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Résumé des épisodes précédents :

Marcel Priollet est un des principaux piliers de la littérature populaire de la grosse première moitié du siècle dernier.

De par son immense production, il alimenta de nombreuses collections fasciculaires, tant de textes policiers que d’autres sentimentaux ou dramatiques et même d’aventures et d’anticipation.

Mais c’est avant tout pour ses premiers autour de divers enquêteurs et ses seconds, mettant en scène de jeunes femmes amoureuses ou brisées par la vie et les hommes, qu’il se fit connaître et apprécier.

Vers la fin des années 1930, sous le pseudonyme Marcelle-Renée Noll, il tient à bout de bras la collection de fascicules 24 ou 32 pages « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes. Il écrit la plupart des presque 100 titres de cette collection.

Dans le lot, on retrouve quasiment à chaque fois un des quatre personnages récurrents qu’il anime pour l’occasion : le détective radiesthésiste Claude Prince ; le détective Sébastien Renard ; l’inspecteur de la Brigade Mondaine Bob Rex et l’inspecteur principal François Pessart.

C’est ce dernier qui est le héros de « Un crime la nuit », un court récit de 7000 mots.

UN CRIME LA NUIT

Pierre Mareil, après une nuit de beuverie pour noyer son désespoir d’avoir perdu jusqu’à son dernier sou et bien plus au casino de Deauville, est réveillé au petit matin par la police, alors qu’il est endormi dans le sofa d’une villa inconnue.

Son intrusion, certes illicite, devient le moindre de ses soucis quand il apprend, de la bouche d’un magistrat, que le cadavre d’une femme gît dans la pièce à côté et que ses empreintes sanglantes ont été retrouvées sur le chemisier de celle-ci.

Pour sa première affaire à Deauville, l’inspecteur François PESSART se félicite d’avoir aussi rapidement trouvé le coupable, mais il oublie un peu vite que, parfois, les apparences peuvent être trompeuses…

Pierre Mareil a perdu ses derniers sous légués par ses parents au Casino de Deauville. Pire, il a mis en jeu et perdu un gros chèque qu’il ne pourra pas honorer faute de moyen. Aussi, il est parti se souler pour oublier et, déambulant dans la nuit pluvieuse, a cherché refuge dans une villa ouverte, dans laquelle il s’est immédiatement affalé et endormi dans un sofa.

Au petit matin, il est réveillé par la police qui l’accuse du meurtre d’une femme retrouvée une balle dans le cœur dans la pièce à côté.

Pierre Mareil a beau refuser d’avouer le crime, tout plaide contre lui, jusqu’à ses empreintes ensanglantées retrouvées sur le chemisier de la victime.

L’inspecteur Principal François Pessart, chargé de l’enquête, est persuadé de la culpabilité de Mareil, mais, bientôt, des témoignages vont mettre en doute ses convictions…

Petit récit, donc, de 7000 mots, dans lequel l’inspecteur Pessart mène une enquête en apparence simple qui va se révéler moins évidente que prévue, mais qui, faute de place et à cause de la concision inhérente au format, va être vite résolue.

On ne s’attend donc pas à lire un thriller trépident en s’attaquant à un tel format.

D’ailleurs, on se doute que l’auteur va user de facilités (genre coïncidences et hasard, approximation de l’enquête et aveux ou témoignages heureux).

Il faut donc lire ce genre de textes pour ce qu’ils sont, de petits divertissements littéraires sans autre ambition que de combler un petit moment de lecture.

Cette unique ambition est tenue puisque le texte se lit agréablement (plus que d’autres épisodes de la série) et qu’il ne comporte pas de grosses erreurs manifestes hormis les approximations évoquées (ici, par exemple, pas de test de poudre sur les mains du suspect). Mais ces approximations, soyons un peu sincères, ne le sont probablement que pour les lecteurs actuels habitués à lire des romans policiers expliquant en détail les procédures policières et à regarder des séries TV telles « Les experts ». À l’époque de la première publication, les lecteurs se posaient moins de questions puisque moins érudits dans le domaine…

Au final, un épisode plaisant à lire même si, comme les autres, il ne laissera pas une trace incontournable dans notre esprit et dans la littérature.