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Troun de l’air ! Vaï ! Vous allez finir par savoir qui est Marius Pégomas, ce pitchounet, pas moinss !!! Non, mais, qué Pastis !

Bon, cette énumération quasi exhaustive des expressions plus ou moins réellement marseillaises utilisées par Pierre Yrondy n’ont d’autre but que de varier un peu les introductions inhérentes aux critiques que j’ai pu écrire sur les différents titres de la série « Marius Pégomas, détective marseillais » développée par l’inénarrable Pierre Yrondy dont l’humour n’a d’égal que le mystère entourant sa vie (pour nous, pauvres lecteurs d’aujourd’hui, car j’aime à penser que les lecteurs d’hier en savaient un peu plus que nous... ou, peut-être, n’en avaient rien à faire !).

Bon, Marius Pégomas est un détective marseillais né en 1936 et qui vécu 35 aventures sous le format fasciculaire 32 pages, double colonne (à peu près 13 000 mots), parues aux éditions Baudinière.

Pierre Yrondy est principalement connu pour cette série et la précédente, « Thérèse Arnaud, espionne française » parue en 1934 dans le même format et chez le même éditeur, mais pour un peu plus de 60 aventures.

Pierre Yrondy est également l’auteur de pièces de théâtre, de quelques romans et fut journaliste et directeur de théâtre.

Marius Pégomas est un détective marseillais loufoque, au comportement souvent étrange, mais qui parvient à dénouer toutes les intrigues, soit seul, soit avec la participation de ses amis le docteur Mercadier, Titin, son beau-frère, Bouillabaisse, son mécano et Flora, sa femme.

 

UN CIMETIÈRE DANS UN JARDIN

 

M. Babylas Maurillo est dans un drôle de pétrin. Après avoir découvert une main en bêchant son jardin et averti les gendarmes, les investigations de la police ont mis à jour pas moins de trois squelettes dans son potager.

 

Le juge d’instruction, pressé de conclure une affaire d’importance et de démontrer son savoir-faire, ne tarde pas à arrêter le malheureux rentier qui se voit accusé des pires maux.

 

Il ne lui reste plus qu’une seule chance de sauver sa tête : prouver son innocence !

 

Du moins, c’est ce que lui affirme le docteur Mercadier, médecin réputé qui se trouvait en vacances dans la région et que la curiosité a fait se déplacer sur les lieux de la macabre découverte.

 

Et, quand on sait que le docteur Mercadier est l’ami très proche du célèbre détective marseillais Marius PÉGOMAS, nul doute que ce dernier va mettre son grain de sel dans cette enquête, au grand dam du grand magistrat…

Babylas Maurillo, un rentier qui n’a d’autre chose à faire que de voyager, profite d’être chez lui pour faire de l’exercice en bêchant son jardin.

Malheureusement pour lui, il déterre une main.

Re malheureusement pour lui, il prévient la gendarmerie.

Rere malheureusement pour lui, M. Pipette, le juge d’instruction, qui chercher depuis longtemps l’affaire complexe qui lui permettra de démontrer ses facultés, va faire fouiller ledit jardin.

Rerere malheureusement pour lui, les fouilles vont faire apparaître trois squelettes dans ledit jardin.

Rererere malheureusement pour lui, M. Pipette va jeter ses suspicions sur lui.

Rerererere malheureusement pour lui, M. Pipette va finir par le faire arrêter.

Mais, heureusement pour lui, le docteur Mercadier était en vacances près de chez lui.

Re heureusement pour lui, le docteur Mercadier, attiré par sa curiosité, va se mêler aux fouilles.

Rere heureusement pour lui, le docteur Mercadier est un très grand ami du détective marseillais Marius Pégomas.

Rerere heureusement pour lui, Marius Pégomas va intervenir.

Pierre Yrondy nous livre une nouvelle fois une intrigue assez classique (rappelons que sur 13 000 mots il est difficile de proposer une intrigue échevelée), menée avec légèreté et humour.

Mais, si humour il y a, une nouvelle fois, il vient du personnage de Mercadier, presque plus présent que celui de Marius Pégomas.

Ce dernier se contente de mener son enquête avec une telle discrétion que même le lecteur ne s’en aperçoit guère.

Il faut dire que sur un texte si court, dès que l’auteur veut présenter une situation, cerner un point, il lui faut alors délaisser une autre partie de son histoire, en l’occurrence, ici, son personnage principal.

Peu importe, on a vu depuis presque une dizaine d’épisodes que l’auteur avait effectué un virage et qu’il se focalisait moins sur les frasques de son personnage principal pour s’occuper un peu plus de l’ambiance « enquête ».

De plus, dans le même virage, l’auteur a mis de côté les particularités, parfois étranges, de sa plume comme les métaphores tout aussi hasardeuses que les changements brutaux de temps de narration et/ou les découpes à la hache de certaines phrases.

Si cela confère une ambiance plus ordinaire qu’auparavant, cela atténue également un peu le sel de la série (les métaphores étaient souvent un peu tirées par les cheveux, mais elles donnaient un petit côté kitch et loufoque à l’ensemble).

Pour autant, Pierre Yrondy conserve la légèreté de ses aventures et son humour plus ou moins appuyé.

On constate que, bien qu’il change parfois de juge d’instruction ou de commissaire (en fonction de la région où l’intrigue se déroule) ceux-ci conservent les mêmes travers (obtus, ego démesuré, mauvaises intuitions...), mais l’auteur l’assume puisqu’il le fait remarquer par son personnage principal en cours de route.

Pour autant, le plaisir de lecture est toujours là et il faut en profiter, car il ne reste plus beaucoup d’épisodes à découvrir et une chose est certaine, l’auteur n’en écrira pas de nouvelles !

Au final, un épisode plaisant et facile à lire qui mélange tous les bons ingrédients de la série.