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Il m’arrive parfois de me laisser tenter par des livres qui n’ont rien ou pas grand-chose, apparemment, pour me satisfaire. C’est le cas du roman « Gecko » de John Renmann.

Cependant, je suis un lecteur quasi exclusif de romans policiers français et ce roman, bien qu’étant ancré dans le fantastique, avait bien une base « policière » et était bien écrit en français (attention ! ma démarche n’est pas mue par une quelconque xénophobie, mais par une volonté de lire l’exact texte prévu par son auteur sans qu’aucune traduction ne puisse en trahir la valeur ou le sens).

Les commentaires sur « Amazon » étant dithyrambiques, annonçant de l’humour et du suspens, j’ai fini par me laisser tenter bien que la couverture ne m’attirait pas et que l’auteur soit passé par une plateforme de publication, ce qui peut laisser craindre un travail éditorial bancal (mais tous les éditeurs ne font pas forcément un bon boulot non plus).

Je rassure immédiatement les gens qui auraient envie de lire ce roman, rien de particulier à redire sur le travail éditorial, c’est déjà ça.

Malheureusement, rien à dire de particulier, non plus, sur le style de l’auteur. L’humour ??? Je l’ai cherché, mais point réellement trouvé. Certes, certains personnages sont tellement excessifs que l’auteur a cru les rendre drôles et certaines répliques décalées dans des situations tendues ne suffisent pas à apporter la drôlerie annoncée, bien au contraire, serais-je même tenté de dire.

Pour ce qui est de l’enquête, j’ai passé tout le début de ma lecture à espérer que, comme dans un thriller de Jean-Christophe Grangé, l’aspect fantastique finisse, en fin, par laisser place à une explication rationnelle, mais non. Le roman est bel et bien fantastique et, du coup, mon avis ne peut plus être totalement objectif, je n’aime pas les romans fantastiques...

Gecko : Guadeloupe. Ville de Pointe-à-Pitre. Le jour se lève sur la place de la victoire, révélant un corps atrocement mutilé. L’esquisse d’un mystérieux lézard tracé avec le propre sang de la victime s’exhibe sur les pavés du site. Très vite, l’île est le théâtre de meurtres perpétrés par ce qui se révèle être une créature ayant l’aspect d’un chien monstrueux. À chacune des tueries, l’horrible signature écarlate est omniprésente : un gecko dont on dit qu’il est de mauvais augure. Les inspecteurs Nicolas Rousseau et Marie Kancel se lancent dans une enquête où sorcellerie et croyances populaires vont se mêler.

Ainsi, le fantastique n’étant pas rationnel, inutile d’espérer une intrigue bien ficelée puisque, dans un tel cas, on peut sortir sa baguette magique et dire : « Abracadabra, ce sera toi le scélérat ».

Point d’humour, point de rationnel, donc pas d’intrigue (du moins, pas une adaptée à mes goûts), que pouvait-il bien me rester ? Les personnages, bien sûr. Dans le personnage du héros, l’inspecteur Nicolas Rousseau, un flic de la métropole qui ne croit, bien sûr pas, à la magie, au vaudou et à toutes ces conneries. Et du coup, l’auteur nous sort le prototype du flic dur à cuire, qui s’embrouille sans cesse avec sa hiérarchie, que les autres flics n’apprécient pas, qui n’a peur de rien...

Dans le second rôle, la jeune fliquette sexy, rien de très nouveau non plus, donc.

Pour le reste, bah, rien à me raccrocher, du coup, je me suis ennuyé assez rapidement, malgré la taille assez courte du roman et, voulant tout de même savoir si la fin serait « rationnelle » ou non, j’ai lu le dernier tiers en diagonale histoire de gagner du temps et économiser de l’ennui.

Au final, un roman qui ne casse pas des briques et qui navigue sur des eaux qui ne me correspondent pas.