CouvJD04

Jack Desly est un personnage récurrent né de la plume de Henry Musnik, sous le pseudonyme de Claude Ascain et inspiré de l’imagerie du cambrioleur mondain popularisé par Maurice Leblanc et son héros Arsène Lupin.

Pour rappel, Henry Musnik, né au Chili à la fin du XIXe siècle, fut un immense pourvoyeur de la littérature populaire, notamment celle fasciculaire, à travers le nombre impressionnant de récits qu’il écrivit sous de nombreux pseudonymes (Claude Ascain, Pierre Olasso, Alain Martial, Pierre Dennys, Jean Daye, Gérard Dixe…).

Si Henry Musnik s’essaya à différents genres littéraires, c’est surtout sur le monde du polar qu’il se concentra.

Pour ce faire, il fit vivre de nombreux personnages récurrents, calqués, pour la plupart, sur les images d’Épinal du policier, du détective ou encore du cambrioleur mondain.

Jack Desly vécut 25 aventures, toutes regroupées au sein de la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi, à partir de 1937 dont certaines furent rééditées une quinzaine d’années plus tard dans la seconde série de la collection « Police et Mystère ».

Jack Desly est donc un cambrioleur mondain, jeune, charmant, courageux, charitable, aidé, parfois, par son majordome Annamite Nan-Dhuoc et sans cesse poursuivi par l’inspecteur Arthème Ladon.

LA DOUBLE GAGEURE

Yabok, triste sire ayant de multiples activités louches dont celle d’usurier, a prêté beaucoup d’argent à Jacques Dufresne en attendant d’hériter de son riche oncle, Achille Leroy.

Mais la donne change quand le vieillard choisit de transmettre tous ses biens à Sylviane, sa belle et tendre nièce.

Or, pour s’assurer d’être remboursé, Yabok propose au neveu d’échanger le testament rangé dans le coffre-fort du tonton.

Pour ce faire, il paye grassement l’insaisissable cambrioleur Jack DESLY pour le compte duquel il sert parfois de receleur.

Après avoir réussi tant bien que mal sa mission, en lisant le document, Jack DESLY comprend qu’il vient de spolier la séduisante Sylviane que le hasard lui a déjà permis de croiser.

Aussi décide-t-il de restituer l’enveloppe à Achille Leroy.

Trop tard, celui-ci est mystérieusement décédé durant la nuit…

Jack Desly est contacté par un de ses receleurs, le machiavélique Yabok, pour échanger, dans le coffre-fort d’un riche homme, son testament avec un contrefait, permettant à oisif neveu de ce dernier d’hériter de la fortune du bonhomme. Ce qui permettra à Yabok de récupérer, avec les intérêts, l’argent prêté au neveu et qui lui aurait filé sous les doigts depuis que le tonton a décidé de tout léguer à sa belle et jeune nièce.

Le soir du cambriolage, alors qu’il est sensé être tranquille et seul dans la demeure du vieux, il est surpris par le retour inopiné du tonton et de la nièce. Heureusement, Jack Desly a eu le temps de faire l’échange. Malheureusement, sa retraite est coupée. Aussi, se cache-t-il dans le placard d’une chambre de l’étage, mais il y est surpris, par la nièce qui le menace d’un revolver. Comme le hasard fait bien les choses Jack et Sylviane (la nièce) se rendent compte qu’ils se sont déjà croisés quand la jeune femme eut une panne de voiture et que Jack lui portât assistance. Séduite et confiante, Sylviane laisse partir Jack.

Une fois chez lui, Jack Desly décide d’ouvrir le testament et se rend compte que celui-ci nommait Sylviane comme héritière. Ne voulant pas spolier la jeune femme de son héritage, le lendemain, il fait passer un message en vieux pour lui donner rendez-vous afin de lui remettre son testament. Mais, au rendez-vous, c’est Sylviane qui se pointe, son oncle est mort mystérieusement dans la nuit.

Nouvelle aventure de Jack Desly, nouvelle idylle qui se noue (les auteurs de littérature populaire sont bien romanesques).

Dans ce court récit de 18 000 mots, Claude Ascain nous livre un Jack Desly étrangement infidèle à ses habitudes et qui accepte, naïvement, d’échanger des testaments pour le seul appât de la récompense promise, sans se soucier contre qui et surtout, au profit de qui il agit.

Heureusement, chassez le naturel et il revient au galop et quand Jack se rend compte de son erreur, il va tout faire pour la réparer, mais le mal est déjà fait.

On retrouve donc un Jack Desly tout aussi séduisant et charmeur, un Arthème Ladon, l’inspecteur sans cesse à ses trousses, toujours aussi obstiné et malchanceux, une jeune femme à séduire… et Nan-Dhuoc qui, malheureusement, n’est jamais assez mis en avant.

Pas de temps mort, bien sûr, dans cette histoire, du fait de sa concision, même si on note, à la fin, que celle-ci fait partie d’un diptyque qui se poursuivra dans le prochain numéro, comme on le constatera dès les premières lignes du prochain épisode.

Bien entendu, encore une fois, l’intrigue est légère, simple, du fait de la concision du format et uniquement propice à développer un récit plus tourné vers l’action avec un brin de sentiments comme il est de coutume dans la série et dans le genre.

Plutôt plaisant à lire, on remarquera que l’inspecteur, cette fois-ci, est un peu ridiculisé.

La plume est alerte, la narration au diapason et on remarque avec plaisir, au fil des épisodes, que l’auteur qui avait bien du mal dans le format très court du fascicule de 32 pages s’épanouit bien mieux dans celui de 64 pages.

Bien sûr, pour connaître la fin de l’histoire, du moins, de l’intrigue dans l’intrigue, on plongera immédiatement dans l’épisode suivant, ce que je fais de ce pas…

Au final, légèrement en deçà des épisodes précédents, mais agréable à lire, cette aventure de Jack Desly incite le lecteur à sauter sur l’épisode suivant et pas seulement pour découvrir la fin de l’histoire.