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« Le document volé » est un récit écrit par l’auteur belge Marcel Idiers et publié, à l’origine, sous le pseudonyme de Robert Pedro au sein de la collection « Roman pour la jeunesse » des Éditions Rouff en 1935, dans un format fascicule 32 pages, simple colonne, contenant à peine plus de 12 000 mots.

Marcel Idiers est un auteur né en Belgique en 1886 et mort dans les années 1950 qui a beaucoup œuvré pour la littérature populaire, notamment dans les genres « Aventures » et « Policier ». Il collabora énormément avec les Éditions Rouff, et ce dès la cultissime « Collection d’Aventures ».

Sous divers pseudonymes (SREIDI, Jean Fabien, Robert Pedro), il écrivit de très nombreux romans, développa plusieurs personnages récurrents dont le plus notable demeure « L’Homme au stylo » un cambrioleur qui eut l’honneur d’une série de 6 titres.

LE DOCUMENT VOLÉ

Jacques Letourneur et Paul Marion, deux jeunes employés de la Société Française des Aéroplanes Lesimard, sont chargés par leur patron de transporter les plans d’un nouvel avion révolutionnaire jusqu’à Saïgon pour les remettre au gouverneur d’Indochine.

Pour ce faire, ils embarquent au plus vite à bord d’un paquebot reliant Marseille à Saïgon avec la détermination la plus absolue de mener à bien la mission qui leur a été confiée.

En cours de traversée, un télégramme les avertit de la présence sur le bateau d’un dangereux espion prêt à tout pour mettre la main sur le document…

Jacques et Paul sont de bons amis. Ils travaillent tous deux pour la Société Française d’Aéroplane. Aussi, quand leur patron les invite à prendre le bateau pour Saïgon afin de remettre des documents au gouverneur d’Indochine, faisant fi du danger, ils acceptent tous deux de s’embarquer à bord du Cassiopée assurant la traversée.

Mais, en pleine mer, ils reçoivent un télégramme les prévenant que le dangereux espion Stradulof est monté incognito à bord et qu’il fera tout pour mettre la main sur le document.

La littérature populaire, on le sait, regorge de talentueux écrivains injustement oubliés ou boudés. Marcel Idiers ne fait pas partie de ces derniers. Non pas qu’il soit encore à l’esprit des lecteurs actuels, ni même que cela soit une réelle injustice. Non, juste, Marcel Idiers ne fait pas partie du haut du panier des auteurs de littérature populaire.

Ses récits ne se distinguent jamais par la qualité de la plume qui les a couchés sur le papier et il est ce que l’on pourrait appeler un « correct faiseur » tout comme le sont un « Henry Musnik » ou bien d’autres auteurs du même calibre. Non pas que sa prose soit indigente, mais je dirais plutôt qu’il se contentait de livrer des textes à publier sans réellement chercher à performer.

Cela n’empêche pas pour autant certains de ses textes d’être très agréable à lire, comme la série « L’Homme au stylo », mais c’est juste qu’on ne s’attardera jamais sur sa qualité de plume ou ses tournures de phrases, pas plus que sur l’ingéniosité de ses intrigues.

En clair, Marcel Idiers écrivait pour offrir de sympathiques moments de lecture, y arrivant souvent, ratant parfois son objectif.

Dans tous les cas, la majeure partie de sa production pourrait être classée dans la catégorie « vite écrite, vite publiée, vite lue, vite oubliée ».

C’est une nouvelle fois le cas avec « Le document volé » dont l’intrigue minimaliste consiste à une chasse entre un voleur et des volés à travers les océans.

Certes, la collection d’origine est plutôt dirigée vers l’aventure et cible avant tout la jeunesse de son époque (1935) et on ne doit pas s’attendre alors à des envolées lyriques ni des rebondissements à foison, mais l’ensemble demeure pourtant assez simpliste en comparaison de la production de certains autres auteurs, ayant pourtant souvent travaillé pour la jeunesse (comme José Moselli, par exemple).

On pourra également reprocher les hasards qui remettent à chaque fois les héros sur la piste du méchant, mais c’est un fait qui serait à reprocher à bien des œuvres d’hier et d’aujourd’hui, certains auteurs comme Arnould Galopin assumant même en faisant dire à leurs personnages que le Hasard est le meilleur adjoint des policiers.

Bien évidemment, un texte de 12 000 mots ne peut pas proposer une intrigue échevelée ni des personnages complexes, et cela semble bien arranger l’auteur qui semble peiner sur la durée (du moins c’est ce qui ressort à la lecture des aventures de Maurice Gillar), ses limites semblant moins perceptibles sur un format aussi court.

Cependant, la lecture demeure agréable à défaut d’être captivante et, même si ni l’intrigue ni les personnages ne demeureront dans l’esprit du lecteur, on n’en tiendra pas grief à l’auteur qui s’est battu dans la limite de ses possibilités.

Au final, vite lu, vite oublié, mais un récit, certes, avant tout destiné à faire voyager la jeunesse de l’époque, mais qui comble un moment de lecture sans apporter d’ennui, ce qui serait le comble avec un format de cette concision.