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Voilà un roman qui traînait depuis belle lurette dans ma PAL et que je déterré un peu au hasard, un peu parce que je n’avais pas encore lu un texte de l’auteur, Hervé Mestron (en fait je me suis depuis rendu compte que si, puisque j’avais lu « Eva te faire voir », un épisode du Poulpe), beaucoup par flemme de chercher ma prochaine lecture et aussi parce qu’il est un très court roman.

Hervé Mestron, né en 1963, est un musicien s’étant reconverti dans l’écriture en 1996.

En 1999, il fait publier « Le clebs » chez Flammarion.

Le clebs :

Un banal concours de circonstances : votre femme s’est absentée pour vingt-quatre heures, vous en profitez pour sortir avec des amis, vous buvez un peu trop, à votre retour, il fait nuit.
Quand vous prenez conscience du détail qui cloche, ce silence incongru, il est trop tard. Vous avez écrasé le chien de votre femme. Que faire, que dire ? L’esprit embrumé par l’alcool, Pete, sans réfléchir, opte pour le plus simple : se débarrasser du cadavre de Paulo. Mentir à Cath. Tout oublier. N’omettant qu’un détail : un mensonge peut en cacher un autre, et ainsi de suite. Le cadavre d’un caniche nain peut-il faire basculer la vie d’un couple heureux et amoureux ? Pour Hervé Mestron, qui signe ici un thriller psychologique très dérangeant, la réponse semble s’imposer.

Pete est un architecte. Il vit avec Cath avec qui désire, sans succès, un enfant. Ils ont un chien, Paulo, chien qui compte énormément pour Cath et qui fut son seul soutien dans un moment difficile de sa vie, avant qu’elle rencontre Pete.

Mais Cath est partie pour 24 heures voir sa mère. Par des concours de circonstances, Pete sort le soir avec deux collègues de travail et rentre bourré chez lui. En rentrant la voiture au garage, il écrase Paulo.

C’est le drame ! Comment avouer à Cath la catastrophe ? Sa culpabilité ? Pete décide d’enterrer Paulo dans le jardin et de faire croire qu’il s’est échappé. Mais entre un voisin étrange, un corbeau anonyme et d’autres circonstances étranges, Pete va vivre un calvaire.

Bon, je ne vais pas m’étendre sur ce roman que j’aurai dû lâcher très rapidement si ce n’était les critiques qui garantissaient une montée crescendo (pléonasme) de la tension et, surtout, de sa courte taille.

Cependant, j’aurais dû le lâcher, comme j’en avais envie, car je suis encore plus déçu par la fin du roman que je ne l’ai été par le début.

Pourtant, le roman est plébiscité et pour des raisons qui m’échappent, certes, mais, surtout, pour les raisons qui font que je l’ai détesté.

Tout d’abord, je ne sais pourquoi, les prénoms !

L’histoire semble se dérouler en France, même si ni le pays ni la ville ne sont jamais cités. Pourtant, on y évoque la Poste, ce qui laisse à penser...

Mais les personnages se prénomment Pete, Cath (bon, cela peut être Catherine) Simon, Carl et je ne sais plus. Mouais, non, effectivement, c’est un ressenti stupide, les prénoms ne font pas plus Américains que Français (à part Pete).

Mais c’est surtout le style. Plat, languissant, dénué d’effet, de rondeurs.

C’est peut-être voulu par l’auteur pour coller à son rebondissement final. Mouais, mais c’est chiant (pour moi, tout du moins).

Puis il y a l’histoire. Mon Dieu ! Comme c’est vu mille fois, cette histoire qui part d’un sentiment de culpabilité, d’une bévue que l’on cherche à cacher et qui prend des proportions inconsidérées. C’est vu, à la télé, au ciné ; c’est lu, dans les romans, les nouvelles…

Certes, le roman date de 1999, probablement ce genre d’histoires était moins usité à l’époque…

Et il y a les personnages : inconsistants, inintéressants, auxquels on ne s’attache pas. Ni à Pete ni à Cath, pas même à Paulo.

Je passerai donc sur l’enchaînement d’événements provoqués par ce mensonge, des événements qui n’ont, au final, aucune portée, aucune réelle incidence sur une vie, sauf chez Pete.

Enfin, il y a ce rebondissement final !!!!

Tellement attendu, tellement redouté, le genre de rebondissement final que je ne veux plus voir, plus lire depuis longtemps.

Ce genre de révélations qui, pour moi, naissent plus d’une facilité, voire d’une paresse, chez un auteur, que d’un trait de génie.

Ce genre de rebondissement qui permet, en fait, de tout écrire, tout justifier et que je ne révélerai pas, mais que le lecteur voit arriver, et ce grâce, en partie, à l’auteur.

Ce genre de révélations qui, pour en reprendre une autre que je déteste, gâche tout et à l’aulne de laquelle le lecteur est sensé être ébahi, surpris, alors que je ne suis que déçu et agacé.

Comme si j’inventais l’histoire la plus rocambolesque du monde, la plus incroyable, pour, dire, en épilogue, que le héros qui a vécu cette aventure n’a fait que la rêver. Ouais, j’ai déjà lu ce genre d’histoire, malheureusement.

Pourtant, tout cela semble ne gêner que moi. Tant pis ! J’assume ! J’assume mes goûts, mes mauvais comme mes bons.

J’assume d’avoir détesté ce roman, de l’avoir trouvé mal écrit, mal maîtrisé, d’avoir détesté tous les personnages, d’avoir été agacé par les événements, et d’avoir trouvé que l’auteur s’était bien foutu de ma gueule avec son épilogue, même si je savais qu’il allait le faire.

Allez, je ne vous en veux pas, monsieur Mestron, mais n’y revenez pas, surtout.

Au final, un livre qui n’était pas fait du tout pour moi parce que j’ai mauvais goût, parce que j’ai bon goût, parce que j’ai un goût différent ou parce qu’il n’est pas terrible, tout simplement.