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José Moselli est le genre d’auteurs méconnus et dont, pourtant, il faudrait presque toute une vie pour lire l’ensemble de sa production.

Effectivement, sous différents pseudonymes, dont Jacques Mahan ou Piere Agay, Joseph Théophile Maurice Moselli (1882 -1941) fut un écrivain extrêmement prolifique dont l’ensemble de la production fut destinée à des magazines jeunesse des éditions Rouff, ce qui lui valut le surnom de « écrivain sans livre ».

À partir de 1910, après une jeunesse tumultueuse passée sur les mers et les océans de la planète en tant que mousse, José Moselli décide de se fixer et d’écrire.

Son expérience nourrira sa plume et il développera, en plus de récits d’anticipation, de nombreuses séries d’aventures se déroulant dans le monde entier.

En ce qui concerne la part policière de la production, un genre policier très nettement teinté d’aventures, l’auteur produira plusieurs séries mettant en scène des détectives (« Iko Terouka », « Jean Flair », « M. Dupont », « Tom Browning et Césaire Rabascasse », « Le club des trois »…), mais également des voleurs (« John Strobbins », « Le baron Stromboli »…)

Ces séries, pour certaines, s’étalèrent sur plus de 20 ans à raison d’une page ou deux tous les jeudis (les hebdomadaires jeunesse paraissaient, à l’époque, le jeudi, le jour sans école).

Quand on décortique toutes ces centaines de pages, on constate qu’en fait de conter une histoire unique interminable, José Moselli avait pour habitude (comme d’autres tel Arnould Galopin, par exemple), d’enchaîner les histoires sans distinction et sans chapitrage ou titrage.

Ainsi, « Browning et Cie », la série qui nous intéresse aujourd’hui, et qui fut publiée entre octobre 1922 et février 1935 dans le magazine le « Cri-Cri », comporte de nombreuses enquêtes des deux personnages principaux, l’Américain Tom Browning et le Bordelais Césaire Rabascasse.

« Les Dents de Diamant » est leur 8e affaire.

LES DENTS DE DIAMANT

Robert Cornil a été trouvé poignardé dans son lit, mais une voisine l’a vu, la nuit précédente, à travers une fenêtre, qui assassinait son oncle, le richissime Van der Gold, dont il était le légataire universel.

Arrêté, malgré sa blessure et ses protestations, Robert Cornil fait appel aux deux détectives Tom BROWNING et Césaire RABASCASSE pour établir son innocence.

Comme à leur habitude, les associés décident d’enquêter chacun de leur côté.

Après quelques jours d’investigations, Césaire RABASCASSE s’étonne et s’inquiète que Tom BROWNING n’ait pas donné signe de vie…

M. Van der Gold, le Roi du Cuivre, a été assassiné chez son neveu, M. Cornil. Ce dernier, également poignardé durant la même nuit et malgré l’absence du corps de son oncle, est arrêté et accusé du crime. Une voisine affirme l’avoir vu commettre le meurtre par la fenêtre donnant sur la chambre de la victime.

Cornil fait appel à Rabascasse et à Browning pour prouver son innocence, leur promettant un gros chèque. Mais les deux détectives ne sont pas convaincus. Pourtant, chacun va mener son enquête de son côté.

Après quelques jours, Césaire Rabascasse s’étonne et s’inquiète de ne pas avoir de nouvelles de son collègue américain…

Nouvelle aventure pour Tom Browning, l’Américain, et Césaire Rabascasse, le Bordelais.

José Moselli, dans ce récit de 23 000 mots, reprend peu ou prou les mêmes recettes que depuis le début.

Ainsi, les deux enquêteurs vont suivre des pistes différentes et, encore une fois, Browning va se faire prendre au piège et sera sauvé par Rabascasse. Mais, si, généralement, ce fait d’armes constitue quasiment la fin de l’histoire, ici, il intervient au tout début de l’histoire et l’on va donc, pour une fois, oserais-je dire, pouvoir assister à une enquête commune de nos deux héros.

L’histoire, bien que se déroulant à Paris, va se terminer au Maroc, besoin d’exotisme et de dépaysement d’un jeune lectorat de l’époque oblige. Ce sera l’occasion, pour l’auteur, de parler de paysages, de peuplades, bien méconnues par la jeunesse française.

Toujours aussi rythmées, les aventures de Browning et Rabascasse sont plaisantes à lire, mais il faut bien reconnaître une certaine redondance dans ces péripéties qui, cumulées à un léger manque d’humour par rapport à d’autres textes et une intrigue reposant sur de très grosses ficelles, font que ce récit ne sera pas inoubliable.

Au final, pas le meilleur épisode de la série, encore moins le meilleur récit de l’auteur, mais du José Moselli pur jus, rythmé, dépaysant, et agréable à lire.