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« La treizième heure » est une enquête de l’inspecteur Machard, un personnage né de la plume de Maurice Lambert, de son vrai nom Georges Duvic, alias Géo Duvic, un écrivain et chansonnier né en 1900 et mort en 1968.

Les enquêtes de l’inspecteur Machard, tout comme celles du commissaire Mazère, un autre personnage récurrent du même auteur, se présentent à l’origine sous la forme de fascicules de 32 pages contenant des textes indépendants d’environ 10 000 mots.

Les enquêtes de l’un et de l’autre furent publiées entre 1942 et 1946, chez divers éditeurs et dans diverses collections (« Police Express » chez A.B.C. ; « Énigma » chez Nicéa ; « Ici Police » et « Allo Police » ou encore « Collection Rouge » chez Janicot.

« La treizième heure » fut publié en 1942 sous la forme d’un fascicule de 32 pages contenant un récit indépendant de 12 000 mots.

LA TREIZIÈME HEURE

Minuit !

L’heure du crime ! Celui d’Arsène Courteau, un immonde maître chanteur, abattu d’une balle dans la tête par une personne à qui il avait ouvert les volets et la fenêtre de son bureau.

L’inspecteur MACHARD, chargé de l’enquête, n’ignore pas que les ennemis de ce genre d’individus sont nombreux… ce qui multiplie les suspects potentiels.

Pourtant, MACHARD va parvenir à démasquer le coupable en une journée !

Minuit, l’heure du crime, mais également celle de l’arrestation de l’assassin !

L’inspecteur Machard est chargé de découvrir qui a abattu Arsène Courteau, un maître chanteur notoire. Le témoignage du domestique de la victime démontre que le meurtre a eu lieu à minuit pile.

Ainsi, l’inspecteur Machard va devoir trier, parmi les nombreux ennemis du défunt, ceux qui ont un alibi pour l’heure du crime et ceux qui n’en ont pas.

Malgré la lourde charge apparente, à Minuit, le lendemain, l’inspecteur Machard va passer les menottes au coupable…

On sait désormais que Maurice Lambert était un des rares auteurs à parfaitement maîtriser le format fasciculaire de 32 pages, un format très contraignant dans lequel les auteurs peinent à s’épanouir.

La lecture des enquêtes de l’inspecteur Machard ou du commissaire Mazère démontre donc que Maurice Lambert gérait parfaitement sa narration pour l’adapter au format et, qu’en plus, il maîtrisait aussi les codes du genre policier.

Ainsi, on ne sera pas surpris, en lisant d’autres titres de l’auteur, que les défauts, si défauts il y a, dans ces récits, soient à compter dans ceux inhérents au genre [intrigue légère, personnages peu fouillés, aveux rapides du coupable, intervention fréquente du hasard…] ou bien, à une intrigue moins intéressante que d’autres.

C’est un peu le cas dans cet épisode qui, si la maîtrise du genre et du format n’est pas à remettre en cause, pèche un peu par une intrigue moins passionnante et une ambiance qui n’atteint pas les sommets de certains titres de l’auteur.

Non pas que l’ensemble soit indigeste, non, le récit s’avère est bien meilleurs que la plupart de ceux que l’on peut trouver dans le format, mais il est tout de même un peu en deçà des meilleurs récits de l’auteur.

La faute au titre, probablement ou, du moins, aux espérances qu’il fait naître chez le lecteur à propos du mystère autour de cette treizième heure sonnée à minuit.

Car, du moins, ce fut mon cas, je n’avais pas deviné l’origine de cette treizième heure et j’avais hâte d’en connaître l’origine. Du coup, je fus un peu déçu par la solution, d’autant qu’elle était probablement devinable…

Sinon, l’auteur nous offre plusieurs suspects possibles, plusieurs fausses pistes, un rebondissement final. Mais il manque un petit je ne sais quoi pour hisser cette enquête au sommet.

Mais ne boudons pas notre plaisir, et je chipote un peu, car je ne peux pas être toujours dithyrambique avec cet auteur, sinon, je n’aurai plus rien à dire.

Au final, un bon récit policier et, si on est difficile, on peut ajouter que récit est légèrement inférieur aux meilleurs écrits par Maurice Lambert.