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Dans les collections fasciculaires policières du siècle précédent, parmi les dizaines voire les centaines de titres les composant, il n’était pas rare de retrouver certains personnages dans plusieurs récits, voire plusieurs dizaines de récits.

C’est le cas dans l’une des dernières grandes collections de fascicules policiers : « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi, qui, entre 1942 et 1959, proposent 560 titres aux lecteurs.

J’ai déjà évoqué, dans cette même collection, les plus de 40 titres signés Charles Richebourg et mettant en scène le commissaire Odilon Quentin ou encore les 5 enquêtes du Père Leboeuf de Léo Frachet, celles de l’inspecteur Gaspin, du détective Yves Michelot et du cambrioleur Robert Lacelles de Claude Ascain.

Et j’ai aussi abordé les aventures d’Edward Warency, alias L’Ange, un personnage né de la plume de Paul Tossel, de son vrai nom Louis-Roger Pelloussat (1911-1980).

Pour rappel, dans cette fameuse collection, on retrouve une trentaine de titres signés Paul Tossel dont 23 mettent en scène L’Ange, un voleur qui ne s’en prend qu’aux truands, qu’il déleste de leurs biens mal acquis dont ils ne profiteront jamais.

Il est épaulé dans cette entreprise par la belle et dangereuse Diana Deel et est poursuivi par son ennemi juré, l’inspecteur Hartling…

Ses aventures s’étalent entre 1946 et 1957.

« Danger de mort » est la 11e aventure d’Edward Warency et fut publiée sous la forme d’un fascicule de 32 pages en 1953.

DANGER DE MORT

Parce que l’inspecteur Hartling a sauvé la vie de Diana Deel, Edward Warency, alias « L’Ange », se sent redevable envers son ennemi juré.

Aussi, accepte-t-il de faire équipe avec le policier pour mettre la main sur deux coffres contenant de précieux documents et des bijoux dont la dangereuse Iliana Fobb est la seule à connaître la cachette.

Mais, si les deux hommes espèrent sortir victorieux de cette collaboration, il se peut que cette rivalité profite à leur adversaire…

Diana Deel est victime d’un attentat, la roue de sa voiture a été sabotée et, lors d’un virage, en montagne, son véhicule sort de la route et s’écrase en contrebas. Heureusement, elle a été éjectée et est parvenue à s’accrocher à des arbustes.

Encore plus heureusement, l’inspecteur Hartling, qui la surveillait et la suivait, parvient à la tirer d’une mort certaine.

Reconnaissant, Edward WArency accepte de collaborer avec l’inspecteur Hartling pour récupérer deux coffres contenant de précieux documents et des bijoux, coffres cachés des années auparavant par Iliana Fobb avant qu’elle ne soit arrêtée. Celle-ci, depuis, a été libérée et elle va forcément chercher à récupérer les deux coffres…

Mais, entre le fait que les deux partenaires vont chercher à se duper et qu’Iliana est plus intelligente et dangereuse que prévu, les choses risquent de dégénérer…

On retrouve donc toute la clique : L’Ange, Diana Deel et Hartling, dans une nouvelle aventure, la 11e.

Dans ce récit de 9 700 mots, l’auteur reprend toutes ses recettes : la rivalité entre Hartling et Warency, un peu d’espionnage à base de documents précieux, un peu de bijoux, des coffres contenant tout cela, des truands prêts à tout, de l’action, le tout dans une histoire qui se jouer sur un court laps de temps.

Rien de nouveau, donc, mais pourquoi changer une équipe qui gagne ?

On sait qu’un auteur non téméraire ne va pas chercher à innover dans un format aussi court que celui du fascicule de 32 pages. D’ailleurs, très rares ont été les auteurs qui ont pris un tel risque même si certains y sont parvenus avec brio.

Mais, quand on doit écrire court, beaucoup et vite, rien de tel que de s’appuyer sur des bases et des personnages que l’on maîtrise.

Et puis, dans une telle collection où se côtoient tant de titres d’auteurs différents, peu de risque de lasser le lecteur (les 23 aventures s’étalent sur 11 ans)…

Aussi, ne recherchera-t-on pas de l’originalité dans de tels récits, mais juste un plaisir de lecture, même si ce plaisir est limité.

Du faire de la concision du texte, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer et, s’il connaît déjà les personnages, le plaisir de les retrouver masque la redondance des intrigues.

Et, comme l’auteur, en plus, fait preuve d’une plume fluide et agréable, le contrat est forcément rempli.

Au final, petit texte, petites aventures, mais plaisir de lecture réel. Que demander de plus ?