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« Les Enfants du Dragon » est le troisième opus d’un triptyque publié au sein de la collection « Mon Roman d’Aventures » des Éditions Ferenczi en 1955.

Signés par l’énigmatique Charles Richebourg, ces trois fascicules : « Le bourreau a disparu », « Deux yeux de Saphir » et « Les Enfants du Dragon » de 32 pages chacun (un peu moins de 10 000 mots par titre), forment une seule et même histoire découpée pour intégrer le format de la collection.

Certains avancent à tort que ces titres mettent en avant le personnage principal du détective Littlejohn de Scotland Yard (probablement parce qu’il existe un autre récit de l’auteur, dans la même collection, dans lequel apparaît brièvement ce personnage : « Le chemin de la fortune »). Mais, à la lecture des premiers ou du second, on constate que le détective Littlejohn n’est qu’un personnage secondaire voire, très secondaire dans l’histoire qui nous intéresse aujourd’hui et même totalement absent de l’épisode qui clôt la trilogie.

En ce qui concerne l’auteur, Charles Richebourg, bien que je vous en ai déjà beaucoup parlé pour sa série de plus de 40 titres autour du personnage du commissaire Odilon Quentin, personne, à l’heure actuelle, ne sait qui se cachait derrière ce pseudonyme. Tout juste a-t-on identifié un autre pseudonyme de celui-ci : Désiré Charlus.

LES ENFANTS DU DRAGON

À la prison Saint-Pancrace de Londres, c’est jour d’exécution.

Un Chinois va être pendu pour avoir assassiné un célèbre archéologue qui refusait de rendre à la secte des « Enfants du Dragon », une momie d’un souverain mongole et une idole aux yeux de rubis découverts lors de fouilles.

Une fois son œuvre effectuée, l’exécuteur de Sa Majesté se volatilise mystérieusement sur le trajet le menant à son domicile.

Pendant que Scotland Yard peine à retrouver la trace du disparu, à White Chapel, un trio de brigands fomente un mauvais coup. Les trois hommes ont prévu de subtiliser un coffre en bois précieux dans l’entrepôt d’un riche mandarin, espérant qu’il recèle une cargaison d’opium.

Le plan réalisé sans faux pas, à l’ouverture du caisson ils ont la désagréable surprise d’y trouver le corps embaumé du bourreau…

Monsieur Smith, bourreau officiel, disparaît après avoir rempli son office sur la personne d’un assassin d’origine chinoise.

Le détective Littlejohn, de Scotland Yard, est chargé de l’affaire.

Pendant ce temps, un trio de bandits, flairant la bonne affaire, subtilise un coffre dans l’entrepôt de M. Tchang, notable en vue de Chinatown.

Mais, une fois à l’abri, quand les brigands ouvrent le caisson, ils ont la désagréable surprise d’y trouver le corps momifié de Monsieur Smith.

Publié, donc, en trois épisodes dans la collection « Mon Roman d’Aventures », cette trilogie, qui ne constitue qu’une histoire coupée en trois, nous conte un récit entre le roman d’aventures et le roman policier, n’oubliant pas de plonger l’ensemble dans le mystère en mettant en scène une terrible secte asiatique.

S’il y a bien crimes et intervention de Scotland-Yard à travers le personnage du détective Littlejohn, c’est avant tout sur le trio de malfaiteurs que se concentre l’auteur : P’tit Louis, minuscule bonhomme français, ancien coiffeur, cerveau de la bande ; Father Jim, patron d’un troquet malfamé ; Jéroboam, immense gaillard un peu bas du front.

Les trois malfaiteurs vont alors jouer un jeu dangereux avec les membres de la secte des « Enfants du Dragon » et c’est cette relation tumultueuse qui va être le sujet principal du roman jusqu’au point final.

Charles Richebourg fait preuve une nouvelle fois d’une parfaite maîtrise de sa narration et du format court, bien que l’ensemble s’étale sur plus de 27 000 mots.

L’auteur parsème son récit de quelques notes d’humour et d’une ambiance un peu légère malgré les circonstances. 

Il n’y a, dans l’histoire, aucun héros à proprement parler puisque celle-ci consiste en une relation tumultueuse entre des malfrats, d’un côté et les membres d’une secte asiatique, de l’autre.

Pas de gentils, donc, même si le lecteur s’attachera tout de même au personnage de Jéroboam, un géant violent, mais tout de même sympathique.

Au final, un roman d’aventures enlevé qui souffre un peu du manque d’un héros charismatique, mais qui se lit avec un grand plaisir jusqu’à un final glaçant.