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Pierre Yrondy est un auteur assez énigmatique dont on ne connaît pas réellement l’identité et la carrière si ce n’est qu’il fût journaliste et auteur de pièces de théâtre.

Pierre Yrondy, en tant qu’auteur, est principalement connu pour deux séries fasciculaires : Marius Pégomas et Thérèse Arnaud.

Marius Pégomas, dont j’ai déjà parlé et dont les premiers épisodes ont été réédités chez OXYMORON Éditions.

Thérèse Arnaud, dont je vais vous parler à présent.

Thérèse Arnaud est une jeune espionne du 2e bureau qui officie durant la Première Guerre mondiale afin de lutter contre les espions allemands.

Pour ce faire, C. 25 (c’est son nom de code), s’entoure de plusieurs hommes fidèles et dévoués.

Malabar est le chauffeur attitré et le monsieur muscle de la bande. En cas de combat, il vaut mieux avoir Malabar de son côté que de celui de l’ennemi.

Languille, alias René Ledeux, un acrobate casse-cou qui met son agilité et sa souplesse au service de ses missions.

Friquet, alias Frédéric Malet, un titi parisien débrouillard et ingénieux.

Et Marcel Aron qui est le scientifique du groupe. C’est lui qui est chargé de tout ce qui est technique (photographies, empreintes, analyses...).

C. 25 et ses hommes vont alors être chargés de différentes missions dont le but est de contrecarrer les projets des espions allemands.

Dès le second épisode, la jeune femme va se faire un ennemi qui reviendra la hanter : Karl Himmelfeld, le chef d’un réseau d’espionnage qu’elle va mystifier et qui va chercher à se venger de son humiliation.

Thérèse Arnaud et ses hommes, ce sont un peu les membres de l’Agence tous risques de la Première Guerre mondiale, avec Thérèse Arnaud dans le rôle d’Hannibal, Malabar dans celui de Barracuda, Friquet dans celui de Futé, et Languille qui pourrait prendre le poste de Looping, mais en un peu moins barré.

En clair, Thérèse Arnaud est le cerveau et chacun de ses adjoints a une utilité bien précise, une fonction, une qualité qui le démarque des autres.

Ce qui fait que, comme dans la série télévisée de l’Agence tous risques, on retrouve les personnages chacun à son tour selon la tâche à effectuer avant de les retrouver, parfois, tous ensemble.

Comme déjà dit, Pierre Yrondy est l’auteur de deux séries fasciculaires : Marius Pégomas et Thérèse Arnaud et on ne peut douter que l’auteur est le même, ni dans la plume, ni dans le traitement éditorial. Effectivement, si le style est assez proche entre les deux séries même si le sujet et les personnages sont totalement différents, le traitement de l’éditeur d’origine, les éditions Baudinière, est peu ou prou le même.

Avec des illustrations, du moins pour une part de la série, de Claudel, un prologue de présentation, une édition 32 pages, double colonnes, des phrases misent en majuscules pour signifier l’importance des propos, les deux séries ont beaucoup, physiquement, en commun.

Du côté de la plume, on retrouve également des similitudes, dans le ton, dans la multitude de personnages ayant chacun sa spécificité, dans l’utilisation de phrases courtes, esseulées entre deux retours à la ligne, pour les faire « claquer », des phrases, parfois, sans verbe. L’humour, même si le sujet s’y prête moins, est lui aussi présent, grâce à certains personnages...

De l’aventure... également. Certes, le sujet est l’espionnage, mais le style s’apparente plus à celui du roman d’aventures voire, même, au roman policier.

En clair, les missions de Thérèse Arnaud sont rythmées, sont drôles, sont sympathiques et se lisent de façon agréable et je rappelle que de tels compliments sont émis par un amateur exclusif de romans policiers.

Au final, si l’on apprécie les aventures de Marius Pégomas, on devrait trouver son bonheur dans celles de Thérèse Arnaud. Si l’on n’aime pas les aventures de Marius Pégomas, on pourra tout de même apprécier celles de Thérèse Arnaud parce que le sujet est différent, les personnages également et le fait que le héros est une héroïne, ce qui n’est pas si fréquent dans les romans d’aventures, policiers ou d’espionnage.