Loto Édition

21 mai 2017

Conscience animale

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À l’époque de l’écriture de ma chronique sur « Train d’enfer pour ange rouge » de Franck Thilliez, j’avançais, un peu vite, avoir lu le premier roman mettant en scène le personnage de Franck Sharko, le policier cassé par la vie et la disparition inexpliquée de sa femme et sa fille.

Depuis, j’ai appris que Franck Sharko était déjà apparu dans le tout premier roman de l’auteur. Cependant, j’ai des excuses, Franck Thilliez renie quelque peu son œuvre liminaire à cause de sa piètre qualité (selon lui).

Ceci dit, le personnage de Sharko qui apparaît dans « Conscience animale » est assez éloigné, très éloigné, même, de celui des romans suivants.

D’ailleurs, « Conscience animale » est, dans l’ensemble, très différent des autres livres de son auteur.

Différent, mais semblable, également. En clair, « Conscience animale » semble être un brouillon dont l’auteur n’est pas fier, mais sur lequel il s’est pourtant beaucoup appuyé pour écrire ses productions suivantes.

Différent dans le style, le thème, la précision, le personnage...

Semblable par le genre, la volonté, la sincérité... le personnage.

Conscience animale : Et si se terrait en chacun de nous une animalité sanguinaire ? Et s’il était possible par un sacrifice bien mené de la réveiller ? Et si un homme avait précisément en tête d’user de ce savoir secret pour mettre en place une gigantesque entreprise assassine ? C’est dans le tourbillon de tous ces « si » que vont être aspirés Warren, père de famille presque ordinaire, Sharko, inspecteur tenace et téméraire, Moulin, jeune recrue faisant ses premières armes, et Neil, linguiste pour le moins singulier. Nouant leur destin dans une enquête balisée par le sang et la cruauté, ils devront affronter l’impensable pour réaliser l’impossible. Mais quel sera le coût de cet impossible ?

Franck Thilliez, à travers son premier roman, nous livre, certes, une histoire policière, mais mâtinée de fantastique à travers des sortes de rites vaudous faisant ressortir l’instinct et la force animale chez des êtres humains, en faisant des tueurs sanguinaires...

Comme on peut le voir, simplement dans la 4e de couverture, Franck Thilliez, dans ce premier roman, surfera, pour l’unique fois (du moins, pour l’instant), dans le fantastique. C’est, d’ailleurs, à mon sens, la naïveté de l’histoire, du moins, du traitement de cette part « fantastique », qui a dû pousser l’auteur à s’appuyer, de plus en plus, sur des détails techniques et des sujets pointus afin d’en faire, ludiquement, le fil rouge de ses enquêtes. C’est aussi, probablement, le côté « rassurant » de poser les briques de son enquête sur une chape solide qui poussera l’auteur dans cette recherche de technicité.

Le résumé nous indique également que l’on va faire la rencontre de Franck Sharko, mais un Franck Sharko qui n’est pas vraiment LE Franck Sharko des romans suivants.

Si le personnage est présenté comme un robuste flic un peu taciturne, c’est à peu près tout ce que le Sharko 1er du nom, a de commun avec son successeur.

D’ailleurs, c’est un défaut que l’on peut noter, le personnage de Sharko n’est qu’esquissé, ce qui empêche de réellement s’attacher à lui, d’autant que, durant les deux premiers tiers du livre, il est loin d’être un personnage principal. Sharko arrive tard, et, malgré sa taille, ne prend pas réellement de place dans le livre.

Franck Thilliez nous propose donc de faire la connaissance de Warren, un jeune père de deux jumeaux en bas âge et mari d’une belle femme qu’il aime.

Le jour de son anniversaire, sa femme lui fait la surprise d’avoir invité Sam, un ami de jeunesse qu’il n’avait pas vu depuis longtemps, et avec lequel il recherchait, sans cesse, les sensations fortes.

Et les sensations fortes, lui dont la vie était devenue « pépère », il va en vivre sans rien avoir demandé.

Effectivement, les jours qui suivent, les poissons de son aquarium sont tués un à un, puis c’est le tour de son chien, l’un de ses enfants tombe malade à la suite d’un empoisonnement médicamenteux...

En parallèle, des assassinats ont lieu dans la région. Des hommes sont tués, leurs membres découpés, leurs cœurs arrachés. Le nombre des victimes croît exponentiellement de jour en jour et c’est Franck Sharko qui est chargé de l’affaire.

Naïveté, c’est le mot qui me vient immédiatement à l’esprit après la lecture de ce roman. Effectivement, l’auteur fait preuve d’une grande naïveté, à travers son histoire et la façon de la déployer.

Cependant, c’est une naïveté que l’on peut comprendre, surtout à l’écriture d’un premier roman. N’ayant pas encore de recul sur sa plume, l’auteur pensait, à l’époque, avoir écrit un bon roman. D’ailleurs, il avouera n’avoir pas compris pourquoi les éditeurs le refusaient, sentiment partagé par nombre d’écrivains quand ils proposent leur premier roman à des éditeurs et ne reçoivent que des lettres de refus.

Effectivement, sans recul, sans entraînement, car, l’écrivain, tout comme l’athlète, s’améliore en pratiquant son art, sans référence, difficile de détecter les incohérences, les erreurs, les failles, les faiblesses de son récit, de sa plume.

Car, oui, si l’histoire est empreinte d’une certaine naïveté, du moins, le traitement de celle-ci, la plume n’est pas, non plus, dénuée de défauts. Entre les phrases qui ne servent à rien, celles qui dénotent, les dialogues qui sonnent faux, les écueils sont nombreux. Mais, pire encore, on trouve dans ces défauts un détail que j’avais considéré comme qualité, dans les deux romans suivants de Thilliez, avant que ce parti pris ne soit ensuite gommé : les métaphores.

Car, si je louais la qualité des métaphores de Thilliez dans ses « deux premiers romans », je ne peux qu’être déçu par celles que nous propose l’auteur dans ce préroman. En effet, non seulement Thilliez y use « ad nauseum » d’images en tout genre, mais, en plus, elles sont, pour la plupart, bancales et malvenues.

Reste un défaut qui est inhérent à la présence des autres, le fait que les scènes que l’auteur met en place tombent à plat à cause de la naïveté du traitement, des dialogues sonnant faux, de la plume lourde et des métaphores hasardeuses. 

Effectivement, il est indéniable que la volonté de Thilliez est de proposer des scènes gores pour dégoûter ou choquer le lecteur, mais, loin de choquer, celles-ci ratent totalement leurs cibles et laissent le lecteur, au mieux, dubitatif, au pire, indifférent.

Même le grand final que l’auteur veut ultra-gore, ne fait même pas frissonner, tant on n’y croit pas du tout.

Quoi de pire que des scènes d’horreur qui ne font pas frissonner ? Pas grand-chose à part des scènes burlesques qui ne font pas rire.

Aussi, à la lecture de ce roman, on comprend pourquoi l’auteur le renie.

Au final, un roman de Franck Thilliez qui n’est pas vraiment un roman de Franck Thilliez et qui met en scène un Franck Sharko qui n’est pas vraiment LE Franck Sharko. Un roman dont la sincérité ne compense pas les immenses failles d’une plume bancale et d’une certaine naïveté.


14 mai 2017

J'irai cracher sur vos tombes

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Boris Vian, je connaissais, de nom, mais je n’avais jamais lu sa prose. Il faut dire que, attiré uniquement par le monde du polar, ou presque, Boris Vian n’était pas l’auteur vers lequel je me serais tourné d’instinct. Boris Vian, peut-être pas, mais qu’en était-il de Vernon Sullivan, son pendant américain ?

Car, Vernon Sullivan est un auteur américain de romans noirs dont Boris Vian était le traducteur. Bon, en fait, comme de nombreux écrivains français de l’époque, Boris Vian avait adopté un pseudonyme à consonance anglo-saxonne pour écrire des romans et se prétendait le traducteur, pour le proposer au public français. L’écrivain Paul Max en avait fait de même sous le pseudonyme de M.A. Hychx pour proposer le premier opus de sa série « Mac Tiddle », « Le détective aux chaussettes », en s’en déclarant traducteur et bien d’autres auteurs ont utilisés des pseudonymes « américains » soit pour changer de style ou de sujet, soit pour une raison « commerciale ».

Dans le cas de Boris Vian, il semblerait qu’au départ, le changement était plus dû à une blague, même si, très rapidement, l’opération se révéla très fructueuse.

Du coup, Vernon Sullivan écrivit quatre romans dont « J’irais cracher sur vos tombes » fut le premier et le plus sulfureux, probablement, même si le triptyque préféré de Vernon Sullivan semblait être « Sexe, Drogue et Jazz ».

J’irai cracher sur vos tombes : Lee Anderson, vingt-six ans, a quitté sa ville natale pour échouer à Buckton où il devient gérant de librairie. Il sympathise dans un bar avec quelques jeunes du coin. Grand, bien bâti, payant volontiers à boire, Lee, qui sait aussi chanter le blues en s’accompagnant à la guitare, réussit à séduire la plupart des adolescentes. Un jour, il rencontre Dexter, le rejeton d’une riche famille qui l’invite à une soirée et lui présente les sœurs Asquith, Jean et Lou (17 et 15 ans), deux jeunes bourgeoises avec « une ligne à réveiller un membre du Congrès ». Lee décide de les faire boire pour mieux les séduire... et poursuivre son sinistre dessein. 

Écrit à la suite d’un pari, cet excellent pastiche de roman noir fut publié en 1946 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, un prétendu auteur américain. Récit d’une vengeance, dénonciation du racisme et de l’intolérance, ce best-seller fut jugé à l’époque immoral et pornographique, ce qui amena son interdiction en 1949 et la condamnation de son auteur pour outrage aux bonnes mœurs. Claude Mesplède

On peut apprécier Claude Mesplède pour son immense travail sur le roman policier, mais force est de constater, à la lecture de sa critique à la fin de la 4e de couverture, qu’il en fait un peu trop autour de ce roman.

Car il est assez difficile de décrire comme « pastiche », « J’irais cracher sur vos tombes » tant celui-ci semble écrit au 1er degré. Excellent est également un adjectif un peut fort. Quant à la dénonciation du racisme, si, dans un premier temps, ce travers est effectivement mis en avant, il est très vite effacé par ceux du héros du livre, de l’antihéros, devrais-je dire, le fameux Lee Anderson.

Mais, comme il est difficile d’écrire une critique sur ce roman sans en dire trop, je conseillerais à ceux et celles qui avaient envie de le lire, d’abandonner ma chronique immédiatement.

Effectivement, donc, disais-je, le lecteur comprend très vite que Lee Anderson envisage de venger la mort de son petit frère et que celui-ci a probablement été victime du racisme. L’auteur nous renseigne succinctement, dans un premier temps, sur les origines de Lee Anderson et l’on imagine que c’est un noir à la peau blanche.

Quand Lee Anderson fait tout pour se faire apprécier d’une bande de jeunes délurés d’un village, on commence à se dire que celle-ci a quelque chose à voir avec la mort de son frère. Mais, comme Lee ne pense qu’à se taper tout ce qui a des seins et qui bouge et qui a moins de 18 ans, on commence à se poser la question de sa motivation. Car si le but est juste de baiser de la blanche pour venger la mort de son frère, celui-ci semble bien mesquin.

Aussi, quand Lee Anderson jette son dévolu sur les sœurs Asquith, des filles de bourgeois, on se met à imaginer que cette famille est responsable de la mort tragique du « petit ». Mais, au final, on comprend que non et que Lee Anderson assène une vengeance aveugle sur de simples innocents dont la seule culpabilité est d’être blanc, un acte raciste, donc, et qui va à l’encontre même de l’idée de dénonciation du racisme.

C’est d’ailleurs peut-être là que réside le pastiche : dans cette contradiction.

Mais, avant de se questionner sur la fin ultra brutale de ce roman et le non-sens même de la vengeance de Lee Anderson, c’est tout le parcours de celui-ci qui pose des questions.

Car, la jeunesse américaine selon Vernon Sullivan se résume en deux mots : sexe et alcool. Effectivement, dès 15 ans, toutes les filles se soulent la gueule et sont plus promptes à écarter les cuisses qu’à aligner deux idées sensées d’affilée.

Nous sommes, certes, dans les années 40, mais, tout de même, la vision de la femme, de l’adolescente, de Vernon Sullivan laisse dubitatif. Car, pour lui, toutes les filles ne peuvent que succomber à un bel homme un peu viril, même quand elles sont violées par celui-ci, surtout, quand elles sont malmenées par celui-ci et, au final, ne désirent que l’épouser... un résumé tellement inepte d’une jeunesse, même dorée, que cela en ferait tomber les yeux des lecteurs.

Mais la vision de l’homme, selon Vernon Sullivan n’est guère meilleure puisque celui-ci, le mâle, ne pense qu’à baiser à tour de bras, tout ce qui bouge, tout ce qui a moins de 18 ans et, même, ce qui a à peine dépassé la dizaine comme dans la scène ou Lee Anderson est amené par un jeune de la bande dans un bouge pour se taper des gamines même pas pubères et y prendre un plaisir non dissimulé.

Certes, l’ont peut penser que toutes ces scènes n’ont pour autre but que de choquer le lecteur à une époque où celui-ci n’était peut-être pas tant habitué qu’à l’heure actuelle à ce genre de lecture.

Pour autant, le livre ne se résume qu’à une accumulation de ces scènes « subversives » sans laisser place à un quelconque suspens si ce n’est de celui de savoir qui sera la prochaine à succomber aux charmes du héros.

Il ne reste plus, alors, qu’au lecteur lassé par cette propension salace à se délecter de la plume de Vernon Sullivan qui est, quand même, Boris Vian. Ha ba oui ! Mais non ! Car la plume de l’auteur, du moins, dans ce roman, n’a rien de transcendante, loin de là. Bien sûr, la plume est asséchée pour coller à l’état d’esprit du personnage principal, mais cela n’empêchait pas Vian de proposer, parfois, quelques élans littéraires de qualité. Ba, apparemment, si.

Alors, il ne reste plus qu’à se contenter de la violence sans concession de l’ultime scène qui, pour le coup, est choquante, même à notre époque.

Au final, la plus grande qualité de « J’irais cracher sur vos tombes », à l’heure actuelle, du moins pour le lecteur que je suis, est d’être très court et, heureusement, car, sinon, j’aurais abandonné la lecture en cours de route, lassé par les scènes de culs s’enchaînant sans réel intérêt.

07 mai 2017

John Strobbins de José Moselli

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Dans la littérature populaire française, il est des auteurs encore plus cultes que les plus cultes des auteurs populaires.

Ainsi, s’il est indéniable que Georges Simenon, Frédéric Dard, Léo Malet... sont parvenus à des sommets dans l’esprit des lecteurs, il est des auteurs qui, parce qu’ils sont demeurés inconnus aux yeux du grand public actuel alors que leurs textes émerveillent encore l’esprit des lecteurs d’antan et de certains lecteurs de maintenant, ont réussi à supplanter, dans la tête de ceux-ci, leurs célèbres pairs susnommés.

Parmi ceux-ci, un écrivain, notamment, de par son immense production, les genres dans lesquels il a œuvré, les personnages qu’il a animés, écrase toute concurrence. Son nom : Joseph Théophile Maurice Moselli alias José Moselli.

Parlez de Moselli à un passionné de littérature populaire et vous êtes assurés de voir ses yeux clignoter de plaisir.

L’auteur est devenu tellement « Culte », autant par son parcours que par sa production, que l’on peut encore entendre des lecteurs se souvenir de feuilletons désormais introuvables dont l’écrivain a inondé les journaux de l’époque.

Son parcours, celui d’un gamin de famille aisé qui, avide d’aventures, fugue à treize ans pour s’engager comme mousse sur un navire. Les années suivantes furent un gage de souvenirs d’évènements, de personnages et de lieux qui nourriront sa plume par la suite. Brimé, maltraité, le gamin s’offre corps et âme à son boulot. Mais son esprit voyageur en fait un déserteur malgré lui. Alors, il continue à naviguer et à découvrir le monde avant de rentrer en France pour être traduit en « conseil de discipline ». Les juges furent cléments et organisèrent l’éducation du jeune homme qui devint Officier de la Marine Marchande. Ses aventures se poursuivirent, mais, lassé, José Moselli chercha à se stabiliser en acceptant un poste de journaliste en charge de la rubrique de « L’actualité Maritime ».

En parallèle, il écrit des contes et des nouvelles et entrera en contact avec les éditions Offenstadt pour lesquelles il produira un nombre incalculable de feuilletons pour divers journaux et magazines.

Parmi ces feuilletons, on pourra citer l’un de ses premiers si ce n’est le premier : « W... vert » édité dans le magazine « L’Intrépide » de 1910. Mais, également « Les aventures fantastiques d’un jeune policier », « Le roi des Boxeurs », « Le baron Stromboli », « Les champs d’or de l’Urubu », « Les naufrageurs de l’air », « La prison de glace », « Iko Teruka », « Triplix l’insaisissable »... et des centaines d’autres qui s’étalaient sur des dizaines voire des centaines d’épisodes à travers des années et des années.

Parmi ces feuilletons, certains sont devenus cultissimes et plusieurs fois réédités et d’autres sont comme le Saint Graal, tout le monde en parle, tout le monde les cherche, mais personne n’a réussi à mettre la main dessus (du moins, plus grand monde de vivant).

« John Strobbins détective cambrioleur » fait partie des premiers, un feuilleton culte, plusieurs fois réédité, du moins en partie, mais dont il est très difficile, à l’heure actuelle, de pouvoir lire l’intégralité.

Si l’on peut admettre, en commençant la lecture des aventures de John Strobbins, que l’on ne pourra jamais se délecter du moindre épisode (à moins de posséder tous les numéros du magazine originel sur de nombreuses années), il serait pourtant dommage de ne pas découvrir ce personnage et cet auteur.

John Strobbins, c’est un peu le fils caché de Fantomas et d’Arsène Lupin. C’est un cambrioleur, aventurier, justicier, possédant des moyens démesurés, sachant se déguiser à la perfection, ayant à ses ordres un gang complet avec des ramifications dans le monde entier et aimant narguer la police et, plus précisément, le chef de la police de San Francisco, Jame Mollescott (tout comme Fantomas a son Inspecteur Juve).

Plus cambrioleur et aventurier que détective, John Strobbins surfe sur les succès de l’époque et navigue plus dans un monde fait d’aventures, de déguisements et de poursuites que celui plus purement policier que pouvait proposer un « Sherlock Holmes », par exemple.

Probablement, comme ses confrères devant produire énormément en peu de temps, José Moselli usait-il d’une plume automatique (tout comme Souvestre et Allain avec Fantomas ou Jean Ray avec Harry Dickson...). Cette contrainte, si elle peut élimer une plume (voire Pierre Saurel) et atténuer un style, bien maîtrisée, parvient à insuffler un élan et une fluidité qui se marie à merveille avec le genre « aventures ».

Lorsque, en plus, l’auteur est talentueux, qu’il bénéficie d’une forte imagination, alors, le lecteur a toutes les chances de se délecter de savoureuses aventures.

Mais, plus encore que les atouts que je viens de citer, la série « John Strobbins » est portée par des épisodes qui s’enchaînent et se suivent sans se suivre et s’enchaîner et de longueur très hétérogène. De quelques pages à plusieurs dizaines, les intrigues, qui n’en sont pas réellement, tiennent le lecteur en haleine et lui donnent envie d’en découvrir d’autres... et d’autres... et d’autres...

Enfin, pour en terminer avec la présentation et apporter un peu plus de précision, il faut savoir que la série « John Strobbins » s’étale sur 73 épisodes et plus de 20 ans (1911-1933) dans le magazine « L’Épatant » (du n° 168 au n° 1294) dont plus d’une trentaine ont été regroupés en recueil dans la collection « Collection d’Aventures » aux éditions Offenstadt, puis 61 nouveaux épisodes (plus 4 déjà édités dans « L’Épatant »), dans la collection « Les grandes aventures policières » (en 1930).

Au final, les aventures de John Strobbins se révèlent très vite addictives et, lorsque l’on a mis le nez dedans, on n’a plus envie de l’en retirer. Heureusement, José Moselli a écrit plus de 130 épisodes. Malheureusement, il sera très difficile de se délecter de l’intégralité de la série même si mon petit doigt me dit qu’un petit éditeur sympathique et passionné s’apprête à en rééditer une partie.

30 avril 2017

Amédée Pifle reporter

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J’ai découvert René Pujol un peu par hasard, en tombant sur son roman « Le détective bizarre ». Le titre m’interloqua, je me suis plongé dans le livre et je l’ai dévoré avec un immense plaisir.

 

Depuis, je lis ce que j’arrive à trouver de l’auteur en sachant qu’il y a peu de chance que je retrouve un tel plaisir de lecture, tant René Pujol était multicartes (auteur, scénariste, réalisateur) et qui écrivait dans différents genres à la mode à son époque (policier, humour, sentimental...).

« La Résurrection de M. Corme » était parvenue, également, à me combler, car l’humour et la légèreté de l’auteur étaient présents, que le genre était ancré dans le « policier » et que l’histoire était intéressante. 

« Le Mystère de la Flèche d’Argent » m’avait moins contenté, car un peu trop « fleur bleue » à mon goût.

C’est donc avec une légère réticence que je m’attaquais à « Amédée Pifle reporter » un livre qui n’est en rien « policier ».

Amédée Pifle reporter : Amédée Pifle, jeune homme sorti de l’École des Chartes, se présente sur recommandation à la Gazette Gauloise pour être reporter politique. Le directeur l’engage, un peu forcé… mais comme reporter sportif… et il n’y connaît rien ! S’ensuit une série de situations cocasses, de quiproquos, où le jeune reporter se débrouille, mais… L’humour est grinçant. Sous un ton faussement naïf, Pujol (qui se nomme aussi Amédée, est-ce un hasard ?) se moque des milieux sportifs, des politiques et de leurs « arrangements ».

L’histoire débute par l’arrivée d’Amédée Pifle, jeune homme fraîchement diplômé, dans le bureau du directeur de la Gazette Gauloise avec une lettre de recommandation d’un député ami de son père.

L’homme est aussitôt engagé, le directeur ayant des intérêts avec le député, mais pour un salaire de misère et dans un domaine où il ne connaît rien : le sport.

Amédée, qui se rêvait grand éditorialiste richement rémunéré, n’a plus qu’à faire semblant. Semblant de s’y connaître en sport, semblant, auprès de sa logeuse et de sa jolie fille, de bien gagner sa vie. Semblant de se satisfaire d’une situation qui lui déplaît.

Mais, avec intelligence et ruse, Amédée fait illusion. Mieux, quand Chapotard, le député, écrit, à sa place, un article à charge sur un homme dont il veut se venger, Pifle accepte de signer l’article et de la faire paraître. L’article fait sensation, l’homme visé est humilié, forcé à démissionner de son poste et Pifle commence à se faire une réputation. 

Quand l’homme sali réclame vengeance et le défie en duel au pistolet, malgré sa lâcheté, Pifle n’ose refuser, préférant la mort que la honte. Mais la chance lui sourit, son adversaire le rate, lui est figé par la peur et fait tomber son arme, mais il se ressaisit et explique la chose par son refus de tuer une personne. 

La célébrité tend alors les bras à Amédée Pifle, le plus grand charlatan du journalisme dont, pourtant, tout le monde s’arrache la présence.

Bref, vous l’aurez compris, on suit l’ascension d’un être à la fois orgueilleux et lâche, intelligent et gaffeur, chanceux et chapeauté...

Avec humour, René Pujol, qui se prénomme également Amédée, égratigne le monde du journalisme, les milieux intellectuels, le milieu sportif, le monde de la politique.

Avec humour, certes, mais sans que ce soit la grande poilade du siècle. Il égratigne ses contemporains, effectivement, mais sans leur faire grand mal. Malheureusement, l’auteur laisse ainsi sa plume naviguer entre deux eaux sans jamais plonger en profondeur. Pour un roman d’humour, il n’est pas assez drôle et pour un pamphlet, il n’est pas assez critique, polémique, agressif.

Au final, le lecteur dévore une petite bluette teintée de roman sentimental, sans déplaisir, mais sans, non plus, un enthousiasme démesuré.

Cependant, René Pujol conserve sa plume allègre et a le bon goût de ne point la diluer en proposant un très court roman. Tellement court que la fin en est à ce point abrupte que l’on peut se demander s’il ne manquerait pas quelques pages. Mais non.

Au final, un petit roman sympathique, mais qui ne marquera pas les esprits, surtout ceux, comme moi, qui ne voient que par le « polar ». Pour autant, la lecture demeure sympathique et rapide. À tester, donc.

23 avril 2017

Nuit

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Bernard Minier est un des jeunes (dans la profession) auteurs que je suis depuis ses débuts, avec Olivier Norek.

Après un excellent premier roman (Glacé), un bon second roman (Le Cercle) dans lequel l’auteur abusait un peu des tics narratifs et structurels du « roman à suspens pour les Nuls », un troisième roman (N’éteins pas la lumière) qui prouvait que l’écrivain s’était volontairement empêtré dans les règles tacites de ses pairs, Bernard Minier nous était revenu en abandonnant son personnage fétiche, Martin Servaz, pour dynamiter son style, sa narration, et offrir aux lecteurs Une Putain d’Histoire.

Entre Temps, « Glacé » a été adapté en série sur M6. Est-ce la raison pour laquelle Bernard Minier ressort Martin Servaz et son Nemesis Julien Hirtmann pour son nouveau roman ? Possible que l’éditeur et l’auteur ont vu dans cette adaptation une publicité non négligeable.

Toujours est-il que Martin Servaz, policier toulousain, revient dans « Nuit » et qu’il y repart à la poursuite du psychopathe Julian Hirtmann qu’il avait déjà affronté dans « Glacé » et qu’il avait laissé échapper. Entre temps, ce dernier a kidnappé et, probablement tué, la femme que Martin aime, c’est dire le lourd passif qui lie les deux hommes.

Nuit NUIT de tempête en mer du Nord. Secoué pas des vents violents, l’hélicoptère dépose KIRSTEN NIGAARD sur la plate-forme pétrolière. L’inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d’une technicienne de la base off-shore. Un homme manque à l’appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de MARTIN SERVAZ. L’absent s’appelle JULIAN HIRTMANN, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années. Et rangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît. Suivi, épié. Kirsten lui tend alors une autre photo. Celle d’un enfant. Au dos, juste un prénom : GUSTAV. Pour Kirsten et Martin, c’est le début d’un voyage terrifiant. Avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis. 

Bernard Minier nous offre donc le grand retour de Martin Servaz que nombre de lecteurs attendaient. Malheureusement, avec le policier redébarquent les tics d’écritures et ceux-ci prennent de plus en plus de place.

Car, c’est évidemment ce que l’on appelle un « Page Turner » (roman à suspens qui pousse le lecteur à tourner page après page avec frénésie jusqu’à arriver au bout du livre) que devait livrer l’auteur pour satisfaire son éditeur et ses lecteurs. Et pour ce faire, Minier sort l’artillerie lourde. 

Pour faire plus glacé que « Glacé », il fait débuter son roman en Norvège, dans le froid de la mer du Nord. Pour rendre Servaz plus fragile, l’auteur le plonge dans le coma suite à une balle reçue. Pour s’assurer que le policier va s’engager à fond dans l’enquête, il laisse planer l’ombre de Julian Hirtmann, son terrible ennemi, l’assassin de la femme qu’il aimait. Pour encore plus déboussoler le flic, Minier met au monde un gamin, Gustav, comme Gustav Malher, le compositeur autrichien dont Martin et Julian sont fans. Gustav est né quelques mois après la disparition de l’amoureuse de Martin... est-ce le fils de Julian ? Est-ce le fils de Servaz ? Est-ce juste un appât pour l’attirer dans un piège ? 

Mais Bernard Minier ne se contente pas d’user de ses personnages et des situations, il use et abuse à nouveau de tics de narrations et d’écritures.

Si, pendant le premier tiers du roman, l’auteur parvient à cacher cette faiblesse derrière une histoire qui se met rapidement en place et qui attise la curiosité du lecteur, il ne peut, malheureusement, plus l’occulter à partir du moment où le malaise de la plume se transmet au récit.

Car, à partir du moment où Martin Servaz sort du coma et qu’il fait équipe avec la policière norvégienne pour partir à la chasse à Julian Hirtmann, l’auteur enfile les clichés comme les perles sur un chapelet, priant le Dieu des écrivains de lui offrir un succès de librairie à défaut d’un bon roman original.

Le lecteur ne pourra donc éviter d’assister à l’attirance entre Servaz et la Norvégienne ni au fait que Hirtmann jouera encore au chat et à la souris, qu’il cherchera à piéger le flic, que celui-ci foncera tête baissée d’une façon aussi stupide qu’incroyable...

On a alors l’impression de se retrouver devant sa télé face à une série B qui, à défaut d’être mauvaise, est loin d’être originale. On n’en est pas à ce qu’un chat sorte de l’ombre pour faire peur au héros, mais on n’en est pas loin (voir la scène du chalet).

À partir de là, plus aucune des réactions du héros n’est rationnelle. Encore, si ces agissements étaient ceux d’un type lambda, inhabitué à côtoyer le crime et la tension due aux dangers, on aurait pu l’accepter, mais de la part d’un flic ayant de la bouteille, NON !

Car, tout le monde, Martin Servaz en premier, l’auteur, indéniablement, le lecteur, assurément, se rend compte que Hirtmann attire le policier dans un piège et, pourtant, le flic plonge la tête baissée, l’auteur, la plume en avant et le lecteur se retrouve le seul être doué d’un minimum de réflexion pour se dire « Non ! Là, il ne faut pas y aller ». 

Mais, quand on croit que Minier en fait trop, celui-ci s’évertue à nous contredire en en faisant encore plus (voir la scène de l’hôpital) et cette sensation nous tient jusqu’au bout avec le « Twist » final inhérent à tout bon « Page Turner », soit la révélation finale que tout auteur voulant produire un livre à suspens avec les « bonnes » vieilles recettes se doit de proposer à son lecteur. Cette révélation, ce chamboulement, ce retournement, annoncée dès l’une des premières scènes du livre est tout aussi malvenue que mal menée que maladroite qu’inintéressante puisque l’on ne peut s’empêcher de se dire : « Tout ça pour ça ». D’autant que cette révélation entre en contradiction avec la scène de la plate-forme pétrolière.

« Tout ça pour ça » serait d’ailleurs un bon titre pour ce roman tout comme « Une putain d’histoire » en était un excellent pour le précédent. Effectivement, on ne peut s’empêcher de se dire que, franchement, Julian Hirtmann s’est donné énormément de mal pour un résultat qu’il était si facile d’obtenir par des moyens bien moins détournés.

Mais, comme il est assez difficile de parler des faiblesses de l’histoire sans en révéler un peu trop à ceux qui n’ont pas lu le roman, mais aimerait le faire prochainement, je vais plutôt m’intéresser à la plume de l’auteur, pour finir.

Car, si la narration et l’histoire en elle-même font un peu « préfabriquées » du fait que l’auteur use des mêmes ficelles qu’une bonne partie de ses camarades, sa plume n’échappe pas à l’épidémie ambiante.

Là encore, la volonté de Bernard Minier de nous proposer un style original et de dynamiser sa plume le pousse à supprimer maladroitement les verbes de ses phrases, et ce dès le tout début (« Elle regarde sa montre. Bientôt Minuit. Train de Nuit »). Ces trois premières phrases démontrent ce choix d’élision qui aurait pu tenir la route s’il avait été utilisé avec parcimonie, mais son abus finit par se remarquer comme un bubon sur la pointe du menton de la personne avec qui l’on parle. On a beau se concentrer pour éviter de le fixer, on ne voit plus que cela. Du coup, seul l’aspect factice de ce parti pris demeure dans le cerveau du lecteur. Mais cet aspect est tout aussi valable pour le désir de parsemer une narration au passé de quelques séquences au présent. Pourquoi ce choix ? On ne peut s’empêcher de se poser la question lorsque l’on tombe dessus, du coup, on décroche encore plus d’un récit qui peine à maintenir l’intérêt tant l’ensemble exhale le « faux », le « préfabriqué », le « Manuel du petit roman à suspens pour les Nuls ». Petit ? Là encore, puisque les romans policiers qui ont du succès dépassent les 500 pages, Bernard Minier étale son histoire sur plus de 500 pages, ce qui renforce la sensation de « Tout ça pour ça », car l’histoire aurait pu, aurait dû, tenir sur 300 pages.

Au final, entre la narration qui manque d’originalité, une histoire qui peine à maintenir l’intérêt du fait des réactions incompréhensibles du méchant et du gentil, un style « calculé », une révélation finale qui ne tient pas la route, et les 500 pages obligatoires (voir le dernier Olivier Norek, tous les Jean-Christophe Grangé, les Franck Thilliez et consorts), l’ensemble manque de sincérité, d’originalité, de liberté et respire à tel point la volonté de respecter certains codes et certaines règles commerciales que la déception prend le dessus sur le plaisir de lecture. Dommage, on pensait Bernard Minier avait réussi à sortir de ces ornières dans lesquels il commençait à s’embourber grâce à son excellent roman « Une Putain d’histoire », mais, malheureusement, cela n’aura pas duré très longtemps. 

En espérant que l’auteur revienne à de meilleures dispositions pour son prochain livre.

 


22 avril 2017

La Police est en Alerte de Gustave Gailhard

CouvLPEEA

Pour la sortie de « La Police est en Alerte » de Gustave Gailhard, je vous offre l'avant-propos présent en début de chaque titre afin de replacer l'auteur et le personnage dans le monde de la littérature populaire :

AVANT-PROPOS

Laïus possiblement rébarbatif pour une partie des lecteurs, mais nécessaire pour situer le contexte de la Collection « Serge VORGAN ».

Si vous n’êtes pas curieux, vous pouvez passer directement au texte, mais ce serait dommage de rater les informations fournies d’autant que la nouvelle à suivre est assez peu représentative du contenu de la Collection.

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Serge VORGAN de Gustave GAILHARD

*

Gustave GAILHARD (???? – 1943) fait partie de la longue liste des auteurs qui ont participé grandement à l’essor de la littérature populaire à la première moitié du XXème siècle et qui faute de chance ou d’une meilleure mise en valeur de leurs personnages récurrents ont, peu à peu, sombré dans l’oubli.

L’auteur est à ce point énigmatique que l’on ne connaît pas sa date de naissance. D’ailleurs, on ne sait pas grand-chose de sa vie si ce n’est qu’il fut directeur de collection pour les Éditions Ferenczi.

C’est donc à travers sa plume que le lecteur a pu faire connaissance avec l’écrivain, et c’est souvent mieux ainsi.

Gustave Gailhard laisse derrière lui une passionnante et grande production dans des genres aussi différents que le roman policier, le roman d’amour, le roman d’aventures ou le roman de cape et d’épée.

Publié dans plusieurs collections chez de nombreux éditeurs (« Arthème Fayard », « Ferenczi & Fils », « Éditions La Baudinière », « La nouvelle revue », « Jules Tallandier », « Éditions du Livre Moderne »… et sous divers pseudonymes (Gustave Gailhard, Louis Bonzom, Silvio…), c’est avant tout dans les collections « Ferenczi & Fils » qu’il s’épanouit dans le roman policier.

Le « polar » lui permet de développer deux personnages récurrents, Marc Bigle et Serge Vorgan qui se croisent sur plusieurs titres.

Pourtant, malgré son immense production, qui se souvient encore de Gustave Gailhard ?

Arthur Conan Doyle est resté dans la mémoire collective grâce à son Sherlock Holmes. Tout d’abord publiées dans un magazine, les aventures de son héros ont très vite été regroupées et canalisées.

Georges Simenon doit grandement sa notoriété à son commissaire Maigret. Si le célèbre policier est déjà esquissé à travers les traits de l’inspecteur N° 49 dans « les aventures de Yves Jarry » – une série de romans signés Georges Sim, un pseudo évident de l’auteur – et si Maigret apparaît nommément, au second plan, dans « Train de nuit », toujours signé Georges Sim, la toute première enquête officielle de Jules Maigret, « Pietr le Letton », a d’abord été proposée aux lecteurs du magazine « Ric et Rac » le 19 juillet 1930 avant de débuter la série des « Maigret », aux éditions Arthème Fayard, qui fit la renommée planétaire du personnage.

Frédéric Dard a débuté en tant que journaliste avant de se lancer dans l’écriture de romans et, tout comme Georges Simenon, est l’auteur, sous de multiples pseudonymes, d’une production impressionnante. Contrairement à Simenon, dont l’éditeur était, au départ, sceptique quant aux qualités de son héros, le succès de San Antonio s’est fait lentement grâce à l’insistance de l’éditeur de Frédéric Dard, et ce malgré l’échec commercial du premier roman de la série : « Réglez-lui son compte ! ».

Léo Malet, qui a également beaucoup écrit sous pseudonymes (Franck Harding, Léo Latimer, Omer Refreger, Lionel Doucet…) a eu plus de chance avec son détective fétiche de Nestor Burma, car sa toute première aventure, « 120 rue de la gare », fut un succès immédiat.

Gustave Gailhard, lui, n’a pas eu la même réussite que les auteurs susnommés, et ce, malgré un personnage récurrent intéressant et une plume de qualité.

Plusieurs raisons peuvent expliquer que Serge Vorgan n’ait pas marqué les esprits des lecteurs au point de faire sa renommée.

La principale regroupe de multiples causes : la difficulté pour un lecteur de l’époque de pouvoir lire l’intégralité des aventures du policier.

Effectivement, si, contrairement au Commissaire Rosic de Rodolphe Bringer, les enquêtes de Serge Vorgan ont quasiment toutes été éditées et rééditées au sein d’une même collection (« Crime et Police » et « Le verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils »), elles se sont malheureusement retrouvées noyées au sein de centaines de titres composants ces dites collections.

Pourtant plus homogènes et moins étalées dans le temps (si l’on excepte les rééditions) que les enquêtes de Rosic de Rodolphe Bringer (que vous pouvez retrouver également dans notre catalogue), les aventures de Serge Vorgan n’ont pas traversé le temps comme elles l’auraient mérité.

Car, si la première enquête de Serge Vorgan entre dans le cadre exact de ce qui se faisait à l’époque, tant dans le développement du héros que dans l’intrique elle-même, l’un comme l’autre évolue au cours des titres, évolution s’accompagnant de celle du style de l’auteur dont la gouaille est annonciatrice de la plume d’un Frédéric Dard ou d’un Léo Malet.

Puisqu’il était quasiment impossible, pour le lecteur lambda, de suivre les aventures de Serge Vorgan, il lui était tout aussi impossible de s’attacher fortement à ce personnage. Et, sans attachement, point de renommée.

Les enquêtes de Serge Vorgan font l’objet de textes de tailles différentes. Cet aspect, qui n’était pas si rare à l’époque (se reporter à la collection « Commissaire Rosic ») confère un attrait tout particulier à ce genre d’œuvre. Car, en effet, le lecteur n’appréhendera pas pareillement un texte de 32 pages qu’un roman. De la même façon, l’auteur usera sa plume autrement d’un roman à un fascicule.

Enfin, pour finir de replacer le personnage et son auteur dans leurs contextes, il est utile de préciser que la collection « Serge Vorgan », s’attache à regrouper les divers textes dans lesquels apparaît le policier, dans l’ordre d’écriture, à l’exception, qui fait la règle, des deux dernières aventures qui ont été rééditées en premier (la raison en étant la complexité à établir une liste la plus exhaustive possible des titres mettant en scène Serge Vorgan), mais qui retrouveront leur place au fur et à mesure des publications.

Pour être complet sur le sujet, voici une liste des premières éditions des titres à venir dans la collection :

N° 1 : « La Police est en alerte »

-      1933 : signé Gustave Gailhard — Collection « Crime et Police » Éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1936 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Les yeux fauves », dans la collection « Les Romans Policiers » aux éditions « La Baudinière ».

-      1942 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Le Mystérieux V » – Collection « Mon Roman Policier » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La police est en alerte », dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 2 : « Le monde de la cambriole »

-      1933 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Le monde de la cambriole » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Le monde de la cambriole » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 3 : « Qui a tué l’enfant ? »

-      1934 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Qui a tué l’enfant ? » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1939 : signé Silvio — sous le titre « Autour du berceau » aux éditions « La Technique du Livre ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Qui a tué l’enfant ? » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 4 : « Les traces du Vampire »

-      1934 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Les traces du Vampire » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 5 : « Puisque je suis mort »

-      1935 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Puisque je suis mort » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1950 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Puisque je suis mort » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 6 : « La seconde mort de Marc Bigle »

-      1935 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La seconde mort de Marc Bigle » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1937 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « L’Affaire du Yacht Poséidon » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

-      1950 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La seconde mort de Marc Bigle » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 7 : « La dernière mort de Marc Bigle »

-      1935 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « L’héritage de Lord Gladston » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

-      1936 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La dernière mort de Marc Bigle » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La dernière mort de Marc Bigle » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 8 : « Un cadavre sur une route »

-      1938 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Un cadavre sur une route » dans la collection « Police & Mystère » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 9 : « Ophélia & Cie »

-      1939 : signé Louis Bonzom — sous le titre « Ophélia & Cie » dans la collection « Le Petit Roman Policier » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1951 : signé Louis Bonzom — sous le titre « Ophélia & Cie » dans la collection « Mon Roman Policier » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

 

J'espère que cet avant-propos vous donnera envie de découvrir la plume de Gustave Gailhard et son personnage de Serge Vorgan. Si les lecteurs numériques pouvaient déjà déguster 5 titres aux formats ePub et Mobi, les papivores vont, maintenant, pouvoir dévorer le premier titre, « La Police est en Alerte » pour la modique somme de 10 euros.

À commander sur le site d'OXYMORON Éditions.

21 avril 2017

Le Poignard de Cristal de Rodophe Bringer

CouvLPDC

Pour la sortie de « Le Poignard de Cristal » de Rodolphe Bringer, je vous offre l’avant-propos présent en début de chaque titre afin de replacer l’auteur et le personnage dans le monde de la littérature populaire :

 

AVANT-PROPOS

 

Laïus possiblement rébarbatif pour une partie des lecteurs, mais nécessaire pour situer le contexte de la Collection « Commissaire ROSIC ».

 

Si vous n’êtes pas curieux, vous pouvez passer directement au texte, mais ce serait dommage d’ignorer les informations fournies d’autant que la nouvelle à suivre est très courte et assez peu représentative du contenu de la Collection.

 

*

 

Commissaire ROSIC

 

De

 

Rodolphe BRINGER

 

*

 

Rodolphe BRINGER (1869 – 1943) fait partie de la longue liste des auteurs qui ont participé grandement à l’essor de la littérature populaire au début du XXe siècle et qui faute de chance ou d’une meilleure mise en valeur de leurs personnages récurrents ont, peu à peu, sombré dans l’oubli.

 

Rodolphe Bringer, de son vrai nom Bérenger, a voué l’entièreté de sa vie à sa plume, que ce soit en tant que journaliste en collaborant à divers journaux (« L’Humanité », « Le Sourire », « La Baïonnette », « Le Canard Enchaîné », « Le Pélican »), ou, surtout, en tant qu’écrivain à travers d’innombrables nouvelles ou romans et sous maints pseudonymes (Rodolphe Bringer, Géo Blackmussel, Gaston de Fontbesse, J.W. Killbear…).

 

Rodolphe Bringer a œuvré dans différents genres (policier, sentimental, cape et épée, aventures, humour…) soit au travers de nouvelles diffusées par de nombreux magazines et journaux (« La Gaudriole », « L’Épatant », « Le Sourire », « Midinette », « Floréal », « Jean qui rit », « Le Journal amusant », « Cyrano », « Ceux qui font rire »…) ou bien de romans proposés dans de multiples collections chez un large panel d’éditeurs (« Tallandier », « Ferenczi », « Éditions Chantal », « Rouff », « La Baudinière », « Flammarion », « Hachette », « Éditions Cosmopolites », « Éditions Méridionales », « La Technique du Livre », « Albin Michel », « Éditions Félix Juven », « Société Parisienne d’édition », « Éditions Pierre Lafitte », « Éditions Nillson », « La renaissance du livre »…)

 

Pourtant, malgré son immense production, qui se souvient encore de Rodolphe Bringer ?

 

Arthur Conan Doyle est resté dans la mémoire collective grâce à son Sherlock Holmes. Tout d’abord publiées dans un magazine, les aventures de son héros ont très vite été regroupées et canalisées.

 

Georges Simenon doit grandement sa notoriété à son commissaire Maigret. Si le célèbre policier est déjà esquissé à travers les traits de l’inspecteur N° 49 dans « les aventures de Yves Jarry » – une série de romans signés Georges Sim, un pseudo évident de l’auteur – et si Maigret apparaît nommément, de façon très secondaire, dans « Train de nuit », toujours signé Georges Sim, la toute première enquête officielle de Jules Maigret, « Pietr le Letton », a d’abord été proposée aux lecteurs du magazine « Ric et Rac » le 19 juillet 1930 avant de débuter la série des « Maigret », aux éditions Arthème Fayard, qui fit la renommée planétaire du personnage.

 

Frédéric Dard, tout comme Rodolphe Bringer, a débuté en tant que journaliste avant de se lancer dans l’écriture de romans et, tout comme ce dernier et Georges Simenon, est l’auteur, sous de multiples pseudonymes, d’une production impressionnante. Contrairement à Simenon, dont l’éditeur était, au départ, sceptique quant aux qualités de son héros, le succès de San Antonio s’est fait lentement grâce à l’insistance de l’éditeur de Frédéric Dard, et ce malgré l’échec commercial du premier roman de la série : « Réglez-lui son compte ! ».

 

Léo Malet, qui a également beaucoup écrit sous pseudonymes (Franck Harding, Léo Latimer, Omer Refreger, Lionel Doucet…) a eu plus de chance avec son détective fétiche, Nestor Burma, car sa toute première aventure, « 120 rue de la gare », fut un succès immédiat.

 

Rodolphe Bringer, lui, n’a pas eu la même réussite que ses successeurs ou de son prédécesseur, et ce, malgré un personnage récurrent très intéressant et extrêmement complexe qu’est le commissaire Emmanuel Rosic.

 

Plusieurs raisons peuvent expliquer qu’Emmanuel Rosic et son auteur Rodolphe Bringer n’aient pas marqué les esprits des lecteurs au point de faire la renommée de l’un comme de l’autre.

 

La principale raison regroupe des causes variables : la difficulté pour un lecteur de l’époque de pouvoir lire l’intégralité des aventures du policier.

 

Effectivement, les enquêtes du commissaire Rosic s’étalent sur presque trente ans, dans diverses collections chez presque une dizaine d’éditeurs et à travers des formats divers (depuis le roman classique, jusqu’au fascicule de 32 pages).

 

Puisqu’il était quasiment impossible, pour le lecteur lambda, de suivre les aventures de Rosic, il lui était tout aussi impossible de s’attacher fortement à ce héros. Et, sans attachement, point de renommée. C’est ce qui fit la grande faiblesse d’Emmanuel Rosic.

 

Car, excepté cette arduité, les enquêtes d’Emmanuel Rosic offrent de nombreux intérêts.

 

Tout d’abord, la plume de l’auteur et ses qualités indéniables de conteur.

 

Ensuite, la complexité du personnage. En effet, Rosic (évitons de trop citer le prénom du policier qui n’apparaît que fugacement au détour d’une enquête), n’est pas un héros ordinaire, du moins pas un policier sans peur et sans reproche, dur à cuire, fin limier et qui gagne toujours à la fin.

 

Non, le commissaire Rosic est bien plus humain que la plupart des héros de papier parce qu’il est faillible. Pire, il est égocentrique et par gloriole personnelle il est capable de s’approprier les résultats d’un autre, sans aucun remords. Pourtant, l’homme est à la fois courageux et généreux, bien qu’il soit obtus et, parfois, détestable.

 

Les enquêtes de Rosic, comme précisé précédemment, font l’objet de textes de tailles variables. Si cet aspect est plutôt gênant pour qu’elles puissent être regroupées chez un éditeur « classique » (OXYMORON Éditions n’étant pas un éditeur « classique »), il confère un attrait tout particulier à l’œuvre. Car, en effet, le lecteur n’appréhendera pas d’une façon identique un texte de 32 pages qu’un roman. De la même façon, l’auteur usera sa plume autrement d’un roman à un fascicule.

 

De plus, l’écrivain pousse la perversité à ne pas faire, forcément, de son protagoniste récurrent, l’intervenant principal de son texte. À chaque titre, le lecteur ne sait donc pas à quoi s’attendre, à quel moment le héros va apparaître dans l’histoire ni même s’il sera réellement le héros de celle-ci.

 

Cette particularité assez rare dans le domaine littéraire en fait tout le sel (en plus de toutes les autres qualités).

 

Enfin, pour finir de replacer le personnage et son auteur dans leurs contextes, il est utile de préciser que la collection « Commissaire ROSIC », s’attache à regrouper les divers textes dans lesquels il apparaît, dans l’ordre d’écriture, à l’exception, qui fait la règle, de cette toute première enquête « Le premier crime de Rosic », qui n’apparut que dans les rééditions de « Le poignard de Cristal » aux éditions « Le Masque », à la suite du texte original.

 

Pour être complet sur le sujet, voici la liste non exhaustive des premières éditions des titres à venir dans la collection :

 

*

 

N° 0 : « Le premier crime de Rosic »

 

–      1929 : à la suite du « Poignard de Cristal », Éditions « Le Masque ».

 

N° 1 : « Le poignard de Cristal »

 

–      1917 : signé J.W. Killbear – Collection « Le Roman Policier » Éditions Ferenczi.

 

–      1921 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « le Mystère du B-14 », en feuilleton de 22 épisodes dans le journal « La Lanterne ».

 

–      1927 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le mystère du B-14 » – Collection « Nouvelle collection Nationale » aux éditions ROUFF.

 

N° 2 : « L’Héritage Sanglant »

 

–      1918 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « L’Héritage Sanglant » dans la collection « Le Roman Policier » aux éditions Ferenczi.

 

–      1929 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « L’Héritage Sanglant » dans le recueil titré « Le Crime du mort » aux éditions « La Baudinière ».

 

–      1932 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « L’Héritage sanglant » dans la collection « Police et Mystère » aux éditions Ferenczi.

 

N° 3 : « Le Crime du mort »

 

–      1920 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « Le Crime du mort » dans la collection « Le Roman Policier » aux éditions Ferenczi.

 

–      1929 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le Crime du mort » dans le recueil titré « Le Crime du mort » aux éditions « La Baudinière ».

 

–      1936 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le Crime du mort » dans la collection « Police & Mystère » aux éditions Ferenczi.

 

N° 4 : « Un homme volatilisé »

 

–      1921 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « Un Homme volatilisé » dans la collection « Le Roman Policier » aux éditions Ferenczi.

 

–      1929 : signé Rodolphe Bringer – dans le recueil titré « Le Crime du mort » aux éditions « La Baudinière ».

 

–      1935 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Un Homme volatilisé » dans la collection « Police et Mystère » aux éditions Ferenczi.

 

N° 5 : « Le chiffre qui tue »

 

–      1921 : signé Géo Blackmussel – sous le titre « Le chiffre qui tue » dans la collection « Le Roman Policier » aux éditions Ferenczi.

 

–      1929 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le chiffre qui tue » dans le recueil titré « Le Crime du mort » aux éditions « La Baudinière ».

 

–      1935 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « le chiffre qui tue » dans la collection « Police et Mystère » aux éditions Ferenczi.

 

N° 6 : « Le Soulier du mort »

 

–      1932 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le Soulier du mort » dans la collection « Criminels et Policiers » aux éditions Tallandier.

 

–      1937 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Un cadavre anonyme » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

 

N° 7 : « Le Bal Rouge »

 

–      1933 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le Bal Rouge » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

 

N° 8 : « Kérapian le justicier »

 

–      1934 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Kérapian le justicier » dans la collection « La tache de sang » aux éditions « La Baudinière ».

 

N° 9 : « Feu Grimaud »

 

–      1935 : signé Rodolphe Bringer — sous le titre « Feu Grimaud » dans la collection « Les meilleurs romans policiers » aux éditions « La Baudinière ».

 

N° 10 : « Le commissaire savait »

 

–      1939 (?) : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le commissaire savait » dans la collection « P.J. » aux éditions « La Technique du Livre ».

 

–      1945 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Le commissaire savait » dans la collection « Les récits policiers » aux éditions « La Technique du Livre ».

 

N° 11 : « À l’ombre de Saint-Clar »

 

–      1945 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « À l’ombre de Saint-Clar » dans la collection « Trois As » aux éditions Chantal.

 

N° 12 : « La double mort de Barnabé Klain »

 

–      1946 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « La double mort de Barnabé Klain » dans la collection « L’Heure du Crime » aux éditions « La Technique du Livre ».

 

–      1946 : signé Rodolphe Bringer — sous le titre « La double mort de Barnabé Klain » dans la collection « Haut les Mains ! » aux éditions « La Technique du Livre ».

 

N° 13 : « Les Trois Treize »

 

–      1946 : signé Rodolphe Bringer – sous le titre « Les Trois Treize » dans la collection « Vigilance » aux éditions Laclaux.

 

 

J’espère que cet avant-propos vous donnera envie de découvrir la plume de Rodolphe Bringer et son personnage atypique du Commissaire Rosic. Si les lecteurs numériques pouvaient déjà déguster les 5 premiers titres aux formats ePub et Mobi, les papivores vont, maintenant, pouvoir dévorer le premier titre, « Le Poignard de Cristal » suivi du « Premier Crime de Rosic » pour la modique somme de 10 euros.

À commander sur le site d’OXYMORON Éditions.

20 avril 2017

Toto Fouinard est de retour

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Les lecteurs papivores qui ont dévoré les premiers tomes des aventures de Toto Fouinard de Jules Lermina les attendaient avec impatience, OXYMORON Éditions a décidé de combler une bonne partie de leurs exigences en leur proposant, cette année, non pas un tome, mais deux tomes, les tomes 4 et 5. Le sixième et dernier sortira un peu plus tard.

Si vous ne connaissez pas encore Toto Fouinard et ses amis, précipitez-vous pour les découvrir, car la lecture en vaut le détour. 

Pour vous donnez envie, le texte de promotion de l’époque :

 

TOTO FOUINARD est un personnage étonnant. Il n’est ni Anglais, ni Russe, ni Américain, il est tout simplement Parisien, de Paris. 

 

TOTO FOUINARD n’est pas le héros sombre, violent, théâtral des romans d’aventures à grand spectacle ; il est gai, il est fier, vaillant sans forfanterie ; c’est le type de Gavroche jeté dans la société actuelle, et s’étant donné, comme un nouveau Don Quichotte, la mission de défendre les persécutés, de protéger les bons, de résister aux méchants et de triompher d’eux. 

 

TOTO FOUINARD en lutte avec les apaches d’en haut et d’en bas, avec les bandits du grand monde ou de la basse pègre, n’a pas toujours le revolver au poing : il n’aime pas tuer. Il cogne de ses poings ou claque de sa canne, qu’il appelle Justine et qui est sa collaboratrice la plus fidèle.

 

 TOTO FOUINARD en ses multiples aventures, en ses incroyables transformations, évolue dans tous les mondes, dans les salons comme dans les bouges : on le voit au théâtre, au concert, aux courses, voire même dans les milieux officiels, toujours furetant, toujours fouinant, à la piste de tous les mystères, à l’affût de toutes les énigmes, et avec son impeccable habileté il perce à jour les intrigues les plus adroitement ourdies.

 

 TOTO FOUINARD est bon aux humbles, charitable aux petits, généreux aux déshérités ; à ses yeux, le plus grand titre est d’être malheureux. Quiconque a été victime d’une iniquité peut recourir à lui. Il est là, toujours prêt, risquant tout pour le triomphe du bien et du juste.

 

TOTO FOUINARD est doux, sympathique, aimable, admirable, unique !

 

 TOUS AIMERONT TOTO FOUINARD

 

 Tous voudront le suivre, dans ses innombrables transformations, et ses lecteurs enthousiasmés crieront d’une seule voix :

 

 VIVE TOTO FOUINARD !

 

Pour la promotion actuelle, je ne dirais qu’une chose, la plupart des lecteurs qui ont découvert Toto Fouinard sur nos stands, lors des différents évènements littéraires auxquels nous participons chaque année, reviennent, impatients, l’année suivante pour acheter le nouveau tome. Cette année, ils seront comblés avec deux tomes pour le modique prix de 10 euros chacun.

Ceux et celles qui n’habitent pas le département pourront se procurer les différentes aventures de Toto Fouinard soit en papier sur le site de l’éditeur, soit dans toutes les bonnes librairies sur Internet pour les formats numériques (tous les épisodes sont déjà disponibles aux formats ePub/Mobi/Pdf pour le tout petit prix de 0,99 euro le titre).

19 avril 2017

Sant Jordi Perpignan 2017

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Attention, recyclage : OXYMORON Éditions, soucieux de l’environnement, se lance dans le recyclage de mots (car on ne parle pas assez souvent des phrases abattues et jetées au vide-ordures après lecture).

Fut un temps, jadis, Saint-Georges combattit un vilain méchant dragon dont le cœur se transforma en bouquet de roses rouges. Opportuniste, Saint-Georges offrit les roses à la princesse qu’il convoitait. Celle-ci, en retour, lui donna un livre.

Les années passant, la tradition s’est principalement développée dans le Pays catalan jusqu’à ce que la Chambre des Libraires de Barcelone, en 1926, crée le « Jour du Livre » pour le 23 avril, le jour de la Saint-Georges, la Sant-Jordi, date qui correspond, également à la mort de Cervantes, de Shakespeare et de Inca Garcilaso de la Vega (tous trois morts le 23 avril 1616).

Depuis, l’UNESCO a décidé de déclarer cette journée comme « Journée mondiale du livre et des droits d’auteur ».

Du coup, cela vous permet, chaque année, d’assister à la manifestation « Le Livre et La Rose » regroupant auteurs et éditeurs, sur le quai Vauban à Perpignan. Enfin... chaque année, sauf quand il pleut, ce qui arrive une année sur deux et, vu le temps des derniers jours, il y a de quoi être pessimiste... 

Espérons que la météo soit clémente pour cette journée du samedi 22 avril 2017.

Comme les années précédentes, la manifestation sera, également, l’occasion de présenter, en avant-première, non pas le tout dernier livre de KAMASH, auteur phare de OXYMORON Éditions (du moins, le seul encore vivant), mais ses deux derniers romans.

Effectivement, KAMASH a décidé de répondre aux exigences des lecteurs qui réclamaient, à corps et à cris, un nouvel opus de sa saga « Wan & Ted » que l’auteur avait un peu mis de côté ces dernières années pour travailler avec de nouveaux personnages. Mais, en plus, KAMASH présentera son roman le plus déjanté, le plus drôle et, probablement, le roman contant les aventures des deux plus improbables détectives de la littérature avec « Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique ».

Mais vous retrouverez également les autres opus de la saga « Wan & Ted » et celui de la saga « M.A.D. ».

Samedi 22 avril 2017, donc, OXYMORON Éditions, représenté par son auteur principal, KAMASH, et sa correctrice et conseillère littéraire, Canelle, tiendra un stand sur le quai Vauban de Perpignan, de 9 h à 18 h.

Nous vous souhaitons donc nombreux et nombreuses pour venir découvrir nos ouvrages, ceux de KAMASH, mais aussi les nombreuses rééditions de textes policiers de la littérature populaire française, d’auteurs confirmés (Émile Gaboriau, Fortuné du Boisgobey, Henry Cauvain), mais également des écrivains qui sont injustement tombés dans l’oubli (Rodolphe Bringer, Gustave Gailhard, Maurice Boué, Jules Lermina, Jacques Bellême...). 

Alors, n’hésitez pas à venir nous voir pour apprendre à nous connaître et découvrir la saga « Wan & Ted », la saga policière qu’il faut à tout prix connaître, la saga « M.A.D. », la saga policière qu’il faut encore plus connaître que les autres, la collection « Détectives d’Antan » qui revient sur les origines de la littérature policière française, la série « Nouveaux Mystères de Paris » qui nous conte les aventures de Toto Fouinard, le plus touchant des détectives parisiens, la série « Les Investigations de Marius Pégomas » qui nous conte les enquêtes d’un détective marseillais. « Détective Lautrec », « Inspecteur Pinson », « Les aventures d’un détective amateur » ou les aventures du « Commissaire Rosic » ou de « Serge Vorgan ».

Parce que OXYMORON Éditions se passionne pour la littérature populaire policière, elle vous propose, en plus d’une large palette de textes des meilleurs auteurs du genre, des formats qui ont pour volonté de conserver l’esprit de la littérature policière du début du XXe siècle avec une collection de romans au format fascicule.

pancarte livres epubsEt, « Cerise sur le gâteux », toute personne se présentant au stand d’OXYMORON Éditions recevra toute notre attention, mais également l’équivalent numérique (aux formats e-pub/PDF/Mobi) de tout livre papier acheté.

N’hésitez pas, également, à vous renseigner, car, notre catalogue numérique propose des titres qui ne sont pas publiés en papier. Il serait dommage de passer à côté.

18 avril 2017

Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique

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Attention ! Il est recommandé aux lecteurs ayant le cœur et la rate fragiles de ne pas se plonger dans le prochain roman de KAMASH au risque de mourir de rire.

Les lecteurs pensaient n’avoir jamais tant ri qu’en lisant la série « Wan & Ted » de KAMASH. Le roman « Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique » va les contredire et leur prouver que l’on peut avoir mal au bide en lisant un roman policier, autrement qu’en ayant la nausée à la lecture des nombreuses scènes gores qui tapissent les pages des ouvrages des auteurs de « polars » actuels.

Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique : Dans toutes les maisons de retraite, des cas de maltraitance envers les pensionnaires sont avérés. Toutes ? Non, car un groupe d’irréductibles croulants résiste, encore et toujours, au personnel soignant d’un petit hospice de Bretagne. Un « quintette » de vieux emmerdeurs unis tels les cinq doigts d’une main ridée sème la terreur au sein de l’institution accueillant des retraités et des trisomiques. Quand les deux plus virulents meurent successivement d’une façon suspecte, Serge Daudeau, le suivant sur la liste des plus détestés du pavillon, se met en quête de chercher celui qui a assassiné ses pires amis. Mais, il est difficile de se prendre pour Holmes quand on végète dans un fauteuil roulant et qu’on a le cerveau plus troué qu’une passoire… Aussi, Serge Loque va-t-il s’adjoindre les services de Waston, un pensionnaire trisomique nouvellement admis dans la structure, afin de l’aider dans sa tâche…

Et si Sherlock Holmes était un grabataire incontinent au cerveau mité en fauteuil roulant et son acolyte, John Watson, un trisomique ? Vous aurez un petit aperçu de ce que cela pourrait donner en lisant « Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique ».

Effectivement, Serge Daudeau est un homme détruit par les maladies, totalement dépendant, incontinent, en fauteuil roulant, au cerveau en partie cramé par la démence vasculaire. Incapable de la plupart des gestes du quotidien, comme tremper ses biscuits dans son café ou faire la différence entre les pierres jonchant le sol du jardin de la maison de retraite et des chats. 

Dans l’hospice où il est interné, il sème la terreur au sein du personnel soignant avec quatre autres petits vieux dont le seul but est de mener la vie dure à ceux et celles qui sont là pour les soulager. Leur travail de sape est à ce point performant que, lorsque deux des vieux meurent en quelques jours d’une crise cardiaque, Serge Daudeau est persuadé qu’un employé de l’hospice se débarrasse un à un des emmerdeurs et il pense être le prochain sur la liste.

Aussi, pour sauver sa peau et venger ses amis, il décide de mener l’enquête. Mais comment débusquer un assassin quand on est incapable de se lever seul de son lit, de marcher, même de mémoriser un indice ?

C’est la raison pour laquelle Serge Daudeau décide de se trouver un bras droit, un bras gauche, deux jambes... Mais comment trouver la perle rare quand on est entouré de petits vieux et de trisomiques (l’hospice abritant également des trisomiques) et quand on est détesté de tout le monde ? Le destin placera sur sa route un trisomique fraîchement débarqué suite au décès de son grand-père qui s’occupait jusque là de lui.

Ceux et celles qui auront lu « P’tit Prolo », du même KAMASH, ne débarqueront pas en terrain inconnu puisque Serge Daudeau n’est pas sans rappeler le personnage principal de « P’tit Prolo », biographie du père de l’auteur, à la fin de sa vie.

Effectivement, les derniers chapitres de « P’tit Prolo » évoquaient la fin de vie de son personnage, dans une maison de retraite médicalisée, abritant également des trisomiques, alors qu’il était cloué dans un fauteuil roulant, incontinent, grabataire et le cerveau en miettes.

Si les évènements ne prêtaient pas à rire pour la plupart de ceux qui les ont vécus en direct, l’auteur, lui, devant la détresse de son père et pour bâillonner la sienne, préférait n’en conserver que le côté décalé et humoristique, mais, comme le dit si bien Serge Daudeau dans le roman, pour son fils tout était sujet à la plaisanterie, même les évènements les plus graves…, surtout les plus graves.

Le roman « Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique » vous conte donc l’enquête hilarante des deux plus improbables détectives que la littérature ait jamais proposés aux lecteurs.

Mais ce roman, suite invraisemblable de « P’tit Prolo » est empreint de la même tendresse de l’auteur pour ses personnages et est l’occasion de rendre son père immortel, comme le dit si bien, à nouveau, Serge Daudeau dans le roman : Je le soupçonnais (son fils écrivain) d’utiliser ma détresse pour mettre au point le scénario de son prochain roman. Je deviendrais alors un personnage romanesque et j’acquerrais, par cet intermédiaire, le statut d’« Immortel ».

Immortel, Serge le devient désormais grâce à ce roman, mais là n’est pas le seul but de l’ouvrage, puisqu’il s’agit, tout d’abord de faire passer des émotions aux lecteurs et de leur donner des pierres (ou des chats) pour leur permettre de changer leurs regards vis-à-vis des retraités, des malades et des membres du personnel soignant...

Quand on pense que tout cela est accessible pour seulement 12 euros, directement à partir du site de l’éditeur, que demande le lecteur ?

« Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique »

17 avril 2017

Wan & Ted - Le Tueur Aux Fourmis

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Voilà trois années que le monde entier le réclamait, à corps et à cris, le voici désormais qui débarque en fanfare, le nouvel opus de la drôlissime saga « Wan & Ted » et il se nomme « Wan & Ted — Le Tueur Aux Fourmis ».

Le temps a passé pour les lecteurs, mais pas pour nos deux héros qui nous reviennent pour une aventure drôle, tumultueuse et bouleversante.

Wan & Ted — Le Tueur Aux Fourmis : Alors que Wan, jeune homme d’origine asiatique, doit faire face à un présent dramatique, sa partenaire au sein de leur agence de détectives, André-Nadine Tedorowsky alias Ted, va se retrouver confrontée à un passé traumatisant. Les deux épisodes éprouvants vont se chevaucher, mettant leurs nerfs à rude épreuve. Mais ils vont devoir faire abstraction de leurs états d’âme pour arrêter un dangereux criminel qui viole et assassine de jeunes femmes avant de graver dans leurs chairs, à la lame de son couteau, trois lettres sanglantes, « A.N.T. », avant de recouvrir les plaies de fourmis mortes. Wan et Ted vont alors tout mettre en œuvre pour mettre un terme à la carrière du « Tueur Aux Fourmis ». 

À la fin du précédent opus, le père de Wan, à la suite de problèmes dus à un AVC, se retrouvait à l’hôpital. Depuis, il a dû être placé dans une maison de retraite médicalisée, son état de santé ne lui permettant plus d’être autonome.

Wan doit alors s’organiser pour visiter son père tous les jours, assurer sa part de travail au sein de l’Agence et s’occuper de sa mère et ses frères et sœurs.

C’est dire si, pour ce fainéant lymphatique, son emploi du temps est un peu trop chargé.

Mais, c’est quand on pense que les choses ne peuvent pas être pires que les évènements nous démontrent qu’il ne faut pas être si catégorique.

Car, c’est le moment que choisit le destin pour mettre sur sa route, et sur celle de sa collègue, Ted, le plus impitoyable tueur qu’ils auront eu à affronter, le terrible « Tueur Aux Fourmis », un assassin qui ne choisit pas ses victimes au hasard.

Dans les précédents opus, le lecteur avait pu découvrir Wan sous un autre angle grâce aux révélations sur son passé. Dans ce nouvel épisode, Ted se dévoilera un peu, beaucoup, passionnément, permettant aux lecteurs de comprendre un peu mieux certaines séquences passées impliquant la jeune femme. Pour autant, le lecteur néophyte pourra déguster cet opus sans avoir goûté aux précédents (volonté de l’auteur qui anime toute la série) et être autant ému que ses confrères initiés.

Effectivement, tout ce qui a fait le sel de la saga est une nouvelle fois réuni dans cet épisode, mais l’auteur y ajoute une touche d’épice supplémentaire, une dose d’émotion qui ne laissera insensible personne.

Comme vous l’aurez compris, « Wan & Ted — Le Tueur Aux Fourmis » est un épisode incontournable de la saga qui ravira les passionnés de romans policiers décalés, mais également les plus retors aux « polars » grâce à un savant mélange qui est la marque de fabrique de l’auteur.

Vous pouvez donc, désormais, vous procurer le livre sur le site de l’éditeur pour la modique somme de 13 euros et, prochainement, en numérique sur toutes les meilleures librairies numériques et sur le stand d'OXYMORON Editions" à la Sant Jordi de Perpignan.

16 avril 2017

Le cas Malaussène - I - Ils m'ont menti

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Raaaaaa, la vie nous offre parfois de ces surprises auxquelles on ne se serait jamais attendu. Que ce soit la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles des USA, à celle de François Fillon à la primaire des L.R., à celle de Benoît Hamon pour le P.S. ou, plus récemment, à l’élimination du PSG de la Champion's League après avoir battu le F.C. Barcelone au match aller 4 buts à O.

Mais, si j’avais dû parier sur l’une ou l’autre de ces surprises, jamais je n’aurais misé jusqu’à mon dernier sou me disant : « On ne sait jamais ! ».

Par contre, il était une évidence si incontournable que jamais au grand jamais je n’aurais misé le moindre centime, c’est : le fait qu’un jour j’aurais pu ne pas aller au bout d’un roman de Daniel Pennac concernant la famille Malaussène.

C’est bien simple, j’avais tellement adoré les premiers opus de la saga « Malaussène » et tellement aimé les suivants, j’avais tellement été touché par le style de Daniel Pennac qu’il aurait pu écrire de la main gauche (s’il est droitier, ou de la droite, s’il est gaucher) une aventure de Benjamin Malaussène se lançant dans le cinéma d’auteur danois en version originale et en noir et blanc à partir d’un scénario de Luc Besson sous laxatifs, que j’aurais aimé.

Mais oui, mais voilà ! Daniel Pennac n’a pas osé s’attaquer au cinéma danois et : patatras !

Pour être sérieux, un petit peu, je pense qu’il y a de bonnes et de mauvaises raisons d’écrire et que Daniel Pennac a été poussé par les mauvaises pour se replonger au cœur de la famille Malaussène, 17 ans après le dernier opus.

Car, pourquoi revenir après si longtemps auprès de ses premiers amours ?

Parce que les personnages vous ont manqué ? Cette raison était recevable pour les 6 premiers opus entre lesquels il ne s’était jamais passé plus de 5 ans. Pas pour celui-ci au bout de tant d’années.

Pour se convaincre qu’il était encore capable de séduire avec ces personnages ? Ceci serait probablement la pire des raisons d’écrire.

Par attrait du gain ? Je pense que ces livres, après « Aux fruits de la passion », le dernier titre de la saga, avant son retour, se sont suffisamment bien vendus pour éviter cette tentation.

Alors, quelles mauvaises raisons ont poussées Daniel Pennac à ressortir la famille Malaussène de son placard ? Je ne sais pas, mais le résultat est là : je suis super déçu.

Déçu au point de ne pas avoir dépassé la moitié du roman. Déçu au point d’avoir résisté à l’abandon de lecture pendant plusieurs jours et revenir à la charge pour laisser une nouvelle chance au livre. Quatre soirs de suite, j’ai abandonné après quelques pages en me disant que je n’y reviendrais pas, mais je suis revenu.

Mais d’où vient cette immense déception ? 

Déjà, de cette impression indéfinissable que Pennac s’est laissé convaincre par de mauvaises raisons.

Ensuite, par le fait qu’il n’a pas repris l’histoire où elle s’était arrêtée, ou presque, comme il l’avait fait avec les précédents opus. Car le premier et le sixième titre sont séparés de quasi 15 ans sans que les personnages aient vieilli d’autant.

Alors, pourquoi avoir voulu vieillir ses personnages des 17 ans séparant le dernier opus et le nouveau ? Je ne sais pas. Pour inscrire ses personnages dans l’actualité ? Pas vraiment, puisque l’intrigue ne se nourrit pas de faits datés. Par égocentrisme en considérant ses personnages plus forts que l’histoire et les « humaniser » en les vieillissant ? Je ne sais.

Mais, ce qui bloque le plus, au début de la lecture, c’est l’accumulation de noms, des personnages des autres opus, mais aussi de nouveaux. Une accumulation telle que même l’auteur s’est senti obligé d’ajouter un index à la fin de l’ouvrage pour permettre aux lecteurs de suivre un peu. 

Car, si l’auteur, lui-même, se sent obligé de remémorer aux lecteurs les personnages qu’il cite, c’est bien la preuve qu’il a conscience de proposer trop de personnages sans les introduire suffisamment. Car, dans les premières lignes, ce sont des noms qui s’ajoutent aux noms sans autre forme de présentation.

Certes, l’exercice de style consistant à réutiliser chaque personnage des anciens opus en leur créant un passé sur les 17 dernières années aurait pu être intéressant. Mais, pour cela, encore aurait-il fallu prendre le temps de poser les personnages, de permettre aux lecteurs de se les remémorer, avant d’étaler une partie de leur nouveau C.V.

Mais, là où Pennac complexifie encore plus son ouvrage c’est que, même pour les personnages dont les lecteurs passionnés se souviendraient, l’auteur en change les noms, du moins, leur donne un nouveau pseudonyme. Ainsi, « C’est un Ange » devient « Sept », « Monsieur Malaussène » se fait appeler « Mosma », « Maracuja » devient, plus logiquement, « Mara » et « Verdun » se transforme en « Juge Talvern ».

Enfin, ce qui plombe, à mon sens, la première moitié du roman (pour rappel, je n’ai pas lu la seconde moitié, donc, je ne peux pas la critiquer), c’est l’omniprésence de l’histoire d’Alceste, un auteur de « roman Vérité » qui a réglé ses comptes avec sa famille à travers de son dernier livre. Du coup, quand l’auteur ne nous raconte pas les déboires d’Alecste avec sa famille qui chercher à se venger, il nous livre les considérations littéraires de celui-ci ou bien les réflexions de Benjamin Malaussène vis-à-vis des écrits d’Alceste.

Si à tout cela, on rajoute le fait que, durant la première moitié du livre, l’intrigue mise en place n’a pas un très grand intérêt, on comprendra que j’ai pu, dû, m’arrêter en cours de route.

Mais, pire que tout, le style de l’auteur s’est affadi, du moins pour cet opus, et il n’apporte plus son grain de folie, ses idées absurdes qui nous ravissaient à l’époque. Même Julius, le chien, LE Julius, qui, à travers un subterfuge, est toujours là, 30 ans après la première histoire, subterfuge qui aurait pu être accepté si Julius était encore Julius, LE Julius, même ce Julius se plante et nous indiffère. Imaginez un peu, vous, lecteur, qui avez tant apprécié le chien Julius, être désormais indifféré par lui, quelle déception !!!

Et l’affadissement est, dans ce roman, pire qu’une maladie vénérienne dans un boxon de campagne puisqu’elle se transmet de personnage en personnage. Benjamin Malaussène, le bouc émissaire, n’est plus que l’ombre de lui-même et vieillir ne lui va décidément pas. Car, ce qui faisait de Benjamin Malaussène, LE Benjamin, c’était sa candeur, son esprit encore infantile qui lui permettait d’être en lien avec ses jeunes frères et sœurs. Mais qu’est devenue la part juvénile de ce Benjamin ? Disparue ! Puisque sa fratrie a quitté l’adolescence pour entrer dans l’âge adulte, Benjamin a suivi la même pente ascendante, donc d’être d’un intérêt descendant...

Trop de personnages, dont certains changent de noms, manque d’introduction de ceux-ci, de probables mauvaises raisons, un chien Julius qui n’est plus lui-même, un Benjamin qui a perdu sa candeur, une plume qui s’est affadie, au final, rien ne m’attachait plus à ce roman et, comme le dit lui-même Daniel Pennac, le lecteur a le droit de ne pas finir un livre, j’ai donc pris ce droit.

12 avril 2017

Marché du Livre et de la Rose d’Elne 2017

En 2015, la Fête de la Sant Jordi tombe à la fin avril, comme en 2016, 2015, 2014... Normal, puisque la Sant Jordi est le 23 avril, comme chaque année.

Mais, cette année, OXYMORON Éditions signe son retour à la Sant Jordi d’Elne puisque nous n’y étions pas présents l’année dernière.

Les dernières années, les organisateurs de la Sant Jordi à Elne avaient eu la fausse bonne idée d’organiser l’évènement à la ville haute. Mélanger architecture et littérature pouvait sembler apporter un plus à l’évènement, mais, la ville haute étant très peu passante, les résultats avaient été décevants avant de devenir désastreux, la raison pour laquelle OXYMORON Éditions avait boudé la cession 2016.

Cette année, la Sant Jordi 2017 fait son retour devant la médiathèque d’Elne. En effet, il y a plus de chances de trouver des lecteurs aux abords de la bibliothèque, qu’à ceux du cloître, si magnifique soit-il.

Ce retour aux sources correspond au retour d’OXYMORON Éditions.

C’est donc ce mercredi 19 avril, de 14 h à 18 h, que se déroulera le « Marché du Livre et de la Rose » d’Elne.

Cette année, notre catalogue s’est étoffé depuis notre dernière participation puisque, en plus des livres sortis l’année dernière, ce n’est pas moins de 6 nouveaux romans qui débarquent en ce mois d’avril sur nos étals et non pas LE livre annuel de KAMASH (notre auteur phare, le seul encore vivant de notre catalogue), mais LES livres de KAMASH puisque celui-ci vous proposera, non seulement, le nouvel opus de sa fameuse saga « Wan & Ted » et un autre roman policier humoristique, « Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique », un livre contant les aventures des deux plus improbables détectives de la littérature.

Vous pourrez donc retrouver les livres suivants :

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Le recueil de nouvelles de KAMASH : 

— Chaîne de vies

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La saga « Wan & Ted » de KAMASH :

— Wan & Ted

— Wan & Ted — Experts Sans Gain

— Wan & Ted — Le Mystère Sang & Or

— Wan & Ted — Jeu de Haine à Mourir

— Wan & Ted — Main Basse sur le Castillet

— Wan & Ted — Le Tueur Aux Fourmis

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Les autres romans de KAMASH :

 Marc-Antoine DECOME — Détective

— P’tit Prolo

— Le Psychopathe, le Dément et le Trisomique.

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Vous découvrirez ou redécouvrirez des auteurs français ayant lancé le genre « policier » en littérature avec :

— Maximilien Heller de Henry Cauvain

— Le petit vieux des Batignolles de Émile Gaboriau

— Le coup d’œil de M. Piédouche de Fortuné du Boisgobey.

*

Mais OXYMORON Éditions vous permettra, également, de découvrir des œuvres bien plus méconnues, voire introuvables telles que les deux séries policières éditées en fascicules en 1908 et 1936 :

— Nouveaux Mystères de Paris, Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4 et Tome 5, ou les « Aventures de Toto Fouinard » de Jules Lermina.

— Les Investigations de Marius Pégomas, Tome 1, de Pierre Yrondy.

Et une œuvre parue en feuilleton dans un journal de 1908 et jamais éditée en livre jusqu’à maintenant : « Les aventures d’un détective amateur ». Un recueil de micro-romans des enquêtes de « L’Inspecteur Pinson ». Le recueil contenant la trilogie du « Détective Lautrec » de Maurice Boué. Le premier roman autour du fameux personnage du prolifique auteur Rodolphe Bringer, le « Commissaire Rosic ». Le premier roman, également, du tout aussi fameux personnage du tout aussi prolifique auteur Gustave Gailhard.

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Si vous aimez les romans décalés, drôles et originaux, n’hésitez pas à venir découvrir les romans de KAMASH. Si vous aimez les romans plus classiques, alors, venez redécouvrir les auteurs que nous rééditons.

Alors, à mercredi !

09 avril 2017

Le secret du valet de coeur

 

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« Monseigneur et son clebs », épisode 4 !

Dans ce quatrième épisode, Joachim, alias Monseigneur, a fait placer sa petite protégée, Pierrotte, dans une maison de repos pour qu’elle se remette de ses blessures loin des tentations de la ville.

Mais Pierrotte s’enfuit sans donner de nouvelles. Dans sa chambre, Monseigneur ne trouve qu’un jeu de cartes.

Dans le même temps, le commissaire Bellavent est chargé de l’enquête sur la mort d’un riche producteur de films. Mais, le suicide apparent de l’homme cache, en fait, un meurtre. Près de lui, le policier retrouver une carte à jouer, un valet de cœur. 

Quand Joachim vient le voir pour prendre des nouvelles des recherches de Pierrotte, il constate que le Valet de cœur appartenait au jeu de cartes de sa protégée. Les deux affaires sont donc liées, mais de quelle façon. Sachant que le producteur était friand de jeunes femmes, Joachim s’inquiète du rôle de Pierrotte dans la mort du producteur...

Dans ce quatrième épisode, Joachim et Bellavent mènent deux enquêtes différentes, deux enquêtes qui vont finir par se croiser et n’en faire plus qu’une seule. De craintes en fausses pistes, Monseigneur ne va pas avoir la partie facile et quant à Diabolo, son berger allemand, il va de nouveau faire montre de ses talents...

Monseigneur et Diabolo sont plus présents dans ce quatrième opus qu’ils ne l’ont été pendant le troisième et le plaisir de lecture s’en retrouve renforcé.

L’ancien déporté et le policier vont alors unir leurs forces pour résoudre les deux énigmes.

Au final, un quatrième épisode qui se lit agréablement et qui donne envie de continuer la série.

02 avril 2017

Le vent n'est pas seul à hurler

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« Le vent n’est pas seul à hurler » est le troisième épisode de la série « Monseigneur et son clebs » écrite par Marcel Priollet.

Le premier opus nous présentait Monseigneur, alias Joachim, un personnage haut en couleur, moitié bohème, moitié seigneur, qui est à son aise dans la rue, respecté des clochards et qui apporte son aide à la police à travers son berger allemand, Diabolo, élevé par son maître dans le camp de Bunchenwald.

Dans le deuxième épisode, Joachim prenait sous son aile la jeune Pierrotte, une gamine qui fricotait avec une bande de voleurs de diamants.

Dans ce troisième épisode, Joachim et Diabolo sont relégués au second plan, du moins dans toute la première moitié de l’histoire puisque celle-ci se concentre sur le Commissaire Bellavent qui a pris quelques jours de congé pour rendre visite à son ami maître Rétiff à Amboise.

Alors qu’il est en compagnie de son ami, sa femme et sa fille, il fait la connaissance de deux vieilles filles, deux sœurs de bonne famille qui vivent ensemble et participent à des œuvres de charité. La plus âgée des deux sœurs, au moment de quitter les Rétiff, glisse un mot dans la main du commissaire, lui mandant expressément son aide et le priant de la retrouver chez elle.

Sur place, la femme lui explique d’une malle a disparue de son grenier, la nuit et qu’elle contenait des lettres intimes destinées à son ancien amoureux.

Mais, la crainte que quelqu’un la fasse chanter n’est rien, aux yeux du policier, par rapport à ce qu’il pressent en découvrant une tache de sang là où se trouvait la malle et un couteau ensanglanté caché sous un matelas.

Bellavent accepte d’aider la dame qui en retour, accepte d’héberger Pierrotte afin qu’elle se refasse une santé loin de la ville après avoir été blessée dans l’épisode précédent.

Le commissaire retourne à Paris et revient illico à Amboise en compagnie de Monseigneur et son clebs, autant pour que Joachim puisse voir les lieux devant héberger sa protégée que dans l’espoir que Diabolo l’aide à retrouver la malle.

Mais l’histoire se complique quand la propriétaire de la malle refuse catégoriquement que le Commissaire poursuive son enquête.

Si dans le second épisode, je regrettais que les personnages principaux de la série, Monseigneur et son clebs, ne soit pas assez utilisés par l’auteur, l’auteur ne m’a guère entendu (il a pour excuse d’être mort depuis longtemps) puisque le duo disparaît totalement toute la première moitié de l’histoire.

Par la suite, Diabolo va, bien évidemment, apporter son aide à la justice.

Malgré la frustration que Joachim et Diabolo soient sous-exploités, on suit agréablement l’enquête de Bellavent, se demandant quelle peut être la solution de l’énigme et la raison de tant de mystères.

Marcel Priollet développe correctement son intrigue et nous propose une agréable lecture même si le fait que, même quand il est présent, le duo éponyme de la série ne fait pas décoller ce plaisir littéraire.

Au final, une bonne lecture durant laquelle on ne peut s’empêcher de penser que l’auteur rate le coche en laissant ses deux personnages principaux trop à l’écart.

26 mars 2017

Mitraillade à Montmartre

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« Mitraillade à Montmartre » est le deuxième opus (sur 8) de la série « Monseigneur et son clebs » une série écrite par le très prolifique Marcel Priollet.

Dans cette histoire, Joachim, alias Monseigneur, est contacté par « La Pesée », une connaissance qui a tendance à trop lever le coude.

Et, c’est justement parce qu’il a trop bu qu’il s’est retrouvé, ivre, couché sous une banquette de son troquet favori, le patron ne s’étant pas esbigné à le foutre dehors à la fermeture. Seulement, quand il s’est réveillé, le bistrot était rouvert, et des clients posés sur la banquette au-dessus de lui. Ceux-ci, trois personnes, dont un gamin, discutaient d’un coup qu’ils préparaient le soir même, le kidnapping du commis d’un diamantaire afin de lui voler des pierres à la sortie du Moulin Rouge.

Monseigneur convainc l’alcoolique d’aller voir le Commissaire Bellavent.

Joachim décide de ne pas se mêler plus que cela à l’affaire, pensant que les policiers feront ce qu’il faut. Il préfère aller se balader avec Diabolo, mais son errance dans les rues de Paris finit par le conduire Place Blanche, face au Moulin Rouge. Il décide alors de rester et d’observer le travail des policiers.

Au bout d’un moment, un mouvement de foule, des coups de feu éclatent, dispersant les gens présents, mais point de flics à l’horizon. Joachim se demande pour quelle raison Bellavent et ses hommes ne sont pas intervenus... il en apprendra la raison le lendemain, "La Pesée" a été matraqué en allant au commissariat, par le fameux gamin.

Quand Joachim rentre chez lui, il aperçoit un môme ressemblant à la description de La Pesée qui surveille le bâtiment dans lequel il vit. Il le surprend, l’embarque dans sa demeure pour l’interroger et découvre que le gamin est une gamine...

On retrouve avec plaisir Monseigneur et son clebs même si les deux personnages, et surtout le chien, interviennent peu dans la première partie de l’intrigue.

C’est avant tout la relation entre Monseigneur et Pierrotte (la gamine) qui monopolise Joachim dans cet épisode et le rôle de Diabolo se cantonne, à une ou deux exceptions près, à celui de garde de la gamine.

Pour autant, l’épisode est plutôt plaisant même si on regrette quelque peu que les deux personnages ne soient pas plus et mieux utilisés. Peut-être cela sera-t-il le cas dans le troisième opus : « Le vent n’est pas seul à hurler ».

Au final, après la surprise de la découverte de Monseigneur et de son clebs, on est un peu déçu de leur utilisation dans ce deuxième épisode. Pour autant, la lecture est agréable et l’on se dit qu’il reste encore 6 épisodes pour mieux découvrir de Joachim et Diabolo.

19 mars 2017

L'assassin dîne chez le juge

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« Monseigneur et son clebs » est une série de 8 fascicules écrits par le très prolifique Marcel Priollet.

Marcel Priollet (1884 - 1960) est un auteur qui a fait les beaux jours des éditeurs de littérature populaire de la première moitié du 20e siècle, soit à travers des romans, ou bien avec des séries de fascicules. 

L’auteur a écrit, comme il se faisait couramment à l’époque, sous divers pseudonymes dont les plus connus sont R.M. de Nizerolles, Henry de Trémières, Marcel-René Noll ou encore René Valbreuze.

Sa production est telle qu’il est extrêmement compliqué d’en faire une liste exhaustive d’autant qu’il s’est essayé à divers genres (sentimental, policier, science-fiction, aventures) principalement au sein des nombreuses collections des éditions Ferenczi.

Comme je ne lis et ne m’intéresse qu’au genre policier, deux séries fasciculaires de Marcel Priollet m’intéressent tout particulièrement.

La première comporte dix titres regroupés dans la collection « Old Jeep et Marcassin », mais j’y reviendrais probablement dans un autre article.

La seconde est celle qui nous intéresse aujourd’hui : « Monseigneur et son clebs » qui regroupe 8 titres dont chacun contient une histoire complète :

– L’assassin dîne chez le juge

– Mitraillade à Montmartre

– Le vent n’est pas seul à hurler

– Le secret du valet de cœur

– Qui a tué le bonhomme de neige

– Le bal des disparus

– Meurtres sans meurtrier

– Le chien sait compter jusqu’à cinq

Il est à noter qu’il existe deux versions de chaque titre, une version avec couverture couleur, une autre avec couverture monochrome (couleur sépia).

« L’assassin dîne chez le juge » est donc le tout premier épisode de la série. Celui-ci nous présente Joachim, alias « Monseigneur » et son « clebs », Diabolo, un superbe berger allemand, mais ne le nommez pas ainsi, il déteste cette dénomination et lui préfère « Loup de Lorraine » et pour cause, il est né et a été élevé, à Buchenwald, pendant la 2e guerre mondiale, par Joachim, qui y était prisonnier. Ce dernier a recueilli le chiot et l’a dressé, comme il l’explique lui-même :

– Les gardiens du camp, lorsqu’ils me voyaient faire du dressage, s’imaginaient que je travaillais pour eux. Je leur avais laissé croire que mon « clebs » leur reviendrait et qu’il leur obéirait comme à moi-même. Ballots !... Diabolo les détestait. 

Dans ce premier opus, Monseigneur, qui a pourtant une demeure, dort sur les quais parmi ses amis SDF dont il a tout le respect. Les flics font une rafle, mais quand deux d’entre eux, en civil, tentent de se saisir de Joachim, Diabolo leur saute dessus et Monseigneur joue de ses poings.

Arrêté, il est interrogé par le Commissaire Bellavent quand un dangereux prévenu, dans le couloir, se saisit de l’arme d’un de ses geôliers et défouraille afin de s’échapper. Diabolo se lance, évite les balles, et saute sur le criminel.

Dès lors, le Commissaire n’aura de cesse de faire appel au flair du chien et au bon esprit de son maître.

Personnage intéressant, Joachim alias « Monseigneur » est un être libre et libertaire, bourgeois et bohème, athlétique et généreux, un homme qui se méfie de l’autorité, mais finit par se prendre au jeu.

Diabolo, quant à lui, est un chien au flair incroyable, extrêmement courageux, mais qui a un énorme point faible, c’est un coureur invétéré, capable de tout abandonner pour monter la première chienne venue.

Cette première aventure lance la police, Monseigneur et Diabolo sur la piste d’un « imitateur » du voleur dont l’étrange duo que représente le chien et son maître. 

Le modus operandi des deux voleurs est le même (il assomme ses victimes à coup de poing américain, il porte des gants en peau de lézard...), mais le dernier vol a été suivi d’un crime.

Quand Monseigneur et son clebs sont convaincus, par le Commissaire Bellavent, de se rendre sur les lieux du meurtre, en espérant que Diabolo retrouve la piste du tueur, ce dernier suit son flair jusqu’à la maison du juge toute proche.

« L’assassin dîne chez le juge » en conclu Monseigneur.

Les deux personnages principaux sont intéressants. Entre ce berger allemand, élevé à Bunchenwald et détestant les « fritz » et son maître, rescapé du camp, dont le passé et l’identité restent mystérieux, il y a matière à plaire.

Car le lecteur, tout comme les policiers, ne sait rien de Joachim, si ce n’est son prénom. Les manières du bonhomme et son surnom laissent supposer un passé bourgeois, mais sa simplicité, sa façon d’aimer dormir dehors, de se faire ami avec les clochards, son prénom, même, sèment le doute.

Diabolo, quant à lui, doué d’un flair et d’une intelligence extraordinaire, semble invincible, mais, tout comme Superman, ce « Superdog » a sa « cryptonite » son incapacité à résister aux charmes d’une petite chienne (car il les aime petites).

Au final, si le titre de la série (Monseigneur et son clebs) était suffisamment énigmatique et intéressant pour m’attirer et que le concept (un rescapé des camps de concentration qui a élevé un berger allemand dans à Buchenwald et qui met sa truffe au service de la justice) avait tout pour me plaire, encore fallait-il que la plume de l’auteur me conquît. Ce fut le cas, donc, c’est avec impatience que je vais me lancer dans la lecture du second opus : « Mitraillade à Montmartre ».

12 mars 2017

L'homme au stylo

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« L’homme au stylo » est une série de 6 fascicules (au format 13,5 X 14.5 cm) signés Jean Fabien, un alias de Marcel Idiers, un écrivain belge né en 1886 et mort dans les années 50.

L’auteur, écrivant également sous autres pseudonymes (Sreidi, Robert Pédro), est assez difficile à cerner puisque des rumeurs le soupçonnent d’avoir écrit la plupart de ses textes en collaboration avec sa femme ou d’avoir repris à son compte des textes de son ex-femme (la même ? je ne sais point).

Comme beaucoup de confrères, Marcel Idiers a beaucoup contribué à la littérature populaire de son époque, et ce dans les différents genres à la mode (sentimental, aventures, policier).

L’homme au stylo est donc une série de 6 fascicules de 16 pages sur deux colonnes qui nous content les mésaventures de l’inspecteur Furet face à l’audacieux cambrioleur « L’Homme au Stylo » ainsi surnommé parce qu’il utilise un stylo muni d’une seringue afin d’injecter un somnifère à ses victimes afin de pouvoir les voler tranquillement.

Si, le début du premier épisode met en avant un jeune journaliste désireux d’en savoir plus sur le mystérieux cambrioleur, il est très vite poussé au second (voire 10e) plan par le policier qui, refusant tout d’abord de se lancer à la chasse au voleur finit par se prendre au jeu, puis, poussé par son ego, va tout faire pour contrecarrer les plans de l’Homme au Stylo.

Les 6 épisodes de la série forment une seule et même histoire dans laquelle s’enchaînent différentes intrigues, toutes autour de vols commis par le fameux cambrioleur.

Marcel Idiers, ou Jean Fabien, les deux, donc, nous proposent un petit roman d’aventures policières de très bonne facture dans le style typique de ce qui se faisait à l’époque.

On suit avec un grand plaisir les mésaventures de l’inspecteur Furet, régulièrement ridiculisé par le voleur qui parvient à chaque fois (ou presque) à s’échapper au nez et à la barbe du policier.

La relation entre les deux personnages, plus particulièrement entre Furet et l’Homme au stylo, évolue au cours de l’histoire et l’on sent un certain respect naître entre les deux hommes.

Le cambrioleur a la particularité de se grimer et se déguiser, mais là où ses confrères se cachent derrière un masque pour tromper leurs victimes, l’Homme au stylo, lui, travaille sous ses vrais traits et se camoufle le reste du temps. Et c’est ce qui rend sa recherche particulière puisque, dans ses moments de repos, il n’est jamais le même.

Il faut avouer que la première chose qui m’a attiré, dans cette série, c’est le titre. Je le trouvais assez anecdotique et me demandais en quoi le stylo pouvait être utile à un personnage de roman policier. 

N’ayant encore rien lu de l’auteur, je ne savais pas sur quoi mes yeux allaient porter et je dois avouer que je ne regrette pas cette recherche (car j’ai eu du mal à trouver la série complète et c’est le hasard qui a fait que je suis tombé dessus. Comme quoi, le hasard est parfois bénéfique).

Car, s’il n’y a rien de flamboyant dans le style de l’auteur (mais c’est une critique que l’on peut faire de beaucoup d’auteurs de l’époque qui écrivaient des milliers de pages à une vitesse telle qu’ils n’avaient pas le temps de se relire ou de perfectionner leurs textes.), et si les personnages ne sont pas exceptionnels, l’ensemble se suit très agréablement et on se prend même à apprécier le voleur, puis à se poser des questions à son sujet.

Sans vouloir révéler quoi que ce soit, le roman (puisque, s’il s’agit d’une série, je considère que le tout forme un roman) se révèle également émouvant.

Au final, « l’Homme au Stylo » se révèle une très agréable lecture à condition de lire tous les épisodes dans l’ordre, bien évidemment. 

05 mars 2017

Delta Charlie Delta

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Laurent Guillaume revient à son premier amour de personnage, le Lieutenant Makovsky, alias Mako.

Le premier opus, prometteur, nous faisait découvrir un personnage sombre et violent dans un monde à son image, celui de la nuit d’un flic de la BAC.

Le deuxième voyait Mako être muté aux Stups et quitter la nuit pour le jour. Cet épisode souffrait de problèmes éditoriaux, mais l’histoire, elle-même, pâtissait du fait que Mako n’était plus dans son élément.

Avec ce troisième épisode, Mako retrouve le monde nocturne et tout son intérêt puisque c’est dans ce milieu qu’il s’épanouit le plus.

Si l’on ajoute que le travail éditorial est de meilleure qualité, on ne doute pas que la lecture de ce troisième épisode sera bien plus agréable que celle du second.

Et, effectivement, on retrouve dans « Delta Charlie Delta » toutes les qualités de « Mako », premier du nom et, malheureusement, le défaut d’un style un peu plat, même si cela n’est pas extrêmement gênant puisqu’il ne dénote pas trop avec le sujet et le personnage assez brut de pomme.

Delta Charlie Delta : Mako est flic au quart de nuit du Val-de-Marne lorsqu’un crime atroce est commis sur son secteur. Mais l’enquête est confiée à la direction de la police judiciaire en raison de sa gravité : une jeune femme inconnue a été violée et laissée pour morte dans une caravane abandonnée dans un parking souterrain. Par ailleurs, la violence se déchaîne dans la banlieue. En quelques jours, plusieurs dealers sont victimes de fusillades qui ont l’apparence de règlements de compte. Herman, un junky ultra-violent se suicide en se tirant une balle dans le cœur. Chargé de la procédure, Mako enterre l’enquête pour protéger les proches de la victime, en particulier Angy, une adolescente en perte de repères. Aussi, lorsque les parents d’Herman sont retrouvés assassinés après avoir été torturés, Mako en fait une affaire personnelle et se met en chasse. Il pressent que l’affaire de la fille dans la caravane et les assassinats de dealers sont liés et cachent un monstrueux secret. Pour en avoir le cœur net, il s’allie avec Marie Auger, capitaine de la PJ, une jeune femme brillante, mais ébranlée par un drame personnel. Les deux flics, malgré leurs différences, vont faire équipe de manière officieuse et franchir la ligne rouge pour résoudre l’enquête, jusqu’à découvrir le pire.

Le résume nous révèle tout et, surtout, que l’auteur ne va rien nous proposer de très original. Effectivement, les deux personnages principaux ne sortent pas des sentiers battus du genre. L’un est un vieux briscard au bout du rouleau, qui n’hésite pas à sortir des ornières pour faire vaincre plutôt la morale que la justice ou pour faire sa propre justice. L’autre est une flic jeune et belle, mais qui cache un terrible secret qui la ronge et qui, ajouté au fait qu’elle a du mal à mettre le boulot de côté, détruit son couple.

Du côté intrigue, Laurent Guillaume ne nous propose pas non plus un sommet du suspens ni une narration de haute volée. Effectivement, deux enquêtes aussi glauques que différentes, menées par chacun des deux personnages vont finir par se rejoindre (les personnages également) pour n’en faire qu’une.

Chapitres alternés, attirance, violence, meurtre, viol... tous les passages usuels du genre sont présents et ce n’est pas dans le style, comme je l’ai déjà dit, que l’on va pouvoir trouver le petit plus.

Pour autant, l’ensemble tient la route, mieux, le tout est agréable à lire et on apprécie de découvrir un Mako, souvent, tout aussi violent et sombre que dans le premier opus, mais, également, de découvrir un côté un peu « papa poule » quand il décide de s’occuper de la fillette dont les grands-parents ont été assassinés après que son père se soit « suicidé ».

Effectivement, pris dans la « tourmente » le lecteur ne fait plus cas de ce qui pourrait être des défauts (le manque de style, les personnages stéréotypés, les intrigues peu originales) et, l’on pourrait penser que ces défauts se marient suffisamment bien entre eux pour s’annihiler les uns les autres. En outre, la sincérité de l’ensemble dû au fait que l’auteur connaît son sujet principal (puisque c’est un ancien policier) est un atout indéniable.

Au final, si « Delta Charlie Delta » ne nous offre pas une lecture, un style, une intrigue ou des personnages originaux, ce troisième opus se révèle bien meilleur que le second et s’avère être une agréable lecture.

02 mars 2017

Sherlock Holmes détective conseil

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Certains vous diront que les jeux de société n’ont rien à voir avec la littérature. C’est qu’ils n’ont pas probablement pas joué à « Sherlock Holmes détective Conseil ».

Effectivement, « Sherlock Holmes détective conseil » est un jeu de société se jouant de 1 à 8 joueurs et dans lequel la seule façon de progresser est de lire.

Ce jeu vous met dans la peau de Wiggins, le chef de la bande de gamins des rues qui rend souvent des services à Sherlock Holmes. Le but est de résoudre 10 enquêtes en comparant ses résultats avec ceux de Sherlock Holmes. Pour ce faire, vous vous appuierez sur des fascicules résumant le crime et comprenant les diverses pistes que vous pourrez suivre même s’il vous est déconseillé de toutes les suivre au risque d’un décompte final catastrophique.

Pour vous aider, vous pourrez vous appuyer sur un annuaire comprenant les adresses de particuliers, mais également de professionnels. Vous aurez également en votre possession une carte de Londres vous permettant de situer les lieux et de calculer les durées des trajets d’un point à un autre. N’oubliez pas de vous plonger dans les journaux du jour ou ceux plus anciens, vous pourriez y trouver des renseignements utiles.

Enfin, si, malgré les indices, vous séchez lamentablement, vous pourrez toujours rendre visite à quelques personnes pouvant vous mettre sur la bonne piste (journaliste, tavernier, policier, légiste, le frère de Sherlock et Sherlock lui-même...)

Après avoir lu le résumé du crime, à vous de vous lancer sur la piste du meurtrier, de résoudre l’affaire et d’être capable de répondre à quelques questions essentielles (le meurtrier, le mobile...) ainsi qu’à quelques questions secondaires. 

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Chaque bonne réponse vous rapporte des points, chaque piste suivie vous en retire. Si vous parvenez à faire 100 points ou plus, bravo, vous êtes l’égal ou le supérieur du célèbre Sherlock Holmes.

« Sherlock Holmes détective Conseil » est une réédition d’un ancien jeu des années 80 qui se trouvait sous la forme de classeur. Ici, des fascicules, que des fascicules, rien que des fascicules, ni cartes de jeu, ni pions, ni dé, ni rien d’autre : de la lecture, rien que de la lecture.

Ainsi présenté, le principe pourrait sembler rébarbatif, notamment aux piètres lecteurs, pour autant, on se prend très vite au jeu et l’on se lance sur la piste du tueur avec exaltation.

Le matériel est très beau, seul bémol dans cette édition, la police de caractère utilisée qui, en plus d’être petite, n’est pas très lisible. Certes, l’éditeur a tenté de conserver l’esprit victorien à travers cette police, mais le résultat nuit quelque peu (juste un peu), au jeu. Ce défaut sera résolu pour la suite, « Sherlock Holmes détective conseil : Jack l’éventreur & aventures à West End » dont l’ensemble se révélera encore plus beau.

Sachez que l’éditeur a également développé des enquêtes supplémentaires que vous pourrez acheter en sus du jeu.

Sachez, enfin, que vous pourrez trouver sur le Net, des enquêtes supplémentaires mises en place par amateurs.

Au final, « Sherlock Holmes détective Conseil » est un jeu très immersif et très prenant auquel on peut jouer seul ou à plusieurs et qui n’est pas destiné qu’aux fans du détective anglais. Avec ce jeu, vous vous garantissez des heures d’investigations plaisantes à condition que le fait de ne pas arriver à la cheville de Sherlock Holmes ne vous décourage pas.