Loto Édition

04 décembre 2016

Le cri

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Nicolas Beuglet est un romancier et un scénariste français ! Voilà à peu près tout ce que j'ai trouvé sur l'auteur de « Le cri » son second roman et premier sous son nom.

Le cri : Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l'aube d'une nuit glaciale, le corps d'un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre... Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l'hôpital semble si peu à l'aise avec l'identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ? Pour Sarah, c'est le début d'une enquête terrifiante qui la mène de Londres à l'île de l'Ascension, des mines du Minnesota aux hauteurs du vieux Nice. Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d'un journaliste d'investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse sur l'une des questions qui hante chacun d'entre nous : la vie après la mort... Et la réponse, enfouie dans des laboratoires ultrasecrets, pourrait bien affoler plus encore que la question ! Inspiré par des découvertes et des évènements réels, Le Cri renvoie à nos peurs les plus intérieures. Un thriller sur la folie des hommes et le danger d'une science dévoyée, transformée en arme fatale. 

Je pourrais résumer cet ouvrage en deux mots : Blockbuster Hollywodien.

Alors, bien sûr, ces deux mots peuvent résonner, chez certains, comme un compliment, mais, pourtant, dans ma bouche, ou plutôt sous ma main (c'est une chronique écrite), ces deux mots sonnent presque comme une injure.

En effet, même si je regarde parfois ces grosses productions, je suis, généralement, déçu par celles-ci pour plusieurs raisons, toujours les mêmes.

Reprenons donc les différents clichés qu'enfile ce roman, nombre de trhillers et les films pointés du doigt.

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1) Un flic au bout du rouleau hanté par un évènement traumatisant.

2) L'évènement traumatisant en lui-même (généralement la mort d'un proche ou ... à vous de découvrir).

3) Deux personnages beaux gosses qui, au départ, n'ont rien en commun, voire même se méfient l'un de l'autre et qui finissent par tomber amoureux.

4) Inspiré d'un fait réel - voilà l'élément qui est sensé donner de l'intérêt à une histoire, mais qui, chez moi, a toutes les chances de me rebuter. En effet, si c'est une histoire vraie, cela peut m'intéresser, si c'est une fiction, également, mais, « inspiré d'un fait réel », c'est un argument qui m'empêche de m'intéresser à l'histoire ne sachant jamais ce qui est réel, ce qui est fictionnel.

5) Les héros invincibles qui survivent à toutes les situations les plus catastrophiques.

6) Les éléments qui ne tiennent pas debout, mais qui sont là uniquement pour faire avancer le schmilblick, mais le scénariste s'en fout que ce ne soit pas crédible du moment que ça lui évite des temps morts.

7) Les deux héros qui, dans les pires moments, ne pensent qu'à l'autre, l'amour, l'attirance et patati et patata.

Si vous n'avez pas lu le roman et que vous désirez le lire, sautez les prochains points qui révèlent des informations.

8) Le héros que l'héroïne croit mort parce que cela ne peut pas être autrement, mais voilà, il survit quand même pour le bonheur de l'héroïne.

9) Le gros méchant qui est le dernier que le héros aurait soupçonné, mais que tout prédisposait tout de même à ce rôle.

10) Le « Tout ça pour ça ». En effet, à la fin du livre, les révélations finales semblent, en plus d'être peu crédibles, bien pâles par rapport à tout ce qu'on dû endurer les héros pour les découvrir.

11) La fausse fin triste ou les deux personnages s'aiment, mais la vie fait qu'ils ne peuvent pas être réunis.

12) Le « happy end » : ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants... ou presque.

Après ces quelques éléments, la critique du livre semble peu utile puisque tout est dit ou presque.

Enfin, admettons tout de même des qualités à l'ouvrage.

1) Un début qui était prometteur et aurait pu introduire une bonne histoire.

2) Un roman sans temps mort... mais bon, trop de rythme tue le rythme.

3) Un retour sur les agissements des services secrets américains pendant la période de la guerre froide.

4) Quelques réflexions théologiques.

Bon, au final, un livre qui se lit sans un réel déplaisir, mais qui laisse un goût amer dans la bouche tant on a l'impression que l'auteur a voulu reprendre, dans son livre, les recettes des grosses productions hollywoodiennes pour plaire à la masse des lecteurs sans chercher à proposer un roman original, des personnages originaux ou une fin originale, ou...


30 novembre 2016

Marché de Noël de Villeneuve-la-Rivière

affiche_march__de_no_l_e1480011647834_212x300Vous n'êtes pas sans savoir que Noël approche. Si vous ne le savez pas, c'est que vous ne regardez pas votre calendrier, n'allumez pas la télévision sur l'écran de laquelle passent en boucle des publicités pour des jouets, des téléfilms ayant pour sujet central Noël et ne recevez pas les catalogues et publicités dans votre boîte à lettres... sinon, vous seriez au courant.

Qui dit Noël dit cadeaux, repas, sapin, neige (enfin, pas chez moi)... et : Marché de Noël !

L'avantage du marché de Noël, c'est que l'attente sera moins longue, parce qu'il a généralement lieu avant Noël, pour permettre aux gens de faire leurs achats pour l'évènement.

Villeneuve-la-Rivière organise un marché de Noël ce dimanche 4 décembre 2016, à la salle des fêtes, de 10 h à 17 h.

Ce sera l'occasion pour les curieux qui viendront y faire un tour d'acheter des victuailles, mais aussi des cadeaux pour faire la joie des petits et des grands.

Comme vous le savez tous, il n'y a pas meilleur cadeau qu'un bon livre (si, si, je vous assure !). Cela tombe très bien parce que, cette année, au Marché de Noël de Villeneuve-la-Rivière, un stand sera tenu par OXYMORON Éditions, stand sur lequel vous pourrez croiser l'écrivain KAMASH, qui se fera un plaisir de vous dédicacer ses romans afin que vous puissiez offrir un cadeau personnalisé aux personnes que vous aimez.

Car, il existe réellement un meilleur cadeau de Noël qu'un bon bouquin : un livre dédicacé par son auteur !!! 

Alors, n'hésitez pas à venir à Villeneuve-la-Rivière ce dimanche 4 décembre 2016, de 10 h à 17 h afin de rencontrer les producteurs locaux (charcuterie, miel, huile d'olive, confiture, vin, bijoux...) et, surtout, pour venir faire un tour à notre stand afin de vous procurer un ou plusieurs de nos livres afin de satisfaire la soif de lecture, ou bien la déclencher, chez les personnes que vous chérissez le plus au monde.

Pour que votre Noël soit un succès, venez au Marché !

Pour que vos cadeaux soient appréciés, venez au Marché !

Si jamais vous vous ennuyez, venez au Marché !

Si vous cherchez un livre à dévorer, venez au Marché !

Si vous voulez passer une bonne fin d'année, venez au Marché !

27 novembre 2016

Meurtre à la ligne

MeurtrelaligneAlain Ruiz est un auteur à succès franco-canadien. Cette seule information n'aurait pas suffi à me convaincre de lire un livre de cet auteur.

Mais, quand l'on sait qu'il est né à Perpignan, à côté de chez moi, donc, voilà qui, déjà, me donne un peu envie de le découvrir.

Sachant qu'il est l'auteur de très courts romans dans l'esprit des séries fasciculaires du début du siècle précédent de 32 pages dont je raffole, l'intérêt, en moi, grandit.

Enfin, en découvrant que les enquêtes de son personnage récurrent se déroulent sur Perpignan, voilà qui finit de me convaincre.

0.99 centime, plus tard, je me trouvais en possession de « Meurtre à la ligne », une enquête de Franck Meyer et ce, malgré la 1ère de couverture très peu engageante, qui fleure bon (ou mauvais), l'auto-édition (je m'excuse auprès de la femme de l'auteur qui est la créatrice de cette couverture).

Meurtre à la ligne : Une enquête du Capitaine Frank Meyer. Le corps d'un homme est découvert dans le fleuve La Têt, accroché au bout d'une ligne, le fil de pêche autour du cou. Face à cette mise en scène, le capitaine Frank Meyer et son équipe de la Police Judiciaire de Perpignan se retrouvent confrontés à une affaire très délicate. La victime n'a aucun papier sur elle et le seul témoin n'est autre que le promeneur qui a repêché le corps en pensant avoir ferré un gros poisson au bout d'une ligne abandonnée.

Alain Ruiz est un auteur à succès franco-canadien de plusieurs romans vendus à près de 110 000 exemplaires. (Ian Flix, Les chroniques de Braven Oc, Bekhor...). Retrouvez-le dans une enquête de Frank Meyer.

Auteur-Ruiz-A-1024x914Comme je l'ai déjà expliqué dans l'une de mes chroniques à propos d'un fascicule d'époque, l'exercice du roman policier en 32 pages est assez casse-gueule. La concision nécessaire pour respecter ce nombre de pages vous pousse souvent à commettre certaines fautes, notamment, de ne pas réussir à esquisser suffisamment les personnages pour les rendre intéressants.

Certains auteurs y parviennent en quelques mots (voir la série « Odilon Quentin » de Charles Richebourg, chez OXYMORON Éditions), et d'autres pensent y réussir en quelques chiffres, c'est le cas d'Alain Ruiz.

Car, la première chose qui saute aux yeux à la lecture de cette enquête, c'est que chaque personnage, ou presque, n'est défini que par sa taille et son âge. Erreur, puisque, jamais, un âge ou une taille ne modèle une personne.

Ne parvenant pas, alors, à donner de l'épaisseur à ses personnages, difficile de les rendre attachants ou intéressants.

Il ne reste alors qu'une possibilité de conquérir le cœur du lecteur : le style.

Mais, de style, il n'y a point.

Sachant qu'il est impossible, sur une si courte distance, de proposer une intrigue prenante, avec des personnages fades, le lecteur ne peut, alors, jamais vraiment être conquis.

Et, effectivement, malgré le fait que cette série avait tout pour m'intéresser (excepté la couverture... désolé, madame Ruiz), je n'ai jamais pu être conquis par l'histoire, par les personnages ou par la plume de l'auteur.

Au final, le fait de trouver un auteur cherchant à retrouver l'esprit des séries fasciculaires dont je suis friand m'a donné envie de découvrir une série, un personnage, une plume, mais, malheureusement, le plaisir ne fût jamais là et je ne poursuivrais pas ma découverte. Dommage.

23 novembre 2016

Sidney Paget

Commençons cette nouvelle catégorie, « Illustre Illustrateur » par celui qui est réputé pour avoir dessiné les traits de mon premier héros de littérature, Sherlock Holmes, c'est-à-dire Sidney Paget.

Sidney Paget (1860 - 1908) est un illustrateur anglais connu, principalement pour avoir illustré les aventures de Sherlock Holmes dans le Strand Magazine

Cinquième enfant sur neuf de Robert Paget, greffier, et de Martha Clarke, professeur de musique.

Si Sidney Paget a connu la gloire pour ses 356 illustrations pour un roman et 37 nouvelles de Conan Doyle autour de Sherlock Holmes, il le doit principalement au hasard. Hasard, car, quand le Strand Magazine cherche quelqu'un pour illustrer les aventures de Sherlock Holmes, il pose son dévolu sur Paget, mais Walter Paget, le frère cadet de Sidney. Seulement, par erreur, la proposition est envoyée à Sidney, qui s'empresse de l'accepter.

Pour informations, Sidney et Walter ont toujours réfuté l'hypothèse selon laquelle Walter aurait servi de modèle à son frère pour définir les traits de Sherlock Holmes.

Par contre, il se pourrait que Sidney se soit inspiré d'un de ses amis architectes, Alfred Morris Butler, pour offrir un visage au docteur Watson.

Ce qui est certain c'est que ses dessins furent tellement populaires que l'iconographie d'un Sherlock Holmes portant un chapeau, dit « Deestalker » et une cape dite « Inverness » est due à sa liberté de crayon puisque ces détails, bien qu'ils ne soient jamais apparus dans la Canon Holmésien, doivent leur apparition à la publication du « Mystère de Boscombe Vallée » en 1891.

Son succès et son talent fût tel que, lorsque Conan Doyle, après avoir tué son héros, accepte de relancer la série, d'abord par une aventure ante mortem, « Le chien des Baskerville », ensuite par la « Résurrection de Sherlock Holmes » il exige auprès du Strand Magazine que ce soit Sidney Paget, qui illustre ces nouveaux épisodes.

Mais, laissons place au talent de l'artiste :

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20 novembre 2016

L'avocat, le nain et la princesse masquée

l-avocat-le-nain-et-la-princesse-masqueePartons aujourd'hui à la découverte de Paul Colize, un auteur belge que je ne connaissais pas avant de lire « L'avocat, le nain et la princesse masquée », alors qu'auteur de plus d'une douzaine de romans policiers .

Né en 1953 à Bruxelles...

Bon, voilà pour la biographie. C'est succinct, mais, d'une part, je n'ai pas trouvé grand-chose et, d'autre part, je n'ai pas cherché puisque je considère que, chez un artiste, ce n'est pas sa vie qui prime, mais son œuvre.

Du coup, je me moque un peu des éléments biographiques de mes auteurs, réalisateurs, acteurs, chanteurs, préférés, m'intéressant presque exclusivement à ce qu'ils ont créé.

Revenons-en donc à l'œuvre de Paul Colize et plus particulièrement au roman qui nous intéresse aujourd'hui :

L'avocat, le nain et la princesse masquée : Hugues Tonnon est un avocat respecté du Barreau bruxellois, spécialisé dans les divorces, les séparations douloureuses et les couples qui s’entretuent. C’est donc naturellement à lui que s’adresse Nolwenn Blackwell, le flamboyant top model belge qui a jeté son dévolu sur Amaury Lapierre, un capitaine d’entreprise de trente ans son aîné qui lui arrive au menton. Alors qu’un fastueux mariage se profilait, le riche héritier a été paparazzé dans les bras d’une strip-teaseuse, au bord de la piscine d’une villa tropézienne. Hugues Tonnon s’engage à défendre le célèbre mannequin, dîne en sa compagnie et la raccompagne chez elle pour sceller leur accord. Au petit matin, il se réveille chez lui, la police à sa porte. Nolwenn Blackwell a été assassinée, il est le dernier à l’avoir vu vivante et ne se souvient de rien. 

Paul Colize s'appuie sur une intrigue classique - la personne accusée d'un meurtre et qui va devoir fuir la justice pour trouver le vrai coupable afin de s'innocenter - pour nous livrer une histoire sympathique avec une intrigue correcte et un humour omniprésent.

AVT_Paul-Colize_9099Le petit plus du roman, le fait que le policier chargé de l'enquête est le mari d'une ancienne cliente de l'avocat accusé et que celui-ci a beaucoup perdu, lors du divorce, à cause de la pugnacité du maître du barreau.

Sinon, pour le reste et pour l'originalité, on repassera.

Certes, le roman se lit plutôt facilement, relativement agréablement, il est bien rythmé, mais il manque le « je ne sais quoi » qui fait qu'un livre vous marque à jamais... ou au moins pour un moment. Ceci est probablement dû au personnage principal qui n'est pas réellement attachant, ni même original.

On regrettera également que le lien particulier entre l'avocat et le flic n'influe pas tant que cela sur l'histoire et que les deux personnages demeurent intègres malgré la situation et l'adversaire.

Au final, un petit roman pas désagréable à lire, c'est déjà pas si mal, mais qui est loin d'être inoubliable malgré quelques qualités et à cause de certains défauts.


13 novembre 2016

Passez-moi la Joconde

joconde-1963Neuvième épisode des aventures de San-Antonio - je sais, je ne les lis pas dans l'ordre, et alors ? Ça vous dérange ? Allez-vous sur le site de Michel Onfray voir si c'est plus drôle qu'ici.

Passez-moi la Joconde : Un petit loulou de Poméranie qui se tortille dans la clarté de mes phares. Il vient de se faire ratatiner par une voiture. Moi, bonne pomme, je descends pour lui administrer la potion calmante et définitive. Et voilà ! Je viens de mettre le doigt dans un engrenage qui conduit à une Joconde au sourire plutôt inquiétant.

San-Antonio part en vacances à la Montagne, mais, sur la route, il découvre un petit chien blanc agonisant. Bonne poire, Sana achève la brave bête et récupère son drôle de collier. Quelques jours plus tard, alors qu'il compte fleurette à une donzelle qu'il trimballe dans sa tire en compagnie de son papa gâteau, un pneu crève. Le commissaire descend pour constater les dégâts, pendant ce temps-là, la gonzesse tripote le collier et BOUM, plus de meuf, plus de vioc, juste des cendres.

C'est pas que le Sana, il s'est attaché à la bombasse, mais qu'on fasse sauter sa caisse, quand même, y'a des limites à ne pas dépasser.

Alors, le commissaire se lance dans une enquête qui va le mener sur les traces de la femme en bleu, de faux-monnayeurs, d'un métèque, d'une secrétaire, tout en passant par les bras d'une postière.

Bon, il faut dire que le Sana, même dans les pires situations, il ne laisse pas son charme et son charisme au vestiaire, du coup, les gerces, bah, elles bavent devant lui comme un escargot sur une laitue.

Allez, j'arrête de faire une pâle imitation d'un mauvais clone de Frédéric Dard pour vous parler de ce bouquin.

Qu'en dire ? C'est du San-Antonio de prime jeunesse, c'est-à-dire une aventure sans excès de vulgarité, de sexe, de Bérurier, d'humour, d'argot et de notes de bas de page.

Pour autant, cela reste un bon roman, du moment que l'on apprécie le style du début. Pour autant, on notera que l'intrigue n'est pas la meilleure de la série, mais que les ingrédients sont suffisamment bien dosés et homogènes pour livrer un bon moment de lecture.

Au final, donc, puisqu'il faut en finir un jour, encore une drôle d'aventure de Sana, qui se dévore sans déplaisir.

06 novembre 2016

Rue des macchabées

833661149Petit retour en arrière avec cette 11ème aventure de San-Antonio : « Rue des Macchabées ».

Rue des Macchabées : Au lieu de passer au centre des chèques postaux, aujourd'hui, j'aurais mieux fait de me consacrer à des amours ancillaires (celles que je préfère). Au guichet, j'avise un vieux type blême et pâle des crayons qui retire de l'artiche. Où ça se complique, c'est quand je retrouve le pépère, assis dans sa bagnole, bien sagement, mais un peu mort ! Alors je me mets en piste, courant de surprise en surprise au long de la rue des Macchabées. 

D'abord éditée en 1954, cette aventure a, ensuite été en partie réécrite, ce qui apporte quelques références anachroniques comme une comparaison avec Jean-Paul Belmondo qui, en 1954, était encore totalement inconnu.

Pour rendre service à sa mère, Sana se rend à la banque pour encaisser un chèque. Sur place, il est intrigué par un duo d'hommes dont le plus vieux est blanc comme un linge et semble apeuré. Après leur départ, il découvre un talon de chèque avec, écrit dessus, « Au Secours ! ». Le commissaire part à la recherche des suspects et découvre le plus vieux, mort, dans la voiture du plus jeune.

La mort naturelle du bonhomme devrait mettre un terme à l'enquête, qui, en plus, ne dépend pas du service de San-Antonio, mais le flair de ce dernier le pousse à continuer à fouiner. Aussi, quand l'autre personnage est retrouvé mort, chez lui, asphyxié par le gaz, Sana ne croit pas à l'accident.

En voilà encore une aventure avec un grand A, un excellent moment de lecture, avec une intrigue qui ne trouve sa réelle solution que dans son dernier paragraphe. Entre-temps, le commissaire nous narre son enquête avec sa gouaille habituelle, et l'auteur démontre qu'il était aussi talentueux sans sa démesure future.

Au final, encore un très bon moment de lecture dans cette 11ème aventure... et dire qu'on en est encore qu'au début...

30 octobre 2016

Deuil express

$_35« Deuil express » est la treizième aventure du Commissaire San-Antonio.

Deuil express : Ce bouquin doit suffire à intriguer un zig dont l'existence n'est pas particulièrement de tout repos. Il va se demander si c'est un coup de la police ou d'une autre bande. Dans l'expectative, il lira. Quant à moi, en voilà assez pour aujourd'hui. Je n'ai plus qu'à aller me coller dans les toiles en attendant que la Terre ait fini son petit tour dans le noir.

Pour l'occasion, Sana profite d'un moment de creux pour rendre visite à son oncle Gaston et aller, avec lui, à la pêche, occasion de prendre plus de bitures que de poissons. Mais là, la boutanche est reléguée au second plan, car la pêche est bonne... trop bonne, puisque le bestiau remonté n'est autre qu'un cadavre.

Laissant la chose à la police locale, San-Antonio retourne à Paname, où son chef lui file pour mission de s'occuper d'un gonze ayant volé des documents d'une importance capitale.

Voilà une mission qui ne lui met pas le cœur en fête. Mais, quand le voleur est tué après que le Commissaire ait kidnappé sa petite-amie pour la faire parler, les choses semblent se décanter. Et quand la femme est égorgée dans la maison de Sana, l'affaire se complique. Alors, quand le commissaire échappe à deux attentats, là, la moutarde lui monte au nez... d'autant que la défunte était la sœur du type qu'il a repêché avec son oncle...

Les cadavres tombent pis que les mouches dans cette aventure de San-Antonio et la mort rôde autour du commissaire.

Pinaud fait là sa première apparition, la Sainte-Trinité est maintenant composée (San-Antonio, Bérurier, Pinaud) et présage de bons moments de lecture. Si Bérurier est encore esquissé, Pinaud acquiert dès sa première aventure son relief quasi final.

L'humour est présent, l'argot également, les tournures de phrases ayant fait la gloire de la série également. On sent que l'auteur a fait un grand pas vers son cahier des charges à venir.

Au final, une très bonne aventure de San-Antonio qui démontre, s'il en était besoin, que Frédéric Dard n'a pas fait que réinventer une langue avec sa série, il a également démontré qu'il était capable de proposer une bonne intrigue, une excellente narration et un ensemble cohérent et délectable.

23 octobre 2016

Des dragées sans baptême

938980456San-Antonio est indissociable de Frédéric Dard (même si son fils a repris le flambeau à la mort de son père) et inversement.

Pour autant, il faut avouer que, sur plus de cinquante ans de carrière, le commissaire San-Antonio a bien évolué. Pas tant dans le caractère qui est demeuré peu ou prou le même, mais dans le style. Si la gouaille, l'argot et l'humour ont toujours été présents dans les aventures de ce drôle de Commissaire, la dose de ceux-ci a fortement évolué avec le temps.

Dans « Des dragées sans baptême », 6ème épisode de la série, le lecteur se retrouve dans l'ambiance des épisodes précédents, un milieu plus « espionnage » que « policier » dans lequel le commissaire San-Antonio œuvre plus avec ses muscles et son charme qu'avec son intellect.

Par rapport aux précédents opus, on sent que l'auteur maîtrise mieux son style (qui évoluera encore avec le temps) même s'il est évident qu'il ne lâche pas encore les chevaux et travaille quelque peu en retenue (ce qui sera bien moins le cas par la suite).

Des dragées sans baptême : « Le grand patron est agité. Il est adossé au radiateur, ou plutôt, comme il mesure deux mètres, il est assis dessus. Il passe sans arrêt sa main fine sur son crâne en peau de fesse véritable. Ses yeux bleuâtres me considèrent avec intérêt. Je sens qu'à moins d'accepter de passer pour une truffe, le moment est venu de me manifester. Je me racle le gosier. - Wolf... je balbutie. Wolf... Ben, c'est un bon petit gars, non ? - Non, San-Antonio : Wolf n'est pas un bon petit gars, et vous le savez aussi bien que moi... »

Le commissaire San-Antonio doit se salir les mains en se débarrassant d'un collègue qui s'avère être un traître à la patrie. Du coup, San-Antonio s'exécute en exécutant Wolf sans que cela ressemble à une exécution. Mais, au moment de mourir, Wolf lâche une confession qui va tout changer, du moins, lancer le commissaire sur un terrible attentat.

Du roman d'espionnage mâtiné d'humour et de jeux de mots, voilà ce que nous propose Frédéric Dard dans ce sixième épisode des aventures de son célèbre personnage.

Un petit roman « classique », si ce n'est la narration et l'humour, mais qui reste dans la lignée de ce qui se faisait à l'époque. Une histoire qui tient la route et loin d'être simpliste, il est bien nécessaire de le notifier pour les détracteurs de Frédéric Dard.

Au final, un bon moment de lecture, et ce ne sera pas le seul dans l'œuvre de Dard.

16 octobre 2016

Céréales killer

9782265071841Comme vous le savez si vous avez suivi l'intégralité de mes chroniques littéraires, j'ai débuté ma découverte des San-Antonio par les tout premiers écrits par Frédéric Dard, à l'époque où le Commissaire œuvrait dans l'espionnage, où les jeux de mots ne fusaient pas par milliers, où Bérurier n'était pas encore là, où tu ne te retrouvais pas avec quinze notes de bas de page par chapitre, où l'auteur était moins grivois...

Aujourd'hui la boucle se referme, non pas que j'ai tout lu San-Antonio, mais, à défaut de trouver l'épisode que je cherchais, « Deuil express », sur lequel je reviendrais puisque je l'ai trouvé depuis, j'ai choisi l'épisode en fonction du titre et je suis tombé sur :

Céréales killer : Il s'en passe de drôles dans les plaines de Beauce. La jeunesse du cru a organisé une rave-party au milieu des champs. Mélanie Godemiche, la prêtresse de cette fiesta a été retrouvée atrocement mutilée et qui plus est un peu morte. Si je te dis que mon fils Antoine, San-Antonio Junior, a paumé sa casquette sur le lieu du crime, tu comprends mon souci ?

Si tu ne maîtrises par le canon San-Antonien, je me dois de te préciser pourquoi je parlais de « Boucler la boucle ». Effectivement, si j'ai lu les premiers épisodes dans l'ordre, « Céréales killer » est le dernier titre écrit par Dard... enfin... écrit par Frédéric Dard, puisque Patrice, son fils, a pris la suite... enfin... pas vraiment non plus puisque cet épisode est en fait le passage de flambeau entre les deux auteurs, entre le père et le fils, puisque, si c'est bien Frédéric qui a entamé l'écriture de cet opus, c'est Patrice qui l'a terminé, même, paraît-il, quasiment écrit intégralement après le décès de son père .

Raaaaa ! qu'il est loin le temps où San-Antonio faisait de l'espionnage. Je râle, car je n'ai pas souvenance, dans mes précédentes lectures, que le cul y était aussi omniprésent et aussi vulgairement présent. Non pas que je sois prude, mais, si j'aime énormément les auteurs qui jouent avec les mots, ce qui n'est pas forcément une tâche aisée, jouer avec la concupiscence est, à mon sens, une facilité à laquelle Frédéric Dard pouvait échapper.

frederic-dard-en-aout-1990-1463954583 (1)M'enfin, reste les jeux de mots, ici très présents également, trop... l'excès de jeux de mots tuant le jeu de mots, le tueur en série du livre se voit concurrencer par l'auteur lui-même.

On retrouve également les notes de bas de page et, là aussi, l'excès de note de bas de page tue la note de bas de page.

En clair, l'auteur, les auteurs, font dans l'excès dans cet ouvrage . Excès dont j'ai déjà parlé, mais également excès dans l'histoire et la propension du fils de San-Antonio, Antoine, à se foutre dans la merde et à se faire passer pour le tueur en série.

Cependant, quelques phrases, surtout au début, valent le détour et le style est toujours là bien que la vulgarité prenne trop souvent le pas sur le style.

Au final, pas un grand moment de lecture que ce dernier titre signé Frédéric Dard, mais pas non plus une plaie. Quelques phrases qui font tilt, d'autres qui font plouf, une histoire pas trop simpliste, mais plombée par une propension du fils du commissaire à tout faire pour attirer les suspicions sur lui. 

En conclusion, il me faudra revenir sur les derniers épisodes de la main de Frédéric Dard, pour me faire une idée du style final de l'auteur, mais pour l'instant, je vais me replonger dans les origines avec « Deuil express » que j'ai fini par dégoter.

09 octobre 2016

Plein tarif

ptJean-Bernard Pouy est un génie !

Bon, voilà, je pourrais arrêter ma chronique à ce stade, mais je sens que vous attendez une argumentation un peu mieux construite et un peu plus approfondie.

Bien, d'accord ! 

Jean-Bernard Pouy est un génie qui n'écrit pas que des romans géniaux !

Est-ce mieux ?

Non, sérieux, je n'aurais de cesse de clamer au monde entier que Jean-Bernard Pouy est un génie. Mais, ce qu'il y a de bien chez tout génie c'est qu'il ne produit pas que des œuvres géniales, mais que dans chaque œuvre, même la plus mineure, il y a une part de génie.

Entendez par là que je n'adore pas tous les romans de Jean-Bernard Pouy, il en est même que je n'aime pas, mais, malgré tout, je trouve que l'auteur est un génie.

Génie parce qu'il aime la littérature (un minimum pour un auteur), génie parce qu'il adore la littérature populaire, génie parce qu'il n'hésite pas à se lancer dans des écrits courts, génie parce qu'il se concentre particulièrement sur ses personnages, génie parce qu'il aime lancer des idées et les offrir aux autres (cf la saga « Le Poulpe »), génie parce que l'homme est cultivé, et qu'il aime parsemer ses romans de références littéraires, musicales, cinématographiques...

Mais passons maintenant au roman dont il est question :

« Plein Tarif » : Le thermomètre baisse. Pour éviter que des sans-abri, SDF et autres marginaux ne meurent de froid, les pouvoirs publics prennent des décisions d'urgence. La SNCF installe, à la sortie de Paris, des rames de vieux wagons sur des voies désaffectées. Entre cour des miracles et campement gitan, l'occasion est belle pour une nouvelle expérience sociale et politique. 

C'est l'hiver, il fait froid, les clodos meurent, les pouvoirs publics, émus par l'émotion de la population, décident de mettre à disposition des nécessiteux, des vieux wagons. Les lieux sont rapidement investis par les clochards. Mais, quand les beaux jours viennent et qu'il est l'heure de déloger les anciens SDF, ceux-ci refusent de perdre leur confort et, aidés et motivés par une bande de jeunes anarchistes, décident de lutter pour conserver leur toit.

AVT_Jean-Bernard-Pouy_2645Une petite histoire, très courte, contée par le petit-fils d'un des clochards dont le grand-père, anticonformiste dans l'âme, a préféré, des années auparavant, sa liberté que la vie dans la société qui lui était réservée.

Dans le combat, le vieil homme revit, et le regard de son petit-fils sur lui se modifie.

Mais chacun oublie que, dans chaque combat, il y a des pertes...

Jean-Bernard Pouy excelle dans l'art de présenter des personnages originaux et attachants et, si, ici, il ne fait pas montre d'un génie particulier, ce vieux clodo qui retrouve sa jeunesse grâce à la lutte et son petit-fils qui redécouvre son grand-père sont attendrissants.

L'anarchie, la lutte contre le pouvoir et les forces de l'ordre font partie des marottes de Jean-Bernard Pouy et on les retrouve également dans cette histoire.

Au final, je n'en ferai pas des caisses et même si je trouve que l'auteur nous livre là un roman mineur qui se termine brutalement et brusquement, il n'en demeure pas moins empreint du génie de l'écrivain, génie déclamé par la postface du livre, comme quoi, je ne suis pas le seul à penser que :

Jean-Bernard Pouy est un génie.

02 octobre 2016

Nus

9782213632162Je l'ai déjà dit, mais je le répète :

Jean-Bernard Pouy est un génie !

Mais, comme tout génie, il ne produit pas que des œuvres géniales et, d'ailleurs, le génie d'un artiste se trouve rarement dans l'entièreté de son œuvre, mais dans certains détails de celle-ci.

Comme c'est beau, ce que je viens de dire. Notez-le, pour plus tard, pour mon épitaphe :

« Cet excellent auteur est mort dans la pauvreté et dans l'anonymat le plus total, mais certaines de ses phrases étaient empreintes de génie ».

Mais comme je ne suis pas encore mort, passons à la critique du livre en question aujourd'hui :

« Nus » : Décidé à faire passer la contre-société alternative à la vitesse supérieure, le collectif libertaire « ZO » organise son « université d'été » dans un camp naturiste. Parce qu'à poil on ne peut plus rien cacher ! Au programme, donc : plage, surf, amours libres et... prises de bec. La situation risque de virer au problématique quand la bande apprend que Rosa, une gentille retraitée, a été tuée. En aidant leur ami Harrar à régler les détails de la succession, ils découvrent l'histoire extraordinaire de la vieille Espagnole... Il s'agirait de la propre fille du célèbre combattant républicain Durutti ! Ce n'est plus Rosa, c'est une icône qu'on a tuée ! Les voilà plongés jusqu'au cou dans une intrigue policière dont ils se seraient bien passés... Calo, Laurence, Papi, Brett, Sonia et les autres affrontent leurs contradictions libertaires : que faire du coupable quand ils l'auront trouvé ? Peut-on mentir, peut-on trahir pour que justice soit faite ?

Parce que nous sommes tous égaux et libres, nus, un collectif libertaire choisit un camping naturiste comme lieux de son « Université d'été ».

jbpMais, quand les anarchistes débarquent dans le camping, ils tombent immédiatement sur les gendarmes présents suite au meurtre d'une vieille dame.

Parce que l'un des anars est ami avec le patron du camping, le collectif va se retrouver au centre de l'enquête, d'autant plus quand ils apprennent que la défunte n'était autre que la fille de Buenaventura Durutti, l'une des principales figures de l'anarchisme espagnol du début du XXème siècle.

La force de Jean-Bernard Pouy est, généralement, de proposer des personnages originaux et attachants. Multipliant, dans ce roman, les personnages, il lui est difficile d'être aussi perfectionniste dans la multiplicité qu'il ne l'est dans l'unicité. Ainsi, si certains personnages tirent quelque peu leur épingle du jeu, ce n'est pas le cas de l'ensemble de ceux-ci.

Pour autant, ne boudons pas notre plaisir et, même si l'auteur ne nous livre pas là le meilleur de ses ouvrages (mais il faut dire que, plus on lit Pouy et plus on est exigeant avec lui tant la médiocrité ne fait pas partie de son quotidien), « Nus » n'en demeure pas moins un bon petit roman anarcho-policier nous délivrant, en plus, un revirement final.

Certes, les discussions entre anarchistes peuvent être parfois lassantes, l'intrigue n'est pas d'une folle complexité, et l'humour pas aussi présent que dans la plupart des romans de Pouy, mais, au final, on passe un bon moment de lecture et c'est déjà pas si mal que ça.

28 septembre 2016

KAMASH à Villeneuve-la-Rivière

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Dans le cadre de la « 1ère édition » du « Rendez-vous culturel - Villeneuve, mon village », organisé par la Municipalité de Villeneuve-la-Rivière en collaboration avec la bibliothèque municipale, le centre périscolaire et les Rencontres de Photographies REGARDS, du 30 septembre au 2 octobre 2016, KAMASH présentera ses ouvrages aux lecteurs venus nombreux (souhaitons-le).

Effectivement, ce samedi 1er octobre 2016, de 16 h à 18 h, à l'Espace Jean Noé, la Ville met à l'honneur les auteurs du cru, dont KAMASH, Jean Dauriach, Jean-Paul Pelras et Nicole Noé.

Entre causeries, présentation d'ouvrages, dédicaces et conférences, vous pourrez découvrir les artistes et leurs œuvres et converser avec les uns (les artistes, pas les œuvres) et lire les autres (les œuvres, pas les artistes).

Que vous soyez Villeneuvois ou Villeneuvoises ou non, venez à notre rencontre, découvrir des romans et des auteurs, mais, surtout, partager un moment « Culturel », car si la nourriture du corps est nécessaire à la survie, celle de l'esprit l'est à l'épanouissement.

07 septembre 2016

Festival du Livre et des Éditeurs de Céret 2016

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Céret, cette belle sous-préfecture des Pyrénées-Orientales est une ville connue pour sa Fête de la Cerise, sa Féria, son Musée d'Art Moderne, et, depuis presque 10 ans, pour son salon littéraire : La Fête du Livre et des Éditeurs.

Depuis neuf ans, effectivement, les rues de la vieille ville, protégées du soleil par de magnifiques platanes, abritent chaque année l'un des salons littéraires les plus attractifs de la région et, probablement, mon préféré de tous.

Effectivement, ce salon brille de par l'investissement dans l'organisation, mais aussi dans son déroulement, d'une association de lecteurs motivés et curieux.

Ainsi, si l'on y retrouve les badauds usuels de ce genre de manifestations (le passant qui passe, le passant un peu curieux, le lecteur lambda qui profite de sa proximité pour venir, le lecteur avide qui se déplace exprès pour l'évènement...), à Céret, l'on peut trouver une autre catégorie de personnes, les membres de l'association de lecteurs qui, curieux et gourmands, viennent faire des découvertes et ses emplettes pour remplir ses prochaines soirées de lecture (ou matinées, ou autres moments).

Cette année, encore, ce dimanche 11 septembre 2016, à partir de 10 hOXYMORON Éditions et toute son équipe (petite équipe, mais dynamique et passionnée) seront présents à Céret afin de faire connaître leur travail aux lecteurs de tous bords et de tous âges.

Car, si OXYMORON Éditions est spécialisé dans le roman policier, sa politique éditoriale a l'intelligence et le bon goût de proposer aux lecteurs des romans qui plairont aux amateurs du genre, mais qui pourront également réconcilier avec ce large genre, les lecteurs qui ne sont pas férus de polars.

Effectivement, dans le catalogue d'OXYMORON Éditions, point de « Thriller » à l'américaine surfant sur le succès d'un genre fait de surenchère de violence, de sang, de perversion, de sexe et de personnages dépressifs et suicidaires cassés par la vie et par le métier. Non, nous avons pour ambition de parvenir à faire sourire le lecteur à travers le « polar » en proposant des œuvres décalées, drôles, tendres, que ce soit avec des œuvres d'aujourd'hui, comme les séries « Wan & Ted » ou « Marc-Antoine DECOME » de KAMASH, ou des récits d'hier par l'intermédiaire de rééditions judicieuses de romans ou de séries tombés dans l'oubli ou introuvables jusqu'alors comme les séries « Toto Fouinard » de Jules Lermina« Marius Pégomas » de Pierre Yrondy« Maximilien Heller » d'Henry Cauvain« Le petit vieux des Batignolles » d'Émile Gaboriau« Le coup d'œil de M. Piédouche » de Fortuné du Boisgobey...

À ces quelques œuvres, cette année, viennent s'ajouter des livres tout aussi passionnants comme « Les aventures d'un détective amateur »« Détective Lautrec », « Inspecteur Pinson » et une nouvelle collection tentant de remettre au goût du jour les fascicules d'antan avec la « Collection Les Cadennes » et ses premiers titres « Devant le coffre-fort » de Gustave Gailhard et « Le Troisième Trèfle » de Rodolphe Bringer.

Bien sûr et heureusement pour le public, nous ne serons pas les seuls présents à Céret et de nombreux autres auteurs et éditeurs vous proposeront leurs ouvrages. La plupart d'entre eux sont du département, la volonté des organisateurs de la manifestation étant, avant tout, de permettre aux lecteurs de découvrir les petits éditeurs et les auteurs trop méconnus des Pyrénées-Orientales.

Bref, n'hésitez pas à venir à Céret ce dimanche 11 septembre entre 10 h et 18 h afin de découvrir les auteurs locaux, et surtout KAMASH qui dédicacera ses ouvrages :

— « Chaîne de vies », recueil de nouvelles,

— « Wan & Ted », roman policier décalé,

— « Wan & Ted — Experts Sans Gain », roman policier décalé,

— « Wan & Ted — Le Mystère Sang & Or », roman policier décalé,

— « Wan & Ted — Jeu de Haine à Mourir », roman policier décalé,

— « Wan & Ted - Main Basse sur le Castillet », roman policier décalé.

— « Marc-Antoine DECOME - Détective », roman policier décalé.

— « P'tit Prolo », fausse vraie autobiographie et véritable faux roman policier. 

Et peut-être l'auteur vous parlera-t-il de ses nouveaux projets comme son prochain roman atypique, « Le psychopathe, le dément et le trisomique » ou sa future série fasciculaire : « Jordi Conat, le petit détective catalan ».

Mais, surtout, OXYMORON Éditions vous parlera de sa passion pour la littérature populaire et son engagement et son investissement pour proposer aux lecteurs une sélection judicieuse de rééditions de productions policières du début du XXème siècle comme :

- Le Tome I des Investigations de Marius Pégomas, le détective marseillais, des enquêtes à lire avec l'accent et le cri-cri des cigales dans les oreilles devant un bon pastaga bien frais.

- La très attachante collection « Toto Fouinard », une série d'enquêtes policières écrite par Jules Lermina et qui était, jusqu'à présent, totalement introuvable et jamais rééditée. Des aventures rocambolesques et addictives d'un jeune détective intrépide et optimiste.

- Les aventures du « Détective Lautrec » sont d'exquises enquêtes écrites par Maurice Boué, un auteur Belge du début du XXème siècle qui, bien avant des JC Grangé, Maxime Chattam et consorts, proposait des enquêtes dont la seule solution semblait pouvoir provenir d'une issue surnaturelle, mais qui était, pourtant, très cartésienne et ce, sans avoir à étirer l'histoire sur 600 pages. Baignées d'un humour léger, mais irrésistible, ces enquêtes sont désormais à savourer grâce au travail passionné de l'équipe d'OXYMORON Éditions.

OXYMORON Éditions vous annonce que, pour tout livre papier acheté, l'équivalent en numérique du livre (aux formats ePub, Mobi et Pdf) sera offert au lecteur sur simple présentation d'une adresse mail.

Parce qu'un livre est fait pour être lu, en format papier ou en format numérique, OXYMORON Éditions et KAMASH ont décidé de faire de cette promotion une généralité depuis maintenant deux ans.  

Rares sont déjà les éditeurs du département à proposer l'intégralité de leur catalogue papier en format numérique, mais OXYMORON Éditions doit être la seule maison d'édition à offrir le format numérique pour l'achat du format papier et à proposer, en plus des équivalents numériques de tous ses livres papiers, d'autres livres édités uniquement en numérique.

Aussi, que vous aimiez le livre papier, que vous préfériez le format numérique, que vous aimiez les deux formats, que vous appréciez les romans policiers d'aujourd'hui, que vous ne consommiez que les romans policiers d'antan, que vous adoriez les personnages originaux et drôles, que vous ne conceviez les personnages de romans policiers que comme des héros classiques et sérieux, venez nous voir, nous avons le livre qu'il vous faut, les livres que vous allez dévorer, les collections dont vous deviendrez accros.

En plus de découvrir un auteur, des romans, une saga, de redécouvrir des auteurs d'antan, vous pourrez visiter un beau village des Pyrénées-Orientales, alors, venez nombreux.

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24 août 2016

Littérature Populaire

249974FerencziRomanPolicierA074La littérature populaire est un genre aux contours flous, aux frontières mouvantes, qui est considéré différemment par les gens selon leurs goûts (ce qui se défend), leur niveau social, leur âge, leur culture...

La littérature populaire est apparue au milieu de XIXème siècle avec le succès de certains auteurs comme Eugène Sue, Alexandre Dumas... et les créations de collections de livres destinés au « peuple », cette catégorie de la population socialement et culturellement « défavorisée ».

Pour le coup, le terme de « Littérature Populaire » est utilisé de façon très péjorative, par les auteurs qui ne s'y livrent pas, par les éditeurs et les lecteurs qui ne s'y adonnent pas, mais pire, par les éditeurs qui se spécialisent en la matière.

Effectivement, il n'y a qu'à se plonger quelque peu dans les productions des deux premiers tiers du XXème siècle pour se rendre compte que le travail éditorial de nombre des romans ou fascicules de l'époque a été bien souvent bâclé volontairement, pour des raisons économiques évidentes.

299465FerencziRomanPolicierA093Avec des fascicules ou des petits romans dont les textes sont mal relus, pas assez corrigés, imprimés sur du papier de mauvaise qualité... on pourrait en conclure que ces productions n'ont aucun intérêt.

Et c'est là l'erreur à ne pas commettre, bouder le contenu par faiblesse du contenant.

Car si les textes sont rapidement écrits, ils le sont par des auteurs professionnels qui ont derrière et devant eux des dizaines, voire des centaines d'histoires couchées sur papier. Ce sont donc des auteurs maîtrisant parfaitement leur art, leur style, leurs personnages, la narration, le format, le genre.

Il est évident qu'en écriture comme dans tout art ou dans le sport, la pratique intensive favorise la facilité et la qualité.

Cependant, quand je parle de style, de personnages, de narration, de format et de genre, il faut savoir que la plupart des auteurs populaires ont navigué dans les genres (Science-fiction, polar, aventures, romantique... érotique...), dans les formats (32 pages, 64 pages, 96 pages, 128 pages, plus de 200 pages...), ont usé différents personnages, testé différentes narrations...

la maison de l'épouvanteCe sont parfois les mêmes qui encensent Georges Simenon qui dénigrent la littérature populaire... et pourtant. Pourtant, Georges Simenon n'est pas bien différent des auteurs de la littérature populaire dont je vous parle, la preuve, il en était un.

Écrivant sous de nombreux pseudonymes, Georges Simenon, avant le succès de son personnage du Commissaire Maigret, gagnait sa vie grâce à cette littérature populaire qui me passionne, couchant sur papier de nombreuses nouvelles pour les magazines et les journaux de l'époque.

Ainsi, non content d'être un auteur de littérature populaire, Simenon était aussi un lecteur de littérature populaire. Lecteur d'Arsène Lupin, Simenon crée un personnage très proche avec celui de Yves Jarry qu'il développe sur plusieurs romans et dans l'un desquels il esquisse déjà son futur héros, le Commissaire Maigret.

Mais Jarry n'est pas assez original pour permettre à l'auteur de se démarquer et il le délaisse pour préciser les contours de Maigret dans d'autres romans écrits sous pseudonymes (Christian Brulls et Georges Sim), un personnage d'abord aussi flou que secondaire et qui se précise nettement dans l'ultime roman des quatre avant que Maigret ne vole de ses propres ailes, du moins de la plume de Georges Simenon.

le rayon mortelPopulaire, la littérature de Simenon l'est d'autant plus que la toute première aventure de Maigret est éditée dès le 19 juillet 1930, en feuilleton dans le magazine « Ric & Rac ».

Ajoutons que, même les plus célèbres auteurs populaires, étaient des auteurs populaires. Je m'explique. Il ne faut pas oublier que Frédéric Dard ou Léo Malet, désormais connus sous leurs noms de plume pour leur personnage phare (San Antonio pour Dard, Nestor Burma pour Malet) ont également beaucoup écrit sous pseudonymes pour produire de la littérature populaire (Frank Harding, Omer Refreger, Léo Latimer, Lionel Doucet, Jean de Selneuves... pour Léo Malet. Max Beeting, William Blessings, Éliane Charles, Léopold Da Serra, Antonio Giulotti, Verne Goody, Kill Him, Kaput, L'Ange Noir, F.D. Ricard, Sydeney...)

Désormais connus et reconnus, chacun, pour un unique personnage, le lecteur oublie trop vite que ces auteurs étaient des écrivains professionnels qui noircissaient des dizaines de pages par jour et qui ont écrit des centaines de romans et nouvelles.

Mais si l'on ne reconnaît plus ces auteurs que pour leur personnage phare, d'autres auteurs, aussi prolifique, parfois tout autant talentueux, n'ont eux, pas eu la chance de rester dans l'esprit des lecteurs malgré une énorme production et différents personnages intéressants, parce que bien souvent, ils n'ont connu les joies de l'édition qu'à travers des formats courts et des éditions de mauvaise qualité qui a empêché les œuvres de perdurer dans le temps.

l'houkamiAlors, on me dira que certains auteurs, sans avoir le statut culte du trio pris en exemple, ont accédé à une certaine gloire qui ne s'est pas tout à fait éteinte à l'heure actuelle.

Certes, Jean de la Hire, Michel Zévaco, Pierre Souvestre, Maurice Leblanc, Gaston Leroux, Arnoud Galopin, voire José Moselli ou, plus récemment, Marc Agapit, résonnent encore dans l'esprit des plus férus lecteurs. Oui, mais quid d'un Rodolphe Bringer, de Gustave Gailhard, Jean-Toussaint Samat, Henry de Golen, Georges Grison, Max Paul, H.R. Woestyn, René Pujol, Léo Frachet, Léo Gestelys, Claude Ascain, Maurice Limat, Charles Richebourg, Jules de Gastyne, Jean Petithuguenin, Georges Spitzmuller, René Trottet de Bargis... et encore, pour n'en citer que quelques-uns qui ont œuvré dans mon genre préféré : le roman policier.

Publiés dans de nombreux journaux, pour leurs nouvelles, leurs feuilletons, leurs romans, ou sous formats fascicules de 16 /32 /64 /98 /128 pages ou même en romans, qui peut, désormais, se vanter d'avoir lu leur production ? Bon, pas toute leur production, il faudrait plus d'une vie pour cela tant ceux-ci ont écrit et écrit et écrit. Qui connaît Odilon Quentin, le Commissaire Rosic, l'Inspecteur Lémoz, le Commissaire Sihol, l'Inspecteur Cartier, le Père Leboeuf, les détectives Mac Tiddle, Luc Hardy, Yves Michelot, Teddy Verano, Guy Farnèse, Lautrec, l'Inspecteur Pinson, le Commissaire Serge Vorgan... ?

Personne... ou presque.

l'âme erranteEt, pourtant, que cette littérature est belle... savoureuse, attachante, originale... même quand les auteurs s'inspirent ou inspirent. C'est ainsi qu'un célèbre Toto Fouinard, bien que n'ayant pas égalé, loin de là, la postérité d'un Rouletabille, n'en est pas moins attachant et ses aventures savoureuses.

Mais quel sort pourrait être pire, pour une littérature populaire, de ne plus l'être, populaire. N'est-ce point le comble que cette littérature « populaire » ne soit plus appréciée ?

Bien évidemment, d'irréductibles Gaulois persistent, dans leurs lectures, à naviguer dans les eaux troubles des océans encrés des pages d'autrefois. Mais que la plongée est périlleuse, ardue, risquée, difficile, chronophage et coûteuse. Pour ce faire, il faut voyager de librairie en librairie, de brocantes en vides greniers, de site Internet en site Internet au risque d'y laisser sa santé et son porte-monnaie.

Heureusement, cette passion pour la littérature populaire rapproche. C'est une passion dévorante et généreuse qui pousse chacun à aider son prochain à trouver une information sur un auteur, un roman, un titre, un personnage. Cette passion, qui m'anime également et qui m'encourage, chaque jour, à trouver un titre, un auteur, un personnage, à vous proposer dans mes diverses collections destinées à faire revivre la littérature qui illumine chacune de mes journées, est nourrie par cette générosité propre aux passionnés de littérature populaire. En effet, je ne compte plus les informations trouvées auprès de ces personnes ni les pages que l'on m'a scannées, les fascicules que l'on m'a prêtés, les livres que l'on m'a donnés, pour me permettre de me faire un stock dans lequel je pourrais puiser, durant des années, pour vous proposer de nouvelles lectures d'autrefois.

la pierre qui bougeParce que ma passion vit grâce à cette générosité, je tente de la transmettre également avec générosité, en proposant, en numérique, certains titres gratuitement, en baissant les prix des livres papiers, afin de permettre à un maximum de lecteurs de découvrir ces auteurs, ces titres, ces personnages qui me ravissent sans cesse et qui compose désormais ma vie jusqu'à l'infini.

Bref, tout cela pour vous dire que la littérature populaire dont je vous parle pourrait nourrir des vies entières de lecture, de bonnes lectures, d'excellentes lectures et que, s'il faut, bien évidemment, encourager les auteurs d'aujourd'hui, il n'en faut pas pour autant bouder les auteurs d'autrefois.

Alors, de temps en temps, n'hésitez pas à vous replonger dans les pages jaunies des manuscrits d'antan, vous ne pourrez qu'en revenir avec le sourire.

Allez, je vous laisse, je vais lire un petit fascicule policier.

17 août 2016

Crimes inutiles de René THOMAS

CouvCIN° 237 de la collection « Mon Roman Policier » 2ème série des éditions Ferenczi, « Crimes inutiles » de René Thomas nous conte une nouvelle enquête du grassouillet inspecteur Lémoz.

Si je parle de « grassouillet », c'est que l'auteur décrit son personnage de cette façon même s'il lui confère un poids de seulement 85 kg, ce qui, à moins de mesurer 1,20 m, ne fait pas d'un homme un « grassouillet ».

Crimes inutiles : Un homme trouve la mort en se faisant écraser le tramway dans lequel il a tenté de monter en marche. À côté de son corps est retrouvé une boîte remplie de cocaïne sur l'enveloppe de laquelle est écrit à la main « Monsieur Durand, Poste restante, Lyon ». L'inspecteur Lémoz est chargé de l'enquête et se rend immédiatement à Lyon avec son équipier Léo Marnier dans le but de surveiller la poste en question. En toute fin de journée, le fameux Monsieur Durand passe récupérer le paquet à la poste et se rend dans un troquet. Suite à un coup de téléphone, le trafiquant se dirige vers les toilettes et disparaît par une porte arrière. Le temps de comprendre l'évènement, Lémoz arrive trop tard et découvre le suspect, la gorge tranchée. La piste semble s'arrêter avec la mort de Durand...

Trafic de drogue et meurtres sanglants, Lémoz et Marnier ont fort à faire dans cette enquête qui les mène loin de Marseille, chez les Gones. Les choses se compliquent quand de chasseurs, ils deviennent proies et quand Lémoz doit bouger son massif physique pour arrêter un trafiquant ou tenter de sauver une vie...

René Thomas nous propose une intrigue cousue d'un fil blanc... et noir. Une enquête en pointillés où, quand les choses semblent simples, elles se compliquent, quand l'enquête ne semble plus pouvoir avancer, elle rebondit, où les morts ne le sont pas toujours et les coupables évidents peuvent se révéler innocents.

Courte enquête, format de 32 pages oblige, mais enquête agréable à lire dans laquelle l'inspecteur Lémoz va devoir bouger sa graisse et transpirer sang et eau.

Au final, encore une agréable enquête en compagnie de Lémoz et Marnier, contée par la plume alerte de René Thomas.

10 août 2016

10) Le mystérieux Monsieur Marcel de René THOMAS

CouvLMMMRené Thomas est de retour avec ce titre, « Le mystérieux Monsieur Marcel », n° 207 de la collection « Mon Roman Policier » 2ème série des éditions Ferenczi.

Le mystérieux Monsieur Marcel : Léo Marnier, le bras droit de l'inspecteur Lémoz, est un coureur de jupons invétéré et ce n'est pas rare qu'il emprunte la voiture du bureau pour conduire ses conquêtes. Seulement, une nuit, en raccompagnant chez elle la donzelle qu'il a levée, Léo Marnier découvre, dans la maison de celle-ci, le cadavre de son mari. Réveillé par Léo, l'inspecteur Lémoz se charge de l'enquête et va devoir éclaircir de nombreux mystères, dont celui du rendez-vous quotidien qu'avait le défunt avec un dénommé monsieur Marcel.

Avec ce titre, on retrouve le duo formé par l'inspecteur Lémoz et son bras droit Léo Marnier. Les deux hommes se retrouvent au cœur d'une enquête suite à l'assassinat d'un directeur d'une agence de location. Les mystères commencent alors à s'accumuler : qui est la personne qui a envoyé un message à la victime pour la prévenir qu'elle pourrait surprendre sa femme à son domicile avec son amant ? Pourquoi les clés ayant permis au mari d'entrer ont disparu ? Pourquoi la victime se faisait-elle cirer les chaussures chaque matin chez le cireur proche de son agence et, surtout, qui est Monsieur Marcel, qu'il rencontrait chaque jour chez le cireur ?

Le meurtre cacherait-il une affaire d'espionnage ? Mystère !

Au final, cette enquête de l'Inspecteur Lémoz est tout aussi agréable à lire que les précédentes même si la narration s'éloigne quelque peu du genre « WhoDunit » dont j'avais parlé dans les épisodes précédents. 

03 août 2016

9) Le crime du Pré Fleuri de René THOMAS

CouvLCDPFRevenons faire un tour dans la collection « Mon Roman Policier » 2ème série des éditions Ferenczi et plus particulièrement dans la production de l'auteur René Thomas alias Louis Thomas Cervoni avec ce n° 200 de la collection.

J'avais déjà évoqué cette collection et cet auteur dans deux précédentes chroniques, ici et .

René Thomas et son personnage, l'inspecteur Lémoz, apparaissent dans 14 titres des 500 et quelques de la collection.

Après en avoir lu et chroniqué les deux premiers, je saute, bêtement, au 4ème avec « Le crime du Pré Fleuri ».

Le crime du Pré Fleuri : Le commissaire Princhet demande une faveur à l'inspecteur Lémoz, enquête officieusement et sous couverture sur le vol d'une forte somme d'argent au sein du domaine du « Pré Fleuri », appartenant à M. Dumontier, un de ses amis. Lémoz accepte de se faire passer pour une connaissance de Dumontier, accompagné de son fidèle bras droit, Léo Marnier, qu'il fera passer pour son chauffeur, afin d'infiltrer le domaine et enquêter sur le personnel et les amis de Dumontier présents dans le château lors du vol. Mais le vol cache, en fait, toute autre chose...

On pouvait déjà s'en rendre compte dans la structure du premier épisode, « L'assassin a tout prévu », René Thomas était, sans nul doute, un lecteur d'Agatha Christie et du sous-genre du roman policier qu'est le « Whodunit » (dont je vous laisse trouver la définition, si vous ne la connaissez pas, afin de parfaire votre culture littéraire).

Si la première enquête de l'inspecteur Lémoz était, dans sa première édition, une parfaite transposition du genre en question, sa réédition dans la collection « Mon Roman Policier » en conserve certaines caractéristiques.

Là encore, les éléments du « Whodunit » sont présents par moments, même si la narration, dans son ensemble, est plus classique.

Obligation du format court (32 pages), les personnages sont rapidement esquissés et il est préférable de lire les épisodes à la suite afin de mieux s'attacher à ceux-ci. Pour autant, malgré la concision de l'enquête, l'inspecteur Lémoz s'affiche comme un personnage éminemment sympathique et attachant, grâce à son air débonnaire, à sa sérénité, contrastée par la fougue et la jeunesse de son bras droit Léo Marnier.

Une enquête faite de faux-semblants qui va démontrer que Lémoz n'apprécie pas du tout que l'on se moque de lui.

Au final, une petite enquête très agréable à lire et qui démontre tout le talent de René Thomas, un auteur très particulier.

31 juillet 2016

Le signe des quatre

sign-C1Si tout le monde sait désormais que le personnage de Sherlock Holmes a très vite été pesant pour son auteur, Conan Doyle, il est bon de noter que cette situation était déjà vraie dès cette seconde aventure du détective anglais.

Effectivement, Conan Doyle commence, à l'époque, à avoir du succès avec d'autres romans, mais accepte, pour l'argent, d'écrire une histoire pour un tout nouveau magazine.

Étant en pleine écriture de son nouveau roman, il est obligé d'en interrompre sa rédaction. Afin de gagner du temps pour cette corvée alimentaire, il décide de reprendre des personnages qu'il a déjà créés : John Watson et Sherlock Holmes. Il se presse de rédiger une seconde enquête avec ces personnages qu'il ne maîtrise pas encore (la première histoire remonte à plusieurs années). Cet empressement explique sûrement les quelques erreurs que comporte cette enquête et l'aspect « corvée alimentaire » est probablement responsable des nouveaux défauts que l'auteur confère à son personnage, dont, principalement, sa propension à se droguer, mais aussi sa misogynie...

Question « erreur », la grosse bourde réside dans le mystère de la blessure de guerre de John Watson, qui, blessé à l'épaule, dans la première aventure, se retrouve affublé d'une douleur à la jambe dans la seconde.

Pour ce qui est du reste, cette affaire souffre des mêmes qualités et des mêmes défauts que « Étude en rouge », à savoir des personnages intéressants, une enquête prenante, une narration agréable, mais plombée, en son milieu, par une trop longue exposition du passé des victimes et assassins certes, expliquant les raisons des meurtres, mais qui aurait pu, aurait du, se limiter à quelques lignes.

Le signe des quatre : Ennuyé par le manque d'enquêtes, Sherlock Holmes s'adonne à la consommation de drogues pour s'occuper, ainsi qu'à diverses activités ennuyeuses, sous le regard de son colocataire, le docteur John Watson. En 1888, une jeune cliente blonde, Mary Morstan, débarque chez Holmes, et lui demande de l'aide. Elle lui explique qu'elle est gouvernante, et que c'est sa patronne qui lui a conseillé de venir ici. Watson tombe sous le charme de la jeune femme qui expose son problème ; son père était navigateur dans les Indes et est décédé environ dix ans auparavant (disparu le 3 décembre 1878). Or, elle reçoit, depuis six ans, et à cycle régulier, des perles de grande valeur. Et ce même jour lui est parvenue une enveloppe où un anonyme lui demande de venir à un rendez-vous, accompagnée si elle le souhaite, mais pas d'un policier. Holmes accepte de l'aider, et épaulé de Watson, accompagne Mary au dit rendez-vous. Ils découvrent sur place que l'anonyme est le fils d'un ancien ami et collègue du capitaine Morstan. Celui-ci révèle que leurs pères avaient découvert un trésor de cinq cent mille livres, mais que ni le trésor ni les bijoux n'ont été partagés avec la fille de Morstan. L'homme explique enfin que son frère a découvert le coffre hier, caché dans leur maison. Mais arrivés sur les lieux, ils constatent la mort du frère et la disparition du coffre. Holmes et Watson commencent alors un dangereux périple qui les mènera jusqu'à une course poursuite folle sur la Tamise... (Wikipédia)

Conan Doyle nous fait donc pénétrer l'intimité de son duo de détectives, les défauts de Sherlock Holmes, et la sensibilité de John Watson dont le cœur chavirera pour leur nouvelle cliente.

Côté enquête, l'énigme est un peu plus étoffée et exotique que dans la précédente aventure et est très agréable à suivre. De plus, le lecteur fait la connaissance avec Tobby, le chien au flair infaillible que Sherlock Holmes utilisera régulièrement.

Au final, et avec le recul, le lecteur peut déjà se rendre compte de la friction qui existe entre l'auteur et son personnage, le premier rendant le second plus sombre et plus antipathique ce qui, contrairement à ses attentes, finira par le rendre plus brillant et sympathique pour les lecteurs et fera son succès, au grand damn de l'écrivain qui espérait entrer dans l'histoire de la littérature avec ses romans historiques plutôt qu'avec un détective détestable.

27 juillet 2016

Tueur à répétition de Pierre SAUREL

 lemanchot06« Tueur à répétition » est le 6ème épisode de la série « Le Manchot » relatant les enquêtes du détective Robert Dumont alias « Le Manchot ».

Tueur à répétition : Un maniaque a décidé de faire la guerre aux prostituées. Plusieurs meurent étranglées. La police semble incapable de mettre la main au collet de ce désaxé. Quelques indices permettent à l'inspecteur Bernier de soupçonner le Manchot.  Il s'acharnera contre son ancien subordonné. Candy, la nouvelle collaboratrice du Manchot, fréquentera le milieu des filles de joie, se fera passer pour l'une d'elles et tentera d'attirer le tueur dans un piège.  Mais les situations se compliquent continuellement, les cadavres s'accumulent, Candy risque sa vie inutilement et le Manchot se retrouvera derrière les barreaux. Suivez le Manchot dans ce nouveau roman où le climat est continuellement à la pluie... Une pluie de cadavres.

Après une pause de quelques mois me voici replongé dans une aventure du détective manchot. Le moins que je puisse dire, c'est que cet épisode m'a fait le même effet que le tout premier, c'est-à-dire, une forte impression que ce court roman manque de style.

Effectivement, dès le premier épisode, j'avais noté la pauvreté du style de l'auteur (du moins pour cette série) et le manque de profondeur des personnages, malgré tout, j'en concluais que l'ensemble se lisait sans déplaisir et donnait même envie de connaître la suite, comme un épisode de « Plus belle la vie ». 

J'étais un peu plus enthousiaste à la lecture des épisodes suivants dont j'enchaînais la lecture.

Après cette pause de quelques mois dans la découverte des aventures de Robert Dumont, il semble que le lecteur que je suis soit retourné au point de départ.

En conclusion, pour apprécier au mieux la série du Détective Manchot, il vaut mieux enchaîner les épisodes afin de s'habituer aux personnages et de s'y attacher, ce qui permet de passer outre la pauvreté du style de l'auteur.