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Loto Édition
19 février 2017

Harry Dickson - Intégrale Tome 2

cover

Deuxième Tome de l’intégrale des épisodes de « Harry Dickson » écrits par l’auteur belge Jean Ray.

Ce second Tome comprend les 6 épisodes suivants :

– Le mystère du moustique bleu,

– La chambre orange,

– L’esprit du feu,

– Ce paradis de Flower Dale,

– Les Blachclaver,

– L’affaire du Pingouin.

Que dire de plus sur ce second Tome que je n’ai pas déjà dit à propos du premier ? Probablement le très intéressant « avant-propos » signé Jacques Van Herp, un essayiste de science-fiction belge et directeur de collection chez « Marabout ».

Jacques Van Herp livre aux lecteurs de nombreuses informations sur Jean Ray et sa façon d’écrire, débutant par une citation de ce dernier :

« Je me mettais à ma machine à écrire qui pratiquement faisait cela toute seule et moi je n’y étais pour rien. Je pratiquais l’écriture automatique. Cela se déclenchait brusquement à onze heures du soir et, à trois heures du matin, mon Harry Dickson était fini. »

On y apprend également que la longueur d’un épisode de « Harry Dickson » était d’environ 150 000 signes. Ce qui ferait une moyenne de 38 000 signes par heure, ce qui n’est pas démentiel en mode « écriture automatique » pure, ce qui l’est beaucoup plus quand on compte le temps passé à réfléchir à l’histoire et à la mettre en place.

On y apprend également l’une des raisons du fait que j’évoquais dans ma chronique sur le premier Tome : Jean Ray est plutôt un auteur penchant pour le fantastique et, alors que les histoires de « Harry Dickson » se prêtent bien souvent à ce genre, la plupart du temps, la solution de l’enquête se trouve dans le « rationnel ». Pourquoi ? Tout simplement parce que les aventures du détective étaient principalement destinées à des adolescents et que les ligues laïques veillaient au contenu des écrits...

Pour le reste, je vous laisse découvrir les propos de Jacques Van Herp.

Revenons-en à ce qui nous intéresse le plus : le texte.

Six nouvelles, dont cinq plutôt classiques, et une revenant sur la jeunesse du détective.

On apprécie, là encore, la plume de l’auteur, d’autant plus lorsque l’on sait que ceux-ci ne souffraient quasiment jamais d’une relecture (l’auteur n’en avait pas le temps et l’éditeur faisait des économies), que Jean Ray ne s’attardait même pas à chercher un mot, préférant utiliser un mot moins approprié, mais qui lui venait immédiatement afin de ne pas perdre de temps, de ne pas perdre le fil, de ne pas perdre l’inspiration...

Lorsque l’on imagine que les textes publiés étaient des « premiers jets », on n’ose imaginer la qualité de la prose de Jean Ray s’il avait eu tout loisir, ensuite, de purger ses textes des scories, de revoir certaines ponctuations, de chercher des mots plus adaptés...

Et que dire si l’éditeur avait bien fait son travail et que certaines coquilles ne vinssent, au mieux, troubler la lecture, au pire, changer le sens de certaines phrases.

Car, dans l’état, les aventures de « Harry Dickson » sont déjà très savoureuses et, parfois, on se surprend à constater l’excellence de certaines descriptions, même, s’il est vrai, que Jean Ray utilisait ses longues descriptions comme des temps de repos pour son subconscient, avant de reprendre le cours de son aventure.

On retrouve de tout dans ces six histoires, un peu de fantastique, un peu de nostalgie, un peu d’aventures exotiques, de l’action, du danger, des monstres...

Au final, en tant que lecteur, on ne peut que tomber sous le charme du personnage et, surtout, de la plume de son auteur. En tant qu’auteur, on ne peut qu’être ébahi par le travail de Jean Ray au vu des conditions dans lesquelles il écrivait. Dans les deux cas, les aventures de « Harry Dickson » forment incontestablement un pan majeur de la littérature populaire que, malheureusement, beaucoup ont oublié. 

À l’époque où certains auteurs deviennent riches en produisant un roman par an, on a fini par oublier ceux qui avaient du mal à survivre malgré une production incroyable...

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