BED04

« Le manoir hanté » est, à l’origine, un fascicule de 32 pages, double-colonne, paru en 1943 dans la « Collection Rouge » des éditions Janicot.

Il est signé L. van der Haeghe.

Il met en scène deux personnages récurrents de l’auteur que l’on retrouve dans plusieurs titres écrits pour la même collection : le commissaire Barma et le détective Paul Duval (ainsi que son jeune assistant Stanislas).

Effectivement on retrouve ces personnages (des fois Barma sans Duval et inversement) dans au moins 7 titres de cette collection.

Quant à l’auteur, L. van der Haeghe, je ne sais rien sur lui si ce n’est qu’il collabora avec l’auteur et éditeur Jean des Marchenelles et qu’il vivait probablement près de Lille.

LE MANOIR HANTÉ

Le commissaire BARMA est dans une impasse !

Impossible d’avancer dans sa nouvelle enquête concernant les agissements de la terrible bande du Cercle Rouge qui rançonne et assassine de riches personnalités.

Aussi, BARMA décide-t-il de faire appel à son grand ami le détective Paul DUVAL.

Mais ce dernier a déjà une affaire en cours, il est chargé par une vieille comtesse de débarrasser son château des esprits qui le hantent.

La bande du Cercle Rouge commence à faire du bruit. Voilà deux riches hommes à qui elle envoie une carte les menaçant de mort s’ils ne leur donnent pas de l’argent. Face au refus de ceux-ci, à chaque fois, et malgré la protection policière, les membres de la bande sont parvenus à tuer les récalcitrants en leur faisant inhaler un gaz empoisonné.

Comme le commissaire Barma, chargé de l’affaire, n’avance pas, il fait appel à son ami le détective Paul Duval. Mais, de son côté, ce dernier est pressé par une vieille comtesse qui lui demande de la débarrasser d’esprits qui, la nuit, l’effrayent.

Dans ce récit qui dépasse difficilement les 10 500 mots, van der Haeghe nous propose une intrigue assez classique pour l’époque, bien que déjà un peu datée.

Effectivement, la désuétude de l’histoire est d’autant plus accrue que les lecteurs auront déjà pu en lire d’autres semblables depuis déjà des années.

Comment ne pas penser, à la lecture de ce récit, à une aventure de Florac et La Glu de Marcel Vigier, par exemple « La pierre qui bouge » datant de 1920.

Ce sentiment est d’autant plus renforcé que le duo Duval/Stanislas est assez proche de celui Florac/La Glu, dans la relation entre les personnages que celle avec les lecteurs.

Bien évidemment, le sujet a été très souvent utilisé que ce soient les manoirs hantés, mais, surtout, les manoirs faussement hantés et il n’est pas rare que la raison en fût la même que dans le récit du jour.

D’ailleurs, dès le début, on se doute un peu du premier rebondissement de l’affaire, un peu moins du second et beaucoup moins du dernier.

Pour le reste, on notera une nouvelle fois le désir de l’auteur de narrer ses histoires au présent de l’indicatif et non au passé simple, une pratique suffisamment rare à l’époque pour est précisée.

L’ensemble est plaisant à lire à défaut d’être ni original ni passionnant, mais difficile d’attendre mieux d’un récit de 10 000 mots.

L’auteur, à travers le personnage de Stanislas, apporte une légère touche d’humour.

Au final, un épisode agréable qui se lit vite et bien et qui rappelle par le ton, les personnages et le sujet, d’autres aventures de la littérature populaire policière.