9782897172909_1_75Éric Calatraba est un auteur dont je ne vous dirai pas grand-chose pour la bonne raison que je ne trouve aucun renseignement sur lui si ce n'est que « Haïku » est son premier roman et qu'avant d'écrire des livres, il en lisait à des déficients mentaux (me semble-t-il) et qu'il écrivait des chansons.

Haïku est un roman numérique (je crois qu'il est sorti, depuis peu, sous format papier) édité par les éditions NUMÉRIKLIVRES.

C'est tout d'abord la couverture du livre, que je trouve très belle, qui m'a attiré. Ensuite, avouons-le, le prix, 0.99 euro. Évidemment, je ne suis pas dupe, ce prix n'est qu'une façon d'attirer le client puisque, à cette somme très abordable, il faudra rajouter celle du second tome indissociable, 3.49 euros.

Bon, vous me direz, l'avantage, c'est que si le tome 1 ne vous plait pas, vous n'avez pas à acheter le tome 2, mais, à moins que le roman soit très mauvais, on a toujours envie de connaître la fin d'une histoire. J'ai donc également acheté le tome 2 dont je vous parlerai plus tard bien que les deux tomes ne forment qu'une seule et même histoire coupée en deux afin de pouvoir proposer un prix d'appel inférieur à un euro plutôt que de proposer un roman complet à 4.49 euros.

La troisième chose qui m'a attiré, c'est la quatrième de couverture et les quelques critiques plutôt dithyrambiques.

Haïku : Raphaël Larcher est un flic presque ordinaire, à qui l’existence n’a pas fait de cadeaux. Prématurément veuf, il a vu sa femme mourir à petit feu, de trop attendre une greffe qui n’est jamais venue.
Alors, quand il obtient sa mutation dans le sud de la France, son pays d’origine, c’est pour lui l’occasion de reconstruire un semblant de vie de famille avec sa fille, qui vit pour l’instant chez ses grand-parents. Hélas, il n’a pas posé un pied dans son nouveau commissariat d’affectation qu’un mafieux russe est sauvagement assassiné par un amateur d’opéra, d’arts martiaux… et de haïkus ! L’enquête va l’éloigner à nouveau des siens, et le faire voyager à travers toute l’Europe. Il n’en reviendra pas indemne.

Il faut bien avouer que ce résumé est plutôt alléchant pour quelqu'un qui aime le cinéma asiatique et le polar.

Alors, que dire de ce premier tome ?

c9aa2866e624c5e59796effb848d1779Déjà, il est à noter toutes les bonnes intentions de l'auteur. L'homme a envie de proposer une histoire rythmée, un livre qui se lit bien, qui se lit vite, bref, un bon divertissement.

Pour se faire, il use d'une écriture très cinématographique, peut-être un peu trop cinématographique et a quelques problèmes à intégrer les informations que ne peuvent véhiculer les personnages. On sent ainsi, parfois, un grand défaut de jeunesse (de la plume), ce qui est, somme toute, assez normal pour un premier roman.

Pourtant, Éric Calatraba s'attache à dépayser le lecteur en le faisant voyager de France en Suisse, de Suisse en Russie, de Russie au Japon.

La bonne idée du roman est de synchroniser la plume avec de la musique, ici de l'opéra.

Malheureusement, l'histoire possède un double défaut.

Le premier étant l'usage de stéréotypes (flic dur à cuire, mais brisé par la vie, mais qui tombe, en plus sans le faire exprès, la belle de l'histoire, le tueur sadique et très intelligent...).

Le second défaut et, après tout, le principal, est d'avoir fait du héros et du méchant, deux personnages extrêmement proches, trop proches.

Car, les deux personnages sont des durs à cuire, des experts en arts martiaux, des amateurs d'opéra et de grosses cylindrées. Tout cela fait déjà beaucoup, mais, si on rajoute le fait que les deux sont détruits de l'intérieur par la mort de proches, qu'ils vont partager le même Senseï et, probablement, d'autres choses (je n'ai pas encore terminé ma lecture du tome 2), voilà qui fait réellement trop.

Autre défaut, la perspicacité un peu étrange du héros. Si Sherlock Holmes avait au moins la décence de nous expliquer le cheminement de sa réflexion, ici, le flic ne nous en révèle que le résultat qui semble plus découler d'une illumination que d'une réflexion.

Ensuite, les scènes de combat sont quelque peu floues, la retranscription n'étant pas très lisible, on a du mal à visualiser les affrontements.

Enfin, il manque un petit travail sur les répétitions qui sont, parfois, très nombreuses et qui peuvent nuire légèrement au plaisir de lecture.

Bien sûr, tel qu'énoncé ci-dessus, on pourrait penser que le roman possède plus de défauts que de qualités et qu'il est indigeste à la lecture. Je vous rassure, ce n'est pas le cas, car l'auteur s'attèle à utiliser des phrases courtes pour dynamiser son histoire et qu'il parvient tout de même à mettre en place une histoire intéressante et dépaysante.

De plus, j'ai plongé dans ce roman alors que j'étais débordé d'un autre côté et du coup, j'ai eu un peu de mal à trouver du temps pour lire et cela n'aide pas à entrer dans une histoire.

En tout cas, une chose certaine, c'est la qualité du fichier ePub. Un code propre, une mise en page agréable, de belles lettrines en début de chapitre, une police de caractères spécifique pour les titres de chapitres... Bref ! Un excellent codage, ce qui n'est pas si fréquent que cela.

Voilà, ce tome 1 se termine en plein milieu de l'histoire, juste au moment où l'on commence à savoir qui est le meurtrier et quelles sont ses motivations (ce qui sera l'objet d'un autre défaut).