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Si vous parcourez régulièrement ce blog, ou bien si vous fouillez de temps en temps dans le catalogue d’OXYMORON Éditions, vous n’êtes pas sans savoir que je porte un certain intérêt à José Moselli, auteur injustement boudé de la littérature populaire de la première moitié du XXe siècle.

Effectivement, les rééditions des aventures de John Strobbins et de M. Dupont, détective, ainsi que du roman « La momie rouge » de l’auteur témoignent de l’affection que je porte à son style et à ses personnages.

Poursuivant ma découverte du travail de l’auteur, toujours dans le domaine policier, je rêvais, il y a quelque temps, de pouvoir rééditer partiellement deux autres séries de José Moselli : « Iko Terouka » et « Browning et Cie ».

Malheureusement, devant l’ampleur de la tâche consistant à parvenir à mettre la main sur les textes originaux (ce sont deux séries éditées uniquement dans des magazines à raison d’une page de 3 bandes de textes et trois bandes d’illustrations par numéro, et ce, sur 16 et 13 ans), j’avais commencé à baisser les bras.

J’étais bien parvenu à acheter quelques recueils annuels en plein milieu des séries, mais, les épisodes s’étalant sur plusieurs magazines voire plusieurs dizaines, j’avais trop peu de matière pour mettre en route une réédition pertinente.

Heureusement, alors que j’avais abandonné le projet, j’ai croisé la route d’un collectionneur passionné des magazines des éditions Offenstadt (l’éditeur, justement, des magazines dans lesquels étaient diffusées les séries en question) qui, à défaut de posséder tous les numéros des deux séries, en possédait suffisamment pour me permettre de regrouper plusieurs épisodes complets des aventures de l’un ou l’autre héros.

Mais voilà, un collectionneur, par essence, tient à sa collection. Difficile de lui demander de me prêter des centaines de magazines tous aussi rares les uns que les autres, surtout que je ne le connaissais ni d’Ève ni d’Adam.

Évidemment, il y avait la solution de demander au collectionneur de scannériser une à une les pages de ces magazines. Mais, devant l’ampleur de la tâche (pensez ! demander à un inconnu de scannériser des centaines de pages, juste pour me faire plaisir...), j’avais peu d’espoir d’aller plus loin dans mon projet. Mais c’était sans compter sur la générosité des passionnés et des collectionneurs (que j’avais pourtant déjà remarquée à de nombreuses reprises).

Après des échanges de dizaines de mails contenant des centaines de pages scannérisées, le rêve prend forme et la série reprend vie...

Iko Terouka, le célèbre détective japonaisComme le laisse entendre le titre, Iko Terouka est un détective, il est japonais et, en plus, il est célèbre. L’homme parcourt le monde pour résoudre les plus intrigantes affaires, affronte les pires dangers, mais finit toujours par s’en sortir et par arrêter les méchants.

José Moselli nous propose une nouvelle fois du roman policier d’aventures comme il sait si bien en écrire. D’ailleurs, les lecteurs de la série « M. Dupont, détective », du même auteur, ne seront pas dépaysés (malgré les voyages incessants), car les deux séries sont très proches dans l’esprit et dans le style.

Les deux détectives sont intelligents, courageux, pugnaces, voyageurs, intrépides, ont un physique qui n’impressionne pas, mais sont doués d’une force rare, d’une agilité certaine et savent se battre.

La principale différence réside dans le fait qu’Iko Terouka travaille seul là où M. Dupont est aidé par le jeune noir Koufo. Aussi, si le second peut parfois compter sur son collègue pour le sortir d’ennui, Iko Terouka, lui, ne pourra compter que sur sa chance et son intelligence.

L’autre différence se trouve dans la taille des épisodes. Pour « M. Dupont, détective », José Moselli répartit chaque histoire sur 40 à 50 épisodes (entre 20 000 mots et 30 000 mots). Alors que pour « Iko Terouka » les épisodes varient grandement de tailles allant de moins de 10 épisodes à plus de 30 (5 000 mots à plus de 20 000).

Au final, voilà une série dans la pure veine des séries écrites par José Moselli et dont on retrouvera l’esprit et le style quelques années plus tard dans « Monsieur Dupont, détective ». Du bon roman policier d’aventures comme l’auteur savait si bien en écrire.