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« Début dans la police » de A.M. Hychx est un roman intéressant à plus d’un titre.

D’abord, parce qu’il s’agit là d’un bon roman policier (très bon, même), qui met en scène un détective atypique dans une histoire à la fois simple et rocambolesque.

Ensuite, parce que le roman d’A.M. Hychx a été traduit en français par l’auteur Paul Max.

Enfin, parce que Paul Max et A.M. Hychx ne formaient qu’une seule et même personne.

Car, si, d’après Wikipédia (dont il faut toujours se méfier, la preuve en est que, la fiche même de Paul Max comporte une grosse et une petite erreur dans la partie bibliographie), le roman est issu d’une courte nouvelle publiée, à la base, en anglais, il y a fort à parier que le stratagème consistant, pour un auteur, à se faire passer pour le traducteur du roman écrit par lui-même sous pseudonyme anglais, n’a d’autre but que de séduire les lecteurs de l’époque plus avides de romans policiers anglo-saxons que de ceux issus de la plume d’auteurs français (ce stratagème a été plus ou moins utilisé par des auteurs tels que Rodolphe Bringer, Frédéric Dard, Léo Malet et consorts...).

Mais, peu m’importe l’astuce, l’important, pour moi, est de savoir que les mots imprimés sont issus directement de l’esprit de l’auteur du texte. Et c’est le cas avec « Début dans la police » de Paul Max (exit, donc, A.M. Hychx).

Paul Max est un journaliste né en Algérie et naturalisé Belge qui se lancera dans l’écriture de romans, notamment, à travers d’un personnage atypique : Billy Mac Tiddle, le détective à la chaussette, un marchand de chaussettes Écossais (le marchand, pas les chaussettes), qui débutera, par hasard et par défi, dans le métier de détective. 

Et c’est dans « Début dans la police » que le fameux Billy Mac Tiddle va se lancer dans « la police » au sens large, dans le métier de détective, au sens plus strict.

Début dans la police :  Billy Mac Tiddle, un jeune marchand de chaussettes Écossais, débarque à Londres dans l’espoir d’y ouvrir un commerce et de faire fortune.  Dans la chambre qu’il a loué dans un bouge infâme, sa quiétude est dérangée par les cris d’une femme violentée dans la pièce voisine.  La police arrive et embarque la victime et ses agresseurs alors qu’un rougeaud locataire assure à l’assistance curieuse qu’il connaît la martyre et qu’elle est au cœur d’un mystère insoluble qui s’est déroulé au Myron Castle et sur lequel la justice s’est cassé les dents. Même un détective Écossais aurait abandonné l’enquête au bout d’une journée d’après lui.  Le vendeur de chaussettes, ne pouvant croire qu’un compatriote puisse jeter l’éponge pour quelques raisons que ce soient, assure que si la personne avait réellement été Écossaise, elle n’aurait jamais baissé les bras.  Devant tant de chauvinisme déplacé, le bonhomme le met au défi de résoudre l’affaire.  Poussé à bout, ne voulant reculer et déshonorer sa patrie, le vendeur de chaussettes va se lancer dans le métier de détective sans se douter que ce nouveau métier va être bien plus dangereux et éprouvant que celui du commerce… 

C’est donc par pur hasard et par bravade et fierté que le jeune Billy Mac Tiddle va s’essayer au métier d’enquêteur. Pour cela, il va se faire embaucher comme aide-jardinier à Myron Castle (car le rougeaud qui le pousse est jardinier là-bas) afin d’y mener son enquête.

Mais, comment résoudre une affaire sur laquelle même des professionnels se sont cassé les dents quand on ne sait pas comment s’y prendre ? C’est tout le problème auquel va devoir se confronter Billy.

Billy ne sait pas comment s’y prendre, il tâtonne, il piétine, prend de notes, fait des listes de suspects, met des croix devant celui qui est louche à ses yeux, les efface quand il pense s’être trompé, les remets... bref, pédale dans la semoule.

Mais l’homme est plein de bonne volonté, aidé par une certaine chance, et va, petit à petit, progresser.

Paul Max nous propose un personnage sympathique et attachant que ce jeune vendeur de chaussettes écossais, trop têtu, trop fier, trop inconscient, qui, parce qu’il s’est trop avancé, ne veut plus faire demi-tour et va risquer sa vie pour une histoire qui ne le regarde pas.

L’auteur sait indéniablement manier sa plume sans en faire trop, préférant mettre en avant ses personnages et son histoire. Ainsi, si on ne criera pas au génie de la plume (mais le style et l’histoire ne le demandent pas), on se prendra, parfois, à apprécier l’humour sous-jacent de l’auteur. Un humour léger, qui n’est pas sans rappeler celui de Maurice Boué, un autre auteur belge, lorsqu’il nous conte les enquêtes du détective Lautrec.

L’ensemble se lit avec un grand plaisir et les pages défilent sans que le lecteur s’en rende compte. 

Au final, si l’histoire est moins complexe qu’elle ne semble l’être, et si le suspens n’est pas magistral (mais là encore, ce n’est pas le but de ce roman), Paul Max nous démontre sa grande capacité à conter une enquête, à faire vivre un personnage attachant et à lui faire prendre une place certaine, juste avec quelques traits de caractère, nous faire sourire et, plus que tout, à nous faire prendre du plaisir à la lecture de cette première enquête de Billy Mac Tiddle puisque celui-ci reviendra dans quelques autres romans.