TA15

« L’assassinat de Thérèse Arnaud » est la 15e mission de l’agent C. 25 du Deuxième Bureau, dont le nom est Thérèse Arnaud. Elle lutte contre l’espionnage allemand, en France, durant la Première Guerre mondiale et est pour cela épaulée par des lieutenants fidèles : Malabar, Friquet, Languille et Marcel.

Chaque homme possède sa spécificité et à un rôle bien déterminé durant les missions.

Le tout est orchestré par l’énigmatique auteur Pierre Yrondy.

La série fût initialement publiée au sein des éditions Baudinière dans une collection éponyme sous le format fascicule 32 pages double colonne (entre 12 et 15 000 mots par aventure), en 1934.

 

L’ASSASSINAT DE THÉRÈSE ARNAUD

 

Première Guerre mondiale !

 

Thérèse ARNAUD alias C. 25, la plus redoutable espionne française, est morte dans l’explosion de son repaire.

 

Les lieutenants de Thérèse ARNAUD sont défaits, désarmés, désespérés…

 

Les agents allemands fêtent l’évènement. Enfin ! Ils vont pouvoir mener leurs missions avec succès sans que la jeune femme leur mette des bâtons dans les roues.

 

Plus personne, désormais, ne se dressera en face d’eux…

 

Plus personne ? Vraiment ??

 

Mlle Doktor lui avait promis dans l’épisode précédent (« L’as de cœur »), Thérèse Arnaud allait bientôt mourir.

C’est désormais chose faite et Languille, dit l’acrobate, l’apprend de la bouche même des espions allemands qu’il est chargé de surveiller, planqué dans un appartement habité par l’ennemi.

Friquet, le gamin de Paris, a été enlevé, drogué, piégé, et renvoyé au repaire de Thérèse Arnaud.

La bombe a explosé, Friquet et Thérèse Arnaud sont morts, comme le démontrent les deux corps retrouvés par les espions allemands et le doigt de la morte orné de la bague gravée des initiales T.A.

Il en est fini de la terrible espionne française. Les espions allemands se réjouissent et se promettent de redoubler d’audaces dans leurs entreprises pendant que Malabar, Languille et Marcel se désespèrent...

Bien évidemment, sachant que la série compte 62 épisodes et que l’on en est qu’au 15e, le lecteur sait à l’avance que Thérèse Arnaud n’est pas réellement morte. Mais les lecteurs de l’époque le savaient-ils ? Savaient-ils combien d’épisodes restaient à venir ? Sûrement pas. La mort de leur héroïne pouvait donc intervenir à tout moment afin d’interrompre une série dont l’auteur ou les lecteurs se seraient lassés.

Mais Thérèse Arnaud a plus d’un tour dans son sac et elle va profiter de sa mort pour faire très mal à un ennemi qui ne se méfie plus.

Pierre Yrondy nous convie donc à un jeu du chat et de la souris ou le chat se désintéresserait d’une souris qu’il penserait morte pendant que cette dernière lui sauterait sur le râble avec l’énergie et la détermination d’un pitbull.

La lutte entre Thérèse Arnaud et Mlle Doktor se poursuit donc et s’intensifie dans cet épisode qui fait passer les lieutenants de C. 25 par tous les états : l’incrédulité, la tristesse, le désarroi, l’espoir, la joie, l’incrédulité, la tristesse, le désarroi, l’espoir, la joie...

Car Pierre Yrondy leur fait le coup de la fausse mort ou de la fausse disparition plusieurs fois dans l’épisode, ce qui est sans doute un petit peu trop pour leurs petits nerfs, mais également pour le plaisir du lecteur.

Non pas que l’épisode ne soit pas intéressant ou pas agréable à lire, mais les : « Elle est morte ! », « Mais non, elle est vivante ! », « Mais non, elle est morte ! », « Mais non, elle est vivante ! »... sont un petit peu redondant.

On notera que le texte original (corrigé dans la réédition numérique) comporte plusieurs grosses coquilles dont, notamment, les noms de deux personnages qui sont inversés (Marcel et Languille).

D’un point de vue stylistique, Pierre Yrondy nous fait grâce de ses métaphores si particulières, de ses phrases courtes, de ses changements de temps qui, s’ils peuvent surprendre, parfois, confèrent au texte une certaine âme dont sont dénués bien des écrits de la littérature populaire de l’époque. Dommage.

Au final, un épisode qui pèche par la redondance de l’action et par l’absence des figures de style auxquelles l’auteur nous avait habitués, mais qui reste tout de même agréable et facile à lire.