aux relations ambiguës entre les protagonistes de l’histoire même si le meurtre, ou du moins la tentative de meurtre, est au centre de l’histoire et que meurtre il y aura. Pour autant, point d’enquête policière même si des policiers font une brève apparition.

Le style de l’auteur est agréable bien que loin d’être transcendant, et l’on ne peut que louer sa propension à faire monter la tension entre ses personnages et à nous surprendre quelque peu par son ultime révélation.

Au final, bien que ne se situant pas réellement dans le genre policier, « Les funérailles du procureur Fleg » n’est pas déplaisant à lire, mais ne restera pas dans la mémoire du lecteur. 

05 février 2017

Les Trois Badours

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A.D.G. est un auteur totalement particulier dans la liste des auteurs vers lesquels je me tourne régulièrement. Particulier parce que les idéaux du bonhomme, bien loin de ceux que je prône, auraient de quoi me tenir à distance. Pourtant, grâce à une plume agréable, parfois géniale, et quand il laisse aux vestiaires ses idées fascisantes ou du moins qu’il les estompe suffisamment pour qu’elles ne polluent pas ses romans, il a su conquérir mon cœur de lecteur, notamment grâce à « Pour venger Pépère » qui est un excellentissime petit polar.

Depuis ce roman, qui entrait en résonnance avec mes propres douleurs et qui représentait ma première incursion dans le monde littéraire d’A.D.G., je recherche les autres romans de l’auteur qui me feront revivre ce plaisir de lecture liminaire. Autant être franc, bien que la plume d’A.D.G. soit toujours agréable, ce sont surtout les mésaventures de son duo « Djerbitskine / Delcroix », un journaliste surnommé « Machin » et un avocat, qui m’assurent un réel ravissement.

Aussi, après quelques déceptions (pas insurmontables, non plus) suite à la lecture de romans ne concernant pas ces deux personnages, étais-je quelque peu dubitatif avant de m’engager dans l’histoire rocambolesque de « Les trois Badours ».

Les trois Badours : Micro, Bus et Lumignon sont trois pauvres clowns qui présentent un numéro minable, sous le patronyme des Trois Badours, dans les kermesses pour débiles, les congrès de sous-officiers et les goûters pour gâteux des hospices. Bien entendu, se retrouvant dans une dèche noire, ils envisagent d’user d’un expédient malhonnête pour en sortir : s’emparer de la caisse d’un supermarché. Un jour, Lumignon rencontre la fille du patron de l’établissement en question et en tombe illico amoureux. Et voilà qu’en ouvrant le coffre de la voiture de la belle, il découvre le cadavre d’un nain dont il a la galanterie de vouloir la débarrasser et qui va se révéler particulièrement collant...

A.D.G. nous offre, comme héros de ces mésaventures, un trio de bras cassés, trois paumés qui, pour survivre, font de piètres spectacles de clowns dans des kermesses ou des maisons de retraite. 

Alors qu’ils ont fait un « spectacle » pour l’anniversaire de la petite fille du patron de l’hypermarché situé en face de leur HLM et que ce dernier refuse de payer leur dû intégral parce que le spectacle n’est pas allé au bout à cause de la pluie, le meneur du trio tombe sous le charme de la grande fille du mauvais payeur. 

De plus, le trio se retrouve exproprié pour défaut de paiement du loyer et n’a plus que quelques jours pour trouver un nouveau toit.

Tant pour palier à son défaut de logement que pour avoir les moyens d’entretenir la jeune femme dont il est enamouré, Lumignon accepte de braquer les caisses du supermarché. 

Problème, alors qu’il avance sur le dossier du cœur, Lumignon découvre, dans le coffre arrière de la voiture de sa belle, le corps sans vie d’un nain qui va se révéler très collant.

Des branquignols, une histoire complètement barrée, la plume savoureuse d’A.D.G., tout est là pour assurer un plaisir littéraire au lecteur que je suis. Et, effectivement, le plaisir est là, mais pas en permanence, et ce malgré des trouvailles hilarantes (le nain dans le bain, la lessiveuse à nouilles...).

Dès lors, difficile de savoir pourquoi, exactement, la sauce ne prend pas totalement. Pas le bon moment, pas la bonne humeur, pas assez concentré... aucune idée, toujours est-il que, malgré tous ces éléments positifs, l’enthousiasme ne fût jamais total.

Au final, malgré des personnages drôles (mais pas toujours très fins), des situations rocambolesques, de bonnes trouvailles, une bonne plume, « Les trois Badours » n’a jamais réellement tenu toutes les promesses qui émanaient du projet.

02 février 2017

P.I.

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« P.I. » (Police Investigation) est un jeu créé par l’auteur de jeux à succès Martin Wallace.

Le principe du jeu est assez simple. Chaque joueur reçoit trois cartes (1 carte crime, 1 carte lieu et 1 carte suspect). Ces trois cartes correspondent à l’enquête que devra résoudre le joueur adjacent. 

Ainsi, chaque joueur connaît les éléments de l’enquête du joueur à sa droite (ou à sa gauche, c’est selon), mais ne connaît pas, forcément, les éléments de l’enquête qu’il doit résoudre, à savoir :

– Quel crime a été commis ?

– Quel est le lieu du crime ?

– Qui a commis le crime ?

Pour trouver ces trois éléments, les joueurs vont se déplacer dans différents quartiers. Dans ces quartiers auront été placés, au préalable et au hasard, un jeton « crime » et un jeton « criminel ». Sur place, le joueur possédant les éléments recherchés devra indiquer à l’enquêteur en cours le nombre d’éléments de son enquête se trouvant sur place (en clair, s’il est bien sûr le lieu du crime ou bien si le jeton « crime » correspond au crime recherché ou encore si le jeton « criminel » correspond au criminel recherché) ou bien les éléments se trouvant sur un quartier adjacent à celui où l’enquêteur se trouve.

Pour ce faire, ces indications seront données à la façon du jeu « Mastermind », par des petits cubes ou des disques en bois, d’une forme correspondant à un élément sur place et l’autre à un élément sur un quartier adjacent.

Comme le nombre de déplacements est limité, l’enquêteur pourra également piocher des cartes « Preuve » qui lui permettront, par le même procédé que précédemment, de savoir si l’élément correspond à son enquête. 

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À force de déplacement, en cumulant les indications, le joueur devra conclure son enquête en annonçant les éléments qu’il a devinés.

Le procédé est alors suffisamment simple pour être maîtrisé par tout le monde, mais pas trop simpliste pour autant. En effet, même si la chance a une grande part dans la résolution de l’enquête (si, par exemple, dès le premier déplacement, l’enquêteur obtient deux éléments de son dossier en cours), la réflexion entre également en compte, notamment pour choisir son prochain déplacement en fonction des réponses obtenues lors de son précédent déplacement.

Évidemment, certains pourront reprocher que, pour un jeu d’investigation, la part est faite plus belle à la chance qu’à la réflexion, mais, pour autant, il serait dommage de bouder ce jeu qui est très sympathique pour peu que l’on joue au moins à trois joueurs (à deux, le jeu est moins prenant).

Au final, un bon jeu à un prix, désormais, très accessible, et qui offrira de bons moments de jeu, de chance et de réflexion.

29 janvier 2017

Fièvre au Marais

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Tout comme Frédéric Dard et son San-Antonio, Léo Malet et son Nestor Burma se sont avérés, pour moi, des valeurs sûres. Sûres, car, même dans les intrigues les moins intéressantes, le style suffit à me procurer un minimum de plaisir littéraire, ce qui n’est pas le cas de biens des romans actuels.

Fièvre au Marais : Par un printemps pourri, Nestor Burma connaît des difficultés financières qui l’obligent à se rendre chez le prêteur sur gages Jules Cabirol. Mal lui en prit, car il retrouve son cadavre. Pendant qu’il contemple des fenêtres de l’appartement le  Palais Soubise, qui abrite les Archives Nationales, il s’avoue que l’usurier, être retors et sans une once d’humanité, n’a pas volé son assassinat, en témoigne un ours en peluche qu’il voit parmi les marchandises saisies par le mort. S’il était capable de prendre en gages le jouet d’un enfant... Pendant que Burma déleste Cabirol d’une partie de son argent, il se fait assommer. Quand il revient à lui et entrouvre les yeux, il devine la présence d’une jeune fille dans l’appartement à une jolie paire de jambes gainées de nylon qui ont tôt fait de déguerpir. Quand le détective parvient à se remettre sur pied, il constate que le rouge à lèvres qui colorait les lèvres du mort n’y est plus : la jeune femme est revenue pour le faire disparaître. Burma répond machinalement au téléphone qui sonne à ce moment et qui le met sur la piste de Maurice Bardoux, étudiant qui mène des recherches aux Archives nationales. De fil en aiguille, il se rapproche de la clé de l’énigme. Quelques jours plus tard, la jeune fille rend visite au détective pour s’expliquer et se disculper. Il ne la livre pas à la police, car le coupable aurait très bien pu être un malfrat, mort depuis, qui détestait Cabirol.

Ils sont rares, les auteurs qui parviennent à vous subjuguer par leur prose, surtout de nos jours. Léo Malet en fait indéniablement partie (du moins dans le genre « policier » qui est le seul qui me donne envie de lire), au même titre qu’un Frédéric Dard, Daniel Pennac ou Pierre Desproges dans son unique roman.

Il faut bien avouer que dans les polars à succès actuels, il est rare de s’arrêter sur le style de l’auteur ou sur ses personnages tant le premier est suffisamment plat pour ne pas exclure certains lecteurs et tant les seconds sont quasi interchangeables.

Heureusement, dans un jadis plus ou moins lointain ou bien en cherchant du côté des auteurs un peu plus obscurs, on peut dénicher de véritables plumes et se délecter de certaines tournures de phrases.

Ces auteurs vous offrent alors la certitude de toujours trouver quelque chose d’intéressant dans leur livre, même quand l’histoire ne vous passionne pas et que les personnages ne sont pas très attachants (ce qui n’est pas le cas des écrivains dont la plume n’est pas franchement identifiable).

Mais là, Léo Malet nous offre non seulement un style, mais également un personnage très intéressant que ce Nestor Burma. Aussi, si l’histoire tient bien la route, c’est le jackpot assuré.

Et c’est le cas dans « Fièvre au Marais »

Alors que Léo Malet nous fait montre de son talent dès les premiers paragraphes à travers certaines tournures, certaines phrases, et que le lecteur connaît le potentiel du personnage principal (à moins de découvrir Nestor Burma à travers ce roman), il a également l’intelligence, en quelques mots, de pardonner les agissements de son héros (il vole l’argent du mort) et de justifier le laxisme dont il fera montre tout au long de l’enquête pour rendre la justice à travers la simple évocation de cet ours en peluche trônant sur une étagère du prêteur sur gages (un homme capable de prendre en gages la peluche d’un enfant de pauvres est forcément un salaud).

S’en suivent alors les pérégrinations de Nestor Burma pour, à la fois, trouver un client afin d’être payé et de trouver le coupable, pour sa propre satisfaction sachant que tout tournera, Burma oblige, autour d’une jolie poupée.

Le premier titre de ce roman, « L’ours et la culotte » était bien plus évocateur que « Fièvre au Marais », en reprenant les deux symboles de cette aventure (j’ai évoqué la peluche, je vous laisse découvrir le rôle de la culotte, cela pourrait vous surprendre).

Pour le reste, du Nestor Burma pur jus avec un personnage drôle et attachant, qui sait mettre l’éthique de côté quand il le faut, qui encaisse des gnons (c’est l’une de ses spécialités), et finit toujours par trouver le fin mot de l’histoire, ce qui mènera le lecteur au mot « Fin », de l’histoire.

Au final, quand l’histoire est bonne, sachant que le style de l’auteur et le personnage le sont toujours, alors, le lecteur est promis à un bon moment littéraire, c’est encore une fois le cas avec ce roman.

26 janvier 2017

Patchwork

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« Patchwork » est un jeu de société semi-abstrait créé par Uwe Rosenberg, un créateur de jeux allemands déjà connu pour son jeu « Agricola ». Le jeu est distribué en France par l’éditeur « Funforge ».

« Patchwork » est un jeu qui ne se joue qu’à deux joueurs.

Le but de « Patchwork », comme son nom l’indique, et de créer le plus grand patchwork possible.

Pour ce faire, chaque joueur a une couverture devant lui (représentée par un carton de 9 x 9 cases) et de 5 boutons pour payer les pièces de tissus qu’il va assembler (des pièces en cartons qui s’emboîtent comme les pièces d’un Tetris).

À l’aide d’un plateau contenant la piste du temps sur laquelle les joueurs vont se déplacer, les joueurs vont avancer, acheter des pièces, gagner des boutons jusqu’à arriver à la fin où il sera temps de faire le décompte final.

Avec un processus simple, « Patchwork » n’est pas, pour autant, un jeu simpliste. En effet, chaque joueur va devoir faire en fonction des coûts de chaque pièce, mais aussi de l’intérêt qu’elle va avoir dans son patchwork, du coût de temps qu’elle va impliquer et du nombre de boutons qu’elle peut rapporter.

En plus, le joueur devra également faire en fonction de son adversaire, en faisant en sorte de ne pas lui laisser la possibilité de choisir la pièce qui lui sera la plus utile.

Chacun son tour, les couturiers vont donc avoir le choix entre trois pièces de tissus d’une taille et d’un coût en boutons et en temps différents. Une fois la pièce achetée, il faut alors la poser sur sa couverture. 

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Une fois arrivés au bout de la piste du temps, les joueurs vont compter leurs points en fonction des boutons encore en leurs possessions, de ceux représentés sur les pièces du patchwork puis retirer deux points par case encore vide sur leur couverture.

Au final, « Patchwork » est un jeu très sympathique et très prenant, plutôt malin, au déroulement très simple et qui va faire le bonheur des couturiers-joueurs et des autres.

Pour en savoir plus sur le déroulement d’une partie, voir ici.

22 janvier 2017

Le rival de Sherlock Holmes

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Comme tout grand amateur de Sherlock Holmes, je suis assez friand de pastiches de l’œuvre de Conan Doyle, soit à travers des romans inspirés de manière plus ou moins lointaine ou bien de récits où l’érudition holmésienne de l’auteur et la capacité à reproduire un style très proche de celui initial, apporte au lecteur un plaisir non dissimulé.

L’avantage, avec Sherlock Holmes, c’est que l’on peut trouver de tout, de l’excellence jusqu’à la médiocrité, du récent jusqu’à l’ancien, de la nouvelle, jusqu’aux plus grands romans, de la série télévisuelle jusqu’à la production hollywoodienne.

En matière de pastiches littéraires, le choix est immense tant le personnage du détective et son succès ont inspiré les divers auteurs.

Parmi les écrivains ayant tenté l’expérience, citons quelques noms comme Mark Twain, Maurice Leblanc, Ellery Queen, Nicholas Meyer, Alexis Lecaye, Bob Garcia, Caleb Carr, Stephen King, J.M. Erre et Anthony Horrowitz... qui font partie d’une liste extrêmement longue d’auteurs.

Dans cette liste, je retiens deux principaux noms, celui de René Réouven, pour moi, l’un des meilleurs et des plus respectueux en matière de pastiches et, surtout, Henry Cauvain qui est, à ma connaissance, l’unique cas de « pasticheur » avant l’heure puisqu’il est l’auteur du roman « Maximilien Heller », réédité chez « OXYMORON Éditions », dans lequel ont découvre un détective français qui est en tout point comparable avec le détective anglais, également accompagné d’un médecin narrateur et dont le livre a été édité 17 ans avant la parution de la toute première aventure de Sherlock Holmes.

Sherlock Holmes a été inspiré (pour ne pas dire plus) par un auteur français et les auteurs français se sont ensuite beaucoup inspirés de lui.

Maurice Leblanc confronte son personnage d’Arsène Lupin avec celui du détective avant que les avocats de Conan Doyle ne se plaignent, l’obligeant à modifier le nom du détective anglais en Herlock Sholmes (OXYMORON Éditions réédite d’ailleurs la nouvelle originale dans la collection « 221 » dédiée aux premiers pastiches et avatars en langue française du fameux détective anglais.

Alexis Lecaye, auteur de la série « Julie Lescaut », a conté avec brio les rencontres de Sherlock Holmes avec Karl Marx et Albert Einstein.

René Réouven apporte, en plus du talent, de la plume, une érudition, une connaissance et un respect du « Canon » qui force le respect.

D’autres auteurs se sont inspirés de Sherlock Holmes pour créer un autre personnage de détective en s’appuyant sur la comparaison, comme le Belge Jean Ray et son « Harry Dickson », Paul Zahori avec « Mademoiselle Sherlock », Fabre et Jacquin avec « Le chien se Serloc Kolmes » [ces deux derniers titres sont également réédités dans la collection « 221 » d’OXYMORON Éditions]... sans compter toutes les nouvelles et bluettes qui pullulèrent dans les journaux de l’époque.

Mais on en oublierait presque l’auteur francophone qui, le premier, se lança dans l’aventure, et ce dès 1900 avec son titre « Le rival de Sherlock Holmes » : Hector Fleischmann.

Hector Fleischmann est un auteur, journaliste, poète et historien belge né en 1882 et mort en 1913.

Dans son œuvre plutôt consistante pour un écrivain mort si jeune, on trouve, entre les essais, les poésies et les biographies, quelques romans, dont un, policier, « Le rival De Sherlock Holmes ».

Le rival de Sherlock Holmes : Le célèbre détective anglais Sherlock Holmes a un rival, il est américain et se nomme William Hopkins ! C’est en tout cas ce que narre l’ex-ingénieur en mécanique James D. Sanfield, qui est à Hopkins ce que le docteur Watson est à Holmes, un précieux ami doublé d’un confident conteur de ses aventures. Et, effectivement, William n’a rien à envier à Sherlock, puisqu’il base son succès sur l’observation, la réflexion, la logique et la déduction. Suite à plusieurs affaires habilement résolues, sa réputation vient à l’oreille d’un richissime homme d’affaires qui le mande, toute affaire cessante pour aider son consortium dont les membres sont menacés de mort par des courriers anonymes… « Le rival de Sherlock Holmes » écrit en 1900 par Hector Fleischmann est le tout premier pastiche en langue française du personnage de Sherlock Holmes.

Dans ce court roman, nul esprit d’érudition ni de démonstration de connaissance du « Canon » [il n’y a, d’ailleurs, point de « Canon » puisque la dernière aventure de Sherlock Holmes écrite par Conan Doyle le fût à la fin des années 20], ou de tentative d’écrire à « la manière de » Conan Doyle, juste l’envie de proposer un personnage « proche » afin de surfer, je suppose, sur le succès des œuvres de Doyle.

Hector Fleischmann nous propose donc un détective américain, décrit et surnommé comme « le rival de Sherlock Holmes » et qui, comme son homologue anglais, se repose sur une observation et une déduction pour résoudre les enquêtes.

Comme chez Henry Cauvain ou chez Conan Doyle, l’enquêteur sera secondé par un civil [ici, un ex-ingénieur] qui sera également le conteur des aventures.

« Le rival de Sherlock Holmes » nous propose donc de suivre les pérégrinations des deux partenaires à travers trois enquêtes particulièrement éprouvantes [dont, notamment, la dernière].

Si de l’ensemble émane le charme du style légèrement désuet de l’époque, l’auteur parvient à nous proposer des enquêtes sans temps mort qui offrent au lecteur d’agréables moments de lecture.

Certes, William Hopkins souffre de la comparaison avec son homologue anglais, tant sur la complexité et l’intérêt du personnage que dans sa capacité intellectuelle à résoudre les énigmes, mais, ce n’est pas pour autant qu’il faudrait bouder ce livre qui, en plus d’être un témoin du succès retentissant que pouvaient avoir les aventures de Sherlock Holmes à l’époque, nous offre un instant de lecture agréable.

Au final, « Le rival de Sherlock Holmes » a bien du mal à rivaliser avec Sherlock Holmes [mais qui y parviendrait ?], mais est un court roman de bonne facture pour peu qu’on apprécie le style du début du XXe siècle.

19 janvier 2017

Colt Express

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Si vous aimez les jeux de société et les westerns, vous devriez apprécier ce jeu de Christophe Raimbault et Jordi Valbuena (un auteur, un illustrateur, comme dans un bon fascicule de littérature populaire, comme quoi, on reste dans le sujet de prédilection de ce blogue).

Dans un jeu de société, il faut une histoire, une certaine écriture (en plus de celle des règles) et un bon illustrateur.

Tout comme pour un bon bouquin, un bon auteur et de bonnes illustrations attirent les joueurs.

Pour autant, on ne peut pas dire, avant le succès de « Colt Express », que Christophe Raimbault était un créateur de jeu en vue. Idem pour l’illustrateur Jordi Valbuena. Depuis que le jeu a été élu « Jeu de l’année 2015 ».

Pour autant, « Colt Express » a été, à raison, un grand succès.

Édité par « Ludonaute », « Colt Express » fait partie de ce que l’on appelle : « Jeu de programmation ». En clair, chaque joueur, à son tour, choisit l’action qu’il va faire et toutes les actions sont jouées, les unes derrière les autres, à la fin de la manche. Le résultat de chaque action dépend donc des précédentes.

« Colt Express » se joue entre 2 et 6 joueurs et destiné aux joueurs de plus de 10 ans.

Le jeu contient :

– 6 wagons en carton,

– 1 locomotive en carton,

– 7 figurines en bois (bandits et Marshall),

– 6 fiches personnage,

– 132 cartes,

– 32 pions butins,

– quelques éléments de décor en carton.

 

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Le grand point fort du jeu est la retranscription en 3D de l’univers du western à travers le train.

Effectivement, le premier acte avant toute partie est de construire ce fameux train, les 6 wagons et la locomotive, faits de pièces de carton et qu’il faut monter soi-même.

Une fois assemblé, le convoi apporte un réel plus à ce jeu et fait retomber le joueur dans son enfance, à l’époque où il jouait aux cow-boys et aux Indiens avec ses playmobils.

Le déroulement du jeu est assez simple. Six personnages, six joueurs possibles. Chacun choisit un bandit à incarner entre les six (Cheyenne, Belle, Django, Tuco, Doc et Ghost). Chaque bandit à son pouvoir particulier qui apportera un peu de piquant à la partie.

Chaque manche se déroule en plusieurs tours et à chaque tour, les joueurs choisissent une action à réaliser (prendre un butin, frapper un bandit, tirer sur un bandit, changer de wagon, monter sur le toit ou en descendre). Comme le résultat de chaque action peut impacter la suivant, ce n’est qu’à la fin de la manche, quand toutes les actions sont jouées les unes après les autres, que l’on découvre les conséquences de chaque action. À la fin de la partie, celui qui a le plus gros butin a gagné. Pour cela, tous les coups sont permis, coups de poing, coups de feu, vol...

Le jeu a eu un tel succès que, depuis son lancement, les extensions pullulent :

– Extension « Chevaux et Diligences ». En plus du train, une diligence, 6 chevaux, 8 otages, une mitrailleuse, des flasques de whisky, une cagnotte supplémentaire...

– Extension « Marshall et prisonniers ». En plus du train, un wagon prison, un joueur qui incarne le Marshall, 1 cheval, des prisonniers, un bandit de plus (Mei), des idées de génie, des sacs pleins de dollars...

– Le tapis de jeu pour renforcer l’immersion.

– L’application PC et Téléphone.

Un bon jeu drôle et prenant disponible pour une trentaine d’euros auquel vous pourrez rajouter presque une vingtaine d’euros par extension, et entre 7 et 10 euros pour les applications.

Précisons que « Colt Express » peut se jouer à deux, mais qu’il ne sera jamais aussi plaisant qu’à au moins 4 joueurs.

18 janvier 2017

Collection « 221 »

L’un des héros les plus appréciés de la littérature policière est, sans conteste, le détective anglais Sherlock Holmes.

Si tout le monde sait qu’il est né sous la plume d’Arthur Conan Doyle, certains ignorent encore que l’enquêteur misanthrope a été calqué sur le personnage français de Maximilien Heller développé par Henry Cauvain dans le roman éponyme édité bien des années avant la parution d’« Étude en rouge », signant la première apparition de Sherlock Holmes.

Puisque Sherlock Holmes avait été inspiré par un Français, il était logique qu’il inspire, à son tour, d’autres écrivains de l’Hexagone.

La collection « 221 » s’attache donc à rééditer certains des premiers pastiches ou avatars du célèbre détective anglais en langue francophone.

Si « 221 » est destiné également à proposer des textes courts édités dans les journaux de l’époque et qui seront regroupés en recueils, la collection s’ouvre sur trois courts romans et une nouvelle proposés en numérique à 0,99 euro le titre : 

Mademoiselle Sherlock de Paul Zahori ;

Le rival de Sherlock Holmes d’Hector Fleischmann ;

Sherlock Holmes arrive trop tard de Maurice Leblanc ;

Le chien de Serloc Kolmes de Jacquin & Fabre.

« Le rival de Sherlock Holmes », paru en 1900, est probablement le tout premier avatar en langue française du détective anglais.

« Sherlock Holmes arrive trop tard » est considéré comme l’un des tout premiers pastiches holmésiens en langue française.

Parue en juin 1906 dans le magazine « Je Sais Tout », cette nouvelle de Maurice Leblanc écrite dans le cadre de la série « La vie extraordinaire d’Arsène Lupin » est la première des trois aventures dans lesquelles se confrontent le gentleman cambrioleur et le détective anglais (plus tard, regroupées dans le livre « Arsène Lupin contre Herlock Sholmes »).

Conan Doyle appréciant peu l’utilisation faite de son héros et le faisant savoir par ses avocats, Maurice Leblanc, pour les autres nouvelles et les rééditions futures, remaniera quelque peu le texte et, surtout, changera le nom de l’enquêteur en « Herlock Sholmes ».

La présente édition reprend donc le texte original diffusé dans le magazine de l’époque, avant que Sherlock Holmes devienne Herlock Sholmes

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15 janvier 2017

Un drame à Rio de Janeiro

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Paul Salmon fait partie de ces trop nombreux auteurs oubliés qui ont participé à l’essor de la littérature populaire au début du XXe siècle grâce à une production d’envergure à travers de nombreux genres.

Paul Salmon, surtout connu sous les pseudonymes de Paul Dargens, Paul Darcy, était l’époux d’un autre auteur populaire, Léonce Prache. L’écrivain s’est essayé, comme ses pairs, à tous les genres en vogue à l’époque (sentimental, cape et épée, aventures, science-fiction, policier) et c’est avant tout sous les pseudonymes de Paul Dargens et Paul Darcy qu’il participe aux nombreuses collections des éditions Ferenczi, Rouff, La Baudinière ou Tallandier.

Avec, « Drame à Rio de Janeiro », Paul Darcy nous propose un très court roman d’aventures pour la jeunesse qui va se dérouler en grande partie au Brésil :

Un Français, en tournée au Brésil, se trouve mêlé à une rixe pendant laquelle il vient en aide à un Américain. Celui-ci se fait tuer, mais lui laisse des documents qu’il doit sauver et apporter à la sœur du défunt. N’ayant de réel but dans la vie, l’homme décide d’aider la jeune femme à venger son frère et à récupérer les terres que sa famille possédait au Brésil...

N’étant pas un réel fan de romans d’aventures, sauf si l’aspect policier est également présent, ce fascicule ne m’était pas forcément destiné. Malheureusement, ce fait fut très rapidement confirmé, tant par le genre que par la plume de l’auteur que je trouvais trop fade à mon goût et dont le style me rappelait un peu trop celui de « Candide » de Voltaire, ce qui n’est pas le comble de la modernité, faut-il l’avouer.

Malheureusement, le style n’était pas le seul à me faire penser à ce roman que j’avais dû lire dans ma jeunesse, contraint par un professeur de français qui voyait dans cet ouvrage un potentiel attractif pour des adolescents boutonneux (moi, j’étais ado, mais je n’ai jamais souffert d’eczéma, ce qui n’a rien à voir avec le sujet).

Effectivement, la façon qu’avaient les personnages de se retrouver sans cesse sur le chemin les uns des autres à travers le monde (il n’y avait pas de puces GPS pour suivre les déplacements des gens à cette époque) laissant penser que le monde est si petit que l’on ne peut que se croiser, a une fâcheuse tendance à m’agacer (c’était déjà le cas dans le livre de Voltaire).

Mis à part cela, le manichéisme omniprésent (un gentil très très gentil et courageux face à un méchant très méchant, fourbe et lâche) et l’intrigue trop classique n’arrangèrent en rien mon intérêt pour cet ouvrage.

Au final, bien que le roman fût, à l’époque, destiné à la jeunesse, il souffre d’une narration et d’une intrigue bien trop simplette pour me conquérir et, si ce n’est sa petite taille, j’aurais volontiers interrompu ma lecture en cours de route.