CouvLAB

La littérature populaire fasciculaire doit beaucoup aux auteurs, bien évidemment, mais on oublie souvent de mettre en avant l’immense attrait que pouvaient avoir les couvertures de ces ouvrages bien souvent nées de la main d’illustrateurs (même si certains éditeurs faisaient plutôt appel à des photographes).

On nommera, sans conteste, des artistes tels Gil Baer, Maurice Toussaint, René Brantonne, Claudel, Gino Starace, Henri Armengol, Georges Sogny, Louis Maîtrejean… et bien d’autres.

Mais parfois, les illustrateurs passaient de l’autre côté de la barrière et se mettaient à écrire.

C’est le cas, semblerait-il (je manque d’information sur la personne), de Eck Bouillier (1887-1945).

Effectivement, Eck Bouillier semble plutôt réputé pour ses dessins, mais il est également l’auteur d’au moins deux récits fasciculaires, « L’affaire du Rapide 23 » et « L’agence Bakerson », tous deux parus dans la collection « Aventures Policières » des éditions Rouff en 1937.

C’est au second de ces titres que je m’intéresse aujourd’hui.

L’AGENCE BAKERSON

Le grand détective Walter Morris, en vacances à Cannes, y croise M. Barlett, un riche homme d’affaires qu’il avait jadis débarrassé d’une bande d’escrocs et de maîtres chanteurs.

Ravi de retrouver son sauveur, M. Barlett invite son ami à passer un peu de temps en sa compagnie et à s’installer, à ses frais, dans le Castel Garibaldi, un luxueux hôtel.

Après une balade dans les environs, Walter Morris, pris d’un curieux pressentiment, décide de rentrer plus tôt que prévu dans sa chambre et constate que celle-ci a été fouillée.

Très vite, d’autres clients de l’auberge, dont M. Barlett, s’empressent dans le bureau du directeur de l’établissement pour se plaindre d’avoir été cambriolés.

Le point commun entre les victimes, elles sont toutes descendues dans le Castel sous le conseil de l’agence de voyages Bakerson…

Un détective américain de renom et à la longue carrière, vient passer des vacances à Cannes où il rencontre un ancien client, un riche homme d’affaires à qui il retira une grosse épine dans le pied.

Celui-ci, ravi de le revoir, l’invite à prendre une chambre dans l’hôtel dans lequel il est descendu et de passer quelques jours en sa compagnie.

Mais, au retour d’une balade, le détective découvre que sa chambre a été cambriolée, ainsi que celle de son ami… et d’autres clients.

Alors que les victimes se plaignent au directeur, le détective entend l’un d’eux dire que c’est l’agence Bakerson qui lui a conseillé l’établissement… tout comme ce fut le cas de son ami…

La collection « Aventures Policières » se présente sous un format très proche de la collection « Romans pour la Jeunesse » du même éditeur Rouff, éditeur également de nombreux magazines jeunesse dans lesquels José Moselli, entre autres, a beaucoup œuvré.

Rien d’étonnant donc que, d’une part, on y retrouve Eck Bouillier, illustrateur jeunesse et que le style de son récit soit également très proche de ces récits pour un jeune public.

Pour autant, il faut bien avouer que même en direction de la jeunesse, ces récits d’aventures ou policiers ne sont pas tellement différents dans le ton de ceux destinés au public plus large de l’époque.

Sur un peu plus de 12 500 mots, l’auteur nous propose une histoire relativement simple d’un détective américain aux prises avec une bande de rats d’hôtel qui sévit dans tout l’hexagone.

Rien de bien transcendant, donc, mais un récit qui se lit pourtant sans déplaisir puisqu’il incorpore une petite dose d’aventures et compense la simplicité de l’intrigue par un brin d’humour que l’on retrouve jusqu’au bout.

Au final, petit récit policier d’aventures sympathique à défaut d’être inoubliable.