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Poursuivons notre découverte des aventures (plus que des enquêtes) de Marc Jordan, le plus grand détective français, né d’une plume encore inconnue (que d’aucuns accordent à l’écrivain Jules de Gastyne) en 1907 avec le 7e épisode nommé « Le mystère du château de Gala ».

Pour resituer la série « Marc Jordan » est la réponse française au succès des traductions de « Nick Carter » débarquée en France quelques mois auparavant.

Ce fut la première incursion des Éditions Ferenczi dans le monde du roman policier ainsi que dans celui de la littérature fasciculaire, les deux piliers de l’immense production à venir de l’un des plus prolifiques éditeurs français de la littérature populaire.

Il n’y a donc rien d’étonnant que les aventures de Marc Jordan suivent point par point, tant scénaristiquement, que narrativement et qu’éditorialement, celles de Nick Carter.

LE MYSTÈRE DU CHÂTEAU DE GALA

Le célèbre détective Marc JORDAN est alité à la suite de sa dernière confrontation avec Pépita la Rouge, la terrible comparse du machiavélique comte de Cazalès.

Quand un de ses fidèles lieutenants lui annonce qu’il a repéré et suivi la jeune femme et apprit qu’elle partait le soir même pour Brest, le détective est désespéré de ne pouvoir se lancer à sa poursuite.

Mais son ami le docteur Jarry, ancien amant de Pépita se propose de le suppléer autant pour que justice soit rendue que par esprit de vengeance.

Devant la détermination du praticien, Marc JORDAN accepte, et lui conseille de se faire accompagner de Fil-en-Quatre et de Langingeole, deux de ses collaborateurs, non sans lui recommander de prendre garde, car il subodore un piège.

L’avenir très proche lui donnera raison…

Marc Jordan a été blessé dans sa lutte avec Pépita la Rouge, la terrible acolyte du non moins terrible Comte de Cazalès que le détective pourchasse depuis déjà six épisodes (en clair, le début de la série).

Pépita vient de voler un million à une riche femme, en plus de lui avoir volé et dévoyé son homme. Ce dernier a été arrêté et s’apprête à comparaître devant la justice. Mais Pépita parvient à le faire évader.

Cependant, un des hommes de Marc Jordan, qui furetait dans le coin, parvient à reconnaître Pépita malgré son déguisement et la suit jusqu’à un immeuble dans lequel elle passe pour être la vieille comtesse de Gala. Là, il l’entend prévenir sa concierge qu’elle part pour Brest en train le soir même.

Fier de ce renseignement, le lieutenant de Marc Jordan vient le prévenir, mais, n’étant pas encore assez remis, il ne peut se lancer à la poursuite de la criminelle. Cependant, le docteur Jarris, ami de Marc Jordan et ancien amant, il y a fort longtemps, de Pépita, prend la décision de pourchasser la jeune femme, en compagnie de deux autres lieutenants du détective.

Mais, Marc Jordan, qui connaît Pépita et s’en méfie, demande à ses amis de bien faire attention, que tout ceci peut très bien être un piège.

Il ne sait pas à ce moment à quel point il peut avoir raison...

On retrouve donc Marc Jordan, dans la suite de sa chasse au Comte Cazarès et à Pépita la Rouge et ce malgré sa blessure.

On retrouve également toute la bande, Fil-en-Quatre, Lagingeolle, Léonnec, Ferréol, le docteur Jarris, tous bien décidés à aider le détective au péril de leurs vies.

On retrouve, par la même occasion, le même style d’écriture mélangeant aventures, mystères, rebondissements, le tout mené sans temps mort, recette ayant fait le succès de la série Nick Carter.

Là encore, l’auteur ne se targue pas de faire de la haute littérature, il se contente plutôt de rythmer son récit et d’offrir une aventure agréable à lire en intégrant les mêmes ingrédients dans chaque épisode.

Certes, on se doute que, comme dans les épisodes précédents, les héros vont être proches de mettre la main sur la criminelle, mais que celle-ci finira par s’échapper, permettant à la série de poursuivre le récit de cette chasse dans un autre épisode, puis dans un autre, et un autre... jusqu’à ce que l’ennemi change de face, de nom, mais pas de rage et de machiavélisme.

Si l’on est certain de ne pas s’ennuyer en lisant ces aventures (du moins, pas tant que la répétition du schéma ne devienne lassant, comme dans bon nombre de séries du même genre), on ne sera pas non plus surpris par la plume ou par l’intrigue.

En effet, l’intrigue, dans ce genre de série plus basée sur l’aventure et le rythme que sur le mystère et les rebondissements, reste plutôt légère et sujette à course-poursuite, suivie de traquenard... Mais c’est ce que l’on cherche quand on aborde ce genre de textes.

Les personnages sont ici multiples puisque chaque lieutenant de Marc Jordan est présent (sauf le défunt Cœur d’Ours) et si, chacun a sa spécificité, elle ne sera, ici, d’aucune utilité, chaque homme, excepté le Docteur Jarris et Marc Jordan, pouvant être interchangeable dans cette 7e aventure.

Au final, un épisode qui ne dénote pas des précédents et qui possède les mêmes qualités et les mêmes défauts que les autres. Cependant, l’ensemble est assez plaisant à lire et c’est déjà pas mal.