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Loto Édition
1 août 2021

Le bouchon de cristal

Sans titre 1

Je poursuis ma découverte des aventures du célèbre Arsène Lupin avec « Le bouchon de cristal ».

Autant l’avouer, j’ai honte. Honte d’être un passionné de littérature populaire depuis de nombreuses années et d’avoir mis tant de temps à découvrir la genèse du personnage.

Honte d’avoir si longtemps clamé que des personnages tels Théodore Rouma, Robert Lacelles, Jack Desly, Mandragore… étaient des clones d’Arsène Lupin. À peine sont-ils de vagues inspirations…

Honte d’avoir attendu de voir la série avec Omar Sy (elle aura au moins servi à cela même si j’avais apprécié la première partie, moins la seconde) pour me plonger dans l’œuvre originale afin de comprendre les références des épisodes.

Honte, enfin, de confesser que ma réticence à lire ces récits n’était pas justifiée, loin de là. Effectivement, j’ai dû mal à apprécier ce que tout le monde adore et à détester ce que tout le monde rejette. En clair, je n’aime pas bêler avec les moutons ni hurler avec les loups.

Et ce trait de caractère, même s’il me permet de faire des découvertes que jamais je n’aurai faites en me contentant de suivre la masse, ne m’est pas toujours bénéfique. Car, il y a des inconvénients à toute posture, et, à cause de celle-ci, j’ai failli passer à côté des enquêtes du commissaire Jules Maigret et, du coup, des aventures du génial cambrioleur Arsène Lupin.

Mais revenons à nos moutons et à nos loups.

Arsène Lupin est un personnage né de la plume de Maurice Leblanc (1864 - 1941).

Arsène Lupin apparaît pour la première fois dans la nouvelle « L’arrestation d’Arsène Lupin » dans le magazine « Je sais tout » en juillet 1905.

Débuter la carrière d’un tel personnage par son arrestation, voilà qui n’est pas banal. L’inspecteur Ganimard est de la partie et deviendra dans l’esprit des gens comme l’antagoniste principal du cambrioleur. Pourtant, il n’en est rien ou du moins, il ne l’est pas seulement.

Effectivement, après son évasion, Arsène Lupin va avoir une carrière littéraire extraordinaire.

Les nouvelles et les romans vont s’enchaîner suite au succès, mais également les ennemis.

Car, si Conan Doyle n’a créé le personnage de Moriarty, ce génie du mal, uniquement pour que son héros ne meure pas de la main de n’importe qui, Maurice Leblanc, lui, avait compris qu’une lutte n’est belle que si les deux combattants sont d’un niveau comparable.

Et, alors, d’histoire en histoire, d’aventure en aventure, Arsène Lupin va se confronter à des ennemis presque aussi intelligents que lui, tout autant machiavéliques, plus dangereux, car, eux (pour certains, du moins), n’hésitent pas à tuer.

Et à chaque fois qu’Arsène Lupin met son adversaire définitivement à terre, le lecteur se dit que jamais il ne rencontrera une telle opposition.

Mais à chaque fois, l’auteur parvient à mettre sur la route de son héros un être encore plus terrible.

Et c’est une nouvelle fois le cas dans « Le bouchon de cristal », paru en feuilleton dans « Le Journal » en 1912.

Le bouchon de cristal :

Quel secret recèle ce bouchon de cristal tant convoité ? Pourquoi certains iraient-ils jusqu’au meurtre pour se le procurer ? Arsène Lupin mène l’enquête. Et notre brillant gentleman devra user de tout son brio pour faire échouer les plans d’un adversaire… redoutable !
Arsène Lupin, le génial, l’invincible Lupin, acculé à se défendre !
Lupin bafoué, Lupin ridiculisé par un insaisissable adversaire ! Le gentleman-cambrioleur sur le point d’être livré à la police ! Comment les rôles ont-ils pu être à ce point renversés ?
Ses complices ont été arrêtés, condamnés. Déjà la guillotine dresse son ombre sinistre sur le boulevard Arago. Un innocent va payer de sa vie sa confiance en Lupin…
Pour le sauver, un seul moyen : s’emparer du bouchon de cristal, l’arracher à l’adversaire qui se croit le maître du monde, provoquer l’effondrement d’un ennemi triomphant.
Et Lupin acculé, démasqué, terrassé, Lupin se redresse soudain ! Lupin redevient Lupin ! Lupin avec sa fougue, avec son éternelle jeunesse, Lupin contre-attaque !...

Lupin, pour une première fois, participe à un coup qu’il n’a pas organisé, mais qui lui a été apporté par deux de ses hommes, Vaucheray et Gilbert. Et comme il aime beaucoup le petit Gilbert et qu’il a confiance en lui, il accepte de cambrioler la demeure du député Daubrecq. Mais, alors qu’il s’occupe d’évacuer les meubles, Arsène entend un coup de feu. Vaucheray a abattu l’homme de confiance du député, qui se trouvait dans la maison alors qu’elle devait être vide. L’homme a eu le temps de prévenir la police par téléphone. Puis il surprend Vaucheray et Gilbert en train de se battre tandis que la police cerne la maison. Impossible de fuir. Cependant, Arsène Lupin y parvient non sans que Gilbert ait le temps de lui donner un objet : un bouchon de cristal.

Mais le bouchon de cristal lui sera volé, chez lui, sans qu’il ne comprenne comment ni ce qu’il représente. Tout juste sait-il que cet objet a une importance immense, au point que Gilbert ait pris le risque de lui mentir, au point que quelqu’un se soit introduit chez lui sans laisser de trace pour le lui reprendre, au point que des personnages hauts placés et d’autres, dans l’ombre, cherchent à mettre la main dessus.

Mais pour Arsène Lupin, très vite, le bouchon de cristal va représenter plus que tout la seule monnaie d’échange pour sauver Gilbert de la guillotine.

Maurice Leblanc nous livre une nouvelle fois un roman sans temps mort, avec de multiples rebondissements, de la tension, de l’action, du suspens et de la flamboyance. Il met encore à mal son cher héros qui en voit de toute les couleurs dans sa lutte contre un homme inoffensif en apparence, mais qui se révèle à la fois cruel, intelligent, machiavélique, courageux, violent, qui va lui donner énormément de fil à retordre.

Si l’action prime et prend sa source dans les différents scandales financiers de l’époque, l’auteur n’omettant jamais, à chaque fois, d’ancrer ses récits dans une certaine réalité historique, c’est toujours avant tout et surtout le personnage fantasque d’Arsène Lupin qui fait le sel de tout récit le mettant en scène.

Car Maurice Leblanc a créé un des héros les plus complexes de la littérature populaire, un personnage protéiforme de par sa faculté à se déguiser, certes, mais un personnage tout aussi multiple dans son comportement de tous les jours. Flamboyant, énergique, éternel optimiste (ou presque), égocentrique au possible, charmant, charmeur, tendre, dur, généreux et égoïste à la fois, intelligent, fougueux, courageux, fort, altruiste… les adjectifs ne manquent pas pour le définir.

Et, si l’on se passionne pour le héros, si on s’y attache, on ne peut, en même temps, occulter certains de ses travers (même si dans ce roman-ci, l’auteur ne montre pas trop sa face sombre).

Éternel adolescent jusque dans sa propension à tomber amoureux à tout bout de champ, Arsène Lupin illumine chacun des récits auxquels il participe.

Mais un personnage fort ne fait pas tout et Maurice Leblanc, malgré l’aspect populaire de ses écrits n’oublie pas de proposer une véritable histoire qui tienne debout (du moins pour l’époque), exaltante et surtout pas simpliste.

En clair et pour conclure, les aventures d’Arsène Lupin sont à conseiller à tous ceux et celles qui méprisent ou méconnaissent (parfois les deux en même temps) la littérature populaire de l’époque afin de leur faire prendre conscience de la richesse de celle-ci.

Au final, un excellent roman, au rythme endiablé, aux multiples rebondissements et mettant en scène un des personnages les plus fantasques et complexes de la littérature populaire.

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