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« Une affaire bien menée » est l’épisode n° 9 de la réédition numérique des aventures de Jean Tixier, alias « Le petit détective » contées par la plume de l’incontounarble Arnould Galopin.

Je précise « de la réédition numérique », car la série, à l’origine, fut publiée sans découpage en 83 fascicules de 16 pages, double colonne en 1934.

Si dans cette édition liminaire, la série prenait la forme d’une seule aventure s’étalant sur 1328 pages (rien que ça), elle s’avère, à la lecture, accumuler diverses enquêtes qui se suivent sans tenir compte du découpage en fascicule ni même du chapitrage.

C’est dire si la seule façon de déterminer les différentes enquêtes était de lire la série dans son entièreté ce qui représente pas moins d’une fois et demie la taille de « Guerre et Paix » de Léon Tolstoï.

Bien que les enquêtes, même ainsi cernées, sont de tailles très hétérogènes, l’éditeur de la réédition numérique s’attache à regrouper les enquêtes plus courtes avec d’autres afin de former des textes d’au moins 20 000 mots (la toute première enquête faisant presque 60 000 mots, soit, déjà, une taille normale de roman)...

Pour resituer l’auteur et sa série, il faut savoir que Arnould Galopin fût l’un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaire du début du XXe siècle et que sa production, généralement destinée à la jeunesse, est immense et principalement développée en longues séries fasciculaires autour des aventures d’un jeune héros.

Pour en savoir plus sur l’auteur et sa production, n’hésitez pas à faire des recherches sur Internet.

En ce qui concerne « Le Petit Détective », la série conte les aventures de Jean Tixier, un jeune homme d’une quinzaine d’années, qui va devenir apprenti détective sous la coupe de Gaston Cervier, un détective confirmé. Tous deux vont se lancer sur la piste de différents malfaiteurs et vivre des aventures mouvementées...

UNE AFFAIRE BIEN MENÉE

Le célèbre détective Gaston CERVIER et son jeune auxiliaire Jean TIXIER se lancent sur la piste de dangereux malfaiteurs qui, la nuit, au bois de Vincennes, agressent et dévalisent les promeneurs attardés en les étranglant avec un foulard.

Gaston CERVIER décide de faire l’appât dans les allées du bois sans se douter que les aigrefins sont au service d’un redoutable bandit auquel le détective a déjà été confronté par le passé…

Gaston Cervier s’ennuie, il n’a rien à faire. Aussi, quand un article du journal parle de personnes agressées et parfois tuées, au bois de Vincennes, le soir, par des malfrats, il décide de s’y intéresser.

Mais, comme le hasard est toujours le meilleur complice des détectives, c’est le moment que choisit un clochard pour venir lui annoncer qu’il a surpris deux hommes jeter un corps dans la Seine.

Gaston Cervier et Jean Tixier vont donc s’empresser d’arrêter les meurtriers avant de partir à la chasse aux bandits de grand chemin...

Voici donc un 9e épisode d’un peu plus de 25 000 mots qui s’étale, dans la version première, depuis la page 14 du fascicule n° 26 jusqu’à la page 12 du fascicule n° 29.

Concernant l’épisode, qui mêle une courte enquête suivie immédiatement d’une autre, le lecteur ne sera pas surpris par celui-ci s’il a lu les précédents tant Arnould Galopin reprend les mêmes recettes au point de rendre quelque peu rébarbative la lecture enchaînée d’un nombre conséquent de ceux-ci.

Mais, ce que je lui reproche ici, je pourrai le reprocher aux scénaristes de nombreuses séries (littéraire ou télévisée) reprenant, d’un épisode à l’autre, un même schéma, une même structure, parfois des mêmes dialogues.

Effectivement, outre la structure narrative, on peut s’amuser à noter les réparties de Gaston Cervier (parfois même reprises par d’autres) qui sont répétées (mais, ceci dit, dans la vie, on utilise souvent les mêmes phrases dans les mêmes situations), mais également les titres de chapitres qui, parfois, sont les mêmes d’un épisode à un autre.

Si le début de la série est extrêmement plaisant, je recommanderai pourtant de faire une pause après quelques épisodes afin, justement, d’éviter que ces répétitions ne deviennent pas rébarbatives.

Au final, une bonne série qui, du fait de sa longévité, et des conditions dans laquelle elle a été écrite, ne peut échapper à une certaine routine qui peut finir, à force, par lasser.