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« Onze heures moins le quart » est un titre originellement paru dans la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes, probablement dans la seconde moitié des années 1930 (les livres ne sont pas datés).

Cette collection était formatée en fascicules de 32 pages contenant des récits d’environ 8 000 mots (ici, presque 9000).

La plupart de la centaine de titres ont été écrits par Marcel Priollet sous le pseudonyme Marcelle-Renée Noll (et peut-être se cache-t-il aussi derrière les quelques autres pseudonymes).

Marcel Priollet fut l’un des principaux pourvoyeurs de la littérature populaire fasciculaire avec une prédilection pour les collections policières et sentimentales.

Son immense production fut publiée sous divers pseudonymes (René-Marcel de NizerollesHenry de TrémièresMarcel-René NollRené Valbreuse).

Si sa production sentimentale compte de nombreuses séries, celle, policière, est plus avare en personnages récurrents.

Pourtant, on note deux séries avérées : « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs », ainsi qu’une série non officielle, avec un personnage récurrent noyé dans une collection plus généraliste. La collection « Les Grands Détectives ». Le personnage : Claude Prince, un radiesthésiste détective.

ONZE HEURES MOINS LE QUART

Claude PRINCE, le radiesthésiste détective réputé, reçoit la visite du fils d’un ancien ministre de l’Intérieur obligé de mettre un terme à ses fonctions, trente ans auparavant, après avoir sombré dans la démence.

Alors que le « client » s’apprête à se marier, il repousse l’échéance, redoutant que la folie de son père soit héréditaire.

Afin de se rassurer, il compte sur Claude PRINCE pour découvrir les raisons qui ont fait chavirer la santé mentale de son géniteur sans se douter des conséquences de cette enquête…

Claude Prince est chargé par un homme de découvrir les raisons qui ont conduit à la démence de son père il y a 30 ans. À l’époque, le papa était ministre de l’Intérieur et, malgré qu’il soit marié, un homme volage...

Dans un épisode un peu plus long que d’ordinaire (quasi 9 000 au lieu des 7000 à 8 000 mots usuels), Marcel Priollet nous livre une nouvelle enquête de son détective radiesthésiste.

Détective Radiesthésiste, si la dichotomie est intéressante et originale, malheureusement, du fait de la concision des textes, elle ne tient pas toutes les promesses que l’on pouvait mettre en celle-ci.

Effectivement, le don de Claude Prince n’est pas très utile, à peine lui permet-il de le guider dans ses enquêtes, et, d’ailleurs, il en use très peu.

Ceci dit, Claude Prince, pour les mêmes raisons, use assez peu de ses dons d’enquêteur.

Marcel Priollet reprend un schéma déjà usité en trois parties.

La première est dévolue à la confession du client qui expose son problème, la seconde à l’enquête et la troisième à sa résolution.

Malgré la concision du texte, l’auteur tente, une nouvelle fois, de multiplier les intrigues. En plus de l’enquête sur la démence, il nous propose une affaire d’État, un crime, une affaire de chantage et une d’enlèvement.

On se doute qu’aucune ne sera développée. D’ailleurs, deux d’entre elles seront rapidement avortées.

On ne peut pas dire que Claude Prince soit le personnage le plus charismatique créé par Marcel Priollet ni que ses aventures soient les plus exaltantes qu’il ait écrites.

Cependant, il faut bien reconnaître que quelques épisodes surnagent et que, dans l’ensemble, la lecture de ceux-ci est plutôt agréable.

Par contre, on notera que les Éditions Modernes n’avaient de « Modernes » que le nom... pas la fonction.

Car, alors que je lis régulièrement des textes de la littérature populaire, que ce soient des romans ou des fascicules et si j’ai déjà eu à me plaindre du travail éditorial bâclé (notamment dans les collections fasciculaires), et je ne parle même pas des fautes d’orthographe qui pullulent, mais plutôt des grosses coquilles, des personnages qui changent de nom en cours de route, des bouts de textes qui ont disparu ou se sont déplacés par magie... je n’ai jamais rencontré à ce jour une édition contenant autant de fautes, de coquilles, de phrases mal foutues... etc. Au point que ce n’est pas une ou deux par pages, ni même par chapitre, mais par phrases (et, encore, bien souvent plus qu’une ou deux), sans parler de la ponctuation totalement anarchique proposée par l’éditeur.

Heureusement, ces soucis sont résorbés dans les rééditions numériques, des éditions, réellement modernes, elles.

Au final, pas le meilleur texte de l’auteur ni sont meilleur personnage, mais une lecture qui n’est pas désagréable.