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Jacques Bellême est un auteur assez énigmatique puisque l’on ne connaît de lui que quelques pseudonymes dont, le plus utilisé pour écrire des romans policiers, est H. R. Woestyn.

C’est sous ce pseudo qu’il a beaucoup œuvré dans les différentes collections des éditions Ferenczi.

Effectivement, nombreux sont les romans portant sa signature.

Cette chronique portera sur l’un de ses titres :

Une fête qui finit mal : Suite à un terrible concours de circonstances, le joaillier Salnave, pensant vendre à une cliente une parfaite copie d’un magnifique collier, se rend compte qu’en fait de copie, c’est l’original dont il s’est délesté. L’acheteuse accepte, de bon cœur, de ramener la parure directement à l’échoppe, mais, au moment de la restitution, le bijoutier constate avec effroi que les pierres sont fausses. Assuré de la bonne foi de la personne, Salnave accepte d’attendre quarante-huit heures avant de prévenir la police et que le scandale éclate…

Jacques Bellême est un auteur à l’aise dans les formats courts, il nous l’avait déjà démontré avec l’exercice de style consistant à proposer des micros romans policiers autour du personnage de l’inspecteur Pinson dont le recueil a été édité chez OXYMORON Éditions.

Qui peut le moins peut le plus, et il n’y a rien d’étonnant, puisqu’il était capable de mener une intrigue sur 3 000 mots, qu’il eut pu le faire sur 12 000.

« Une fête qui finit mal » est une intrigue qui tient sur un quiproquo mêlé à des coïncidences.

Alors qu’un joaillier vient de recevoir une copie parfaite d’un collier de prix et qu’il examine les deux bijoux, son assistant, souffrant d’un rhume, éternue et brise les deux colliers dont les pierres se mélangent au sol. Le joaillier se baisse pour ramasser le tout, mais, se faisant, il fait tomber ses binocles et les écrase (pas de bol, jusque là). Étant myope comme deux taupes (il a deux yeux), il demande à son assistant d’aller chez l’opticien lui faire changer ses verres. C’est le moment que choisit une cliente pour entrer dans la boutique et réclamer un faux collier pour une réception. Le bijoutier, qui ne veut pas manquer une vente, recompose un collier avec ce qu’il pense être les fausses pierres... manque de bol, il lui a vendu les vraies.

Lors de la fête costumée pour laquelle la femme a acheté le collier, un charmant Italien de ses amis, admire son collier et lui assure que les pierres sont vraies. Pour l’en convaincre, il lui propose d’amener, après la fête, expertiser le bijou auprès d’un ami à lui.

Quand l’assistant du joaillier rend visite à la cliente pour lui expliquer l’erreur commise, celle-ci lui dit qu’elle ramènera le collier à la boutique dès que son ami lui rapportera. Mais quand elle montre le collier au joaillier, celui-ci constate que les pierres sont fausses...

On comprend bien que la chose est peu crédible à la base, mais, peu importe, cela n’empêche pas de suivre avec plaisir les mésaventures de ce collier et de son voleur.

H. R. Woestyn, alias Jacques Bellême, nous livre une première scène non dénuée d’humour avec cet assistant éternueur.

Il délaisse, ensuite, joaillier et assistant pour se consacrer au voleur et à son complice et au jeu de dupes auquel les deux personnages vont se livrer pour flouer l’autre de sa part du butin.

Si l’intrigue ne vole pas très haut, la narration est suffisamment rythmée pour que la lecture de cette histoire soit prenante. La plume et la courte taille du texte font donc que le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer.

L’on s’amuse, d’abord, de la maladresse de l’assistant du joaillier, puis de rapacité des deux brigands.

Au final, sans parvenir à des sommets, ni par la plume ni par l’intrigue, Jacques Bellême nous livre tout de même une histoire qui remplit son office puisque le plaisir de lecture est présent jusqu’au bout.