sign-C1Si tout le monde sait désormais que le personnage de Sherlock Holmes a très vite été pesant pour son auteur, Conan Doyle, il est bon de noter que cette situation était déjà vraie dès cette seconde aventure du détective anglais.

Effectivement, Conan Doyle commence, à l'époque, à avoir du succès avec d'autres romans, mais accepte, pour l'argent, d'écrire une histoire pour un tout nouveau magazine.

Étant en pleine écriture de son nouveau roman, il est obligé d'en interrompre sa rédaction. Afin de gagner du temps pour cette corvée alimentaire, il décide de reprendre des personnages qu'il a déjà créés : John Watson et Sherlock Holmes. Il se presse de rédiger une seconde enquête avec ces personnages qu'il ne maîtrise pas encore (la première histoire remonte à plusieurs années). Cet empressement explique sûrement les quelques erreurs que comporte cette enquête et l'aspect « corvée alimentaire » est probablement responsable des nouveaux défauts que l'auteur confère à son personnage, dont, principalement, sa propension à se droguer, mais aussi sa misogynie...

Question « erreur », la grosse bourde réside dans le mystère de la blessure de guerre de John Watson, qui, blessé à l'épaule, dans la première aventure, se retrouve affublé d'une douleur à la jambe dans la seconde.

Pour ce qui est du reste, cette affaire souffre des mêmes qualités et des mêmes défauts que « Étude en rouge », à savoir des personnages intéressants, une enquête prenante, une narration agréable, mais plombée, en son milieu, par une trop longue exposition du passé des victimes et assassins certes, expliquant les raisons des meurtres, mais qui aurait pu, aurait du, se limiter à quelques lignes.

Le signe des quatre : Ennuyé par le manque d'enquêtes, Sherlock Holmes s'adonne à la consommation de drogues pour s'occuper, ainsi qu'à diverses activités ennuyeuses, sous le regard de son colocataire, le docteur John Watson. En 1888, une jeune cliente blonde, Mary Morstan, débarque chez Holmes, et lui demande de l'aide. Elle lui explique qu'elle est gouvernante, et que c'est sa patronne qui lui a conseillé de venir ici. Watson tombe sous le charme de la jeune femme qui expose son problème ; son père était navigateur dans les Indes et est décédé environ dix ans auparavant (disparu le 3 décembre 1878). Or, elle reçoit, depuis six ans, et à cycle régulier, des perles de grande valeur. Et ce même jour lui est parvenue une enveloppe où un anonyme lui demande de venir à un rendez-vous, accompagnée si elle le souhaite, mais pas d'un policier. Holmes accepte de l'aider, et épaulé de Watson, accompagne Mary au dit rendez-vous. Ils découvrent sur place que l'anonyme est le fils d'un ancien ami et collègue du capitaine Morstan. Celui-ci révèle que leurs pères avaient découvert un trésor de cinq cent mille livres, mais que ni le trésor ni les bijoux n'ont été partagés avec la fille de Morstan. L'homme explique enfin que son frère a découvert le coffre hier, caché dans leur maison. Mais arrivés sur les lieux, ils constatent la mort du frère et la disparition du coffre. Holmes et Watson commencent alors un dangereux périple qui les mènera jusqu'à une course poursuite folle sur la Tamise... (Wikipédia)

Conan Doyle nous fait donc pénétrer l'intimité de son duo de détectives, les défauts de Sherlock Holmes, et la sensibilité de John Watson dont le cœur chavirera pour leur nouvelle cliente.

Côté enquête, l'énigme est un peu plus étoffée et exotique que dans la précédente aventure et est très agréable à suivre. De plus, le lecteur fait la connaissance avec Tobby, le chien au flair infaillible que Sherlock Holmes utilisera régulièrement.

Au final, et avec le recul, le lecteur peut déjà se rendre compte de la friction qui existe entre l'auteur et son personnage, le premier rendant le second plus sombre et plus antipathique ce qui, contrairement à ses attentes, finira par le rendre plus brillant et sympathique pour les lecteurs et fera son succès, au grand damn de l'écrivain qui espérait entrer dans l'histoire de la littérature avec ses romans historiques plutôt qu'avec un détective détestable.