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Je me dois de, sans cesse, me répéter à chacune de mes chroniques sur les textes de Marcel Priollet, signé du pseudonyme de Marcelle-Renée Noll et intégrant, à la fin des années 1930, la collection fasciculaire « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes.

Comme, sur les près de cent titres de la collection, les 9/10 ème sont issus de la plume de Marcel Priollet (1884-1960), un des principaux piliers de la littérature populaire policière et sentimentale (mais pas que), cela m’oblige à recontextualiser chacun des récits que je lis et cela représente, maintenant, plus d’une soixantaine d’introductions…

Dans le cadre de ladite collection que l’auteur tint à bout de bras, il faut préciser que ces fascicules contenaient des récits très concis, plus que la normale dans ce format.

Effectivement, même si quelques titres étaient publiés sous la forme de fascicules de 24 pages, même ceux ayant le format habituel de 32 pages contenaient des textes loin d’atteindre les 10 000 mots que l’on est en droit d’attendre de ce genre de production.

La plupart, même, peinaient à dépasser les 8 000 mots, ce qui le cas du titre du jour qui atteint difficilement les 7 200 mots.

Dans cette collection, Marcel Priollet fit vivre 4 personnages récurrents, parfois séparément, parfois partageant la même histoire : le détective radiesthésiste Claude Prince ; l’inspecteur de la Brigade Mondaine Bob Rex ; l’inspecteur principal François Pessart et le détective Sébastien Renard.

Ce sont ces deux derniers qui se partagent la vedette dans « Les buveurs de sang ». Le dernier tient le rôle principal et l’avant-dernier un rôle secondaire.

LES BUVEURS DE SANG

Le célèbre détective Sébastien RENARD est contacté par un jeune électricien cherchant à connaître les circonstances exactes entourant la mort de sa fiancée.

Celle-ci, orpheline, est entrée au service d’un couple de riches Américains qui, s’étant pris d’affection pour elle, a proposé de l’adopter.

Dans les semaines suivantes, la malheureuse a souffert d’une sévère anémie qui a fini par la terrasser.

Un médecin a jugé le décès naturel.

Pourtant, quelques mois plus tard, une autre domestique meurt dans les mêmes conditions.

Bien décidé à découvrir le fin mot de l’histoire, Sébastien RENARD, sous un faux nom, se fait embaucher comme valet dans la funeste demeure…

Un jeune homme se rend au bureau du détective Sébastien Renard pour lui demander d’enquête sur la mort de sa fiancée remontant à il y a six mois.

Alors que les deux amoureux envisageaient des projets d’avenir sans avoir les moyens de les assumer, la jeune femme trouva une bonne place au service d’un couple de riches Américains.

L’ayant pris d’affection, le couple décida même de l’adopter, celle-ci étant orpheline.

Quelques jours plus tard, elle tombait malade, anémie sévère, et finissait par en mourir.

Mais, dernièrement, le fiancé a appris que la bonne ayant pris la relève de sa fiancée est morte dans des circonstances analogues.

Sébastien Renard décide alors de se faire embaucher comme valet afin d’infiltrer la place…

Que dire de ce récit ?

Sa concision, on se doute, empêche l’auteur de développer une réelle intrigue.

Aussi, celle-ci aura les mêmes défauts que celles des autres textes de la collection dont elle est issue.

C’est-à-dire que l’intrigue, pour avoir des apparences de mystère ou de complexité, se reposera soit sur des hasards, soit sur des facilités ou même des incohérences.

Ici, ce sera un mélange des deux solutions. Avec, d’une part, des morts inexplicables qui, normalement, seraient facilement expliquées par un examen post-mortem même sommaire et d’autre part, une première réponse découverte grâce au hasard.

L’auteur occulte le fait qu’un médecin, même moyen, aurait dû repérer certaines anomalies sur les corps pour entretenir le mystère. On ne lui en voudra pas.

Et l’auteur use de ce hasard permettant à l’inspecteur Pessart de faire avancer son enquête d’un grand pas, afin d’accélérer l’histoire pour qu’elle ne dépasse pas du cadre. Et là aussi, on ne lui en voudra pas.

Alors, que reste-t-il ?

Rien de plus que dans les autres titres (excepté les plus mauvais) une petite histoire qui se lit agréablement et remplit un petit moment de lecture, mais qui ne laissera aucune trace dans les esprits après lecture.

Au final, un récit qui respecte le minimum syndical de ce genre de format court et qui propose un petit moment de lecture agréable, rien de plus.