9782265095069

Léo Malet est un auteur qui avait une véritable plume et son personnage de Nestor Burma est un héros voire antihéros, très attachant.

Comme je le disais dans une chronique sur un autre livre de la série, avec l’assurance d’un bon personnage et d’une bonne plume, il ne manque plus qu’une bonne histoire pour conquérir le lecteur.

« La nuit de Saint-Germain-des-Prés » est le titre qui peut me contredire. Effectivement, dans cet opus, l’histoire laisse la place à l’Histoire littéraire à travers la visite de Saint-Germain et de ses cafés littéraires. 

La nuit de Saint-Germain-des-Prés : Pendant un mois de juin orageux, Nestor Burma est engagé par M. Grandier, représentant une compagnie d’assurances, afin de retrouver des bijoux volés et en voie d’être recelés par Charlie Mac Gee, un noir ancien musicien de jazz devenu caïd et trafiquant de drogue. Burma se rend au Diderot-Hôtel où réside le gangster, mais découvre son cadavre, assassiné. L’enquête impose alors au détective de fréquenter la faune littéraire et intellectuelle qui se presse dans les cafés et les caves du quartier, dont le célèbre Germain Saint-Germain, alias « le fabricant de best-sellers », qui donne une fête dans son appartement, rue Guynemer, en l’honneur de la môme Taxi. Le détective suit une piste qui le mène à retrouver le veilleur de nuit du Diderot-Hôtel, en train de lire « La tête d’un homme » de Simenon dans l’appartement de sa copine. Il ne parvient pas à en tirer grand-chose et, quand il retourne le voir peu après, il retrouve un corps sans vie. Rapidement, le détective file le type à l’allure de veuf qu’il a remarqué sortant de l’immeuble à son arrivée. Le suspect le conduit tout droit au 36 quai des orfèvres, siège de la police. Burma en perd son latin. Quelques jours passent, et le détective trouve sur le paillasson de son bureau un paquet qui contient les bijoux volés, devenus trop compromettants. Puis, les événements se bousculent, car la môme Taxi a disparu. Et toute l’enquête trouve une résolution explosive dans l’appartement de Germain Saint-Germain où tous ceux qui ont un lien avec l’affaire se trouvent finalement réunis... (Wikipédia).

Toute l’histoire tourne autour de la littérature, le roman de Simenon, l’écrivain célèbre, les cafés littéraires et l’on sent que Léo Malet s’est presque plus attaché à décrire la faune fréquentant ces lieux qu’à développer son histoire.

Pour autant, il reste la plume de l’auteur et le plaisir de visiter par procuration ces lieux d’un autre temps.

Le personnage de Nestor Burma n’en demeure pas moins toujours sympathique et l’on prend plaisir à suivre ses aventures, mêmes quand celles-ci ne sont pas forcément à la hauteur du détective.

Au final, même si l’intrigue et son développement ne sont pas d’une extrême efficacité, la découverte du 6ème arrondissement en compagnie de Nestor Burma et son créateur n’en demeure pas moins plaisante.