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Après une petite pause, retour à la série « Les aventures extraordinaires de Théodore Rouma » de Jean d’Auffargis.

Cette série est initialement parue en 1946 sous la forme de deux volées de 10 fascicules de 24 pages double-colonne contenant des récits indépendants d’environ 12 000 mots aux éditions S.E.B.F.

Derrière l’auteur, Jean d’Auffargis, se cache en fait un dénommé Maurice Laporte, fondateur, en 1920, des Jeunesses Communistes Françaises avant de devenir, par la suite, foncièrement anticommuniste et d’avoir même collaboré avec les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale.

À la libération, Maurice Laporte s’exila en Suisse pour éviter d’avoir à assumer ses actes et c’est de là, probablement, qu’il fit publier cette série.

Au début de ma lecture de cette série, j’aurais dit « c’est de là qu’il écrivit cette série ».

Mais, au fur et à mesure de la lecture des différents épisodes, en analysant les dates parsemant les textes, j’ai eu l’intime conviction que ces récits ont été écrits plutôt avant la guerre, mais n’ont été publiés qu’après.

Cette impression est renforcée avec ce 11e épisode, publié dans la foulée des autres alors que le récit débute en expliquant que Théodore Rouma s’est absenté de France pendant un certain temps.

LES MILLIONS DE LA PRINCESSE

Thédore ROUMA, le célèbre cambrioleur, n’avait pas prévu de s’éprendre de la propriétaire de la banque qu’il s’apprête à dévaliser !

Il n’entrait pas dans ses plans, non plus, d’ajouter un acte patriotique à son palmarès !

Mais quand le hasard se mêle à votre existence, il peut aussi bien vous pousser d’un toit et vous jeter dans les bras d’un puissant amour…

Théodore Rouma est de retour en France sous la personnalité de Sir Jame Hills. Il a pour projet de cambrioler un coffre dans la Banque Bollini.

Mais son attention est attirée par une belle jeune femme. Il la suit jusqu’à la fameuse banque, car il s’agit de la princesse Luteszia Bollini en personne.

Alors qu’il passe la soirée avec la jeune femme, il n’en décide pas moins de mettre son plan à exécution.

Un soir, il passe par les toits avec un de ses hommes et pénètre dans la banque. Alors que les deux hommes s’apprêtent à repartir avec le contenu du coffre, des agents de sécurité les repèrent, le comparse de Rouma a le temps de fuir, mais pas Théodore qui va devoir se débrouiller autrement…

C’est un classique dans les aventures de Théodore Rouma : un épisode ; un grand amour.

Certes, ce concept est un peu ridicule, du moins, à l’heure actuelle, mais peut-être était-ce une façon de s’assurer un lectorat féminin à l’époque ?

Toujours est-il que ni l’auteur ni le personnage ne déroge à cette sacro-sainte règle. Et, quand le hasard s’y met et jette entre les pattes de Théodore, la propriétaire de la banque qu’il compte cambrioler, on se demande comment Théodore Rouma va s’en sortir.

Classique, donc, dans son fil rouge, ce récit de 12 300 mots l’est tout autant dans son intrigue.

D’ailleurs, on pourra rapprocher, par l’intervention patriotique de Théodore Rouma, ce premier épisode de la seconde volée magnifiquement illustrée par Brantonne, par le tout premier épisode « Le Mystère du Cercle Rouge » dans lequel, aussi, Théodore Rouma finissait par rendre service à la France.

En dehors de cela, la plume de l’auteur me semble quelque peu moins alerte, légèrement moins teintée d’humour (ou bien est-ce que j’ai trop espacé ma lecture des deux parties de la collection ?)

De ce fait, si l’ensemble se lit agréablement, il ne possède pas le charme de certains épisodes comme « L’assassin ne fume que des Gauloises ».

Dommage !

Mais, peut-être est-ce dû, comme je le soupçonne, au fait que les épisodes ont été écrits à des dates différentes.

Au final, si la deuxième partie de la série bénéficie de l’excellent travail de l’illustrateur Brantonne, le texte de cet épisode, lui, ne s’élève pas au même niveau de qualité, mais offre tout de même un bon moment de lecture.