Loto Édition

07 septembre 2016

Festival du Livre et des Éditeurs de Céret 2016

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Céret, cette belle sous-préfecture des Pyrénées-Orientales est une ville connue pour sa Fête de la Cerise, sa Féria, son Musée d'Art Moderne, et, depuis presque 10 ans, pour son salon littéraire : La Fête du Livre et des Éditeurs.

Depuis neuf ans, effectivement, les rues de la vieille ville, protégées du soleil par de magnifiques platanes, abritent chaque année l'un des salons littéraires les plus attractifs de la région et, probablement, mon préféré de tous.

Effectivement, ce salon brille de par l'investissement dans l'organisation, mais aussi dans son déroulement, d'une association de lecteurs motivés et curieux.

Ainsi, si l'on y retrouve les badauds usuels de ce genre de manifestations (le passant qui passe, le passant un peu curieux, le lecteur lambda qui profite de sa proximité pour venir, le lecteur avide qui se déplace exprès pour l'évènement...), à Céret, l'on peut trouver une autre catégorie de personnes, les membres de l'association de lecteurs qui, curieux et gourmands, viennent faire des découvertes et ses emplettes pour remplir ses prochaines soirées de lecture (ou matinées, ou autres moments).

Cette année, encore, ce dimanche 11 septembre 2016, à partir de 10 hOXYMORON Éditions et toute son équipe (petite équipe, mais dynamique et passionnée) seront présents à Céret afin de faire connaître leur travail aux lecteurs de tous bords et de tous âges.

Car, si OXYMORON Éditions est spécialisé dans le roman policier, sa politique éditoriale a l'intelligence et le bon goût de proposer aux lecteurs des romans qui plairont aux amateurs du genre, mais qui pourront également réconcilier avec ce large genre, les lecteurs qui ne sont pas férus de polars.

Effectivement, dans le catalogue d'OXYMORON Éditions, point de « Thriller » à l'américaine surfant sur le succès d'un genre fait de surenchère de violence, de sang, de perversion, de sexe et de personnages dépressifs et suicidaires cassés par la vie et par le métier. Non, nous avons pour ambition de parvenir à faire sourire le lecteur à travers le « polar » en proposant des œuvres décalées, drôles, tendres, que ce soit avec des œuvres d'aujourd'hui, comme les séries « Wan & Ted » ou « Marc-Antoine DECOME » de KAMASH, ou des récits d'hier par l'intermédiaire de rééditions judicieuses de romans ou de séries tombés dans l'oubli ou introuvables jusqu'alors comme les séries « Toto Fouinard » de Jules Lermina« Marius Pégomas » de Pierre Yrondy« Maximilien Heller » d'Henry Cauvain« Le petit vieux des Batignolles » d'Émile Gaboriau« Le coup d'œil de M. Piédouche » de Fortuné du Boisgobey...

À ces quelques œuvres, cette année, viennent s'ajouter des livres tout aussi passionnants comme « Les aventures d'un détective amateur »« Détective Lautrec », « Inspecteur Pinson » et une nouvelle collection tentant de remettre au goût du jour les fascicules d'antan avec la « Collection Les Cadennes » et ses premiers titres « Devant le coffre-fort » de Gustave Gailhard et « Le Troisième Trèfle » de Rodolphe Bringer.

Bien sûr et heureusement pour le public, nous ne serons pas les seuls présents à Céret et de nombreux autres auteurs et éditeurs vous proposeront leurs ouvrages. La plupart d'entre eux sont du département, la volonté des organisateurs de la manifestation étant, avant tout, de permettre aux lecteurs de découvrir les petits éditeurs et les auteurs trop méconnus des Pyrénées-Orientales.

Bref, n'hésitez pas à venir à Céret ce dimanche 11 septembre entre 10 h et 18 h afin de découvrir les auteurs locaux, et surtout KAMASH qui dédicacera ses ouvrages :

— « Chaîne de vies », recueil de nouvelles,

— « Wan & Ted », roman policier décalé,

— « Wan & Ted — Experts Sans Gain », roman policier décalé,

— « Wan & Ted — Le Mystère Sang & Or », roman policier décalé,

— « Wan & Ted — Jeu de Haine à Mourir », roman policier décalé,

— « Wan & Ted - Main Basse sur le Castillet », roman policier décalé.

— « Marc-Antoine DECOME - Détective », roman policier décalé.

— « P'tit Prolo », fausse vraie autobiographie et véritable faux roman policier. 

Et peut-être l'auteur vous parlera-t-il de ses nouveaux projets comme son prochain roman atypique, « Le psychopathe, le dément et le trisomique » ou sa future série fasciculaire : « Jordi Conat, le petit détective catalan ».

Mais, surtout, OXYMORON Éditions vous parlera de sa passion pour la littérature populaire et son engagement et son investissement pour proposer aux lecteurs une sélection judicieuse de rééditions de productions policières du début du XXème siècle comme :

- Le Tome I des Investigations de Marius Pégomas, le détective marseillais, des enquêtes à lire avec l'accent et le cri-cri des cigales dans les oreilles devant un bon pastaga bien frais.

- La très attachante collection « Toto Fouinard », une série d'enquêtes policières écrite par Jules Lermina et qui était, jusqu'à présent, totalement introuvable et jamais rééditée. Des aventures rocambolesques et addictives d'un jeune détective intrépide et optimiste.

- Les aventures du « Détective Lautrec » sont d'exquises enquêtes écrites par Maurice Boué, un auteur Belge du début du XXème siècle qui, bien avant des JC Grangé, Maxime Chattam et consorts, proposait des enquêtes dont la seule solution semblait pouvoir provenir d'une issue surnaturelle, mais qui était, pourtant, très cartésienne et ce, sans avoir à étirer l'histoire sur 600 pages. Baignées d'un humour léger, mais irrésistible, ces enquêtes sont désormais à savourer grâce au travail passionné de l'équipe d'OXYMORON Éditions.

OXYMORON Éditions vous annonce que, pour tout livre papier acheté, l'équivalent en numérique du livre (aux formats ePub, Mobi et Pdf) sera offert au lecteur sur simple présentation d'une adresse mail.

Parce qu'un livre est fait pour être lu, en format papier ou en format numérique, OXYMORON Éditions et KAMASH ont décidé de faire de cette promotion une généralité depuis maintenant deux ans.  

Rares sont déjà les éditeurs du département à proposer l'intégralité de leur catalogue papier en format numérique, mais OXYMORON Éditions doit être la seule maison d'édition à offrir le format numérique pour l'achat du format papier et à proposer, en plus des équivalents numériques de tous ses livres papiers, d'autres livres édités uniquement en numérique.

Aussi, que vous aimiez le livre papier, que vous préfériez le format numérique, que vous aimiez les deux formats, que vous appréciez les romans policiers d'aujourd'hui, que vous ne consommiez que les romans policiers d'antan, que vous adoriez les personnages originaux et drôles, que vous ne conceviez les personnages de romans policiers que comme des héros classiques et sérieux, venez nous voir, nous avons le livre qu'il vous faut, les livres que vous allez dévorer, les collections dont vous deviendrez accros.

En plus de découvrir un auteur, des romans, une saga, de redécouvrir des auteurs d'antan, vous pourrez visiter un beau village des Pyrénées-Orientales, alors, venez nombreux.

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24 août 2016

Littérature Populaire

249974FerencziRomanPolicierA074La littérature populaire est un genre aux contours flous, aux frontières mouvantes, qui est considéré différemment par les gens selon leurs goûts (ce qui se défend), leur niveau social, leur âge, leur culture...

La littérature populaire est apparue au milieu de XIXème siècle avec le succès de certains auteurs comme Eugène Sue, Alexandre Dumas... et les créations de collections de livres destinés au « peuple », cette catégorie de la population socialement et culturellement « défavorisée ».

Pour le coup, le terme de « Littérature Populaire » est utilisé de façon très péjorative, par les auteurs qui ne s'y livrent pas, par les éditeurs et les lecteurs qui ne s'y adonnent pas, mais pire, par les éditeurs qui se spécialisent en la matière.

Effectivement, il n'y a qu'à se plonger quelque peu dans les productions des deux premiers tiers du XXème siècle pour se rendre compte que le travail éditorial de nombre des romans ou fascicules de l'époque a été bien souvent bâclé volontairement, pour des raisons économiques évidentes.

299465FerencziRomanPolicierA093Avec des fascicules ou des petits romans dont les textes sont mal relus, pas assez corrigés, imprimés sur du papier de mauvaise qualité... on pourrait en conclure que ces productions n'ont aucun intérêt.

Et c'est là l'erreur à ne pas commettre, bouder le contenu par faiblesse du contenant.

Car si les textes sont rapidement écrits, ils le sont par des auteurs professionnels qui ont derrière et devant eux des dizaines, voire des centaines d'histoires couchées sur papier. Ce sont donc des auteurs maîtrisant parfaitement leur art, leur style, leurs personnages, la narration, le format, le genre.

Il est évident qu'en écriture comme dans tout art ou dans le sport, la pratique intensive favorise la facilité et la qualité.

Cependant, quand je parle de style, de personnages, de narration, de format et de genre, il faut savoir que la plupart des auteurs populaires ont navigué dans les genres (Science-fiction, polar, aventures, romantique... érotique...), dans les formats (32 pages, 64 pages, 96 pages, 128 pages, plus de 200 pages...), ont usé différents personnages, testé différentes narrations...

la maison de l'épouvanteCe sont parfois les mêmes qui encensent Georges Simenon qui dénigrent la littérature populaire... et pourtant. Pourtant, Georges Simenon n'est pas bien différent des auteurs de la littérature populaire dont je vous parle, la preuve, il en était un.

Écrivant sous de nombreux pseudonymes, Georges Simenon, avant le succès de son personnage du Commissaire Maigret, gagnait sa vie grâce à cette littérature populaire qui me passionne, couchant sur papier de nombreuses nouvelles pour les magazines et les journaux de l'époque.

Ainsi, non content d'être un auteur de littérature populaire, Simenon était aussi un lecteur de littérature populaire. Lecteur d'Arsène Lupin, Simenon crée un personnage très proche avec celui de Yves Jarry qu'il développe sur plusieurs romans et dans l'un desquels il esquisse déjà son futur héros, le Commissaire Maigret.

Mais Jarry n'est pas assez original pour permettre à l'auteur de se démarquer et il le délaisse pour préciser les contours de Maigret dans d'autres romans écrits sous pseudonymes (Christian Brulls et Georges Sim), un personnage d'abord aussi flou que secondaire et qui se précise nettement dans l'ultime roman des quatre avant que Maigret ne vole de ses propres ailes, du moins de la plume de Georges Simenon.

le rayon mortelPopulaire, la littérature de Simenon l'est d'autant plus que la toute première aventure de Maigret est éditée dès le 19 juillet 1930, en feuilleton dans le magazine « Ric & Rac ».

Ajoutons que, même les plus célèbres auteurs populaires, étaient des auteurs populaires. Je m'explique. Il ne faut pas oublier que Frédéric Dard ou Léo Malet, désormais connus sous leurs noms de plume pour leur personnage phare (San Antonio pour Dard, Nestor Burma pour Malet) ont également beaucoup écrit sous pseudonymes pour produire de la littérature populaire (Frank Harding, Omer Refreger, Léo Latimer, Lionel Doucet, Jean de Selneuves... pour Léo Malet. Max Beeting, William Blessings, Éliane Charles, Léopold Da Serra, Antonio Giulotti, Verne Goody, Kill Him, Kaput, L'Ange Noir, F.D. Ricard, Sydeney...)

Désormais connus et reconnus, chacun, pour un unique personnage, le lecteur oublie trop vite que ces auteurs étaient des écrivains professionnels qui noircissaient des dizaines de pages par jour et qui ont écrit des centaines de romans et nouvelles.

Mais si l'on ne reconnaît plus ces auteurs que pour leur personnage phare, d'autres auteurs, aussi prolifique, parfois tout autant talentueux, n'ont eux, pas eu la chance de rester dans l'esprit des lecteurs malgré une énorme production et différents personnages intéressants, parce que bien souvent, ils n'ont connu les joies de l'édition qu'à travers des formats courts et des éditions de mauvaise qualité qui a empêché les œuvres de perdurer dans le temps.

l'houkamiAlors, on me dira que certains auteurs, sans avoir le statut culte du trio pris en exemple, ont accédé à une certaine gloire qui ne s'est pas tout à fait éteinte à l'heure actuelle.

Certes, Jean de la Hire, Michel Zévaco, Pierre Souvestre, Maurice Leblanc, Gaston Leroux, Arnoud Galopin, voire José Moselli ou, plus récemment, Marc Agapit, résonnent encore dans l'esprit des plus férus lecteurs. Oui, mais quid d'un Rodolphe Bringer, de Gustave Gailhard, Jean-Toussaint Samat, Henry de Golen, Georges Grison, Max Paul, H.R. Woestyn, René Pujol, Léo Frachet, Léo Gestelys, Claude Ascain, Maurice Limat, Charles Richebourg, Jules de Gastyne, Jean Petithuguenin, Georges Spitzmuller, René Trottet de Bargis... et encore, pour n'en citer que quelques-uns qui ont œuvré dans mon genre préféré : le roman policier.

Publiés dans de nombreux journaux, pour leurs nouvelles, leurs feuilletons, leurs romans, ou sous formats fascicules de 16 /32 /64 /98 /128 pages ou même en romans, qui peut, désormais, se vanter d'avoir lu leur production ? Bon, pas toute leur production, il faudrait plus d'une vie pour cela tant ceux-ci ont écrit et écrit et écrit. Qui connaît Odilon Quentin, le Commissaire Rosic, l'Inspecteur Lémoz, le Commissaire Sihol, l'Inspecteur Cartier, le Père Leboeuf, les détectives Mac Tiddle, Luc Hardy, Yves Michelot, Teddy Verano, Guy Farnèse, Lautrec, l'Inspecteur Pinson, le Commissaire Serge Vorgan... ?

Personne... ou presque.

l'âme erranteEt, pourtant, que cette littérature est belle... savoureuse, attachante, originale... même quand les auteurs s'inspirent ou inspirent. C'est ainsi qu'un célèbre Toto Fouinard, bien que n'ayant pas égalé, loin de là, la postérité d'un Rouletabille, n'en est pas moins attachant et ses aventures savoureuses.

Mais quel sort pourrait être pire, pour une littérature populaire, de ne plus l'être, populaire. N'est-ce point le comble que cette littérature « populaire » ne soit plus appréciée ?

Bien évidemment, d'irréductibles Gaulois persistent, dans leurs lectures, à naviguer dans les eaux troubles des océans encrés des pages d'autrefois. Mais que la plongée est périlleuse, ardue, risquée, difficile, chronophage et coûteuse. Pour ce faire, il faut voyager de librairie en librairie, de brocantes en vides greniers, de site Internet en site Internet au risque d'y laisser sa santé et son porte-monnaie.

Heureusement, cette passion pour la littérature populaire rapproche. C'est une passion dévorante et généreuse qui pousse chacun à aider son prochain à trouver une information sur un auteur, un roman, un titre, un personnage. Cette passion, qui m'anime également et qui m'encourage, chaque jour, à trouver un titre, un auteur, un personnage, à vous proposer dans mes diverses collections destinées à faire revivre la littérature qui illumine chacune de mes journées, est nourrie par cette générosité propre aux passionnés de littérature populaire. En effet, je ne compte plus les informations trouvées auprès de ces personnes ni les pages que l'on m'a scannées, les fascicules que l'on m'a prêtés, les livres que l'on m'a donnés, pour me permettre de me faire un stock dans lequel je pourrais puiser, durant des années, pour vous proposer de nouvelles lectures d'autrefois.

la pierre qui bougeParce que ma passion vit grâce à cette générosité, je tente de la transmettre également avec générosité, en proposant, en numérique, certains titres gratuitement, en baissant les prix des livres papiers, afin de permettre à un maximum de lecteurs de découvrir ces auteurs, ces titres, ces personnages qui me ravissent sans cesse et qui compose désormais ma vie jusqu'à l'infini.

Bref, tout cela pour vous dire que la littérature populaire dont je vous parle pourrait nourrir des vies entières de lecture, de bonnes lectures, d'excellentes lectures et que, s'il faut, bien évidemment, encourager les auteurs d'aujourd'hui, il n'en faut pas pour autant bouder les auteurs d'autrefois.

Alors, de temps en temps, n'hésitez pas à vous replonger dans les pages jaunies des manuscrits d'antan, vous ne pourrez qu'en revenir avec le sourire.

Allez, je vous laisse, je vais lire un petit fascicule policier.

17 août 2016

Crimes inutiles de René THOMAS

CouvCIN° 237 de la collection « Mon Roman Policier » 2ème série des éditions Ferenczi, « Crimes inutiles » de René Thomas nous conte une nouvelle enquête du grassouillet inspecteur Lémoz.

Si je parle de « grassouillet », c'est que l'auteur décrit son personnage de cette façon même s'il lui confère un poids de seulement 85 kg, ce qui, à moins de mesurer 1,20 m, ne fait pas d'un homme un « grassouillet ».

Crimes inutiles : Un homme trouve la mort en se faisant écraser le tramway dans lequel il a tenté de monter en marche. À côté de son corps est retrouvé une boîte remplie de cocaïne sur l'enveloppe de laquelle est écrit à la main « Monsieur Durand, Poste restante, Lyon ». L'inspecteur Lémoz est chargé de l'enquête et se rend immédiatement à Lyon avec son équipier Léo Marnier dans le but de surveiller la poste en question. En toute fin de journée, le fameux Monsieur Durand passe récupérer le paquet à la poste et se rend dans un troquet. Suite à un coup de téléphone, le trafiquant se dirige vers les toilettes et disparaît par une porte arrière. Le temps de comprendre l'évènement, Lémoz arrive trop tard et découvre le suspect, la gorge tranchée. La piste semble s'arrêter avec la mort de Durand...

Trafic de drogue et meurtres sanglants, Lémoz et Marnier ont fort à faire dans cette enquête qui les mène loin de Marseille, chez les Gones. Les choses se compliquent quand de chasseurs, ils deviennent proies et quand Lémoz doit bouger son massif physique pour arrêter un trafiquant ou tenter de sauver une vie...

René Thomas nous propose une intrigue cousue d'un fil blanc... et noir. Une enquête en pointillés où, quand les choses semblent simples, elles se compliquent, quand l'enquête ne semble plus pouvoir avancer, elle rebondit, où les morts ne le sont pas toujours et les coupables évidents peuvent se révéler innocents.

Courte enquête, format de 32 pages oblige, mais enquête agréable à lire dans laquelle l'inspecteur Lémoz va devoir bouger sa graisse et transpirer sang et eau.

Au final, encore une agréable enquête en compagnie de Lémoz et Marnier, contée par la plume alerte de René Thomas.

10 août 2016

10) Le mystérieux Monsieur Marcel de René THOMAS

CouvLMMMRené Thomas est de retour avec ce titre, « Le mystérieux Monsieur Marcel », n° 207 de la collection « Mon Roman Policier » 2ème série des éditions Ferenczi.

Le mystérieux Monsieur Marcel : Léo Marnier, le bras droit de l'inspecteur Lémoz, est un coureur de jupons invétéré et ce n'est pas rare qu'il emprunte la voiture du bureau pour conduire ses conquêtes. Seulement, une nuit, en raccompagnant chez elle la donzelle qu'il a levée, Léo Marnier découvre, dans la maison de celle-ci, le cadavre de son mari. Réveillé par Léo, l'inspecteur Lémoz se charge de l'enquête et va devoir éclaircir de nombreux mystères, dont celui du rendez-vous quotidien qu'avait le défunt avec un dénommé monsieur Marcel.

Avec ce titre, on retrouve le duo formé par l'inspecteur Lémoz et son bras droit Léo Marnier. Les deux hommes se retrouvent au cœur d'une enquête suite à l'assassinat d'un directeur d'une agence de location. Les mystères commencent alors à s'accumuler : qui est la personne qui a envoyé un message à la victime pour la prévenir qu'elle pourrait surprendre sa femme à son domicile avec son amant ? Pourquoi les clés ayant permis au mari d'entrer ont disparu ? Pourquoi la victime se faisait-elle cirer les chaussures chaque matin chez le cireur proche de son agence et, surtout, qui est Monsieur Marcel, qu'il rencontrait chaque jour chez le cireur ?

Le meurtre cacherait-il une affaire d'espionnage ? Mystère !

Au final, cette enquête de l'Inspecteur Lémoz est tout aussi agréable à lire que les précédentes même si la narration s'éloigne quelque peu du genre « WhoDunit » dont j'avais parlé dans les épisodes précédents. 

03 août 2016

9) Le crime du Pré Fleuri de René THOMAS

CouvLCDPFRevenons faire un tour dans la collection « Mon Roman Policier » 2ème série des éditions Ferenczi et plus particulièrement dans la production de l'auteur René Thomas alias Louis Thomas Cervoni avec ce n° 200 de la collection.

J'avais déjà évoqué cette collection et cet auteur dans deux précédentes chroniques, ici et .

René Thomas et son personnage, l'inspecteur Lémoz, apparaissent dans 14 titres des 500 et quelques de la collection.

Après en avoir lu et chroniqué les deux premiers, je saute, bêtement, au 4ème avec « Le crime du Pré Fleuri ».

Le crime du Pré Fleuri : Le commissaire Princhet demande une faveur à l'inspecteur Lémoz, enquête officieusement et sous couverture sur le vol d'une forte somme d'argent au sein du domaine du « Pré Fleuri », appartenant à M. Dumontier, un de ses amis. Lémoz accepte de se faire passer pour une connaissance de Dumontier, accompagné de son fidèle bras droit, Léo Marnier, qu'il fera passer pour son chauffeur, afin d'infiltrer le domaine et enquêter sur le personnel et les amis de Dumontier présents dans le château lors du vol. Mais le vol cache, en fait, toute autre chose...

On pouvait déjà s'en rendre compte dans la structure du premier épisode, « L'assassin a tout prévu », René Thomas était, sans nul doute, un lecteur d'Agatha Christie et du sous-genre du roman policier qu'est le « Whodunit » (dont je vous laisse trouver la définition, si vous ne la connaissez pas, afin de parfaire votre culture littéraire).

Si la première enquête de l'inspecteur Lémoz était, dans sa première édition, une parfaite transposition du genre en question, sa réédition dans la collection « Mon Roman Policier » en conserve certaines caractéristiques.

Là encore, les éléments du « Whodunit » sont présents par moments, même si la narration, dans son ensemble, est plus classique.

Obligation du format court (32 pages), les personnages sont rapidement esquissés et il est préférable de lire les épisodes à la suite afin de mieux s'attacher à ceux-ci. Pour autant, malgré la concision de l'enquête, l'inspecteur Lémoz s'affiche comme un personnage éminemment sympathique et attachant, grâce à son air débonnaire, à sa sérénité, contrastée par la fougue et la jeunesse de son bras droit Léo Marnier.

Une enquête faite de faux-semblants qui va démontrer que Lémoz n'apprécie pas du tout que l'on se moque de lui.

Au final, une petite enquête très agréable à lire et qui démontre tout le talent de René Thomas, un auteur très particulier.


31 juillet 2016

Le signe des quatre

sign-C1Si tout le monde sait désormais que le personnage de Sherlock Holmes a très vite été pesant pour son auteur, Conan Doyle, il est bon de noter que cette situation était déjà vraie dès cette seconde aventure du détective anglais.

Effectivement, Conan Doyle commence, à l'époque, à avoir du succès avec d'autres romans, mais accepte, pour l'argent, d'écrire une histoire pour un tout nouveau magazine.

Étant en pleine écriture de son nouveau roman, il est obligé d'en interrompre sa rédaction. Afin de gagner du temps pour cette corvée alimentaire, il décide de reprendre des personnages qu'il a déjà créés : John Watson et Sherlock Holmes. Il se presse de rédiger une seconde enquête avec ces personnages qu'il ne maîtrise pas encore (la première histoire remonte à plusieurs années). Cet empressement explique sûrement les quelques erreurs que comporte cette enquête et l'aspect « corvée alimentaire » est probablement responsable des nouveaux défauts que l'auteur confère à son personnage, dont, principalement, sa propension à se droguer, mais aussi sa misogynie...

Question « erreur », la grosse bourde réside dans le mystère de la blessure de guerre de John Watson, qui, blessé à l'épaule, dans la première aventure, se retrouve affublé d'une douleur à la jambe dans la seconde.

Pour ce qui est du reste, cette affaire souffre des mêmes qualités et des mêmes défauts que « Étude en rouge », à savoir des personnages intéressants, une enquête prenante, une narration agréable, mais plombée, en son milieu, par une trop longue exposition du passé des victimes et assassins certes, expliquant les raisons des meurtres, mais qui aurait pu, aurait du, se limiter à quelques lignes.

Le signe des quatre : Ennuyé par le manque d'enquêtes, Sherlock Holmes s'adonne à la consommation de drogues pour s'occuper, ainsi qu'à diverses activités ennuyeuses, sous le regard de son colocataire, le docteur John Watson. En 1888, une jeune cliente blonde, Mary Morstan, débarque chez Holmes, et lui demande de l'aide. Elle lui explique qu'elle est gouvernante, et que c'est sa patronne qui lui a conseillé de venir ici. Watson tombe sous le charme de la jeune femme qui expose son problème ; son père était navigateur dans les Indes et est décédé environ dix ans auparavant (disparu le 3 décembre 1878). Or, elle reçoit, depuis six ans, et à cycle régulier, des perles de grande valeur. Et ce même jour lui est parvenue une enveloppe où un anonyme lui demande de venir à un rendez-vous, accompagnée si elle le souhaite, mais pas d'un policier. Holmes accepte de l'aider, et épaulé de Watson, accompagne Mary au dit rendez-vous. Ils découvrent sur place que l'anonyme est le fils d'un ancien ami et collègue du capitaine Morstan. Celui-ci révèle que leurs pères avaient découvert un trésor de cinq cent mille livres, mais que ni le trésor ni les bijoux n'ont été partagés avec la fille de Morstan. L'homme explique enfin que son frère a découvert le coffre hier, caché dans leur maison. Mais arrivés sur les lieux, ils constatent la mort du frère et la disparition du coffre. Holmes et Watson commencent alors un dangereux périple qui les mènera jusqu'à une course poursuite folle sur la Tamise... (Wikipédia)

Conan Doyle nous fait donc pénétrer l'intimité de son duo de détectives, les défauts de Sherlock Holmes, et la sensibilité de John Watson dont le cœur chavirera pour leur nouvelle cliente.

Côté enquête, l'énigme est un peu plus étoffée et exotique que dans la précédente aventure et est très agréable à suivre. De plus, le lecteur fait la connaissance avec Tobby, le chien au flair infaillible que Sherlock Holmes utilisera régulièrement.

Au final, et avec le recul, le lecteur peut déjà se rendre compte de la friction qui existe entre l'auteur et son personnage, le premier rendant le second plus sombre et plus antipathique ce qui, contrairement à ses attentes, finira par le rendre plus brillant et sympathique pour les lecteurs et fera son succès, au grand damn de l'écrivain qui espérait entrer dans l'histoire de la littérature avec ses romans historiques plutôt qu'avec un détective détestable.

27 juillet 2016

Tueur à répétition de Pierre SAUREL

 lemanchot06« Tueur à répétition » est le 6ème épisode de la série « Le Manchot » relatant les enquêtes du détective Robert Dumont alias « Le Manchot ».

Tueur à répétition : Un maniaque a décidé de faire la guerre aux prostituées. Plusieurs meurent étranglées. La police semble incapable de mettre la main au collet de ce désaxé. Quelques indices permettent à l'inspecteur Bernier de soupçonner le Manchot.  Il s'acharnera contre son ancien subordonné. Candy, la nouvelle collaboratrice du Manchot, fréquentera le milieu des filles de joie, se fera passer pour l'une d'elles et tentera d'attirer le tueur dans un piège.  Mais les situations se compliquent continuellement, les cadavres s'accumulent, Candy risque sa vie inutilement et le Manchot se retrouvera derrière les barreaux. Suivez le Manchot dans ce nouveau roman où le climat est continuellement à la pluie... Une pluie de cadavres.

Après une pause de quelques mois me voici replongé dans une aventure du détective manchot. Le moins que je puisse dire, c'est que cet épisode m'a fait le même effet que le tout premier, c'est-à-dire, une forte impression que ce court roman manque de style.

Effectivement, dès le premier épisode, j'avais noté la pauvreté du style de l'auteur (du moins pour cette série) et le manque de profondeur des personnages, malgré tout, j'en concluais que l'ensemble se lisait sans déplaisir et donnait même envie de connaître la suite, comme un épisode de « Plus belle la vie ». 

J'étais un peu plus enthousiaste à la lecture des épisodes suivants dont j'enchaînais la lecture.

Après cette pause de quelques mois dans la découverte des aventures de Robert Dumont, il semble que le lecteur que je suis soit retourné au point de départ.

En conclusion, pour apprécier au mieux la série du Détective Manchot, il vaut mieux enchaîner les épisodes afin de s'habituer aux personnages et de s'y attacher, ce qui permet de passer outre la pauvreté du style de l'auteur.

24 juillet 2016

Une étude en rouge

67156369_pIl est inutile de présenter Sir Arthur Conan Doyle et encore moins son personnage emblématique de Sherlock Holmes. Tout le monde connaît l'un et l'autre, soit pour avoir lu le Canon (l'œuvre originale de Conan Doyle), des pastiches ou, avoir vu des adaptations cinématographiques ou télévisuelles de ces œuvres.

Après avoir dévoré, il y a une trentaine d'années, l'intégralité du Canon, j'ai décidé de replonger dans les origines du personnage.

En novembre 1887, « Une étude en rouge », la première aventure de Sherlock Holmes, paraît en Angleterre. Pour rappel, « Maximilien Heller », le roman de Henry Cauvain dans lequel apparaît le personnage d'un détective grand et fin, intelligent, perspicace, hautain et dédaigneux, misanthrope, qui aime se déguiser, se drogue quand il n'a rien à faire, et qui est accompagné d'un jeune médecin qui est le narrateur de l'histoire, a été publié en France en 1871, soit 16 ans auparavant (si vous ne connaissez pas, lisez-le, vous vous rendrez compte du plagiat).

La seconde aventure du détective anglais, qui a souvent été publiée en livre à la suite de « Une étude en rouge » a été publiée en Angleterre en février 1890 soit deux ans et demi plus tard, ce qui explique les changements ou les erreurs qui s'y produiront (notamment le fait que le docteur Watson, tout d'abord blessé à l'épaule à la guerre, se retrouve, par la suite, souffrir d'une blessure de guerre à la jambe).

Dans cette première aventure, l'auteur nous narre la rencontre entre les deux personnages qui feront son succès. John Watson, célibataire, blessé de guerre, cherche un logement à prix abordable pour se fixer un peu. Il croise un de ses amis et en profite pour lui demander s'il connaît un logement correspondant à ses attentes. Celui-ci lui répond qu'il est la seconde personne à lui poser cette question aujourd'hui, la première étant un être assez étrange qui bat les cadavres pour calculer le laps de temps après la mort durant lequel le corps peut marquer sous les coups.

Malgré cette occupation peu ordinaire, le courant semble bien passer et les deux hommes décident d'emménager au 221 B Baker Street. Une colocation qui va être au centre d'enquêtes haletantes.

Alors que Waston apprend à connaître Sherlock Holmes et à apprécier ses divers dons, dont l'observation et la perspicacité, une étrange enquête va être proposée par des agents de Scotland Yard à Sherlock Holmes : le corps d'un homme est retrouvé mort dans une maison inhabitée. Le cadavre ne présente aucune trace de blessure, mais le sol est recouvert de sang.

Sherlock Holmes va démontrer tout son talent et très vite démêler le fil de l'enquête.

« Une étude en rouge » est la toute première aventure de Sherlock Holmes, comme je l'ai déjà dit et cela se ressent fortement à sa lecture (surtout quand on a déjà lu le Canon) car le personnage principal n'est encore qu'esquissé. Si ses qualités sont mises en avant, les défauts qui lui seront plus tard conférés par son auteur sont ici, guère présents. Les côtés méprisants et égocentriques de Sherlock Holmes sont absents de cette première histoire ainsi que la propension du héros à se droguer en cas d'inactivité intellectuelle.

Si toute la partie rencontre et enquête est des plus plaisantes à lire, cette première histoire est légèrement plombée, comme le sera la suivante, par une trop longue exposition de l'histoire des protagonistes (victimes et assassin). Est-ce dans un souci de renouer avec le genre « Aventure » très prisé à l'époque ? Ou bien tout simplement un artifice pour allonger la nouvelle et ainsi obtenir une taille raisonnable en vue de l'édition ? Je ne sais, mais le résultat n'est pas à la mesure du reste.

Au final, une première rencontre avec Sherlock Holmes et John Watson très prometteuse et, surtout, très agréable même si l'ensemble pêche un peu à cause d'un passage inutile et de moins bonne facture.

20 juillet 2016

Apprentissage de l'édition numérique

DroopyIl peut être étonnant de parler de « apprentissage » de l'édition numérique lorsque l'on sait que cela fait déjà plusieurs années que je me suis lancé dans cette aventure.

Je dis « JE », mais je parle d'OXYMORON Éditions, une petite maison d'édition, à la base, papier, devenue également numérique au cours du temps, voilà plus de trois ans.

Effectivement, nos premiers ebooks se sont retrouvés en librairie le 28 décembre 2012 et depuis je fais en sorte de proposer régulièrement de nouveaux livres et de nouvelles collections avec, pour mot d'ordre, le meilleur ePub possible pour un prix modique et le tout sans DRM ni tatouage.

Depuis trois ans et demi, j'ai passé des heures et des heures à maîtriser le codage des ePubs afin de pouvoir proposer un livre numérique le mieux codé possible, sans aucun code « parasite », puisque entièrement codé à la main et non converti, comme certains éditeurs le font, avec un logiciel quelconque.

De cet apprentissage en est résulté mes articles de la catégorie « Passe ton Code » parce que j'ai également la volonté de partager mon expérience avec les gens qui passent sur ce blogue.

En plus de proposer des prix bas (la majeure partie des livres numériques du catalogue est à 0.99 euro pièce), de proposer des ePubs avec des codes purs, sans aucun DRM (à la base, car je le répète, certaines plateformes de revente en rajoutent après coup), j'offre régulièrement le premier opus des séries que j'édite ou réédite afin de permettre aux lecteurs de découvrir des personnages et des auteurs sans même avoir à débourser un seul centime.

Ce choix de gratuité a permis à des milliers de lecteurs de découvrir « Wan & Ted » de KAMASH, « Toto Fouinard » de Jules Lermina, « Marius Pégomas » de Pierre Yrondy et, en ce moment, de faire la connaissance avec « Odilon Quentin » de Charles Richebourg.

Bien sûr, outre l'envie de faire connaître les personnages et les auteurs que l'on met en avant, on espère que les lecteurs vont aimer ce qu'on leur propose et acheter les autres opus pour leur plaisir et nous remercier. Mais, au moins, je ne vous cache pas que j'espérais que les lecteurs ayant bénéficié gracieusement de certains textes, prendraient le temps de laisser un commentaire sur le livre, soit sur notre site comme nous le proposons par l'intermédiaire de quelques lignes à la fin de chacun de nos ouvrages, soit sur la librairie dans laquelle ils se sont procuré le livre ou, encore mieux, par l'intermédiaire d'un article sur un blogue ou une fiche sur des sites de lecteurs.

Malheureusement, malgré les milliers de bénéficiaires de cette démarche de gratuité, force est de constater que très très très peu prennent le temps de commenter leur lecture.

Chaque critique résonne pourtant en moi comme un remerciement. Voilà, j'ai planché, avec ma Canelle, pendant des heures pour retravailler un texte ou pendant des dizaines et des dizaines d'heures à en écrire un, et, sans espérer une pluie d'éloges, j'attends tout de même un retour, même mitigé, même négatif (tout ne peut pas plaire à tout le monde), mais une réaction qui te fait penser que quelqu'un a apprécié ou détesté ton travail, mais qu'il y a au moins porté une certaine attention.

Pourtant, force est de constater qu'il n'en est rien... ou presque.

Des lecteurs prêts à passer une heure à écrire une critique sur le dernier livre d'un auteur réputé, qu'ils ont acheté à un prix d'or (les gros éditeurs ne se gênent pas pour proposer des ePubs à plus de 10 euros) et dont ni les auteurs ni les éditeurs n'ont besoin d'un commentaire supplémentaire, il y en a pléthore.

Mais des lecteurs capables de prendre 5 minutes pour laisser trois lignes d'appréciation sur un livre qu'ils ont pu lire gratuitement, grâce au travail d'un éditeur consciencieux, désireux de proposer des prix abordables pour des ePubs ciselés sans DRM, il y en a peu, très peu, beaucoup trop peu.

Plusieurs milliers de lecteurs ont pu découvrir gratuitement « Toto Fouinard », l'attendrissant petit détective parisien grâce au tout premier épisode proposé gratuitement et il faut fouiller Internet pour trouver seulement deux avis, un sur un site marchand et un sur un blogue. C'est vraiment très peu et surtout très décourageant.

Décourageant d'user autant de temps et d'énergie pour proposer de bons textes. Décourageant de baisser les prix à moins d'un euro pour permettre aux gens de lire sans se ruiner. Décourageant d'offrir certains textes pour que les lecteurs découvrent des personnages et des auteurs sans rien débourser. Décourageant de lutter contre les DRM...

Alors, bien sûr, ici, les lecteurs numériques sont nombreux à venir faire un tour sur ce blogue... mais c'est uniquement pour trouver des réponses à leurs questions sur leurs liseuses en panne, pas pour donner leur avis sur tel ou tel livre.

De même, depuis trois ans, des milliers de lecteurs ont pu découvrir mes personnages de « Wan & Ted » grâce au fait que j'ai mis à disposition gratuitement la première de leurs enquêtes.

En retour ? Quatre commentaires sur un site marchand. Deux élogieux, deux beaucoup moins, mais, au moins, ils ont laissé un avis. Pour autant, les quatre me satisfont, déjà, parce qu'ils ont le mérite d'exister et ensuite parce que les critiques sont compréhensibles et dues au fait que j'ai cherché à proposer quelque chose d'original qui peut très bien ne pas séduire certains lecteurs. Quand bien même ils ne seraient réellement pas bons, peu m'importe du moins que l'avis soit sincère.

La collection « Odilon Quentin », la toute dernière mise en place, réussi l'exploit d'avoir poussé deux lecteurs à laisser un commentaire sur Amazon.fr, merci à eux, et des commentaires très sympathiques en plus (la série le mérite, croyez-moi). Mais, deux commentaires, sur prêt de 2 500 lecteurs, le ratio est mauvais, très mauvais.

Bien évidemment, à aucun moment je ne me suis attendu à ce que tous les lecteurs fassent l'effort de récompenser la gratuité d'un titre en laissant un commentaire, mais la démarche et les textes concernés méritent bien plus qu'un ratio de 1 pour 1250.

Du coup, vous me décevez beaucoup. Ho, pas toi, qui es en train de me lire, puisqu'il y a peu de chance que tu sois un des lecteurs dont je parle (tu n'en es pas un ? Alors précipite-toi pour le devenir et, surtout, n'oublie pas de laisser un commentaire après lecture), mais toi, là-bas, qui passe sans me voir, qui télécharge un livre, un texte, parce qu'il est gratuit, qu'il ne coûte rien, qui le lit, probablement, du moins faut-il l'espérer et qui, peut-être bien, l'apprécie et qui préfère prendre du temps pour commenter le dernier livre de Maxime Chattam ou d'Olivier Norek, acheté à 12 euros en numérique, pour dire la même chose que les 150 autres lecteurs qui ont déjà commenté ces livres avant toi, plutôt que de consacrer quelques minutes pour récompenser un auteur, un éditeur, un livre, que tu as pu découvrir et aimer sans rien débourser du tout.

Quelle est donc la réflexion qui peut t'amener à te dire que, parce qu'il est gratuit, mon livre ne mérite pas que tu en parles ? Si tu l'avais payé 10 euros, le même roman te donnerait-il envie d'en parler ? Mais s'il valait 10 euros, tu ne l'aurais pas acheté, ne connaissant ni l'auteur ni l'éditeur puisque, toujours selon ta réflexion, il est normal qu'un auteur réputé et qu'un gros éditeur te fasse payer à prix d'or un ouvrage numérique qui ne lui coûte rien et qui, en plus, est parfois très mal codé, juste pour tenter de limiter l'essor de la lecture numérique qui pourrait grignoter le pactole que représente pour l'éditeur, l'impression et la distribution des livres papiers, par rapport à celui du monde du numérique.

Non, parce que, ne sois pas naïf, l'auteur réputé pour lequel tu prends de ton temps pour commenter le livre après avoir dépensé beaucoup d'argent pour l'acheter, lui, il s'en fout de ton commentaire. Il ne s'y intéresse pas, ne le lit pas et, pire, n'en a même pas besoin. Bon, là, j'exagère un tout petit peu puisque Olivier Norek a lu, ici, mon article sur son premier livre et m'en a même remercié dans son second roman. Mais bon, à part lui, qui le fait ? Et encore, il s'agissait là de son tout premier roman. Au cinquième ou sixième, il n'en fera plus cas, comme les autres.

Pourtant, tu continues à commenter les livres de ces auteurs, et pas les miens. C'est un peu comme si tu étais prêt à filer un billet de 50 euros à Bill Gates ou Donald Trump, mais que tu refusais de refiler la pièce au clochard au coin de ta rue. Cela semble bien ridicule, mais c'est exactement ce que tu fais.

Alors bien sûr, toi qui lis mes propos, tu te dis : « Ce gars semble bien blasé ! ». Bah, ouais ! Je suis blasé. Il y a de quoi, non ? Mince alors ! Je bosse comme un Turc pour gagner moins qu'un Chinois, avoir la reconnaissance d'un Roumain, être pris pour un Américain...

Blasé, parce que je bosse sans compter pour vous proposer des textes oubliés, ou inédits, d'une qualité littéraire indéniable, je participe à la sauvegarde du patrimoine culturel de notre beau pays, à la reconnaissance d'auteurs qui n'ont pas eu la chance de persister dans la mémoire des lecteurs alors qu'ils le méritaient, de vous proposer des formats qui n'ont plus cours, car plus courts, de remettre au goût du jour les œuvres des grands illustrateurs de l'époque et toi, tu vas commenter Musso, Lévy, Bussi, Chattam, Grangé, Thilliez...

Bon, OK, je comprends bien pourquoi tu commentes les livres de ces auteurs. Tu les as achetés hors de prix, normal que tu te sentes obligé de dire ce que tu en penses. Mais que cela ne t'empêche pas de commenter aussi les livres que tu ne paies pas cher ou que tu as même obtenus de façon gratuite. Mince, alors !

Blasé, oui ! Mais, ne t'inquiète pas, toi, le lecteur anonyme, qui ne commentes jamais les ouvrages que je propose. Même si tu ne te donnes pas la peine d'écrire quelques lignes à propos de ce que tu en as pensé, je continuerais à me donner la peine pour te proposer les meilleurs livres possible pour que tu puisses passer d'excellents moments avec des auteurs qui le méritent.

D'ailleurs, j'ai déjà perdu trop de temps à écrire cet article, il est temps, pour moi, de replonger dans le monde merveilleux de la littérature populaire policière pour aller à la pêche aux bons textes policiers d'antan. 

Allez, je te laisse, mais, fais un effort, la prochaine fois que tu lis un des livres de mon catalogue, laisse un commentaire, sur le site marchand, sur mon site, sur ton blogue, ça me fera toujours plaisir. 

17 juillet 2016

Pas d'obstacle ?

coverIl est de ces livres et de ces auteurs dont l'on n'attend rien et qui, ne pouvant nous décevoir, réussissent, parfois, à nous enthousiasmer.

C'est le cas de Jean-Pierre Ribat avec son roman « Pas d'obstacle ? ».

Il a suffi d'un tout petit extrait du roman, repris en 4ème de couverture, de quelques critiques sur le site « Babelio » pour me donner envie de tester ce roman.

Pas d'obstacle ? :

Dernière intervention de la nuit, premier mort du matin. Dans le hangar des établissements Martinez, froidement éclairé par les néons, l'homme pend à plus de deux mètres de hauteur, en chemise de pyjama et chaussures de ville, le sexe et les jambes nues.
_ Pas d'obstacle, docteur ?
_ Non, pas d'obstacle... Il me reste seulement à lui croquer le gros orteil pour être sûr qu'il est bien mort...
Médecin généraliste, Marcel côtoie avec une folle énergie la faune urbaine dans toute sa diversité... Presque sans le vouloir, il va se retrouver au milieu d'une enquête étrange, voire sanglante, qui mêle Harpies grecques et rites vaudous africains.
Dès le départ, une question l'obsède : quel est le lien entre l'albinos pendu et la disparition de son ami Youssef ? 

Il me suffit parfois d'un rien, un petit trait d'humour, un dialogue léché, un personnage original et me voilà parti dans un voyage littéraire des plus plaisants.

N'attendant rien de ce roman, ne pouvant être déçu, comme je l'ai déjà dit, je ne pouvais qu'avoir une bonne surprise et, le moins que je puisse dire c'est que la surprise fût belle... très belle.

Jean-Pierre Ribat nous parle de ce qu'il connaît le mieux : lui !ribat

Effectivement, le personnage est un clone de l'auteur, médecin généraliste, médecin urgentiste à l'hôpital de Mantes-la-Jolie, médecin chez les pompiers, amateur de rugby, de course à pied...

Du coup, il maîtrise à la perfection l'humour, parfois noir, qui permet aux personnes côtoyant quotidiennement l'horreur et la souffrance de ne pas sombrer dans la dépression en tentant de garder une certaine distance sur les heurts des gens qu'ils sont chargés d'aider ou de secourir.

Ajouté à cet humour, un panel de patients hauts en couleurs qui sont très probablement, pour partie, issu des personnes qu'il a croisées de par son métier.

La seule part fictionnelle, du moins faut-il le souhaiter à l'auteur, réside dans l'enquête policière proposée.

Marcel Fortesse est un homme très occupé. Entre son métier de médecin généraliste, le jour, ses gardes en tant que médecin pour les pompiers et les gardes aux urgences de l'hôpital, la nuit, plus les matchs de rugby, sa vie de famille... il n'a pas le temps de s'ennuyer.

Mais, quand, un matin de garde, il est appelé sur les lieux d'un suicide pour déclarer le décès du mort. Au moment d'annoncer qu'il n'y a aucun obstacle à la déclaration de mort par suicide, un pompier, sur un malentendu, déchausse le corps et découvre une scène d'horreur, les ongles de pieds sont arrachés et il manque un orteil. Plus question de suicide, donc, mais d'un crime sadique.

Intrigué par la découverte, Marcel va se lancer dans l'enquête, tant pour sa propre satisfaction que pour aider un policier, ancien partenaire de rugby qu'il vient de retrouver sur la scène de crime.

Dès lors, les crimes vont s'enchaîner et concerner le médecin de très près.

Que dire du roman si ce n'est que l'intrigue est secondaire même si celle-ci tient bien la route et que le principal intérêt du livre réside dans l'humour omniprésent de son auteur et dans les divers personnages que l'on y croise.

Car humour il y a, mais pas que. Les dialogues sont ciselés, l'enquête, sans rivaliser avec les plus grands thrillers, offre un intérêt non négligeable et le personnage principal est attachant au possible.

Au final, une excellente surprise que ce roman, un auteur et un personnage attachant, beaucoup d'humour et de tendresse jusqu'à l'ultime phrase, certes, prononcée par Marcel Fortesse, mais qui semble plus que jamais se confondre avec Jean-Pierre Ribat :

Et puis ma maman a développé un cancer. Alors j’ai entrepris d’écrire cette histoire pour lui donner l’envie de tenir jusqu’au bout de la chimiothérapie. Elle va mieux maintenant. Mais, comme j’ai peur de la rechute, je commence déjà à songer à raconter une autre aventure qui m’est arrivée depuis...

13 juillet 2016

Mémoires et Aventures de Jack Holmès - N° 1 - Une Mystérieuse affaire de André BERGER

jack_1Rahhh ! Maximilien Heller en aura fait des émules, même si personne ne se souvient de lui et que ses émules sont, en fait, les émules de son clone anglais. En clair, pour résumer, Maximilien Heller est un personnage inventé par Henry Cauvain, ayant toutes les caractéristiques, avant l'heure, du Sherlock Holmes de Conan Doyle.

Rahhh ! Sherlock Holmes en aura fait des émules...

Nick Carter, Herlock Sholmes, Nat Pinkerton, Harry Dickson, Allan Dickson... et Jack Holmès.

Car, si vous l'ignoriez, Jack Holmès fut un chef de la police secrète américaine (du moins c'est ce que prétend le sous-titre de la série) avant de devenir détective. Il est accompagné de « Old Nick », l'équivalent du docteur Watson de son homologue anglais.

Publié, probablement, vers les années 1930, par les Éditions Jack HOLMES, la série comporte uniquement 11 titres de 16 pages au format 16.5 x 20 cm :

1. Mystérieuse affaire (Une)
2. Mountain Castle, château maudit
3. Drame à bord du « Sphinx » (Un)
4. Chute sanglante (La)
5. Holmes cryptographe
6. Rapt criminel
7. Crime et châtiment
8. Jim l’insaisissable

9. Le mystère de Mansfield
10. La proie de Lao-Tsé
11. Les bandits de Détroit.

Ce premier titre, « Une mystérieuse affaire » se concentre sur l'assassinat d'un bijoutier dans le rapide de Marseille qui se rend à Paris.

Présent dans la capitale, le fameux détective décide de s'intéresser à l'affaire.

Un assassinat sans trace, un témoin enfermé dans les toilettes ayant vu deux hommes s'enfuir... des questions, pas de réponse.

En 16 pages, il est évident que l'intrigue va tourner court. Après quelques constatations, des filatures, des déguisements et quelques conclusions, le grand, le célébrissime Jack Holmès, va résoudre l'affaire sur laquelle piétine la police et confondre le suspect tout en retrouvant les bijoux volés.

Pas grand-chose à dire de plus sur le sujet, le style et l'histoire n'offrent pas un immense intérêt, pas plus que l'illustration de la couverture signée « J. Saunier ».

Au final, si l'épisode se lit très vite (le contraire serait un comble), il ne laisse aucun souvenir persistant (si ce n'est la faute dans le texte de la couverture) tant l'ensemble ne forme qu'une petite bluette sans réel suspens ni réelle enquête.

10 juillet 2016

Les ignobles du bordelais

les-ignobles-du-bordelaisFrançois Darnaudet est un cas particulier dans la liste des auteurs que j'ai lus puisqu'il s'agit du seul auteur que j'ai rencontré avant de lire un de ses ouvrages. 

À la suite d'une longue conversation avec l'écrivain au sujet d'un de ses amis auteur qui est également l'un de mes Maîtres en écriture (Jean-Bernard Pouy) et sachant qu'il avait œuvré dans une de mes séries policières préférées (Le Poulpe), il était alors logique que je me plonge dans l'un des deux titres de la collection contant les aventures de Gabriel Lecouvreur issues de l'imagination de François Darnaudet.

« Les ignobles du bordelais » est donc l'un de ces deux titres (avec « Boris au pays vermeil »).

Les ignobles du bordelais : Dans le Bordelais, le meurtre d'un jeune journaliste, pigiste pour une revue royaliste, réveille de nauséeux relents d'antisémitisme au sujet des Malvy, une influente famille d'hommes politiques, dont l'un des célèbres ancêtres, ministre de l’Intérieur pendant la Première Guerre mondiale, fut victime en 1917, d’une affaire surnommée par les historiens « l'affaire du Dreyfus de la Première Guerre mondiale ». Malvy avait été accusé par Léon Daudet d'être issu d'une famille juive qui se dissimulait (Malca Lévy agglutiné en Malvy), et d’avoir notamment ourdi un complot juif contre la France. Pure diffamation que les antisémites continuent à propager sur Internet. Appelé à la rescousse par Gaston Galois, un vieux pote croisé dans une précédente aventure, Gabriel Lecouvreur va devoir se démener pour mettre le grappin sur le véritable meurtrier. Car Gaston, descendant d’une branche cousine de la famille Malvy et qui a été en contact avec le journaliste assassiné, fait un coupable idéal. Une nouvelle aventure, dans la plus pure tradition pouyesque, et qui ravira notamment les fidèles du personnage, mais aussi les lecteurs plus récents, amateurs d’intrigues plus classiques.

Toute aventure de Gabriel Lecouvreur est forcément balisée par des éléments récurrents « imposés » par son auteur liminaire (le fameux Jean-Bernard Pouy). Ceux-ci concernent tant la narration que des passages obligés.

Ainsi, chaque livre se doit de débuter par la mise en place de l'affaire dans le premier chapitre alors que le second est consacré à la découverte de l'existence de celle-ci par Le Poulpe, généralement via un article de journal lu dans son restaurant préféré (Le pied de porc à la Sainte-Scolasse). La suite est livrée à l'imagination de chaque auteur, mais doit, normalement, faire référence à l'esprit anarchiste de Gabriel, son amour des femmes et de sa coiffeuse de Cheryl, la passion du Poulpe pour les bières de tous pays, sa propension à se faire latter la gueule...

Photo_35503François Darnaudet connaît bien la « Bible » mise en place par JB Pouy et ses deux amis, auteurs également dans la série, Serge Quadruppani et Patrick Raynal et la respecte à la lettre.

Pourtant, malgré l'humour omniprésent, l'esprit anarchiste, les bières, les femmes, les bagarres, on ne peut s'empêcher de penser, à la lecture, que l'histoire, à la base, n'était pas prévue pour Gabriel Lecouvreur.

Effectivement, le sujet et le traitement général laissent à penser que le texte a été remanié, après écriture, pour entrer dans les balises d'un épisode du Poulpe.

Cette sensation vient probablement du sujet, politique, historique et issu de faits réels. Car l'affaire Malvy a réellement existé et Léon Daudet Royaliste dirigeant le journal « L'action française » a, après la Première Guerre mondiale, bien accusé le socialiste Louis Malvy, de trahison et d'avoir fourni des renseignements à l'Allemagne.

Enfin, le fait que l'auteur signe « Darnaudet-Malvy » laisse à penser qu'il est directement concerné par l'histoire et que celle-ci soit en partie autobiographique (du moins la quête autour de la judaïté des Malvy).

J'ai toujours du mal avec les « histoires inspirées de faits réels » durant lesquelles je ne peux m'empêcher, sans cesse, de tenter de découvrir quelle est la part de « Réalité » et celle de « Fiction ». Me concentrant sur ce rapport Fiction/Réalité, je décroche bien souvent de l'histoire, trop concentré que je suis sur l'Histoire, que ce soit dans ma lecture d'un livre ou le visionnage d'un film.

Du coup, poussé par l'impression précitée, par la signature de l'auteur et le sentiment que l'on me présente un pan d'Histoire que je ne connais pas et dont je ne puis séparer les faits réels de ceux fictionnels, bien que l'ensemble soit bien écrit, que l'auteur insère les ingrédients inhérents à tout « Le Poulpe » qui se respecte, je n'ai vraiment jamais pu profiter pleinement ni du côté Poulpesque du roman ni du côté historique.

Au final, même si je n'ai pas été enthousiasmé par cette lecture, pour les raisons que j'ai évoquées, l'écriture et le style m'ont suffisamment convaincu pour que je me laisse tenter à nouveau par un texte de l'auteur, principalement l'un de ceux se déroulant dans ma région.

06 juillet 2016

Le Chinois fantôme de Yves Le Gall

vidocq10 (1)Retour sur la collection « Vidocq » aux éditions « L'Étrave » avec le troisième titre : « Le Chinois fantôme » de Yves Le Gall.

Le Chinois fantôme : Le commissaire de marine Kerdren se souvient de l'époque où il dut accoster un bateau abandonné en pleine mer dans lequel il ne trouva qu'un perroquet. L'équipage en avait mystérieusement disparu. À se souvenir se superpose la conversation avec le capitaine du port qui l'informe qu'un navire retrouvé abandonné en pleine mer vient d'être rapatrié au port par Duroc, un de ses vieux amis. La stupeur le frappe en entendant le nom de l'embarcation, le « Freia », le même nom que le bâtiment de jadis. Kerdren décide alors de se rendre sur le navire...

Pas vraiment inscrite dans le genre « Policier » cette histoire surfe sur le thème du « bateau fantôme » avec ce trois-mâts qui est retrouvé par deux fois sans équipage en pleine mer sans en connaître jamais la raison.

Bien évidemment, l'auteur joue avec tous les codes du genre, tentant de laisser le lecteur dans l'expectative jusque bout avant de révéler si la solution de l'énigme est rationnelle ou non.

Rien de transcendant, ni dans l'histoire ni dans le style même si l'ensemble se lit sans désagrément aidé en cela par la concision de l'œuvre.

Au final, un titre dont le principal atout est sa très belle illustration de couverture, car, pour le texte, rien de transcendant.

03 juillet 2016

Le Valet de pique

valetComme vous le savez déjà si vous lisez régulièrement les articles de ce blogue, en tant que lecteur, auteur et éditeur, je ne navigue que dans les eaux sombres du polar. Pour autant, je suis très éclectique dans mes lectures, du moment que le polar est là, tout me va... ou presque.

Si, en plus de mes avis de lectures, vous avez lu mes articles sur l'édition sous toutes ses formes, vous savez déjà que je n'ai rien contre l'auto-édition, le nom de mon blogue parodiant d'ailleurs cette forme d'édition.

L'auto-édition apporte sa pierre à l'édifice de la littérature actuelle (même si ce fût déjà le cas par le passé, les techniques d'impressions récentes favorisent l'essor de cette pratique, et le numérique également) tout comme toutes les autres formes d'édition.

Je n'ai donc aucun mal à me laisser tenter, parfois, par un roman n'étant pas passé par les mains d'un professionnel de l'édition, du moment que le sujet m'attire.

Le Valet de pique : Assassinats et enquêtes mystérieuses. Léo Warold vient de passer ses examens pour enfin devenir inspecteur à Chicago. On lui présente son nouvel équipier George Mills, un ancien du commissariat. Les deux hommes apprennent alors à se connaître sur une première scène de crime : la femme, Alice Troy, est assassinée dans sa baignoire. Son mari est interrogé, mais les deux inspecteurs de police ont du mal à trouver une véritable piste. Fight Club, Man on Fire, Forest Gump... Autant de films qui sont pour l’inspecteur Warold et son coéquipier une manière complice de s’amuser. Seulement lorsqu’un homme est retrouvé mort à Lane Beach Park avec un valet de pique dans la bouche, le jeu des cinéphiles prend une toute autre tournure. Qui se cache derrière donc derrière cette carte mystérieuse ? Un polar noir dans la grande tradition du genre.

Si ce très court roman de Florian Payraudeau avait de quoi m'intéresser avec les multiples références apparentes au cinéma que j'affectionne, le fait qu'un « amateur » se laisse aller, comme ses pairs, à naviguer en terre américaine, pour faire plus « genre », avait de quoi me laisser dubitatif. Seule une lecture pouvait me permettre de trancher... ou pas.

... Ou pas, car, même si je décidais d'entamer la lecture de ce court roman afin de me faire une idée, la lecture ne dura pas suffisamment pour me faire une réelle idée du traitement du sujet, de l'histoire, de son dénouement.

Avant tout, je tiens à préciser que, si j'écris beaucoup, je ne suis pas à l'abri des fautes d'orthographe, loin de là. Mes écrits sont ponctués de fautes, raison pour laquelle je passe par la meilleure des correctrices pour pouvoir offrir aux lecteurs un résultat dénué de toute agression à ma bonne langue française.

Certes, je suis, en parallèle, aussi éditeur et je ne peux m'empêcher, à toute lecture, même celle de loisir, d'avoir un œil critique. Pour autant, quand le texte est plaisant, mon esprit critique s'affaiblit et inversement.

Premier chapitre, premier léger choc. Un style un peu lourd, une volonté trop présente de faire « Polar américain » et trois répétitions en deux paragraphes (ne cherchez pas, je suis devenu un obsédé des répétitions, déformation professionnelle oblige).

Quelques paragraphes plus loin, les changements intempestifs de temps de conjugaison m'agressent les rétines. Présent, imparfait, passé simple, passé composé, tout y passe, sans que cela ne soit justifié ni par la narration ni par le style.

Pas le temps de terminer cette réflexion temporelle que je suis attaqué par une faute énormissime - « L’interdiction de fumé » - me frappe de plein front.

Même pas remis de l'assaut qu'un - « Tout de suite deux choses me choc » - se jette sur moi. Je me dis alors que l'auteur a délaissé un paragraphe pour une raison lambda et qu'il va tout de suite se reprendre, mais la phrase suivante va me contredire avec un double uppercut - « sa voix est roque comme un son de gravier » - qui, outre une métaphore de mauvaise facture, m'envoie une faute supplémentaire.

Comme les assauts se succèdent avec, toujours, plus de fougue, je survole, sans en prendre note, des tournures de phrases issues d'une langue parallèle telles - « l’homme qui me faisait dos » - et sur la ponctuation hésitante, voire, inexistante...

Grand bien me prit puisque la bataille ne faisait que commencer. L'agression de la langue continuait avec un - « Si son visage portait les stigmates d’une longue carrière bien remplis, sa carrure était à l’antipode de cela. » - mêlant faute d'orthographe et faute de style.

Trois lignes plus tard, je ne faisais même plus cas d'un - « repris Dito ».

Trop anesthésié par la douleur, l'ultime affront de ce premier chapitre - « Sans un mot Mills prit la pochette de documents que lui tendit Dito et se dirigea vers la sortie. J’emboîte le pas immédiatement. » - n'altéra point mon esprit même si l'on est en droit de se demander la raison de s'affranchir du passé simple pour plonger sur le présent ???

Comme je suis d'humeur magnanime et optimiste, je laisse sa chance au second chapitre, espérant qu'il relèvera le niveau - « Seulement dix minutes nous séparent du commissariat de la scène du crime, et pourtant le temps me paraît beaucoup plus long. Dans la voiture, le silence règne, pas un mot, seulement la radio de police qui l’interrompt de temps en temps de message presque indescriptible. » -

J'ai bien du mal à occulter le fait que dans le monde de l'auteur, une distance puisse se compter en minutes (ce serait plutôt le temps nécessaire à franchir cette distance en question), que voulez-vous, plus je suis déçu et plus je suis acerbe, mais j'ai bien du mal à croire que la radio de police diffuse, régulièrement, le même message indescriptible puisque le pluriel n'a, ici, pas cours.

Je chancelle, sens qu'une ultime goutte d'eau sera suffisante à faire déborder mon vase et, à défaut de goutte, c'est une averse qui m'agresse - « Nous sortons de la voiture et nous entrons dans le bâtiment. Une belle résidence de trois étages. Dans le hall de la résidence, moins luxueux que sa façade, quatre policiers en uniforme bloque le passage à une dizaine de personnes qui attendent sûrement pour rentrer chez eux après que les policiers sont recueillis leurs précieux témoignages. » -

Allez, je ne fais pas cas des répétitions (résidence) et passe directement à une question existentielle : luxueux ne s'accordant pas avec résidence, puisque de genre différent, l'adjectif ne peut s'accorder qu'avec le hall, du coup, « sa façade » se rapporte également au « hall » et, admettez avec moi, un hall qui possède une façade, voilà qui n'est pas courant. Les quatre policiers forment un bloc puisque le verbe est au singulier. En attendant, attendent des personnes ou bien est-ce la dizaine qui attend, toujours est-il que l'un comme l'autre étant féminin, aucun ne peut rentrer chez « eux ».

Enfin, coup de grâce, de grasse, devrais-je dire, devant la lourdeur du texte - « les policiers sont recueillis leurs précieux témoignages » - déjà que les flics étaient plusieurs tout en étant un, les voilà recueillis par on ne sait qui, mais sûrement pas par les témoignages.

J'étais groggy, K.O. debout, la maltraitance littéraire que je venais de subir avait eu raison de ma raison. J'étais un lecteur abattu dans tous les sens du terme.

Je ne vous surprendrais pas en vous disant que j'arrêtais là ma lecture et que jamais je ne connaîtrais la résolution de l'enquête, mais, comme je m'étais arrêté avant même la présentation du premier crime, la frustration n'avait guère de chance de me gagner.

Alors, bien sûr, je suis un peu sarcastique et d'aucuns diront que je suis même assez méchant envers cet auteur, que je ne cite qu'à regret, qui n'a rien demandé.

Justement, si ! L'auteur demande 2.99 euros pour son ouvrage et c'est là que le bât blesse. Si l'auteur s'était contenté de mettre en ligne son texte gratuitement, via Amazon, comme il l'a fait, ou par l'intermédiaire d'un blogue quelconque, jamais je ne me serais permis un tel traitement. Mais, à partir du moment ou l'auteur « amateur » réclame, pour un texte aussi court et, surtout, si peu travaillé, une somme égale ou supérieure à celle de nombreux romans ayant nécessité le travail et le savoir-faire de petits éditeurs (les gros éditeurs pratiquant des prix prohibitifs), le lecteur est en droit de s'attendre à un minimum de travail sur le texte qu'il vient d'acheter.

Alors, oui, comme je le disais, tout le monde ne maîtrise pas parfaitement l'orthographe, moi le premier (dites-vous que j'ai dû laisser passer de nombreuses fautes), un auteur peut, à moindres frais, limiter les erreurs avec le correcteur de son traitement de texte favori ou bien, moyennant quelques dizaines d'euros (qui seront récupérés grâce aux ventes du livre), en achetant un correcteur orthographique un peu plus évolué comme « Antidote » ou autre.

Certes, ces logiciels ne sont jamais une solution idéale et ils ne livreront que de bons résultats uniquement s'ils sont utilisés par des personnes maîtrisant déjà correctement l'orthographe et la grammaire, mais ils permettent, même dans les mains de néophytes, de limiter la casse et d'éviter la plupart des fautes grossières que j'ai prises en exemple.

Sinon, il reste toujours la possibilité de s'appuyer sur des bêta-lecteurs en proposant gratuitement son texte en échange d'un avis ou bien des forums d'écrivains amateurs sur lesquels s'entraident, se lisent, se corrigent, ce qui permet, même sans atteindre la perfection, d'améliorer à la fois son texte, mais aussi sa façon d'écrire.

Au final, un court roman, d'autant plus court que je n'ai pas dépassé le début du second chapitre à cause de fautes d'orthographe trop nombreuses, de lourdeurs de style et autres joyeusetés du même genre qui ont été rébarbatives.

 

P.S. : Après visionnage plus précis de la couverture du livre et la découverte d'un pseudo nom d'éditeur (Publishroom), je suis obligé, semblerait-il, d'adresser mes critiques, non pas à l'auteur, mais à Publishroom, si je tiens compte des trois offres de publication proposées par cette « maison d'auto-édition » (voilà un non-sens sur lequel je reviendrai), puisque chacune contient, en échange de plusieurs centaines d'euros, des services de « relecture, critique et conseils personnalisés sur les manuscrits » et une « correction orthographique, syntaxique et typographique ».

Si l'auteur est passé par un de ces services, alors, ce n'est pas que le lecteur qui s'est fait avoir, mais l'auteur lui-même, car il est évident que le travail n'a pas été fait.

Enfin, le terme de « maison d'auto-édition » tel que proposé par Publishroom, est une aberration. Maison et auto-édition s'opposent, auto-édition et payer des centaines d'euros pour être édité également. Au final, un sujet supplémentaire qu'il me faudra traiter dans une catégorie ad hoc de ce blogue.

P.S.2 : Il semblerait que le texte ait été corrigé depuis, éliminant une partie des fautes dont je parle plus haut (Cependant, « LE sucrière » demeure toujours dès le début de l'histoire).

29 juin 2016

Salon du Livre, du Tourisme et du Voyage 2016

Decaux-Salon-livre-2016-2L'année dernière, à la même date, je vous prévenais de la participation d'OXYMORON Éditions et de son équipe à un tout nouveau salon, le Salon du Livre, du Tourisme et du Voyage à Canet-en-Roussillon, sur l'Espace Méditerranée, qui avait lieu le samedi et le dimanche de 10 h du matin jusqu'à 18 h le premier week-end de juillet.

Quelques jours après, lors du bilan de la manifestation, je regrettais que ce salon, au vu de l'endroit où il se déroulait, ne soit pas prévu en nocturne, au moment où l'Espace Méditerranée et les rues adjacentes se remplissent de badauds profitant de la fraîcheur du soir pour sortir boire un coup, manger un peu et naviguer de stand de camelot en stand de camelot.

Cette année, le salon se déroulera toujours en pleine journée, mais s'étalera également en soirée, permettant de tester le lecteur nocturne (s'il y en a).

Effectivement, le week-end littéraire sera long à Canet-en-Roussillon cette année, puisqu'il débutera vendredi après-midi, se poursuivra jusqu'à 23 h pour reprendre le samedi matin à 10 h et perdurer également en nocturne et terminer, enfin, le lendemain depuis le matin, à 10 h pour finir à 18 h (pas de nocturne le dimanche, de toute façon, avec le match de foot de l'équipe de France face à l'Islande, il n'y aurait eu personne, pas même moi).

C'est dire si, pour sa seconde édition, ce Salon s'annonce comme le plus long du département et, espérons-le, le plus visité.

Ainsi, les lecteurs pourront venir à la plage, se rendre compte qu'ils n'ont pas pris un bon livre pour le dévorer allongé sur le sable, attendre la fraîcheur du soir pour quitter la plage, aller se rassasier chez eux, ou dans les restaurants alentour, puis venir rencontrer les auteurs afin de se choisir un bon roman pour la bronzette du lendemain.

CatalX20Donc, pour l'occasion, vous retrouverez de nombreux éditeurs et auteurs de la région dont OXYMORON Éditions et KAMASH, auteur des tordantes enquêtes de « Wan & Ted » ; des folles enquêtes de « Marc-Antoine Decome » ou de la fausse enquête de « P'tit Prolo »

Mais, sur le stand d'OXYMORON Éditions, vous aurez, en plus, l'occasion de redécouvrir le talent d'auteurs d'antan, des classiques du genre « Policier » comme Émile Gaboriau, Fortuné du Boisgobey, Henry Cauvain, mais aussi des auteurs renommés s'étant essayé au genre avec parcimonie, comme Jules Lermina, et l'excellence des aventures de son petit détective parisien, Toto Fouinard ; Maurice Boué et les drôles enquêtes de son détective Lautrec ; Jacques Bellême et les très courtes enquêtes de son Inpecteur Pinson ; Pierre Yrondy et les enquêtes ensoleillées de son détective Marius Pégomas.

Enfin, vous pourrez également redécouvrir, en plus d'un genre, un format qui fut une institution dans la première moitié du XXème siècle, le fascicule, avec deux titres : « Devant le coffre-fort » de Gustave Gailhard et « Le troisième trèfle » de Rodolphe Bringer.

Comme vous pouvez le constater, il y en aura pour tous les styles de lecteurs et pour toutes les bourses, alors, n'hésitez pas à venir l'Espace Méditerranée afin de vous rendre sur notre stand, et nous nous ferons un plaisir, ma Canelle et moi-même, de converser avec vous et de répondre à toutes vos questions.

26 juin 2016

Mémoires d'un cambrioleur retiré des affaires

$_35Inutile de présenter Arnould Galopin, l'auteur du roman « Mémoires d'un cambrioleur retiré des affaires ».

Comment ? Si ! Tu préférerais que je te le présente, car tu ne le connais pas ?

Bon ! Comme tu veux, le lecteur est ici roi.

Arnould Galopin est l'archétype même de l'écrivain populaire. Avec un nom qui attire immédiatement la sympathie, cet auteur français né en 1863 et mort en 1934 a proposé à ses lecteurs une bibliographie des plus imposantes. S'étant essayé à différents genres (Science Fiction, Littérature Jeunesse, Romans policiers, Romans d'Aventures) il a été primé par l'Académie française et a été élevé à l'ordre d'Officier de la Légion d'honneur.

Mais, deux caractéristiques premières de ses productions font de lui l'exemple parfait de l'auteur populaire : sa propension à surfer sur les genres et personnages à succès et sa capacité à écrire de longues séries à épisodes.

« Aventures d'un petit Buffalo », « Le petit poilu de 12 ans » [ 55 fascicules ], « Le petit détective » [ 83 fascicules ]... le Galopin étale ses aventures de gamins sur des dizaines et des dizaines de fascicules numérotées qui formeront, à elles seules, tout un pan de la littérature jeunesse de l'époque.

Mais Arnould s'amuse aussi à créer des avatars des personnages populaires de son époque. Allan Dickson est sa réponse à Sherlock Holmes. Le personnage apparaît dans « La ténébreuse affaire de Green Park », puis dans « La sandale rouge », « Les suites d'un mariage d'amour » et rencontrera même le grand détective inventé par Conan Doyle, ou presque, dans « L'homme au complet gris » dans lequel il fera équipe avec un nommé Herlokolmes.

Ténébras sera le pendant de Fantomas, et Edgar Pipe, celui d'Arsène Lupin.

Et c'est sur ce dernier personnage que l'on va s'arrêter puisqu'il est le héros du roman d'aujourd'hui.

AVT_Galopin-Arnould_3392Edgar Pipe est un cambrioleur qui, comme l'indique le titre, est retiré des affaires. C'est l'occasion, pour lui, de revenir sur ses aventures (suivra, bien plus tard, « La résurrection d'Edgar Pipe » et « La dernière incarnation d'Edgar Pipe ».

Et, en matière d'aventures, Edgar Pipe s'y connaît. Alors qu'il est désireux de prendre sa retraite, pour assurer son train de vie et celui de la femme qu'il affectionne, il décide de voler le Régent, un magnifique diamant exposé au Louvre. Son plan fonctionne à merveille et il ne lui reste plus qu'à passer en Hollande pour vendre le bijou et devenir riche. Mais c'est quand on se croit à l'abri que tout peut s'écrouler et c'est le cas quand, rentrant chez lui, il constate que la femme de son cœur s'est éclipsée, emportant avec elle ses dernières économies qu'il destinait à son voyage en pays batave.

Il ne lui reste plus, alors, qu'à commettre un cambriolage pour se renflouer, mais une étourderie lui fait se tromper d'appartement et il tombe alors dans celui d'un malfrat pire que lui à qui il va devoir proposer la moitié du prix de vente du diamant pour se sortir des griffes. Mais, quand un cambrioleur tente de flouer un escroc, la partie n'est pas gagnée d'avance.

Que dire des aventures d'Edgar Pipe si ce n'est qu'elles s'étirent, peut-être à outrance, sur des centaines de pages et à travers le globe ? Tout au long du récit, les flagrances d'un « Candide », l'œuvre de Voltaire, impression renforcée par la citation du Professeur Pangloss, « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes » et par le fait que, quoi qu'il se passe, où qu'il aille, Edgar Pipe croisera toujours les mêmes personnages.

Certes, ce roman est un peu longuet, certes l'esprit d'un « Monde petit » dans lequel on croise toujours les mêmes personnes et où l'on n'est jamais à l'abri a un charme un peu désuet et manque de modernisme (en même temps on se situe au début du XXème siècle), certes, la fin est légèrement attendue, mais, pour autant, la lecture de ces « mésaventures » est bien plus agréable que bien des romans actuels et, au final, les centaines de pages défilent sans que l'on voie le temps passé.

Bien sûr, pour apprécier au mieux ce roman, il vaut mieux avoir affection pour la littérature de l'époque et ne pas être attaché qu'à une littérature très contemporaine. Mais, rendons à Arnould ce qui appartient à Galopin, une propension à surfer sur les modes de l'époque, ou plus anciennes, de singer des personnages populaires et de nous en proposer leurs aventures pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Au final, si, bien évidemment, les mésaventures d'Edgar Pipe ne sont pas un sommet de modernité, elles n'en sont pas moins une agréable lecture et on ne demande à l'auteur rien de plus.

19 juin 2016

Surtensions

CVT_Surtensions_2414Olivier Norek ! Ceux et celles qui suivent mes chroniques littéraires sur ce site, c'est-à-dire une personne, connaissent forcément cet auteur.

Effectivement, j'ai fait une critique dithyrambique de son premier ouvrage, « Code 93 », une critique très positive de son second roman, « Territoires » et je l'avais même remercié d'avoir cité, dans les remerciements de cet ouvrage, mon blogue. En retour, je l'avais remercié dans mon dernier roman, qu'il n'aura probablement pas lu.

C'est dire si j'étais très pressé de découvrir son prochain roman, d'autant qu'il y reprenait ses personnages fétiches, le flic Victor Coste en tête.

Pourtant, la première impression ne fut pas bonne du tout : quel prix !

11,99 euros l'ePub, moi qui œuvre pour proposer des ePubs à bas prix, quand je vois ceux proposés par mes confrères, j'ai la rage.

12 euros le livre numérique, après on s'étonne que les lecteurs boudent ce support. 12 euros le livre numérique, c'est le prix auquel je propose mes livres papier (et encore, la plupart sont à des prix inférieurs).

12 euros le livre numérique, c'est 50 % plus cher que le livre de poche.

12 euros le livre numérique, c'est super extra trop cher.

Passé cette première impression (qui n'en est pas vraiment puisque, contrairement à un livre papier, le livre numérique n'est pas imprimé) intéressons-nous au contenu.

Olivier Norek est, avec Bernard Minier, mes deux auteurs de romans policiers émergents préférés. J'aime les nouveaux auteurs, car, souvent, ils n'ont pas les tics d'écriture qui nuisent à la production d'auteurs confirmés.

Malheureusement, ces nouveaux auteurs se font très rapidement rattraper par les démons de leurs aînés.

Nous avions déjà analysé le cas de Bernard Minier qui avait su, après une dérive, reprendre les brides de sa plume et changer du tout au tout dans son dernier roman « Une putain d'histoire ».

Cette dérive était à redouter de la part d'Olivier Norek et, malheureusement, mes craintes étaient fondées.

Non pas que ce dernier opus soit mauvais, non, il est même bon, mais je ne peux m'empêcher de freiner mon enthousiasme à cause des artifices de narration qui, bien que maîtrisés, dépouillent ce roman de la fraîcheur qui apportait une plus-value aux précédents.

Si on sentait déjà cette « professionnalisation » de l'écriture de l'auteur dans son second roman, dans ce dernier, celle-ci est omniprésente.

Heureusement, Olivier Norek parle très bien de ce qu'il connaît et, en tant qu'ancien policier, il a matière à nous proposer des situations qui sentent le « vrai ».F14NOREK

C'est d'ailleurs ce qui permet à cet ouvrage de s'élever au-dessus du panier des « polars ». L'ambiance est omniprésente, principalement dans les scènes d'enfermement durant lesquelles le lecteur peut se sentir oppressé, mais, surtout, horrifié. Car les chapitres concernant les prisons font froid dans le dos. Bien sûr, on se doute bien que la tôle est bien moins agréable qu'un parc d'attractions (sauf quand le manège décroche et que tu t'écrases au sol comme le contenu d'un bouton d'acné sur une glace), mais là, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on a pas envie d'y faire un tour.

Surtensions : Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu'on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ? Comment cinq criminels - un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur - se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ? Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus : la rédemption passe parfois par la vengeance... Pour cette nouvelle enquête du capitaine Coste, Olivier Norek pousse ses personnages jusqu'à leur point de rupture. Et lorsqu'on menace un membre de son équipe, Coste embrasse ses démons.  (résumé de Babelio.com)

Comme le laisse présager le résumé, Olivier Norek développe plusieurs histoires, autour de plusieurs personnages qui font finir par se rencontrer et interagir. Et c'est la raison de mon avis mitigé sur ce roman.

Déjà, quand je lis un roman pour retrouver des personnages que j'avais appréciés, j'aime les retrouver tout de suite, ce qui n'est pas le cas ici (c'est aussi pourquoi j'avais moyennement aimé le second roman de Bernard Minier).

Ensuite, j'apprécie moyennement les romans ou les films, déroulant plusieurs histoires de façons alternées pour ensuite les faire entrer en collision (ce qui était également le cas de « N'éteins pas la lumière » de Bernard Minier).

Enfin, dans un roman, j'aime savoir assez rapidement où je vais, afin de limiter les risques de déceptions.

Malheureusement, dans « Surtensions », malgré toutes les qualités de l'histoire et du style parfois un peu brutal de l'auteur, malgré l'immersion suscitée par une connaissance de celui-ci de l'univers d'un policier, malgré toute l'affection sans borne que je porte au tout premier roman d'Olivier Norek, je dois avouer que les travers d'une narration « professionnelle » et « commerciale » trop usitée et, surtout, qui est une astuce pour faussement dynamiser une histoire, m'ont quelque peu refroidi.

Heureusement, les scènes de prison du début qui vous glacent le sang et le fait de retrouver, en cours de route, Victor Coste et son équipe et le final dramatique laissent quand même une suffisamment bonne impression pour compenser quelque peu le reste.

Mais je pinaille, déformation professionnelle oblige, car je ne peux jamais me détacher totalement de mon esprit critique à moins d'être pris aux tripes immédiatement, ce qui n'est pas le cas ici.

De plus, alors que les deux premiers romans débutaient par un crime qui n'en était pas forcément un et qui laissait penser à un meurtre de tueur en série alors que cela n'en était pas du tout un, j'espérais retrouver ce petit détail dans ce troisième livre, ce qui n'est pas le cas.

Au final, Olivier Norek se « professionnalise » dans son troisième roman, ce qui le rendra plus commercial et agrandira son cercle de lecteurs, mais ce qui me déplaît un peu et minimise mon plaisir de lecture. Pour autant, ce livre se situe dans le haut du panier du genre et saura provoquer des sentiments différents aux lecteurs (notamment les scènes de prison). 

15 juin 2016

DZEU-ROUM de Georges SPITZMULLER

CouvDRDerrière ce titre énigmatique « DZEU-ROUM » se cache un auteur qui l'est moins.

Georges Spitzmuller est né en 1867 et mort en 1926. Il était journaliste, dramaturge et romancier et nommé Chevalier de la Légion d'honneur.

Si le romancier exerça déjà à la fin du XIXème siècle, l'écrivain « populaire » apparut au début du XXème siècle et c'est dans divers genres qu'il exerça, le roman d'aventures, le roman sentimental, le roman policier et le roman patriotique.

En dehors de cela, l'auteur nous livre deux titres policiers intriguants, « Kaï Nix » et « DZEU-ROUM ».

Pour ce qui est du second, votre curiosité peut être rassasiée grâce à OXYMORON Éditions qui réédite ce titre en numérique (ePub/Mobi) à un prix modique de 0.99 euro.

DZEU-ROUM : À La Ferté-sous-Jouarre, Madame Latour-Fantin est retrouvée morte à son domicile par son époux qui revient tout juste de Meaux, où il est allé voir sa maîtresse. Dzeu-Roum, un policier japonais de renommée mondiale qui enquête dans la région sur une série de crimes est chargé de l’enquête. Le mari ayant un alibi, les soupçons se portent vite sur un mendiant un peu simplet qui a été vu alors qu’il pénétrait dans la maison à l’heure du crime. Quand ledit mendiant est surpris en train d’essayer de vendre un Napoléon d’or appartenant à la victime, le doute ne semble plus permis quant à sa culpabilité. Fort de ses convictions, Dzeu-Roum va tout mettre en œuvre pour démontrer l’innocence du demeuré.

12 juin 2016

Avant Pandémia - Le grand voyage

couv59686517Normalement, cette nouvelle de Franck Thilliez a été distribuée pour promouvoir la sortie du roman « Pandémia » de l'auteur.

Ainsi, il aurait été logique que je lise cette nouvelle avant le roman. Pourtant, comme je ne fais rien comme les autres, j'avais déjà lu le roman quand j'ai découvert cette nouvelle.

Cependant, rien n'empêche de lire dans un sens ou dans l'autre. Mais, j'ai l'impression que le ressenti n'est pas le même selon l'ordre de lecture. Effectivement, d'après les appréciations de certains lecteurs, découvrir d'abord cette nouvelle vous donne une envie irrésistible de lire le roman. Dans mon cas, la lecture de cette nouvelle me laisse un goût mitigé tant j'ai la désagréable impression que l'auteur n'est pas allé au bout de son écriture dans une simple logique commerciale et publicitaire. Non pas que le style, l'histoire, la narration soient de mauvaises qualités, loin de là et bien au contraire. L'histoire est prenante, c'est bien écrit, c'est angoissant à souhait, mais, alors que l'on est au paroxysme de l'angoisse, l'auteur semble se dire « voilà, j'en ai écrit assez pour faire vendre mon roman, j'arrête là. » Et, effectivement, la nouvelle s'arrête brutalement alors qu'on aurait tant aimé qu'elle dure... qu'elle dure... car il y avait le potentiel, le style, l'histoire, pour cela.

Avant Pandémia - Le grand voyage : La croisière de douze jours s'annonce idyllique et les vacances de rêve. Gilda et son fils sont émerveillés par la visite du paquebot sur lequel ils viennent d'embarquer. Ils partagent leur modeste cabine avec deux autres personnes, à l'entrepont du bateau. Le départ est à peine perturbé par un incident étrange : la porte des toilettes, près de leur cabine, est bloquée de l'intérieur. Lorsque le personnel navigant parvient à l'ouvrir, s'en échappe un oiseau affolé. Mais quand le paquebot s'arrête en pleine nuit, que les portes étanches se ferment et que le personnel se refuse à toute explication, l'inquiétude laisse progressivement place à la panique... Que se passe-t-il exactement ? 

Cette nouvelle, qui était offerte, avant la sortie du roman, pour faire vendre celui-ci, est, depuis, devenue payante (2.99 euros, pour quelques chapitres, l'éditeur se fout quand même de la gueule du monde, mais comme il vend le roman « Pandémia » au format numérique à 15.99 euros, on est vraiment certain qu'il se fout de la gueule des lecteurs).

Au final, si on fait abstraction de l'impression d'être pris pour des cons, de par la fin abrupte de la nouvelle et de sa taille réduite et, surtout, par les prix affichés par l'éditeur, cette nouvelle est agréable à lire, mais, étant donné l'auteur, je n'en doutais pas une seule seconde.

08 juin 2016

1er Festival Méditerranéen du Polar et de l'Aventure de Port Barcares

Affiche Polar Aventure-page-001Le « Polar » ou « Roman Policier » est le genre littéraire le plus lu.

Il n'est donc pas étonnant de voir fleurir un peu partout des Salons Littéraires étant entièrement dédiés à ce genre.

La liste de ces salons étant trop longue, je me contenterai de proposer deux liens recensant certains d'entre eux :

- Planning annuel du Blog 813

- Wikipédia : Festival de romans policiers

Malheureusement, jusqu'à présent, dans mon si beau département des Pyrénées-Orientales, malgré les nombreux salons littéraires, il n'y en avait point un seul dédié au « Polar », ce qui est fort dommage puisque c'est mon genre de prédilection en tant qu'auteur, lecteur et éditeur.

Certes, il y avait bien eu une tentative du genre organisée par la ville de Saint-Cyprien et un éditeur local, mais, d'une, je n'y avais pas été convié et, de deux, le salon n'avait pas perduré (2 éditions, me semble-t-il).

Mais, félicitions-nous, du moins, moi, je m'en félicite, la ville du Barcarès et le Centre Méditerranéen de Lecture ont décidé de remplacer le « Salon du Livre du Barcarès » par « Le Festival Méditerranéen du Polar et de l'Aventure ». Et pour ce faire, les organisateurs semblent avoir mis les moyens. 

Effectivement, le salon se déroulera sur les deux jours du deuxième week-end de juin (samedi 11 et dimanche 12), sur le Lydia et ses environs.

Dans le cadre du salon littéraire seront invités des auteurs ayant une renommée nationale, voire internationale, en plus des auteurs locaux dont je fais partie :

- Philippe Georget, dont certains polars mettant en scène son personnage du Lieutenant Sebag se déroulent dans la région et dont j'apprécie grandement les titres de ses romans « L'été, tous les chats s'ennuient », « Le paradoxe du cerf-volant », « Les violents de l'automne », « Tendre comme les pierres », « Méfaits d'hiver »...

- Christophe Guillaumot, policier et auteur dont j'avais critiqué le premier roman « Chasse à l'homme » et à propos duquel je n'avais pas été enthousiaste, mais qui avait reçu le « Prix du Quai des Orfèvres » en 2009, ce qui veut dire que d'autres que moi l'ont apprécié, ce qui n'a rien d'étonnant, car je décroche souvent quand les personnages sont trop beaux et que les histoires sentimentales s'entremêlent avec les enquêtes. Depuis, l'auteur a tardé à sortir son second roman, mais c'est maintenant chose faite avec « Abattez les grands arbres » dont le résumé donne envie, et dont les personnages semblent plus intéressants.

- Patrick Caujolle, ancien policier, auteur de poésie, de livres-enquêtes et, aussi, de deux polars, « Beau temps pour les couleuvres » et « R.I.P. ».

- Benoît Séverac, auteur de nouvelles, de romans pour la jeunesse et de romans policiers. Je noterai, surtout, qu'il a écrit une aventure d'un de mes personnages préférés, Gabriel Lecouvreur, alias « Le Poulpe », « Arrête tes six magrets ».

- Michel Moatti, journaliste, Maître de Conférences et auteur de « Retour à Whitechapel ».

- Pierre Pouchairet, ancien policier [ décidément, nous serons entourés de flics à ce salon ], auteur, entre autres, de « La filière Afghane », « Une terre pas si sainte »...

- Christophe Palma, né à Perpignan, dessinateur de B.D.

- Pierre Micheletti, écrivain et médecin travaillant dans l'humanitaire.

- Anne Bourrel, auteur, entre autres, de « Gran Madam's » se déroulant à la Junquere, de l'autre côté de la frontière.

- Muriel et Yves Carchon, un couple souvent croisé sur les salons littéraires des années précédentes. Yves Carchon est, notamment, l'auteur de trois romans policiers reprenant le personnage de  détective Fragoni : « Maudi Blues », « Le testamant des muses » et « Le Cerbère du canal »

- Gildas Girodeau, auteur, notamment, de « Nucléar Parano à Port Vendres », « Rouge tragique à Collioure » et « Malaguanyat »...

- François-Henri Soulié, dont le premier polar, « La vie est un songe », a été primé au Festival du film Policier de Beaune.

- Jean-Christophe Tixier, sur lequel je n'ai, malheureusement, pas grand-chose à dire.

- Guillaume Guéraud, un auteur qui semble alterner entre romans jeunesse et polars sociétaux.

- Gilles Vincent, auteur de polars souvent primés tels, « Beso de la muerte », « Djebel », « Trois heures avant l'aube »...

- François Darnaudet, auteur dont je noterai, principalement, les deux titres dans la collection « Le Poulpe » que j'affectionne tant : « Boris au pays vermeil » et « Les ignobles du Bordelais ».

- Jésus Manuel Vargas, auteur de « Maltalents » et « Avec une dernière dose d'enthousiasme ».

- Dominique Lefebvre, à ne pas confondre avec l'homme politique.

- Paul Arquier-Parayre, auteur de « Karma ».

- Jacky Sales, auteur de « Traquenard rue Jules Valles » et « Le traquet rieur de la Baillaury ».

- Roger Blandignières, auteur de « Le mas des oliviers ».

- Daniel Hernandez, auteur, entre autres, d'une série de 14 romans autour des personnages du commissaire Jepe Llense et de son comparse José Trapero.

- Chelsea Cunningham.

- Marion Poirson-Dechonne.

Guy Bosschaerts.

Olivier Lusetti.

- Jacques Lavergne.

- Gil Graff, souvent croisée sur les différents salons de la région. Auteur, notamment, de « Catalan Psycho ».

- Coralie Luiz, illustratrice.

- Antoine Vetro, auteur, notamment, de « Funeste Opéra ».

- Claude Depyl, auteur, notamment, de « Du sang dans les embruns ».

Et enfin, le dernier, mais non des moindres :

- KAMASH, un auteur catalan de cœur et d'âme dont la particularité, dans le monde du polar, est de proposer des personnages originaux et décalés comme ses détectives Wan Ching Mui, Andrée Nadine Tedorowsky, Marc-Antoine Decome, Damien Österreichischer Ben Abdalla et, ceux à venir, Serge Daudeau et Waston. Je pourrai vous parler de ses ouvrages pendant des heures, puisqu'il ne s'agit, ni plus ni moins, de moi-même.

Mais le Festival Polar et Aventures ne se contentera pas de proposer à ses visiteurs des stands de livres, des auteurs et des romans policiers. Non ! Le polar se déclinera sous toutes ses formes durant le week-end avec d'une soirée « Polar », le samedi 11 juin au soir avec la possibilité de rencontrer les auteurs autour d'un repas « noir » ou d'animation « spéciales polars ». Pour l'occasion différents restaurants du Barcarès proposeront des menus, des animations ou bien des tarifs destinés aux festivaliers. Un petit jeu d'indices disséminés sur le Lydia permettra même aux lecteurs de trouver où dînera leur auteur préféré.

Le cinéma « Le clap » se mettra également au diapason en programmant des films « Polars » ou « Aventures » durant tout le week-end.

Mais les deux journées seront également ponctuées de tables rondes et discussions autour du roman policier, d'un jeu autour de « L'argot » utilisé dans les romans policiers, une lecture en musique de romans d'Anne Bourrel, un jeu d'enquête avec sa remise des prix, une exposition sur les « 60 ans de polar sur la Côte Vermeille », une autre exposition vous invitant au voyage...

C'est dire s'il y en aura pour tous les goûts.

Alors, si vous n'aimez pas le football, profitez de ce premier Week-End de « l'Euro » de foot, pour vous changer les idées en venant découvrir des auteurs et des livres.

Si vous aimez le football, venez également, car l'équipe de France aura joué la veille et parce qu'il n'y a aucun match intéressant durant le week-end.

Si vous aimez le « Polar », venez au Barcarès... vous serez comblés.

Si vous n'aimez pas le « Polar », venez tout de même, car on trouve de tout dans ce genre « littéraire », du « Fantastique », de « l'Humour », de « l'Historique », du « Sentimental », du « Thriller », du « Théologique », du « Philosophique », de la « Biographie », du « Gore », du « Médical », du « Politique », de « l'Aventure ». Vous y découvrirez également tous les genres de plume, notamment grâce à OXYMORON Éditions où se côtoient le contemporain, le moderne, le classique, le populaire, les belles plumes d'antan et la drôle de plume d'un auteur d'aujourd'hui, KAMASH.

CatalX20Outre tous les grands auteurs cités précédemment, sur le stand d'OXYMORON Éditions, vous aurez l'occasion de redécouvrir le talent de Jules Lermina, et l'excellence des aventures de son petit détective parisien, Toto Fouinard ; Maurice Boué et les drôles d'enquêtes de son détective Lautrec ; Jacques Bellême et les très courtes enquêtes de son Inpecteur Pinson ; Pierre Yrondy et les enquêtes ensoleillées de son détective Marius Pégomas ; les tordantes enquêtes de « Wan & Ted » ; les folles enquêtes de « Marc-Antoine Decome » ; la fausse enquête de « P'tit Prolo » ; l'excellente enquête d'un Sherlock Holmes avant l'heure avec « Maximilien Heller » d'Henry Cauvain ; et les origines du roman policier avec des œuvres d'auteurs ayant créé le genre comme Émile Gaboriau et Fortuné du Boisgobey.

Enfin, vous pourrez également redécouvrir, en plus d'un genre, un format qui fut une institution dans la première moitié du XXème siècle, le fascicule, avec deux titres : « Devant le coffre-fort » de Gustave Gailhard et « Le troisième trèfle » de Rodolphe Bringer.

Comme vous pouvez le constater, il y en aura pour tous les styles de lecteurs et pour toutes les bourses, alors, n'hésitez pas, venez, et faites de ce « Festival du polar et de l'aventure » un succès bien mérité qui inscrira cet évènement dans la durée.

Parce qu'il manque au département un Salon Littéraire dédié aux romans policiers, venez, nous vous y attendrons avec impatience et nous vous accueillerons chaleureusement.