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Qui est passionné par la littérature fasciculaire policière du siècle dernier, et plus encore celui qui aime les personnages récurrents, ne peut pas ne pas connaître l’écrivain Henry Musnik (1895 - 1957)

Né au Chili, il fut, en France, journaliste sportif et surtout, l’un des principaux pourvoyeurs de fascicules de son époque.

Sa production fut immense et signée d’un nombre incroyable de pseudonymes (Alain Martial, Claude Ascain, Pierre Dennys, Jean Daye, Gérard Dixe, Pierre Olasso, Florent Manuel… pour les plus connus, mais bien d’autres encore).

L’auteur destina ses récits principalement aux collections policières et d’aventures de nombreux éditeurs.

Certes, sa bibliographie fut gonflée à coups de rééditions, de réécriture (ou reprise intégrale) de certains textes signés d’un autre pseudonyme après avoir changé le nom des personnages (ou pas) et l’on dit même, par des traductions pirates d’épisodes de séries anglophones…

Malgré tout, ses textes originaux sont extrêmement nombreux.

Et, Henry Musnik appréciait manipuler des personnages récurrents, ce qui fait qu’il en créa également un grand nombre.

On pouvait retrouver une bonne partie d’entre eux dans les diverses collections policières fasciculaires des éditions Ferenczi entre 1930 et 1960.

Chez Ferenczi, bien souvent, l’auteur prenait un pseudonyme pour faire vivre un même personnage sur plusieurs aventures disséminées au sein des dizaines d’autres titres d’autres auteurs d’une même collection.

Ainsi, dans la collection « Police et Mystère », on peut suivre la carrière de Jack Desly (un voleur) ou Daniel Marsant (un espion).

Mais, dans une autre collection de l’éditeur, « Police », on découvre, dans les presque 400 fascicules de 64 pages qu’elle contient 28 titres signés Alain Martial et mettant en scène le personnage de Michel Vaudreuil, entre 1937 et 1940.

« L’espion HY 29 » est la première aventure de Michel Vaudreuil, celle le lançant dans la carrière de… espion, comme le laisse entendre le titre.

Michel Vaudreuil servira sous les ordres du capitaine Lhomet, du contre-espionnage français.

L’ESPION HY 29

Michel VAUDREUIL est un jeune homme à qui tout sourit.

De l’éducation, de l’élégance, une bonne situation, du succès auprès des femmes… rien ne lui manque pour être heureux…

Et, pourtant, Michel VAUDREUIL s’ennuie. Il a soif d’aventures.

Aussi, quand il fait part de sa lassitude à un ami de régiment rencontré par hasard, ce dernier, connaissant son courage et ses aptitudes tant physiques que mentales, lui explique qu’il est membre du service de contre-espionnage et lui propose de le rejoindre.

Michel VAUDREUIL accepte.

À peine agréé comme collaborateur par le capitaine Lhomet, celui-ci lui confie sa première mission : identifier le fameux espion HY 29…

Michel Vaudreuil s’ennuie. Il a une bonne situation à l’usine paternelle, est élégant, intelligent, parle plusieurs langues, a du succès auprès des femmes, mais, il s’ennuie quand même.

Un jour, il rencontre un ami de régiment à qui il confie sa lassitude. Celui-ci lui explique alors qu’il fait partie du contre-espionnage et pense qu’il serait une très bonne recrue.

Michel Vaudreuil accepte et passe avec succès les tests d’aptitude.

À peine intégré, il reçoit sa première mission : identifier le terrible espion HY 29…

 

Après le personnage de Daniel Marsant (qui luttait contre le Grand Maître), Henry Musnik use de son pseudonyme de Alain Martial (Claude Ascain dans les rééditions numériques) pour mettre en scène un autre espion : le jeune Michel Vaudreuil, 26 ans et toutes ses dents (du moins, je le suppose), un fils à papa intelligent, courageux et beau gosse qui s’ennuie dans sa vie de bureau.

Avec « L’espion HY 29 », l’auteur ne nous propose pas un héros déjà établi comme dans la plupart de ses « séries ».

Non, ici on découvre Michel Vaudreuil en tant que civil et on le suit en train de devenir espion, après son recrutement et durant sa première mission.

Une mission assez linéaire et sans grande surprise, mais pas désagréable à suivre pour autant.

On se demandera pourquoi écrire une série d’espionnage pour une collection se nommant « Police », mais l’auteur nous a déjà fait le coup avec les aventures de Daniel Marsant pour la collection « Police et Mystère ».

Ce récit d’un peu plus de 19 000 mots, paru en 1937, est donc plutôt de facture classique, notamment si on a déjà lu les aventures de Daniel Marsant, et confirme s’il en était besoin que l’auteur s’épanouit mieux dans le format fasciculaire de 64 pages que dans celui de 32…

On ne s’attardera pas sur le rebondissement final que l’on sent un peu venir, ce format n’ayant pas pour prérogative de surprendre le lecteur.

Cette première aventure, sans être exaltante, se révèle suffisamment plaisante pour donner envie de retrouver le personnage de Michel Vaudreuil dans d’autres aventures en espérant que celles-ci soient un peu plus enlevées. Cela tombe bien, il en reste encore 27 à disposition.

Au final, un début de série qui manque un peu de punch, mais qui est suffisamment agréable à lire pour qu’on poursuivre les aventures de Michel Vaudreuil.