TA 9

« Thérèse Arnaud contre Mata Hari » est le 9e épisode de la série signée Pierre Yrondy et mettant en scène l’espionne française Thérèse Arnaud et ses hommes pendant la Première Guerre mondiale.

Je ne m’étendrai pas sur les personnages récurrents (vous pouvez lire mes chroniques précédentes pour en savoir plus) ni sur l’auteur dont on ne sait de toute façon pas grand-chose.

Cependant, voici un petit résumé succinct de la série est des personnages.

Pendant la Première Guerre mondiale, le capitaine Ladoux du Deuxième Bureau est chargé de lutter contre l’espionnage allemand. Pour ce faire, il compte sur son meilleur agent, l’agent C. 25, alias Thérèse Arnaud et ses hommes, Malabar (le colosse), Languille (l’acrobate), Friquet (le titi parisien) et Marcel (le scientifique).

Thérèse Arnaud contre Mata Hari : 

Première Guerre mondiale ! 

La célèbre espionne française Thérèse Arnaud et ses hommes se sont chargés de surveiller l’ambassadeur de la Hollande qu’ils soupçonnent d’être au service de l’ennemi. 

Très vite, Thérèse Arnaud, alias l’agent C. 25 du Deuxième Bureau, va apprendre que le diplomate est en relation très étroite avec la danseuse orientale hollandaise surnommée Mata Hari… 

Thérèse Arnaud contre Mata Hari, voilà un titre qui promet une belle confrontation entre la célèbre espionne française et la non moins célèbre (et réelle) espionne allemande Mata Hari.

Espionne allemande... la chose n’est pas certifiée par l’Histoire même si Mata Hari a été exécuté pour cette raison.

Notons tout d’abord que Pierre Yrondy, s’il nous livre une œuvre de fiction, s’est, semble-t-il, inspiré de personnages réels. Effectivement, le capitaine Georges Ladoux du Deuxième Bureau a bien existé, il a même été en contact avec Mata Hari et a écrit ses mémoires dont notamment un livre titré « Comment j’ai fait arrêter Mata Hari », et ce seulement deux ans avant que Pierre Yrondy n’écrive sa série. 

D’ailleurs, on peut légitimement se demander à quel point l’auteur ne se serait pas inspiré de l’espionne Marthe Richard, à laquelle le capitaine Georges Ladoux a également consacré un tome de ses mémoires, pour développer son personnage de Thérèse Arnaud.

Mais revenons-en à la fiction.

Thérèse Arnaud et ses hommes sont chargés de démanteler un réseau d’espionnage dans lequel naviguent un ambassadeur hollandais et une danseuse exotique hollandaise.

Pour ce faire, l’espionne française tente de séduire le diplomate. Mais la tâche est difficile, l’homme étant plus intéressé par les cigares et l’alcool que par l’agent C. 25.

De leur côté, Friquet et Malabar sont chargés de surveiller les différentes fréquentations de l’ambassadeur...

Cette fois-ci, en dehors de Thérèse Arnaud, qui est toujours au centre des histoires, c’est Friquet qui prend le second rôle et Malabar le troisième. Languille et Marcel sont aux abonnés absents.

Cependant, même en l’absence des deux trublions, l’auteur nous livre une histoire rocambolesque, sans le moindre temps mort, durant laquelle Thérèse Arnaud et ses hommes vont risquer leurs vies depuis Nice jusqu’à la Hollande, et ce, à pied, à vélo, en bateau, en avion et même en motocyclette.

C’est dire qu’ils n’auront pas le temps de s’ennuyer et le lecteur non plus.

Mais, il faut bien avouer qu’à la fin de l’histoire, le lecteur qui a été alléché par le titre prometteur est quelque peu déçu tant le personnage de Mata Hari semble n’être présent que pour apporter son nom à l’histoire et attirer le lecteur. Effectivement, le personnage de Mata Hari de l’histoire est très loin de la complexité de la vraie Mata Hari, que ce soit de par son passé de femme galante ou celui d’espionne. Car, à la vérité, Mata Hari, a, au départ, été enrôlé par le capitaine Ladoux et le service d’espionnage français avant d’être accusé de travailler pour l’Allemagne.

Ici, rien de tout cela ! Mata Hari est juste présentée comme une simple espionne au service de l’Allemagne et, d’ailleurs, apparaît très peu dans l’histoire et, est sans aucun relief.

À défaut de Mata Hari, Thérèse Arnaud aurait pu affronter n’importe quelle espionne fictive, cela n’aurait rien changé à l’histoire et le lecteur aurait peut-être été un peu moins déçu.

Pour le reste, l’ensemble se lit très agréablement du fait de l’action omniprésente et de l’absence de temps mort et l’auteur poursuit son style à coup de tentatives de métaphores pas toujours très heureuses, mais qui, au moins, démontre une intention de tenter des choses.

Au final, un épisode dans la veine des précédents qui se lit tout aussi facilement et qui donne envie de suivre les autres aventures de l’espionne française et de ses hommes.