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Henry Musnik fut un auteur très prolifique de la littérature populaire fasciculaire française, bien que né au Chili en 1895.

Également journaliste sportif, Henry Musnik, sous de très nombreux pseudonymes (Alain Martial, Claude Ascain, Jean Daye, Gérard Dixe, Pierre Dennys, Pierre Olasso, Florent Manuel… et bien d’autres) écrivit un nombre incalculable de fascicules (pour la plupart de 32 ou 64 pages) dans différents genres dont principalement le genre policier.

Sur près de trois décennies, l’auteur inonda de sa prose les diverses collections de plusieurs éditeurs grâce à la fécondité de sa plume, mais aussi à quelques filouteries comme le fait de reprendre certains de ses textes, d’en changer le nom des personnages, de les signer d’un autre pseudonyme pour le proposer à un autre éditeur.

Pour développer toutes ces histoires, Henry Musnik a créé de nombreux personnages récurrents, pour la plupart calqués sur ou inspirés par des héros de la littérature populaire (Arsène Lupin, commissaire Maigret, Fantomas…).

Parmi ceux-ci, l’agent du Deuxième Bureau, Daniel Marsant en lutte contre le génie du mal, l’homme aux mille noms et aux cent visages, le Grand Maître.

Ces deux ennemis se confronteront pendant 17 aventures publiées à l’origine au sein des centaines de titres de la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi, à partir de 1939 sous la forme de fascicules de 64 pages contenant des récits indépendants d’environ 18 000 mots.

« La voyageuse du Rapide Paris-Marseille » est le 10e opus de cette lutte acharnée.

LA VOYAGEUSE DU RAPIDE PARIS-MARSEILLE

Une femme a été étranglée dans le rapide en provenance de Marseille. Aucun témoin, nul indice, l’inspecteur Petitjean, chargé de l’affaire, peine à trouver une piste.

En parallèle, Daniel MARSANT, agent du Deuxième Bureau, attend la visite d’un émissaire inconnu l’ayant prévenu, par message, qu’il venait lui donner les informations nécessaires à l’arrestation du Grand Maître, le génie du mal.

Mais Daniel MARSANT espère en vain, personne ne se présentera.

Bientôt, le sort lui apportera un élément lui permettant de relier son ennemi juré à l’enquête menée par l’inspecteur Petitjean…

Une jeune femme est retrouvée morte étranglée dans le rapide venant de Marseille à Paris. Aucun témoin, aucun indice, aucune empreinte.

Dans le même temps, au Deuxième Bureau, le colonel Monneret et Daniel Marsant attendent un émissaire venant porter des informations à même de faire arrêter le Grand Maître, le génie du mal, le super criminel… et personne ne vient.

Alors que Daniel Marsant profite de son dimanche pour se promener et alors qu’il fait le plein à une station essence à Villeneuve-sur-Yonne, il voit un gamin jouer à la marelle avec une sorte de jeton. Daniel Marsant remarque que ledit jeton est gravé des signes des affiliés du Grand Maître. Après renseignements, il apprend que le jeton a été perdu par un type étrange, débarqué en catastrophe dans une Hispano rutilante à la gare de Joigny pour la quitter tout aussitôt en hâte et en perdant ledit jeton. L’heure correspond à celui de l’arrêt du train dans lequel a été retrouvée la morte.

Il ne fait alors plus de doute que la jeune femme était l’émissaire qu’il attendait. Il ne reste plus qu’à Daniel Marsant qu’à retrouver la piste du Grand Maître…

On retrouve donc Daniel Marsant dans une nouvelle lutte avec son ennemi le Grand Maître, une dixième confrontation.

L’auteur reprend son schéma habituel pour la série.

Ainsi, on retrouve un premier chapitre exposant un crime n’ayant en apparence aucun lien avec le Grand Maître. Puis, plus tard, Daniel Marsant intervient et son enquête finit plus ou moins rapidement par croiser celle sur l’affaire du crime liminaire.

Le récit continu par une enquête resserrant les mailles du filet autour du Grand Maître.

L’avant-dernier chapitre est généralement dévolu à la tentative d’arrestation du génie du mal par le grand agent secret, mais voit la fuite in extremis du criminel.

Le dernier chapitre permet alors à Daniel Marsant d’exposer à autrui (son chef, des partenaires, des policiers ayant enquêté sur le meurtre de base…) les tenants et les aboutissants de toute l’affaire.

C’est une nouvelle fois le cas dans cet épisode.

Malgré tout, l’ensemble est rythmé et plaisant à lire même si on ne peut sourire devant la stupidité finale de Daniel Marsant qui permet toujours à son adversaire de s’échapper.

On constate par diverses coquilles que le texte d’origine a été vite écrit et vite publié (des noms changent en cours de route : Leroux pour Duroux, la Dépêche du Rhône pour la Gazette du Rhône…), mais aussi que l’auteur devait être en train, en parallèle, d’écrire des aventures de Michel Vaudreuil, sous le pseudonyme d’Alain Martial, un autre de ses personnages récurrents, un autre agent du Deuxième Bureau.

Au final, un épisode dans la lignée des précédents, tant dans la construction que dans le plaisir de lecture.