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La littérature populaire regorge de mauvais garçons.

Si certains sont vraiment très méchants à l’image de Fantômas de Marcel Allain et Pierre Souvestre ou de Zigomar de Léon Sazie.

Mais, la plupart du temps, bien qu’ayant choisi le mauvais côté de la Loi, les héros de papier n’en étaient pas moins des justiciers, des patriotes et des hommes d’honneur comme purent l’être Arsène Lupin de Maurice Leblanc, John Strobbins de José Moselli ou encore Mandragore d’Henry Musnik.

Voleurs, oui, mais meurtriers, jamais, ou alors uniquement pour se défendre et seulement envers des êtres vils et vicieux… et encore.

Voleurs, oui, mais avec une éthique et sans jamais s’attaquer à des pauvres ou à des innocents… toujours à d’autres criminels bien plus fourbes qu’eux.

Et cette définition du gentil criminel n’a jamais été si bien portée par Edward Warency, un personnage créé par Louis Roger Pelloussat (1911-1980) qui, sous le pseudonyme de Paul Tossel, signa pour le compte des éditions Ferenczi et pour abreuver la collection fasciculaire policière « Mon Roman Policier » 23 récits qui furent publiés entre 1946 et 1957 et qui s’éparpillèrent dans les plus de 500 titres de la collection.

Edward Warency n’a jamais si bien porté le costume du gentil criminel qu’il ne s’attaque qu’à de très vilains confrères en les dépouillant de leurs gains pour, la plupart du temps, les restituer à leurs propriétaires d’origine.

Et il correspond si bien à l’image de l’ange sous couvert de démon que son surnom, du fait de sa bouille angélique, de ses cheveux blonds bouclés et de ses traits fins, n’est autre que L’Ange.

L’Ange vivra donc 23 aventures sous forme de fascicules de 32 pages contenant des récits indépendants d’un peu moins de 9 000 mots.

« Le mort n’était pas attendu » est la 7e aventure d’Edward Warency. Elle est initialement parue en 1952 et est le 209e titre de la collection « Mon Roman Policier ».

LE MORT N’ÉTAIT PAS ATTENDU :

Dans une cabane perdue au milieu des montagnes Rocheuses enneigées, deux hommes et une jeune femme attendent le passage d’un petit avion devant larguer, au-dessus de leur position, un colis très désiré.

Pourtant, la livraison une fois effectuée et le paquet ouvert, c’est la stupeur au sein de l’étrange trio : il contient le corps sans vie du comparse censé piloter l’appareil…

Pas le temps de se remettre de leurs émotions qu’un individu pénètre dans la cahute, un revolver à la main.

Le visiteur se présente alors : Edward Warency, alias « L’Ange », l’ennemi impitoyable des bandits de la pire espèce et également de l’inspecteur Hartling, le policier qui a juré sa perte…

Deux hommes, une femme, dans une cabane au sein des Rocheuses qui attendent le passage d’un avion devant larguer un précieux colis.

À l’ouverture du colis réceptionné, surprise : le pilote de l’avion est tassé, mort, dans le paquet.

Mais qui pilotait ?

Un inconnu pénètre alors dans le cabanon, arme aux poings, il s’agit d’Edward Warency, surnommé L’Ange, qui a décidé de s’intéresser de près à leurs activités illégales et rémunératrices.

Il a ainsi appris que le chef, surnommé le Chinois, a fait liquider le pilote, car il renseignait l’inspecteur Hartling et a décidé de s’infiltrer dans l’avion puis, après le largage du colis, de forcer le pilote à atterrir afin de surprendre au nid les méchants contrebandiers…

On retrouve donc L’Ange dans une nouvelle aventure qui débute au sein des Rocheuses, en pleines neiges, avec un cadavre dans un colis.

Petite aventure, comme les autres, d’ailleurs, à laquelle vont bien entendu participer sa compagne Diana Deel et son ennemi juré, l’inspecteur Hartling.

Le récit n’a rien d’original, un format si court n’aide pas à innover, et s’appuie sur des rebondissements attendus et peu crédibles, mais habituels du genre du méchant qui tient en son pouvoir le gentil et qui, au lieu de l’abattre immédiatement de sang-froid pour s’en débarrasser, préfère utiliser une autre méthode, moins directe, moins rapide et, surtout, qui va laisser la possibilité de s’en sortir au héros.

Pour le reste, malgré le classicisme du récit et des rebondissements, ainsi que de la plume de l’auteur, l’ensemble est suffisamment bien mené pour que le lecteur ne s’ennuie pas (car, oui, on peut s’ennuyer même sur seulement 9 000 mots), mais, qu’en plus, il prenne un réel plaisir à la lecture.

Pas de la grande littérature, pas même de l’excellente littérature, mais juste de la littérature de divertissement qui n’a d’autre but que de combler agréablement un petit moment creux.

Au final, un épisode dans les veines des précédents, qui remplit correctement son office en proposant un agréable petit moment de lecture.