ML04

« Le diamant qui tue » est un titre paru, initialement, sous la forme d’un fascicule de 32 pages dans la collection « Allo Police » des éditions A.B.C. en 1941…

Il est signé Géo Duvic.

Pour information, Géo Duvic (1900 - 1968) est un écrivain et parolier que les lecteurs de mes chroniques connaissent mieux sous un de ses pseudonymes : Maurice Lambert…

Pour rappel, Maurice Lambert est considéré par moi (ce qui est déjà pas mal) pour être l’un des auteurs ayant la meilleure double maîtrise du format fasciculaire, 32 pages, et du genre policier.

Parvenir à proposer, en seulement une dizaine de milliers de mots, à la fois une intrigue intéressante, des personnages suffisamment développés, des rebondissements, de fausses pistes et une solution acceptable à l’énigme n’est pas donné à tout le monde.

La preuve c’est que j’ai croisé très peu d’auteurs capables de cet exploit et Maurice Lambert, à travers les enquêtes du commissaire Mazère ou celles de l’inspecteur Machard ou, encore, d’A.B.C. Mine, en fait indéniablement parti.

C’est la raison pour laquelle, n’ayant plus d’épisodes de ces séries à me mettre sous la dent, je me suis penché vers ses récits indépendants.

C’est donc au « Le diamant qui tue » de passer sur le billard.

LE DIAMANT QUI TUE

L’Hôtel Drouot reçoit une foule hétéroclite de curieux, d’amateurs et de professionnels venus assister à la vente aux enchères de « L’Indomptable », le plus gros diamant du monde.

Jean Splitt, jeune inspecteur de police chargé d’assurer la protection du bijou, surprend une étrange conversation entre deux lapidaires.

L’un d’eux affirme à son confrère qu’il ne donnerait pas un sou pour le joyau, car il est maudit : tous ses propriétaires meurent les uns après les autres.

« L’Indomptable » trouve pourtant acquéreur en la personne d’un riche brésilien.

Curieux, Jean Splitt suit l’heureux acheteur quand celui-ci quitte le bâtiment et est témoin de son assassinat en pleine rue.

Commence alors une course poursuite…

Le jeune inspecteur Jean Splitt est chargé de surveiller le plus gros diamant du monde qui est mis aux enchères à l’Hôtel Drouot. En laissant traîner ses yeux et aussi ses oreilles, il surprend les propos d’un diamantaire hollandais qui assure à son collègue qu’il ne mettra pas un rond pour acquérir la pierre, car tous les précédents propriétaires sont brutalement décédés.

Jean Splitt ne croit pas à la thèse du diamant maudit ou du diamant qui tue, mais, pourtant, quand il suit, par curiosité, le nouvel acquéreur, un riche Brésilien, il assiste impuissant à son assassinat en pleine rue. Il parvient tout de même à se lancer à la poursuite du tueur, mais celui-ci prend la fuite dans une voiture…

Tout d’abord, il est utile de préciser que bien que le fascicule d’origine ne possède que 32 pages, il contient presque le double de texte que les fascicules du même format.

Effectivement, l’intrigue se déroule sur 18 000 mots, ce qui laisse la place pour développer un peu plus l’intrigue qu’ordinairement.

Je dois aussi rappeler que ce texte a été publié quelques années (2 ou 3) avant les séries de l’auteur que j’avais dégusté.

Je ne sais pas si ces deux infos expliquent mon sentiment un peu mitigé à ma lecture, mais probablement.

D’ailleurs, en y réfléchissant bien, ce texte daté de 1941 a des airs, dans le sujet et dans le style de textes écrits dans les années 1930.

Pourtant, il ne me semble pas qu’il y ait trace de textes de l’auteur datant d’avant 1939, mais sait-on jamais.

À moins qu’il ne s’agisse d’une œuvre de jeunesse non publiée à l’époque et retravaillée par la suite… je ne sais pas.

Toujours est-il que le centre du sujet (que je ne peux dévoiler) était souvent usité dans les petits récits policiers dans les années 1920-1930.

Le héros lui-même, Jean Splitt, me donne l’impression de sortir de la décennie précédente.

Bref, peu importe, il est des fascicules policiers des années 1930 d’excellente facture, là n’est pas la question.

Le problème se situe plus dans une sorte de naïveté dans l’intrigue, dans la narration et dans les relations entre les personnages que l’on ne retrouve pas dans les séries de l’auteur que j’ai tant aimé.

Cela ne veut pas dire que « Le diamant qui tue » est un mauvais récit policier, mais juste que, d’une part, l’auteur n’utilise pas à bon escient (c’est-à-dire pour son intrigue) les 18 000 mots de son texte et que, d’autre part, sa narration n’est pas à la hauteur de ce qu’il m’a habitué et je ne crois pas que ce soient les deux années sensées séparer ce texte des séries qui explique cela.

Je ne crois pas non plus que le fait soit dû à la signature (Géo Duvic et non Maurice Lambert) à moins que l’on ne parte sur l’hypothèse d’un « nègre » pour écrire les textes signés de son pseudonyme, ce à quoi j’ai dû mal à croire.

Donc, reste le texte de jeunesse ou un certain manque d’inspiration.

Rebref.

« Le diamant qui tue » n’est donc pas un mauvais récit policier bien qu’il soit, comme je l’ai déjà dit, très naïf sous bien des aspects.

Le principal résidant dans son intrigue qui peine à être crédible. Les motivations du tueur, bien que Géo Duvic les lui fasse expliquer, ne tiennent pas la route.

Ensuite vient le parti pris de l’utilisation de l’espace. Car, la plupart du texte est dévolu à mettre en place l’ambiance de la salle de vente et non à l’intrigue policière et à sa résolution, ce qui oblige l’auteur à faire des grandes ellipses pour arriver à l’arrestation de l’assassin, ce qui est quand même dommage sur 18 000 mots alors que l’auteur n’en avait pas besoin sur 10 000.

Alors, que reste-t-il ? Un récit policier un brin naïf, pas plus mauvais que ce qui se faisait à l’époque, mais, malheureusement, pas meilleur non plus et, surtout, loin d’atteindre les sommets auxquels Maurice Lambert m’avait habitué.

Au final, un récit policier en deçà des épisodes des diverses séries de l’auteur et qui pêche, peut-être, par un manque d’expérience.