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Pour la sortie de « La Police est en Alerte » de Gustave Gailhard, je vous offre l'avant-propos présent en début de chaque titre afin de replacer l'auteur et le personnage dans le monde de la littérature populaire :

AVANT-PROPOS

Laïus possiblement rébarbatif pour une partie des lecteurs, mais nécessaire pour situer le contexte de la Collection « Serge VORGAN ».

Si vous n’êtes pas curieux, vous pouvez passer directement au texte, mais ce serait dommage de rater les informations fournies d’autant que la nouvelle à suivre est assez peu représentative du contenu de la Collection.

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Serge VORGAN de Gustave GAILHARD

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Gustave GAILHARD (???? – 1943) fait partie de la longue liste des auteurs qui ont participé grandement à l’essor de la littérature populaire à la première moitié du XXème siècle et qui faute de chance ou d’une meilleure mise en valeur de leurs personnages récurrents ont, peu à peu, sombré dans l’oubli.

L’auteur est à ce point énigmatique que l’on ne connaît pas sa date de naissance. D’ailleurs, on ne sait pas grand-chose de sa vie si ce n’est qu’il fut directeur de collection pour les Éditions Ferenczi.

C’est donc à travers sa plume que le lecteur a pu faire connaissance avec l’écrivain, et c’est souvent mieux ainsi.

Gustave Gailhard laisse derrière lui une passionnante et grande production dans des genres aussi différents que le roman policier, le roman d’amour, le roman d’aventures ou le roman de cape et d’épée.

Publié dans plusieurs collections chez de nombreux éditeurs (« Arthème Fayard », « Ferenczi & Fils », « Éditions La Baudinière », « La nouvelle revue », « Jules Tallandier », « Éditions du Livre Moderne »… et sous divers pseudonymes (Gustave Gailhard, Louis Bonzom, Silvio…), c’est avant tout dans les collections « Ferenczi & Fils » qu’il s’épanouit dans le roman policier.

Le « polar » lui permet de développer deux personnages récurrents, Marc Bigle et Serge Vorgan qui se croisent sur plusieurs titres.

Pourtant, malgré son immense production, qui se souvient encore de Gustave Gailhard ?

Arthur Conan Doyle est resté dans la mémoire collective grâce à son Sherlock Holmes. Tout d’abord publiées dans un magazine, les aventures de son héros ont très vite été regroupées et canalisées.

Georges Simenon doit grandement sa notoriété à son commissaire Maigret. Si le célèbre policier est déjà esquissé à travers les traits de l’inspecteur N° 49 dans « les aventures de Yves Jarry » – une série de romans signés Georges Sim, un pseudo évident de l’auteur – et si Maigret apparaît nommément, au second plan, dans « Train de nuit », toujours signé Georges Sim, la toute première enquête officielle de Jules Maigret, « Pietr le Letton », a d’abord été proposée aux lecteurs du magazine « Ric et Rac » le 19 juillet 1930 avant de débuter la série des « Maigret », aux éditions Arthème Fayard, qui fit la renommée planétaire du personnage.

Frédéric Dard a débuté en tant que journaliste avant de se lancer dans l’écriture de romans et, tout comme Georges Simenon, est l’auteur, sous de multiples pseudonymes, d’une production impressionnante. Contrairement à Simenon, dont l’éditeur était, au départ, sceptique quant aux qualités de son héros, le succès de San Antonio s’est fait lentement grâce à l’insistance de l’éditeur de Frédéric Dard, et ce malgré l’échec commercial du premier roman de la série : « Réglez-lui son compte ! ».

Léo Malet, qui a également beaucoup écrit sous pseudonymes (Franck Harding, Léo Latimer, Omer Refreger, Lionel Doucet…) a eu plus de chance avec son détective fétiche de Nestor Burma, car sa toute première aventure, « 120 rue de la gare », fut un succès immédiat.

Gustave Gailhard, lui, n’a pas eu la même réussite que les auteurs susnommés, et ce, malgré un personnage récurrent intéressant et une plume de qualité.

Plusieurs raisons peuvent expliquer que Serge Vorgan n’ait pas marqué les esprits des lecteurs au point de faire sa renommée.

La principale regroupe de multiples causes : la difficulté pour un lecteur de l’époque de pouvoir lire l’intégralité des aventures du policier.

Effectivement, si, contrairement au Commissaire Rosic de Rodolphe Bringer, les enquêtes de Serge Vorgan ont quasiment toutes été éditées et rééditées au sein d’une même collection (« Crime et Police » et « Le verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils »), elles se sont malheureusement retrouvées noyées au sein de centaines de titres composants ces dites collections.

Pourtant plus homogènes et moins étalées dans le temps (si l’on excepte les rééditions) que les enquêtes de Rosic de Rodolphe Bringer (que vous pouvez retrouver également dans notre catalogue), les aventures de Serge Vorgan n’ont pas traversé le temps comme elles l’auraient mérité.

Car, si la première enquête de Serge Vorgan entre dans le cadre exact de ce qui se faisait à l’époque, tant dans le développement du héros que dans l’intrique elle-même, l’un comme l’autre évolue au cours des titres, évolution s’accompagnant de celle du style de l’auteur dont la gouaille est annonciatrice de la plume d’un Frédéric Dard ou d’un Léo Malet.

Puisqu’il était quasiment impossible, pour le lecteur lambda, de suivre les aventures de Serge Vorgan, il lui était tout aussi impossible de s’attacher fortement à ce personnage. Et, sans attachement, point de renommée.

Les enquêtes de Serge Vorgan font l’objet de textes de tailles différentes. Cet aspect, qui n’était pas si rare à l’époque (se reporter à la collection « Commissaire Rosic ») confère un attrait tout particulier à ce genre d’œuvre. Car, en effet, le lecteur n’appréhendera pas pareillement un texte de 32 pages qu’un roman. De la même façon, l’auteur usera sa plume autrement d’un roman à un fascicule.

Enfin, pour finir de replacer le personnage et son auteur dans leurs contextes, il est utile de préciser que la collection « Serge Vorgan », s’attache à regrouper les divers textes dans lesquels apparaît le policier, dans l’ordre d’écriture, à l’exception, qui fait la règle, des deux dernières aventures qui ont été rééditées en premier (la raison en étant la complexité à établir une liste la plus exhaustive possible des titres mettant en scène Serge Vorgan), mais qui retrouveront leur place au fur et à mesure des publications.

Pour être complet sur le sujet, voici une liste des premières éditions des titres à venir dans la collection :

N° 1 : « La Police est en alerte »

-      1933 : signé Gustave Gailhard — Collection « Crime et Police » Éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1936 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Les yeux fauves », dans la collection « Les Romans Policiers » aux éditions « La Baudinière ».

-      1942 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Le Mystérieux V » – Collection « Mon Roman Policier » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La police est en alerte », dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 2 : « Le monde de la cambriole »

-      1933 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Le monde de la cambriole » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Le monde de la cambriole » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 3 : « Qui a tué l’enfant ? »

-      1934 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Qui a tué l’enfant ? » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1939 : signé Silvio — sous le titre « Autour du berceau » aux éditions « La Technique du Livre ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Qui a tué l’enfant ? » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 4 : « Les traces du Vampire »

-      1934 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Les traces du Vampire » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 5 : « Puisque je suis mort »

-      1935 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Puisque je suis mort » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1950 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Puisque je suis mort » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 6 : « La seconde mort de Marc Bigle »

-      1935 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La seconde mort de Marc Bigle » dans la collection « Crimes et Police » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1937 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « L’Affaire du Yacht Poséidon » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

-      1950 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La seconde mort de Marc Bigle » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 7 : « La dernière mort de Marc Bigle »

-      1935 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « L’héritage de Lord Gladston » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

-      1936 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La dernière mort de Marc Bigle » dans la collection « Sur la Piste » aux éditions « La Baudinière ».

-      1951 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « La dernière mort de Marc Bigle » dans la collection « Le Verrou » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 8 : « Un cadavre sur une route »

-      1938 : signé Gustave Gailhard — sous le titre « Un cadavre sur une route » dans la collection « Police & Mystère » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

N° 9 : « Ophélia & Cie »

-      1939 : signé Louis Bonzom — sous le titre « Ophélia & Cie » dans la collection « Le Petit Roman Policier » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

-      1951 : signé Louis Bonzom — sous le titre « Ophélia & Cie » dans la collection « Mon Roman Policier » aux éditions « Ferenczi & Fils ».

 

J'espère que cet avant-propos vous donnera envie de découvrir la plume de Gustave Gailhard et son personnage de Serge Vorgan. Si les lecteurs numériques pouvaient déjà déguster 5 titres aux formats ePub et Mobi, les papivores vont, maintenant, pouvoir dévorer le premier titre, « La Police est en Alerte » pour la modique somme de 10 euros.

À commander sur le site d'OXYMORON Éditions.