Art-et-deces

Quelques années après avoir lu et apprécié « Poulets grillés » de Sophie Hénaff, je décidais d’entreprendre la lecture du second opus « Rester groupés ».

Ayant également apprécié ce deuxième épisode, j’enchaînais immédiatement avec le troisième, « Art et décès » sans même savoir que, quelques jours plus tard, une adaptation télévisuelle serait diffusée sur France 3.

En ce qui concerne cette adaptation, le casting me laisse pour le moins dubitatif. Barbara Cabrita en Anne Capestan ??? Torrez devenu une femme ??? Dax disparaît, également Evrard, la joueuse compulsive, Merlot, l’alcoolo, Orsini, quant à Lebreton, l’homosexuel veuf, attendons de savoir s’il est encore gay dans l’adaptation aussi…

Bref.

Et, forcément, je ne parle pas des derniers arrivés, Saint-Lô et Diament, qui n’étaient pas du premier opus.

Allez, silence, ça tourne !

Art et décès :

Le réalisateur du premier film d’Éva Rosière est retrouvé assassiné et tout semble désigner celle-ci comme coupable. La commissaire Anne Capestan de retour de congé parental mène l’investigation. Au fil des jours, elle réalise que c’est un coup monté d’Éva Rosière qui cherche à mettre en scène l’histoire de sa brigade.

Éva Rosière est devenue scénariste pour le cinéma. Lors du tournage du film auquel elle participe, le réalisateur, avec lequel elle s’est engueulée parce que celui-ci, après avoir retouché son scénario, s’est inscrit comme co-scénariste, est assassinée dans le bureau du producteur…

Malheureusement pour Rosière, n’ayant pas d’alibi, elle devient la première suspecte du crime et demande à Anne Capestan, en congé maternité, de se charger de l’enquête avec la brigade des Innocents…

Arts et décès, « arts et déception » serait un titre plus juste, du moins, au début de ma lecture, tant l’auteur semble accumuler les fausses bonnes idées.

On avait laissé Anne Capestan enceinte, on la retrouve mère d’une petite Joséphine de 18 mois.

On avait laissé Ratafia déjà adulte, on le retrouve toujours présent 27 mois plus tard (la durée de vie d’un rat ne dépasse guère deux ans). Mais là n’est qu’un détail.

Mais, surtout, à l’heure à laquelle, il me semble, on évoquait une adaptation cinématographique au premier opus, Sophie Hénaff décide de situer son intrigue sur un plateau de cinéma sur lequel se tourne une histoire… adaptée de celle de la brigade des Innocents…

Si la tentation est belle et compréhensive, malheureusement, le fait que la montagne cinéma accouche de la souris télévision n’est pas de bon augure.

Mais, le roman pèche déjà par un début qui peine à séduire et à remettre le lecteur dans le bain.

Car, l’intérêt principal des deux premiers opus réside dans le groupe, dans la brigade des Innocents, composée de personnages hétéroclites : une femme d’action habituée aux bévues ; une joueuse compulsive ; une romancière qui parodie dans ses romans ses collègues ; un génie de l’informatique qui a laissé ses neurones sur le ring ; un homosexuel veuf ; un chat noir qui est une mère poule ; un alcoolique ; un flic trop proche des journalistes ; un mauvais conducteur fan de voitures ; un hercule métis ; un fêlé qui se croit né en 1500… un chien et un rat…

Et, donc, la série fonctionne quand tous ces personnages, ou la plupart, interagissent.

Seulement, il faut attendre le 11e chapitre pour que l’interaction entre ses personnages intervienne.

Avant… on a le droit à Anne Capestan avec sa fille ; à Rosière sur le tournage ; aux comédiens vedettes et leurs états d’âme…

C’est long.

Et quand on n’entre pas immédiatement dans le délire, il faut que le sujet en vaille la peine et ce n’est pas le cas.

Heureusement, après le meurtre, les choses rentrent un peu plus dans le rang, mais pas totalement et un peu tard.

Certes, les différents personnages sont présents, mais ne servent pas à grand-chose (déjà que certains personnages avaient un intérêt limité dans les précédents épisodes). On ne sait pas à quoi sert Diament, Evrard idem. Quant à Merlot, à part boire…

La brigade s’agrandit quand elle y gagnerait à réduire les effectifs.

Mais, en plus, la plupart des membres quittent l’enquête pour devenir comédiens… là encore, fausse bonne idée.

Alors, on a, régulièrement, des petites séquences avec Joséphine qui prêtent à sourire, mais qui, en même temps, ralentissent et l’action et l’enquête.

Quant à l’intrigue, on ne peut pas dire qu’elle soit d’un intérêt capital ni d’une crédibilité à toute épreuve.

Heureusement, il demeure quelques bons moments, de l’humour, le plaisir de retrouver certains personnages, même mal utilisés, mais on ne peut s’empêcher de penser que cet opus est bien inférieur, à tous les niveaux, aux précédents.

Intrigue moins intéressante.

Dialogues moins percutants.

Personnages moins présents et moins bien utilisés.

Introduction trop lente, trop longue.

Fausses bonnes idées en pagaille.

Au final, un roman pas désagréable à lire, mais qui peine à tenir toutes les promesses de la série… la preuve, il ne les tient pas…