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38e enquête du commissaire Odilon Quentin de Charles Richebourg.

Je ne m’attarderai pas sur l’auteur, dont le véritable nom est inconnu.

Le doigt de la morteLe docteur Raoul de Montford, titulaire de la chaire d’anatomie à la Faculté des Médecine et membre de l’Académie des Sciences, a reçu, par courrier, dans une petite boîte, la phalange de l’auriculaire d’une jeune fille. La lettre accompagnant le colis enjoint, sur un ton railleur, le professeur, de deviner à qui le bout de doigt appartient. Pensant d’abord à une mauvaise blague d’un de ses étudiants, le médecin décide de faire appel à la police et c’est le commissaire Odilon Quentin qui est chargé de l’affaire…

Tout part de ce qui pourrait être une simple blague de carabin, un professeur de médecine reçoit un colis avec un doigt coupé et une lettre le mettant au défi de trouver l’identité de la propriétaire du doigt, lui qui se vante d’être si doué.

Effectivement, la lettre laisse à penser à une vengeance d’un élève déchu, mais le commissaire Odilon Quentin ne s’arrête pas aux évidences et va mener son enquête en lançant ses hommes, comme à son habitude, sur les différentes pistes qui s’offrent à lui.

Avec la police scientifique (qui, déjà, à l’époque, dans les années 50, rendait de grands services), le commissaire connaît la marque et le modèle de la machine à écrire avec laquelle a été tapée la lettre accompagnant le doigt. Par le spécialiste de la médecine légale, il confirme l’âge approximatif de la propriétaire du doigt, son problème de manque de calcium provoquant, probablement, des problèmes de dents, et le fait que le doigt a probablement été coupé par un boucher (aux dires du médecin légiste). Malheureusement, les impressions entrent en contradiction. La lettre mènerait à un élève en médecine, l’étude du doigt à quelqu’un qui n’a pas la pratique de la médecine et qui use d’objets tranchants bien plus épais qu’un scalpel, genre, couteau de boucher.

Encore une fois, Charles Richebourg nous propose une histoire mettant en scène la misère humaine et aussi les aspects plus sombres de la société et des gens. Il ne traite pas de crimes spectaculaires ni de monstres, juste des petits crimes commis par des gens « ordinaires »...

Son commissaire est à l’image des enquêtes, à la fois ordinaire et humain, et son travail est au diapason du policier, ordinaire et humain. Le policier n’est pas un grand détective de romans policiers, comme il aime à le répéter, mais un fonctionnaire de la justice qui s’appuie sur les faits et non sur des déductions à la limite de la divination.

C’est ainsi que le commissaire Odilon Quentin quitte rarement son bureau puisqu’il organise tout à partir de ce point central et laisse les tâches actives et physiques à ses hommes.

On suit donc le cheminement d’une enquête classique que le commissaire pilote depuis ses quartiers, laissant les tâches subalternes à son équipe.

Le policier aura plusieurs pistes à suivre. Il les écartera au fur et à mesure pour ne conserver que la bonne, comme à son habitude.

Au final, c’est presque lassant de répéter à chaque fois que je ne suis jamais déçu avec les enquêtes d’Odilon Quentin, mais, que voulez-vous, c’est ainsi : je ne suis jamais déçu avec les enquêtes du Commissaire Odilon Quentin !