CouvIF

Marcel Priollet est un auteur qui, pendant près d’un demi-siècle, et ce dès 1910, inonda la littérature populaire de ses textes policiers, d’aventures, fantastiques, sentimentaux...

Pour la part policière qui m’importe le plus, on notera deux séries : « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs », mais également des personnages récurrents dont les aventures se perdirent au sein de collections policières. Par exemple, Claude Prince, le détective radiesthésiste développé sous le pseudonyme Marcelle-Renée Noll, dans la collection « Les Grands Détectives » des Éditions du Livre Moderne.

Mais Marcel Priollet, que ce soit sous son nom ou sous divers pseudonymes (Marcelle-Renée Noll, donc, mais également R. M. de Nizerolles, Henry de Trémières, René Valbreuse) écrivit un grand nombre de textes pour les collections « Le Roman Policier », « Le Petit Roman Policier », « Police et Mystère » ou « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi.

La version lue de « Les Chevaliers de la Terreur » a été publiée sous la forme d’un fascicule de 64 pages dans la collection « Police et Mystère » en 1941.

INFERNAL CITY

Le détective Sherman BLACK est bloqué par une tempête de neige dans une petite ville des montagnes du Colorado.

Le matin, on découvre, devant l’hôtel où il loge, un homme mort de froid, certes, mais surtout, d’une balle dans le corps.

Sherman BLACK trouve, sur le cadavre, un mot qui lui est adressé et, si celui-ci a été en partie déchiqueté par le projectile, le détective décode qu’il s’agit d’un appel à l’aide émanant d’un ancien professeur habitant non loin, chez qui il est allé récemment.

Si la missive fait état d’une menace, les lacunes empêchent Sherman BLACK d’en connaître la teneur.

Pourtant, il décide, malgré les conditions climatiques, de se rendre chez son vieil ami pour lui porter secours sans se douter des risques et des dangers que tout cela implique…

Bloqué par une tempête de neige à Colorado Springs, le détective Sherman Black découvre, au petit matin, le cadavre d’un homme, mort des suites du froid et d’une blessure par balle. L’homme porte sur lui un message que la balle rend en partie illisible.

Mais le détective comprend qu’il s’agit d’un appel au secours d’un ancien professeur à qui il a récemment rendu visite et dont la petite-fille, une belle jeune femme, ne l’a pas laissé indifférent.

Faisant fi de la neige et du danger, Sherman Black décide de se rendre en ski dans le village de Clellan où vit celui dont émane la missive, prêt à braver tous les dangers pour le sauver lui... et sa petite-fille.

Mais même en imaginant les pires dangers, il n’aurait pu prévoir ceux auxquels ils seraient confrontés.

« Les Chevaliers de la Terreur », comme déjà dis, est un fascicule de 64 pages publié dans la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi en 1941, sous le pseudonyme de R.M. de Nizerolles, contenant un récit de 16 500 mots.

Si, comme on le sait, Marcel Priollet s’essayait souvent aux genres aventure, policier ou sentimental, il n’hésitait pas non plus à mélanger ces genres (et d’autres).

C’est ici un peu le cas avec cette aventure qui se déroule dans les montagnes neigeuses du Colorado dans laquelle un détective, par amitié, mais surtout par amour, est prêt à braver tous les dangers pour éliminer une bande de dangereux malfrats qui terrorise un petit village.

Mais les diables ont une arme redoutable, un tank, qui détruit tout et terrifie la population...

Sherman Black va devoir rivaliser de courage et d’inventivité pour venir à bout, à lui tout seul, des bandits et de leur monstrueux engin...

D’une conception relativement classique, le récit est empreint d’un idem classicisme au niveau de son style, de son écriture.

Ce constat renforce, connaissant l’auteur (et l’éditeur), la sensation que le texte a été écrit bien avant 1941 et qu’il puisse être en fait une réédition. Après une petite vérification on constatera, qu’effectivement, « Les Chevaliers de la Terreur », comme beaucoup de titres de la collection « Police et Mystère » est une réédition (parfois celle-ci sont quelque peu rallongées) du titre « Infernal City », signé Marcel Priollet, paru dans la collection « Le Roman Policier » des mêmes éditions Ferenczi en 1920.

À cette seconde date (qui est donc plus ancienne), on comprend ce « classicisme » qui n’avait normalement plus cours dans le style de Marcel Priollet dans les années 1940.

Mais revenons-en au récit.

Récit classique d’aventures, d’action, teinté d’un brin de fantastique (du moins, jusqu’à ce que le héros constate que le monstre auquel il est confronté, est en fait un char) et de sentiments, dont le théâtre se situe, comme souvent à l’époque, dans les plaines américaines.

Le détective, le policier, souvent, était américain, quand l’auteur, lui-même, ne se cachait pas derrière un pseudonyme à consonance anglo-saxonne pour charmer le lecteur par un certain exotisme.

Mais classique ne veut pas dire pour autant indigeste et le lecteur dévore agréablement cette aventure dont l’intrigue simpliste et la linéarité du récit renforcent le rythme qui a été privilégié au suspens.

Sans parler d’effet « Nick Carter », cette série américaine à succès qui influença les auteurs de tous les pays, on considérera que ce récit suit les recettes d’un roman où se confrontent le héros sans peur et sans reproche et une belle bande de malfrats sans scrupules.

Rien de novateur, certes, rien de mémorable, mais un office bien rempli : offrir un agréable moment de lecture.

Au final, classique, pour l’époque d’écriture, si on considère la date de première édition, dans la veine d’autres titres de l’auteur de la même époque, s’appuyant sur des thèmes usités du début du XXe siècle (voire, par exemple : « La Maison des Hommes sans Mains ». Agréable à défaut d’être inoubliable ou original.