51021HWPPULLuc Baranger est un auteur né en France élevé par une ancienne prostituée et un militant anarchiste. Il a ensuite immigré au Québec.

Un auteur français aux racines anarchistes qui a émigré au Québec, voilà de quoi expliquer tout naturellement que celui-ci nous offre une aventure québécoise de notre anarchiste français préféré, Gabriel Lecouvreur alias Le Poulpe.

Maria chape de haine : Un joggeur matinal trouve le cadavre de Quentin Cointreau dans le lac Memphrémagog. La victime a été assassinée avant d'être jetée à l'eau. À quel jeu s'amuse Réal Larouche, le lieutenant enquêteur chargé de faire la lumière sur le drame ? Se perd-il vraiment en conjectures ? Maria, la veuve éplorée, appelle à la rescousse Gabriel Lecouvreur, vieux pote de son défunt mari. Le Poulpe débarque au Canada ! Pas question pour Gabriel de laisser impuni le crime de celui qui fut quasiment son grand frère d'armes.

Gabriel et Quentin ont fait les 400 coups ensemble, dans leur jeunesse, liés par le fait d'être nés exactement le même jour. Quand Quentin, à 20 ans, décide de partir faire fortune au Québec, Gabriel le suit. Mais, très vite, sur place, les deux hommes tombent amoureux de la même femme, la belle Maria. Comme l'amitié est plus forte que tout pour Gabriel, ce dernier décide de retourner en France.

20 ans après, Quentin est assassiné et Maria fait appel à Gabriel pour trouver le meurtrier. Le Poulpe remet donc les pieds au Québec et va tomber dans une histoire qui plongera son point final dans la violence et le sang.

Luc Baranger s'amuse, se fait plaisir et parvient à faire plaisir au lecteur en jouant sur des langages ayant la même racine et leurs diversités. L'argot français répond alors aux expressions québécoises tel le fils caché de François Pérusse et de Michel Audiard. Mais l'auteur en rajoute encore avec des métaphores funambules qui se déplacent sur un fil sans jamais chuter.

Au Québec, Gabriel se rend compte que les choses sont pareilles que dans son hexagone, les politiciens sont corrompus, certains flics aussi, et que, si ce n'était un froid qui n'est d'ailleurs pas si présent que ça en cette période de l'année, il ne se rendrait pas compte de la distance qu'il vient de parcourir pour appliquer sa vengeance. D'autant qu'il sera épaulé par un vieux baroudeur breton, ami et partenaire de Quentin, qui, malgré ses 70 ans, se révèle un renfort de poids.

Comme je l'ai déjà dit, l'auteur se fait plaisir en multipliant les métaphores de haute volée, les expressions argotiques ou québécoises et les traits d'humour. Plus, Luc Baranger aurait sombré dans le trop, là, il flirte parfois avec l'indigestion, comme un excès de Poutine, sans, toutefois, provoquer la nausée (n'est pas Jean-Paul Sartre qui veut).

Cocasse et enlevé, avec un final violent et sanglant, bien qu'un peu trop rapide à mon goût, cet épisode de « Le Poulpe » est à situer dans le haut de la pile des épisodes de la saga.

Au final, un bon petit « Le Poulpe », à déguster pour se faire plaisir, avec l'accent de La Belle Province...