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Revenons à la Genèse de « Les extraordinaires aventures de Théodore Rouma », une série de fascicules signée Jean d’Auffargis.

La série comporte une vingtaine de fascicules de 24 pages double-colonne contenant des récits indépendants d’environ 13 000 mots.

Derrière l’auteur, Jean d’Auffargis, se cache un dénommé Maurice Laporte, créateur en 1920 des Jeunesses Communistes Françaises. Très vite, celui-ci quitte le mouvement et devient un farouche anticommuniste, se rapproche de l’extrême droite jusqu’à collaborer avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

En 1945, probablement pour fuir les conséquences de ses actes, Maurice Laporte s’exile en Suisse.

Publiée en 1946 chez S.E.B.F., cette série laisse entendre qu’elle fut écrite en Suisse après la guerre. Pourtant, la lecture de différents épisodes sème le doute, les évènements, quand ils sont datés ou datables, se déroulant entre 1936 et 1940…

Théodore Rouma est un gentleman cambrioleur, aventurier, détective et justicier comme il en existe beaucoup dans la littérature populaire…

LA FILLE DU GANGSTER

Palais Borghesini à Venise. M. Gardner rentre de Paris accompagné par Théodore ROUMA qu’il a engagé pour le protéger, lui et sa fille.

Mais à son arrivée, miss Diana Gardner a disparu !

Théodore ROUMA va remonter la piste des kidnappers et très vite se retrouver dans une situation à laquelle il ne s’attendait pas…

À Venise, palais Borghesini, miss Diana Gardner a disparu. Son père, revenu de Paris en compagnie de Théodore Rouma qu’il a engagé pour sa protection ne peut que constater la chose.

Théodore Rouma, persuadé qu’un membre de la domesticité est dans le coup, va faire en sorte de retrouver les kidnappers

Théodore Rouma, cambrioleur de « métier » se transforme pour l’occasion en détective et protecteur. Reconversion un peu étonnante et l’on se demande pourquoi quelqu’un irait chercher un cambrioleur pour le protéger.

Jean d’Auffargis nous livre ici un petit roman classique à l’intrigue simple malgré l’espoir de l’auteur de la rendre plus complexe.

Si le premier rebondissement est plutôt intéressant, le dernier, lui, n’est pas super crédible.

Le texte, d’ailleurs, dans son ensemble, donne un peu l’impression d’une histoire écrite pour une autre série ou bien un récit indépendant que l’auteur aurait adapté pour y intégrer son personnage.

Cette impression s’appuie non seulement sur le rôle étonnant de Théodore Rouma, mais aussi sur le fait que le narrateur omniscient ne cesse de nommer le personnage par son nom d’emprunt tout du long.

Au final, un petit épisode pas déplaisant, mais assez vite oublié.