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Maurice Lambert, j’ai toujours aussi peu de choses à dire sur l’homme, dont je ne sais pas grand-chose si ce n’est qu’il est né en 1900, mort en 1968 et qu’il fut chansonnier et journaliste.

Par contre, sur l’auteur, j’ai beaucoup à vous conter à moins que ce beaucoup ne se résume qu’en quelques mots : un bon écrivain maîtrisant à la fois le genre policier et le format fasciculaire 32 pages, une double maîtrise relativement rare dans le domaine de la littérature fasciculaire.

L’ASSASSINAT DU SPIRITE

Sa brillante défense du devin indien Itoka vaut à l’avocat Fred Laurent d’être invité à une soirée spiritisme par la richissime MadameDelphin, dans son château isolé, en compagnie de divers spécialistes des sciences occultes.

À peine arrivé avec sa jeune épouse dans les murs ancestraux, malgré la tempête qui sévit à l’extérieur, Fred Laurent est félicité par une vieille femme prétendant lire dans les braises du feu de cheminée.

Soudain, perturbée par une vision, celle-ci annonce avec gravité qu’une personne va mourir dans la nuit…

Le jeune avocat Fred Laurent est invité, avec sa compagne, à participer à une soirée de spiritisme dans le château de Mme Delphin après avoir brillamment défendu le devin indien Itoka accusé d’assassinat.

À peine dans la demeure, une des invités, prétendant lire dans les braises de feu de bois, en regardant les flammes dans la cheminée, les prévient que quelqu’un mourra dans la nuit…

J’ai découvert la plume de Maurice Lambert à travers les aventures de certains de ses héros récurrents : le commissaire Mazère, l’inspecteur Machard et l’ancien policier A.B.C. Mine…

Ayant épuisé les textes concernant ces enquêteurs, me voilà lancé dans la découverte des récits indépendants.

Avec « L’assassinat du Spirite », l’auteur poursuit sa revisite des classiques du roman policier et des sous-genres souvent abordés.

Ici, le lecteur a le droit à un crime en chambre close avec une résolution à la « Whodunit », quand l’enquêteur réunit tous les suspects dans une même pièce pour expliquer le cheminement de ses réflexions et donner, au final, le nom du coupable.

Et l’auteur ne lésine pas en la matière en enfermant plusieurs personnes dans une pièce obscure à l’intérieur d’un vieux château, séparées du monde après l’écroulement sous la tempête de neige du pont permettant de communiquer avec l’extérieur.

C’est donc un récit un peu parodique que le lecteur découvre et ce d’autant plus que Maurice Lambert ajoute une pincée d’humour à travers les personnages de l’avocat et de sa femme, deux personnes cartésiennes plongées dans une foule d’hommes et de femmes croyant aux esprits, à la divination…

Bien évidemment, du fait du format court (12 000 mots), l’intrigue se révèle assez simple et la narration linéaire avec quelques facilités afin de proposer aux lecteurs plusieurs suspects, des fausses pistes, des rebondissements.

On pardonnera donc ces ficelles nécessaires afin d’empaqueter un texte agréable à lire et ce d’autant plus que l’ensemble est bien mené, que les genres abordés sont maîtrisés ainsi que la narration, l’aspect parodique et, qu’en plus, l’auteur met en scène un sympathique couple d’enquêteurs et saupoudre le tout d’une petite touche d’humour.

Au final, bon, si j’espérais que Maurice Lambert puisse me décevoir une fois privé de ses personnages récurrents, il n’en est heureusement rien.